Les passionnés d’athlétisme n’auront pas à attendre longtemps avant le premier grand rendez-vous de l’année. Ce samedi 10 janvier 2026, les Championnats du monde de cross-country réuniront plusieurs des meilleurs spécialistes de la planète à Tallahassee (Floride). Portés par Jimmy Gressier, Yann Schrub, Etienne Daguinos, Sarah Madeleine et Agathe Guillemot, les Bleus abordent cette compétition avec une certaine ambition. Ils devront toutefois se surpasser pour espérer jouer les premiers rôles sur un parcours aussi magnifique qu’exigeant.
RELAIS MIXTE
Créer la surprise
Paris 2024 désormais dans le rétro, les JO de Los Angeles (15 au 24 juillet 2028 pour les épreuves d’athlétisme), dans un peu plus de deux ans, occupent désormais une grande partie des conversations des athlètes tricolores. Avant de briller dans la cité des Anges, les Bleus font escale, ce samedi, à plus de 3000 km, à Tallahassee pour y disputer les Mondiaux de cross-country. L’équipe de France place de grands espoirs dans son relais mixte qui s’appuiera sur les deux meilleures performeuses françaises de tous les temps sur 1500 m Agathe Guillemot et Sarah Madeleine, ainsi qu’Alexis Miellet, champion d’Europe 2024 sur 3000 m steeple, et Antoine Senard, champion de France 2025 de cross court, tous deux sacrés champions d’Europe sur l’exercice en 2023 à Bruxelles.
Quelques instants après avoir signé un excellent 15’04 sur 5 km à la Cursa dels Nassos de Barcelone le 31 décembre, Agathe Guillemot nous a confié qu’elle comptait bien enrichir son palmarès international, et au niveau mondial désormais : « On vise gros, mais on a de quoi viser gros. On a une super équipe et forcément on vise une médaille mondiale. Ça va être dense, mais les Français, on a le sens du collectif. Ça va être dur mais on sera dans la course, les autres nations le savent ! ». Nul doute qu’ils feront tout leur possible pour mener à bien leur mission. Un quatuor plein de sève, qui sera opposé à quatorze nations, dont le Kenya qui avait empoché en 2024 à Belgrade un troisième titre mondial de son histoire sur l’exercice. Le collectif comprendra notamment Reynold Cheruiyot, Purity Chepkirui et Kyumbe Munguti, qui faisaient déjà partie de l’équipe vainqueure il y a deux ans. On retrouvera dans les box l‘Éthiopie et la Grande-Bretagne, deuxième et troisième en Serbie. L’ordre des passages est imposé : une femme, un homme, une femme, un homme.
Le programme du relais mixte
- Date et heure : Samedi 10 janvier – 15h45
- Distance : 6000 m
- Tenant du titre (Belgrade en 2024) : Kenya
JUNIORS GARÇONS – U20
Aloïs Abraham pour continuer à grandir
Il franchit les étapes à vitesse grand V et il faudra incontestablement compter sur lui dans les années à venir. Aloïs Abraham (17 ans), médaillé de bronze à l’Euro de cross U20 à Lagoa, va défendre au mieux ses chances à Tallahassee mais ne se fait pas d’illusions démesurées. Le niveau sera tout autre en Floride, avec la présence des coureurs africains, habitués à monopoliser les podiums. Tout juste après avoir claqué 13’38 sur 5 km (record de France U18 et U20) à la Cursa dels Nassos de Barcelone le 31 décembre, le talentueux athlète du Muret AC nous a expliqué d’un ton serein, posé et avec une grande lucidité qu’il souhaitait avant tout continuer à engranger de l’expérience. « Je n’ai pas vraiment d’objectif hormis de continuer à prendre de l’expérience, mais l’idée sera de réaliser la meilleure course et le meilleur résultat possible ». Ces dernières années, le meilleur résultat d’un junior tricolore est revenu à Hassan Chahdi, 23e en 2008 à Edimbourg (Ecosse).
Le programme des Juniors Garçons U20
- Date et heure : Samedi 10 janvier – 16h55
- Distance : 8000 m
- Tenant du titre (Belgrade en 2024) : Samuel Kibathi (Kenya)
SENIORS HOMMES
S’unir pour réussir
Depuis 2017, le suspense pour savoir quelles équipes monteront sur le podium des seniors hommes est nul et le verdict couru d’avance. Lors des quatre dernières éditions (2017, 2019, 2023 et 2024), le Kenya, l’Éthiopie et l’Ouganda se sont accaparés les trois premières places. Cette année pourrait déroger à cette règle immuable depuis neuf ans. Une ambitieuse équipe de France se sent prête à se battre pour être celle qui viendra s’immiscer sur la boîte. Elle fait face à un immense défi : Depuis la France en 2001, aucun autre collectif européen n’est parvenu à se hisser dans le top 3.
Dans l’histoire des Championnats du monde de cross-country dont la première édition s’est disputée en 1973, les Bleus ont décroché six médailles par équipes (1er en 1978 à Glasgow avec la bande à Pierre Levisse, 2e en 1992 à Boston et en 2001 à Ostende, 3e en 1974 à Monza, en 1976 à Chepstow et en 1988 à Auckland). En individuel, Paul Arpin est le seul médaillé français masculin dans l’histoire des Mondiaux de cross-country, avec une médaille de bronze en 1987 à Varsovie. Il faut remonter à 2004 (Bruxelles) et la dix-septième place d’El Hassan Lahssini pour retrouver la dernière fois qu’un Français avait fait mieux que la 20e place sur un rendez-vous planétaire des labours (Mehdi Frère 20e en 2024, ndlr).
