Avec une édition record en termes d’affluence et 7000 passionnés au départ, le Semi-marathon des Sables-d’Olonne a vu ses têtes d’affiche assurer les premiers rôles ce dimanche. Grâce aux images fournies par les organisateurs, vous avez assisté aux succès du Djiboutien Farah Ayeh (1h02’59) et de la Française Margaux Sieracki (1h12’12, record de l’épreuve) sur la distance reine, ainsi qu’à ceux du Marocain Saïd Kaddour (29’16) et de l’Italienne Elisabetta Ribera d’Alcalà (34’49) sur 10 km. Récit !
Solidement installé dans le calendrier national depuis plus de trois décennies, le Semi-marathon des Sables-d’Olonne continue de prendre du galon. Ce dimanche, ce n’était pourtant pas un temps à mettre un athlète dehors. Les organisateurs du SEC Athlétisme avaient pris jeudi l’excellente décision d’avancer les départs d’une heure, en raison des températures élevées annoncées sur les courses, afin de garantir du confort et de la sécurité de toutes et tous. Les participants, qui ont esquivé les grosses chaleurs, ont pu profiter de la fête dans des conditions plus respirables avec 1 à 2 degrés en moins. Cependant, ne croyez pas que ce fut facile pour autant. Ce dimanche, les organismes ont souffert.
Ça a chauffé sur le bitume
Connue et reconnue mondialement pour être le point de départ du mythique Vendée Globe, une course à la voile autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, la ville des Sables-d’Olonne est aussi un site idéal pour pratiquer la course à pied. Principale tête de gondole du plateau élite, Emmanuel Roudolff-Levisse a coupé son effort au deuxième rang en 1h03’52, grappillant deux places au classement (4e en 2025 en 1h03’16). Le ténor de l’Athlé 92 n’a rien pu faire face, avec ses armes du moment, à la supériorité du Djiboutien Farah Ayeh (1h02’59), qui a levé les bras le premier devant le Stade de la Rudelière, après avoir pris le large dans les derniers kilomètres. « Aujourd’hui, c’était compliqué d’aller chercher la gagne parce que je n’avais pas les jambes pour aller chercher le premier. Mais je pense que j’ai couru intelligemment pour au moins assurer le podium. C’est déjà une étape de franchie par rapport à l’année dernière. Maintenant, ça va être crescendo de mieux en mieux jusqu’à Birmingham, j’espère. »
Voir cette publication sur Instagram
Quatrième performeur français de tous les temps sur marathon en 2h05’58, « ERL », fils de Pierre, (27 sélections entre 1976 et 1994), quadruple champion de France de cross dans les années 1980, va désormais pleinement se concentrer sur sa préparation pour les Championnats d’Europe de Birmingham (10 au 16 août) : « Je vais monter les kilomètres au fur et à mesure. Cette semaine, je vais être à 140-150 kilomètres à peu près. Je vais monter progressivement jusqu’à 200 et ensuite me maintenir à ce niveau-là. Je pense qu’il y a encore une belle marge de manœuvre. Collectivement, c’est sûr qu’on a une belle carte à jouer. »
« Le Marathon de Paris tient à cœur les Français »
Emmanuel Roudolff-Levisse a aussi pu mesurer sa cote de popularité grandissante auprès des passionnés : « Rien qu’aujourd’hui, j’étais surpris du nombre de personnes qui me disaient ‘Allez Emmanuel’, alors que, c’est bête, mais avant, il y avait peut-être 10, 15 personnes qui me disaient ça pendant une course, mais là, il y en a vraiment beaucoup. Donc, je pense que le Marathon de Paris (6e le 12 avril dernier en 2h05’58) tient à cœur les Français », confie-t-il avec beaucoup d’humilité. Anecdote touchante, le champion tricolore a aussi expliqué avec le sourire que chaque foulée vers l’arrivée le rapprochait d’Arwen, sa Husky d’un an au prénom inspiré du personnage du Seigneur des Anneaux, ainsi que de sa compagne. La troisième place du semi est revenue au Marocain Moussab Hadout en 1h04’09.
