Harmonie Mutuelle 20 km de Paris 2026 : Daniel Kosen et Mekdes Woldu triomphent

11 octobre 2026 à 10:15

Ils ont crevé l’écran en direct sur notre page Facebook. Le Kényan Daniel Kosen (57’11) et la Française Mekdes Woldu (1h04’35) ont éclairé la 48e édition de l’Harmonie Mutuelle 20 km de Paris ce dimanche. L’international tricolore Aurélien Quinion a bouclé son effort en marchant, avec un temps canon de 1h21’18. Plus de 35 000 adeptes de la course à pied se sont élancés au pied de la Tour Eiffel. Récit !

Il ne fallait pas avoir un petit creux ou une envie pressante, par peur de manquer, il y avait bien trop à voir pour se permettre de décrocher. Comme tous les ans, les 20 km de Paris marquent le premier gros temps fort de la saison automnale de course à pied en France. Et comme pour le running en général dans l’Hexagone, leur succès ne faiblit pas. Les inscriptions pour l’épreuve de la capitale ont fermé début avril, près de six mois avant le grand départ. Un engouement constaté aussi ce matin sur notre Live Facebook où vous étiez nombreux et nombreuses à assister à la victoire du Kényan Daniel Kosen, qui a coupé la ligne d’arrivée place Jacques Rueff, derrière la Tour Eiffel, bien avant que la soixantième et dernière vague de coureurs ne s’élance sur le Pont d’Iéna à l’assaut des 20 kilomètres.

 

 

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Sans meneur d’allure au départ, le lauréat du jour (57’11 à l’arrivée) l’a emporté au prix d’une grosse accélération entre le 9e et le 10e km : « Je suis tellement heureux et reconnaissant. Vers le 9e kilomètre (passage au 10e en 29’01), j’ai vu que personne ne me suivait. Je me suis dit : ‘Essayons d’accélérer et ça va passer’. Une course, c’est avant tout de la tactique. Quand on applique la bonne tactique, c’est beaucoup plus simple de l’emporter ». L’athlète JOMA, équipementier officiel de la course, est toutefois resté à distance du temps de référence du parcours, réalisé l’an passé par Etienne Daguinos en 56’18.

 

Emmanuel Roudolff-Levisse et Hassan Chahdi ont déjà la tête au Marathon de Valence

Juste derrière, on retrouve sans doute l’un des visages les plus familiers du public français, Emmanuel Roudolff-Levisse, crédité de 57’45, qui se classe deuxième, comme l’an passé : « J’ai essayé de le suivre entre le 10e et le 13e kilomètre, il a bien accéléré. J’ai essayé de le suivre mais je n’avais pas les jambes de l’année dernière, j’ai manqué un peu de vitesse et ça s’est vu. C’était un bon test avant le marathon de Valence le 6 décembre. L’objectif est de s’assurer que les jambes répondent bien, qu’il n’y a pas de bobos ni de pépins physiques. Il va maintenant falloir continuer la préparation et aller tranquillement mais sûrement vers Valence ».

 

 

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Seizième en 59’51, l’olympien Hassan Chahdi dresse un bilan positif de cette rentrée tout en se projetant, lui aussi, sur le Marathon de Valence : « Je venais ici en espérant tenir un peu plus longtemps avec le groupe de tête et finir avec eux. C’est la rentrée sur la deuxième partie de saison. C’est toujours difficile pour moi ces premières courses, mais ça fait du bien de remettre un dossard. C’est un plaisir et ça lance bien ma préparation pour Valence ». La troisième place revient au Franco-Algérien Abderrazak Charik (58’34), qui nous a régalés avec une roulade sous l’arche d’arrivée. Suivent dans le classement Mohamed Benyettou (4e en 58’53), Clément Leduc (5e en 59’25) et Florian Le Pallec (6e en 59’33), qui intègrent le top 10, tout en ralliant la ligne d’arrivée sous l’heure de course.