Ils ont mis en application la maxime « l’union fait la force ». Le collectif sera composé des trois meilleurs performeurs français de l’histoire sur 5000 m, Jimmy Gressier (champion du monde 2025 du 10 000 m), Yann Schrub (champion d’Europe de cross et du 10 km) et Etienne Daguinos (recordman de France du 10 km), ainsi que Fabien Palcau et Valentin Gondouin, qui enchaînent les bonnes performances ces derniers mois. Il faut souligner que le classement par équipes sera établi sur quatre athlètes, soit un de plus qu’aux Championnats d’Europe. En individuel, du très lourd en perspective avec le double champion en titre ougandais Jacob Kiplimo et le double vice-champion en titre éthiopien Berihu Aregawi.
Très attendue par les fans du premier sport olympique, la course sera diffusée exclusivement sur la plateforme digitale france.tv dès 18h05. Les commentaires seront assurés par le journaliste Alexandre Boyon et l’international français Hugo Hay.
« Après le Meeting de Paris (20 juin 2025), je suis allé voir Yann Schrub. Je lui ai dit : ‘Là, c’est quand même un événement où tu peux mettre de côté aussi l’individuel et aussi penser à l’équipe. Ça te dit ou pas qu’on monte une équipe, qu’on chauffe Etienne Daguinos aussi, et puis après, qu’on voit avec la Fédé comment on peut faire au niveau des qualifications ?’. On a validé ça aux Championnats de France Elite à Talence (1er au 3 août), le lendemain de notre 5000 m. On s’est vu avec Bastien Perraux (sélectionneur FFA). Il m’a envoyé des photos du parcours, des vidéos, il était à fond. Il pense aussi fort que vous qu’on peut aller chercher une médaille, voire mieux, avec l’équipe. »
« On a une génération exceptionnelle, de malades, on se tire les uns les autres vers le haut. Pour aller dans un grand championnat, il faut mériter sa place mais une fois que l’on y est on sait que l’on vise la médaille car il faut capitaliser sur notre densité, enfin réunir tous les atouts, arrêter de courir l’un contre l’autre et pour une fois courir ensemble. On va courir ensemble, on pense avant tout au collectif, ce qui est très rare dans notre discipline, il n’y a que le maillot de l’équipe de France qui compte, il n’y a pas d’argent en jeu, c’est uniquement pour écrire l’histoire que l’on y va entre potes. »
« De partager une médaille par équipes avec des potes sur un championnat du monde ce serait des émotions que l’on ne revivra peut-être jamais, ce serait assez extraordinaire. Depuis ma reprise je ne pense qu’à cela, lors des coups de moins bien à l’entraînement je me remotive en me disant que les autres comptent sur moi. Jusqu’au 10 janvier je me prépare pour moi mais aussi pour que les autres puissent avoir un coéquipier le plus performant possible avec cette excitation de se dire on vise la médaille. »
Le programme des Seniors Hommes
- Date et heure : Samedi 10 janvier – 18h20
- Distance : 10 000 m
- Tenant du titre (Belgrade 2024) : Jacob Kiplimo (Ouganda)
Chez les seniors femmes (départ à 17h35, 10 000 m), la Kényane Agnes Ngetich, détentrice du record du monde du 10 km, fait son retour aux Championnats du monde de cross-country trois ans après sa médaille de bronze à Bathurst. Elle pourrait succéder au palmarès à sa compatriote Beatrice Chebet, championne olympique et du monde sur 5000 m et 10 000 m, qui attend un heureux événement dans quelques mois. Parmi ses adversaires figurent l’Ougandaise Sarah Chelangat, qui avait terminé cinquième à Belgrade il y a deux ans, et Joy Cheptoyek, septième du 10 000 m à Tokyo en septembre dernier. L’Éthiopienne Marta Alemayo, âgée de 17 ans, défendra sa couronne planétaire chez les U20 (départ à 16h20, 6000 m). Il n’y a pas de Française alignées sur les épreuves individuelles.
LE PARCOURS
Un circuit sur le thème de la Floride





Considéré comme l’un des meilleurs sites de cross-country des États-Unis, l’Apalachee Regional Park sera le théâtre des Mondiaux de cross et donnera vie à différents paysages de la Floride : des collines ondulantes, des parties herbeuses en forêt, des sentiers de terre rouge, un passage dans le sable (27 m) représentant les centaines de kilomètres de côtes fréquentées chaque année par des millions de touristes, une rampe artificielle longue de 30 m appelée « roller coaster » (montagnes russes), une série de quatre barrières (rondins de bois) de 60 à 90 cm de haut sculptées en forme d’alligators (« alligator alley ») à partir d’arbres tombés sur le site, une section boueuse de 30 m de long qui rend hommage aux Everglades de Floride, ou encore un élément aquatique de 6 mètres de long et d’une profondeur à hauteur des genoux qui symbolisera les océans, les sources, les lacs et les rivières de Floride. Une boucle de 2 km sera à parcourir plusieurs fois selon les courses, sur un circuit sollicitant à la fois la puissance et la vitesse.
Crédits photos : Sportmedia & Gaëlle Mobuchon / STADION





