Voir cette publication sur Instagram
Retour gagnant pour Margaux Sieracki
Aucun retard à l’allumage pour Margaux Sieracki, de retour à la compétition en 2026 après une double fracture de fatigue, plus une entorse de grade 2 (tibia et fibula). Sans aucun complexe, la sociétaire de l’Entente Athlétisme Cambrésis (record en 1h09’49 en 2024) a réalisé une course intelligente, en démarrant assez prudemment et en durcissant l’allure après le premier tiers de course : « Yohan Durand (4e du 10 km en 30’53 quelques minutes avant) s’est proposé de nous emmener jusqu’au septième kilomètre et moi, je venais ici pour la place. Avec Mathilde (Sénéchal) on s’est mis toutes les deux d’accord en partant sur des bases de 3’26 jusqu’au 7e km (1h12’30). Après j’ai accéléré et je suis remontée au fur et à mesure sur l’Algérienne (Souad Aït Salem, 3e en 1h14’34) et l’Éthiopienne (Hawi Regassa, 4e en 1h15’47) qui sont parties devant. Avec Mathilde, on a préféré les laisser partir. J’ai été gênée par le vent seulement les trois derniers kilomètres, parce que j’étais toute seule. Donc, on l’a bien senti. Quand on est dans le peloton, ça va. »
Voir cette publication sur Instagram
La septième performeuse française de l’histoire sur marathon (2h25’47 au Marathon d’Amsterdam en 2025) confie aussi avoir été bien aidée par l’incroyable soutien du public massé au bord du Remblai : « L’ambiance, elle était magique. Franchement, je pense que c’est la course où il y a eu le plus d’ambiance. Il y a des spectateurs qui envoient des bonnes ondes. Ils disent ‘Allez Margot’. Je souris et je trouve que c’est bien de sourire. Ça permet de passer la douleur. Je suis fière d’avoir gagné. J’enchaîne avec le 10K adidas à Paris le 7 juin puis un semi-marathon aux Pays-Bas le 13 juin. »
Mathilde Sénéchal deuxième et toujours fair-play
Double tenante du titre (1h12’54 en 2024 et 1h12’47 en 2025), Mathilde Sénéchal doit laisser sa couronne pendant au moins une année à Margaux Sieracki avec qui elle fait un joli travail d’équipe jusqu’au septième kilomètre. La représentante de l’AJ Blois-Onzain est toutefois fière du visage montré devant le public vendéen : « Je savais que je n’allais pas suivre Margot. Si elle était bien, elle allait partir. Elle était quasi injouable. L’idée, c’était de faire la meilleure place possible derrière Margot. Je commence à bien connaître le parcours et je sais qu’il faut garder sous le pied jusqu’au bout. Une fois que je savais que la deuxième place était assurée, j’ai essayé de maintenir cette deuxième place, de ne pas ralentir, mais je ne me suis pas arrachée. Forcément, je veux toujours faire mieux en termes de chrono. Quand on regarde mes trois courses des trois dernières éditions, je suis régulière sur une allure que je maîtrise aussi. Je sais aller plus vite. Je l’ai fait à Nice dans d’autres conditions (record en 1h11’38). Là, les conditions ne permettaient pas, à mon sens, de faire un record. »
Les Françaises Agate Violleau (5e en 1h17’32), Ophélie Serra-Boxberger (6e en 1h18’12), Julia Paduch (7e en 1h18’52) et Maëlle Lacroix (8e en 1h19’52) ont également donné satisfaction sous cette forte chaleur.
Voir cette publication sur Instagram
Saïd Kaddour était le plus fort sur 10 km
Le 10 km a de nouveau accueilli un plateau de haut vol sur le Remblai. Une large partie des athlètes tricolores et internationaux ont répondu à l’appel. La victoire est tombée dans l’escarcelle du Marocain Saïd Kaddour, souverain l’an passé en 29’50 et crédité de 28’25 à Valence en janvier, a accéléré la cadence sur le tracé sablais, négocié en 29’16. L’Algérien Saïd Ameri, détenteur du record de l’épreuve avec 28’54 lors de la dernière édition, alors dans le groupe de tête, a mis le clignotant au 5e km.
