Championnats d’Europe de Birmingham 2026 : Les Bleus déjà en mode récolte

13 août 2026 à 4:33

Trois jours à peine et déjà quatre médailles pour les Bleus. Etienne Daguinos en costume de premier de cordée sur 5000 m, Laëticia Bapté qui monte sur le podium dès mardi sur 100 m haies, puis le doublé argenté de Muhammad Abdallah Kounta (400 m) et de Just Kwaou-Mathey (110 m haies) en plein cœur de mercredi soir, l’équipe de France a démarré ses Championnats d’Europe dans l’antre britannique sur un rythme de feu. Direction Birmingham pour faire le point sur tout ce qui a déjà marqué cette 27e édition, avant que le choc tant attendu du 800 m féminin et l’entrée en piste du perchiste suédois Armand Duplantis ne viennent enflammer la fin de semaine.

Le Royaume-Uni attendait ça depuis 1934. Première organisation des Championnats d’Europe d’athlétisme sur le sol britannique, et l’équipe de France n’a pas traîné pour se faire une place dans la fête. Quatre médailles en trois jours, portées par des profils parfois inattendus comme Muhammad Abdallah Kounta ou Laëticia Bapté, aux côtés d’un Alexander Stadium qui n’a pas mis longtemps à prouver qu’il méritait le totem de rendez-vous majeur de l’été. Entre records de longévité, retours victorieux et une délégation tricolore qui engrange les breloques dès l’ouverture, la 27e édition tient toutes ses promesses. Retour sur trois jours de compétition intense, du lever de rideau jusqu’à ce jeudi.

 

Etienne Daguinos lance le bal, quatrième étoile pour Jakob Ingebrigtsen 

Rien de tel qu’un premier soir électrique pour planter le décor. Cinq titres distribués dès lundi, entre le poids où l’Italie a fait coup double avec Leonardo Fabbri et Zane Weir, la Norvège, qui a signé un record des championnats sur le 4×400 m mixte, et Amy Hunt qui a embrasé son public à domicile en filant vers l’or du 100 m en 11 secondes pile. Mais le vrai frisson de la soirée est venu du 5000 m messieurs. Jakob Ingebrigtsen, opéré du tendon d’Achille en février et absent de toute compétition depuis, a montré qu’il n’avait rien perdu de son punch dans le dernier tour. Titre numéro quatre d’affilée sur la distance, en 13’15″29, la marque d’un champion qui revient de loin et qui le rappelle à tout le monde.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

 

Derrière lui, du bleu sur le podium. Etienne Daguinos a signé le bronze en 13’16″09, à huit petits dixièmes du Norvégien, devançant sur le fil son adversaire et ami Jimmy Gressier, quatrième en 13’16″36, qui visera mieux sur le 10 000 m, samedi dès 21h25. « J’ai cru que mes pointes allaient taper et que j’allais tomber, confiait le sociétaire de l’US Talence à propos de cette dernière ligne droite où les jambes ne voulaient plus se lever. C’est une médaille collective, une médaille pour tout mon entourage, qui a été là nuit et jour ces derniers temps ».

Une première médaille internationale qu’il dédie à son entourage, ses coachs et ses proches, avec cette petite pointe de regret de ne pas avoir eu sa famille dans les tribunes pour la voir de ses propres yeux, « mais ils seront là pour d’autres médailles, j’en suis sûr ». Une entame parfaite pour l’équipe de France, qui voyait là son leader désigné ouvrir le compteur tricolore dans un final avec le couteau entre les dents, avant d’aller lui-même supporter ses coéquipiers matin et soir pendant le reste de la semaine.

 

Laëticia Bapté s’offre le bronze sur 100 m haies

Deuxième journée, deuxième satisfaction tricolore. Sur 100 m haies, Laëticia Bapté a décroché le bronze en 12″73, dans une finale qui s’est jouée au millième entre la Néerlandaise Nadine Visser et la Polonaise Pia Skrzyszowska, toutes deux créditées du même chrono de 12″67 avant que la photo-finish ne tranche en faveur de la première. Avant de filer fêter ça avec ses proches malgré une saison encore loin d’être terminée, la Martiniquaise s’est arrêtée au micro de Stadion. « Dans ma tête, c’est le brouillard, je suis sous mon petit nuage. Je sais que je suis capable maintenant et j’ai hâte de la suite », lâchait celle qui voit enfin la théorie se transformer en breloque autour du cou, encore portée par l’émotion du moment.

