Après près de trois décennies sous la bannière d’Amaury Sport Organisation, le Marathon de Paris change d’organisateur. Le Conseil de Paris a attribué au groupement Cadence la concession des éditions 2027 à 2030. Une rupture historique pour l’une des plus grandes épreuves de course sur route de la planète, qui ouvre désormais une nouvelle ère.
Le Marathon de Paris va changer de visage. Après avoir été orchestré par Amaury Sport Organisation (ASO, propriétaire du journal L’Equipe) depuis 1998, l’événement running le plus important de l’Hexagone sera confié au groupement Cadence pour les éditions 2027 à 2030. La décision, validée par le Conseil de Paris le 20 mai, concerne également le semi-marathon de Paris.
Le vote du Conseil de Paris (78 voix pour, 44 contre et 13 abstentions) acte ainsi une bascule qui, dans l’univers du running, possède une portée bien supérieure à un simple changement de prestataire. Depuis près de trente ans, ASO avait façonné le Marathon de Paris, son modèle économique, son identité sportive et son rayonnement international. La dernière édition organisée par le groupe Amaury s’est tenue le 12 avril 2026, a rassemblé 58 853 participants (57 464 finishers, 126 nationalités) et quelque 250 000 spectateurs en 2026.
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Une rupture historique après 28 éditions sous pavillon ASO
Le choix de Cadence met fin à une longue continuité. Le groupement réunit Havas Events, mandataire, Keneo et Avena Event, cette dernière étant notamment associée à Outdoor Sports Experiences et à l’organisation de l’ÉcoTrail de Paris. Trois offres avaient été étudiées dans le cadre de la procédure lancée par la Ville de Paris : celles d’ASO, de Cadence et d’un groupement composé de Playground et Oconnection.
Pour ASO, la perte est considérable. Le Marathon de Paris constitue l’une des épreuves les plus emblématiques de son portefeuille et s’inscrit dans un savoir-faire historique en matière d’organisation de grands événements sportifs. La rupture est d’autant plus symbolique que la course a atteint une dimension de masse exceptionnelle. Le défi de Cadence est immense. Il ne s’agit pas simplement de reprendre une course, mais bien de prendre les commandes d’une institution.
Une concession avec des ambitions affichées
Dans son offre, Cadence a mis en avant plusieurs axes de transformation. La Ville de Paris évoque notamment des tarifs réduits pour les personnes bénéficiaires du RSA, le développement de dossards solidaires, la suppression du plastique à usage unique et des ravitaillements sans emballage. Le groupement entend également faire évoluer les parcours afin de mieux « honorer tous les quartiers de Paris ».
Sur le papier, le changement de modèle est donc assumé. Le nouveau concessionnaire ne semble pas vouloir se contenter d’une simple continuité opérationnelle. L’ambition est de faire du marathon un événement davantage inscrit dans les politiques publiques de la capitale, en plaçant davantage l’accent sur l’accessibilité, la solidarité et l’empreinte environnementale.
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Le vrai enjeu va être de préserver la dimension sportive
C’est probablement là que se situera l’un des principaux défis de Cadence. Organiser près de 60 000 coureurs dans les rues de Paris relève d’une mécanique logistique considérable. Mais organiser un grand marathon, c’est aussi construire une épreuve crédible pour les athlètes de haut niveau, assurer la qualité du parcours, garantir les conditions de performance et maintenir une véritable lisibilité sportive.
Le Marathon de Paris possède déjà des références chronométriques de premier plan, avec des records élevés (2h04’21 par Elisha Rotich en 2021, chez les hommes, et 2h18’34 par Shure Demise en 2026, chez les femmes). Son attractivité repose donc sur un équilibre délicat en étant à la fois le marathon d’une immense communauté de pratiquants et une course capable de conserver une place dans le paysage international de l’athlétisme.
C’est précisément sur ce point que la transition sera observée avec le plus d’attention par les suiveurs et spécialistes. Cadence devra rapidement démontrer sa capacité à préserver ce qui fait la force du Marathon de Paris tout en imprimant sa marque. La première édition de la nouvelle ère, en 2027, sera forcément scrutée : parcours, plateau élite, expérience coureur, gestion des flux et promesses environnementales seront autant d’indicateurs de la réussite du passage de témoin.
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Une nouvelle page à écrire pour le Marathon de Paris
Le changement d’organisateur intervient dans un contexte où les grands marathons internationaux cherchent tous à renforcer leur attractivité. Les épreuves ne sont plus seulement des compétitions, elles sont devenues des plateformes d’image, de tourisme, de pratique sportive et de communication territoriale. Et Paris n’échappe pas à cette évolution. Avec Cadence, la Ville de Paris fait le choix d’un nouveau projet, dont l’offre a été jugée la mieux notée dans le cadre de la consultation. La concession prévoit par ailleurs une redevance annuelle minimale garantie de 3,5 millions d’euros, soit près du double du contrat précédent selon les éléments communiqués.
Pour Cadence, l’équation est simple à énoncer, mais redoutable à résoudre : Moderniser sans dénaturer, ouvrir davantage l’événement sans perdre son exigence sportive et faire évoluer le modèle sans fragiliser une machine construite pendant près de trente ans.
Première nouveauté, ASICS devrait devenir le partenaire titre du Marathon de Paris à la place de Schneider Electric. Partenaire officiel de la course depuis 2009, l’équipementier japonais avait pourtant reconduit pour la quatrième fois son contrat, avec un engagement courant jusqu’en 2031, finalement rendu caduc par la nouvelle concession. La durée du naming n’a pas encore été dévoilée.
Crédit photo : STADION


