Voir cette publication sur Instagram
Déjà deuxième du 10 km en 2023, Hicham Briki (As Anzinoise Athlétisme), en bronze aux France de semi en 2023 à Belfort, se rend depuis quatre ans en Vendée pour allier sport et plaisir, en participant au 10 km tout en passant des vacances en famille le week-end de Pentecôte. « Les enfants sont contents de revenir chaque année ! Je me reclasse deuxième aujourd’hui avec un très beau chrono de 29’32. Bravo à l’organisation pour tout ce qu’ils font pour cet événement magnifique. Je savais qu’il allait faire très chaud donc je tiens à les remercier d’avoir avancé l’heure de départ, c’était vraiment une très bonne idée et cela nous a beaucoup aidé. Mon record est à 29’02 en 2023 et j’ai bon espoir de descendre sous les 29 minutes cette année. »
Toujours bien placé sur semi lors des trois derniers exercices (10e en 2025, 6e en 2024 et 8e en 2023), Florian Caro (Stade Brestois Athlétisme), récent vice-champion de France sur marathon à Ambès, avait décidé de s’amuser sur la distance inférieure. Au final, une troisième place en 29’41, qui le satisfait pleinement (record en 29’04 à Nice en 2026) : « J’avais à cœur aujourd’hui de partir vite sur de bonnes bases, de me débrider un petit peu sans trop réfléchir et remettre du rythme. C’est une bonne course, je n’ai pas craqué sur la fin sur un parcours pas évident avec quelques petites côtelettes. Je vais m’aligner sur la première édition du 10 km du Brest Running Tour le 7 juin avec l’envie de continuer à accélérer. »
« Le cadre est magnifique ! »
En préparation pour le 20 km de Bruxelles dimanche prochain, l’Italienne Elisabetta Ribera D’Alcalà s’est illustrée sur 10 km en 34’39 et repart de la station balnéaire sablaise chargée en confiance et en bonnes ondes, avant de rejoindre la capitale belge : « Le cadre est magnifique ! C’est vraiment un plaisir de courir face à l’océan avec des couleurs merveilleuses du bon matin. C’est vrai que ce n’est pas du tout une course facile, assez vallonnée, avec des conditions de chaleur assez difficiles. Nous leur sommes très reconnaissants d’avoir anticipé le départ. J’ai eu la chance qu’il y avait quand même un petit groupe d’hommes avec moi pour me protéger du vent. Il y a un garçon très sympa qui s’est sacrifié pour rester avec moi jusqu’à la fin, merci à lui parce que ça a un peu facilité les choses. Direction Bruxelles maintenant et je pense que c’est un bon test car là-bas aussi le parcours n’est pas très plat ». La Belge Elisa Vancolen (35’04) et la Française Chloé Hotte (35’10) l’accompagnent sur la boîte.
Voir cette publication sur Instagram
7000 champions et championnes
L’inclusion est au cœur du Semi-marathon des Sables-d’Olonne, avec un 10 km handisport. Les lauriers ont été décrochés, comme en 2025, par Laurent Lebeault (Entente Poitiers Athlé 86) en 27’18 sur le 10 km fauteuil devant Vincent Rabeau (31’47) et Vincent Descousse (31’52). Habitués pour la majorité à faire leur footing sur le Remblai, les participants ont eu l’occasion cette fois de pimenter l’ordinaire en mode compétition. À l’arrivée ce matin, certains s’écroulent. D’autres hurlent de plaisir ou de douleur. Mais après la récupération, un sentiment partagé : Le soulagement d’en avoir fini. L’essentiel, pour eux, était là. Plus de 7000 participants sur l’ensemble des courses, un beau plateau de concurrents, la chaleur à surmonter et de l’ambiance, tels furent les ingrédients qui ont participé à la réussite de cette journée. Les organisateurs ne pouvaient pas rêver de meilleures conditions pour cette 33e édition de cette fête de la course à pied. Rendez-vous l’année prochaine, avec déjà, on peut vous l’annoncer, des nouveautés majeures.
Voir cette publication sur Instagram
REPLAY de l’édition 2026 sur la chaîne YouTube de Stadion
Tous les résultats du Semi-marathon des Sables-d’Olonne 2026
Crédits photos : STADION






