Côté séries, l’équipe de France a aussi montré ses muscles sur le 800 m féminin, où les trois engagées Clara Liberman, Rénelle Lamote et Anaïs Bourgoin se sont toutes qualifiées, Liberman signant même un nouveau record personnel en 1’58″23. Un joli clin d’œil avant l’explication à venir entre les trois grandes favorites de la distance.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

 

Muhammad Abdallah Kounta et Just Kwaou-Mathey se parent d’argent

Grosse soirée pour les Bleus. Deux médailles d’argent en l’espace de quelques minutes, et une salle de presse qui n’a pas eu le temps de souffler. Muhammad Abdallah Kounta, auteur du meilleur chrono des demi-finales en 44″38, a confirmé en finale du 400 m avec l’argent, dans un mouchoir de poche jusqu’à la ligne : « J’ai eu des années de galères et aujourd’hui, j’arrive à m’exprimer, souffle le sprinteur, la voix encore nouée. Je ramène cette médaille pour mon pays, pour ma famille, pour tous ceux qui m’ont soutenu. »

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

 

Dans la foulée, Just Kwaou-Mathey a fait honneur à son statut de médaillé mondial en salle en s’offrant l’argent du 110 m haies, deux ans après son bronze de Glasgow. « C’est un peu flou, j’ai plein d’émotions », résumait le hurdleur, entre la fierté d’accrocher une nouvelle médaille européenne malgré une saison abîmée par les blessures et la pointe de frustration de sentir l’or lui filer entre les doigts. « Il m’a peut-être manqué un peu plus d’essence dans les jambes », glissait-il, avant de saluer ses deux jeunes coéquipiers, pour leur premiers championnats d’Europe en plein air et déjà en finale.

« Nous, en France, on est vraiment bons sur les haies. Dès qu’il y a un Français en championnat, il y a souvent une médaille qui va au bout », lançait-il fièrement, rappelant au passage la solidité de cette famille tricolore des haies, lui qui a reçu un petit message de la légende Guy Drut entre la demi-finale et la finale. Deux breloques qui portent le total tricolore à quatre en trois jours, et qui confirment déjà la belle dynamique enclenchée par une équipe de France pourtant privée de plusieurs cadres de poids, entre Cyréna Samba-Mayela, Yann Schrub ou encore Sasha Zhoya.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

Miltiadis Tentoglou entre dans l’histoire, Nadia Battocletti rempile

Le concours de longueur a offert l’un des moments forts de la semaine. Malgré des conditions de vent capricieuses, le Grec Miltiadis Tentoglou a décroché un quatrième titre européen consécutif, 2018, 2022, 2024 puis 2026, avec un bond à 8,44 m réussi à son quatrième essai. Une performance qui l’installe au niveau de la longévité affichée en son temps par Heike Drechsler dans la discipline. Le Suisse Simon Ehammer (8,29 m) et le Bulgare Bozhidar Saraboyukov (8,26 m) complètent un podium de haut vol.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

 

Autre habituée des sommets, Nadia Battocletti a remis sa couronne en jeu sur le 5000 m féminin et l’a conservée grâce à une accélération décisive dans le dernier tour, bouclant une course très tactique en 15’37″84. Soirée plus compliquée en revanche pour Yann Chaussinand, tête de série numéro un après avoir pulvérisé le record de France en juin (82,44 m). Le Clermontois n’a réussi qu’un seul essai mesuré, 76,19 m, et termine neuvième, loin de ses ambitions initiales. Une déconvenue qui rappelle que même les favoris affichés repartent parfois les mains vides sur un concours.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par STADION (@stadion_actu)

 

Ce qui arrive, et le monstre du 800 m qui se prépare L’affiche la plus attendue de la semaine commence tout juste à se dessiner. Keely Hodgkinson, Audrey Werro et Femke Broeders-Bol ont chacune survolé leur série mardi, la Britannique signant le meilleur temps du tour en 1’57″40, la Suissesse répondant en 1’57″83. Les demi-finales se courent ce jeudi avant une finale programmée vendredi soir, promesse d’un choc entre la championne olympique en titre, la révélation suisse auteure du troisième chrono de l’histoire de la discipline cette saison, et une quadruple médaillée olympique en reconversion express sur deux tours de piste.

L’équipe de France peut déjà savourer un début de championnats solide : Quatre breloques engrangées en trois jours, une 10e place au classement des médailles et encore plusieurs cartouches à tirer d’ici dimanche soir, avec Jimmy Gressier (10 000 m), Agathe Guillemot (1500 m), Azeddine Habz (1500 m), Hilary Kpatcha (longueur) ou encore Aurélien Quinion (marathon marche). 

Texte : Dorian Vuillet
Crédit photo : Gaëlle Mobuchon / STADION

ARTICLES RÉCENTS
SÉLECTION ADIDAS
SÉLECTION ADIDAS