 

Victoire et meilleur chrono français de l’histoire pour Mekdes Woldu

Quatrième en 2022 (1h07’13) et deuxième en 2023 (1h06’36), Mekdes Woldu débarquait à Paris avec l’envie de monter sur la plus haute marche du podium. Mission réussie pour la vingtième du marathon des JO de Paris 2024, qui était intouchable. L’élève de Thierry Choffin a imposé son rythme dès les premières foulées, creusant au fur et à mesure des kilomètres un écart avec Manon Trapp, souveraine en 2024 (2e ce dimanche en 1h06’24). La recordwoman de France du marathon (2h23’13) et du semi-marathon (1h08’19) est passée à cinq secondes du record du parcours, détenu depuis 2023 par la Kényane Gladys Jemaiyo en 1h04’30. La représentante de l’EFCVO s’empare toutefois du meilleur chrono français de tous les temps qui était jusqu’à la propriété de… Manon Trapp (1h04’44 en 2024 à Paris).

 

 

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« Je n’ai même pas regardé le chrono, j’ai regardé les passages du 5 (16’08) et du 10 kilomètres (31’55) affichés sur le parcours. Même sans le record, j’ai fait une belle course et je suis très contente. J’aurais aimé avoir ces jambes-là pour les championnats du monde de semi-marathon (le 20 septembre à Copenhague) où je n’étais pas vraiment bien, mais aujourd’hui je suis très heureuse de décrocher ce titre. C’est mon premier titre aux 20 km de Paris, ça fait plaisir. Courir ici, ça me rappelle les Jeux olympiques et le Marathon de Paris. C’est une belle course que j’adore et que je fais depuis 10 ans. »

Au-delà de la performance et de la fierté d’inscrire son nom au palmarès, Mekdes Woldu a partagé toute son émotion à l’arrivée : « C’est une bonne occasion de rappeler qu’il y avait 43,8% de femmes inscrites cette année. Bravo à toutes les femmes qui ont franchi cette ligne d’arrivée. Ça fait penser à Octobre Rose, qui est le mois pour les femmes touchées par les cancers du sein. Il y avait plein de choses dans ma tête pendant cette course-là. Je pensais aussi beaucoup à mon père, et aujourd’hui, c’était un bel hommage pour lui de remporter cette course. »

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Après son abandon au marathon de Berlin il y a deux semaines, Manon Trapp a retrouvé des sensations : « J’ai eu du mal à mettre du rythme parce que je sors d’une prépa marathon, du coup j’avais l’impression d’être à allure marathon. Mais en vrai je suis contente. C’est une façon de se relancer psychologiquement aussi, parce que le marathon de Berlin, cruel abandon alors que j’étais sur des très très belles bases du record de France… On oublie tout ça et on repart du bon pied. Il me manquait vraiment la fraîcheur mentale et le cœur pour mener à bien vraiment ce marathon, et donc là je suis en train de vraiment faire un travail pour retrouver cette fraîcheur mentale, ce plaisir, et je pense que les résultats viendront naturellement si je continue dans cette démarche qui est la meilleure pour moi. »

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Alice Finot dans le top 10

Ajoutons que Salomé Brun (3e en 1h06’48), Héloïse Laigle (4e en 1h07’12), Inès Hamoudi (5e en 1h07’20), Mathilde Sénéchal (6e en 1h07’37), Ophélie Serra-Boxberger (7e en 1h07’38) et Anaïs Quemener (9e en 1h08’25) se sont hissées dans les dix premières. Impossible de ne pas souligner la prestation d’Alice Finot (10e), recordwoman d’Europe du 3000 m steeple (8’58″67 en 2024), qui a superbement couvert la distance en 1h08’58. La sociétaire du CA Montreuil 93 souhaite se consacrer à la route après les JO de Los Angeles en 2028.

« C’était mieux qu’espéré. Ça s’est passé trop bien, ce n’est pas normal ! Je pense que je suis partie très conservatrice, et puis je fais un négative split. Je fais 35 au 10e et 34 sur le deuxième 10e. Je finis en 1h09 et je ne m’attendais pas à ça. Je suis sur mon record sur semi-marathon là, avec très peu de préparation parce que je me suis reposée après les Europe de Birmingham. Je suis super contente de la sensation, des gens que j’ai rencontrés sur le parcours, des gens qui m’ont aidée, qui m’ont encouragée et tout. Je me suis dit pendant la course qu’à Paris c’est quand même magique. C’est une petite sortie un peu fantaisiste mais que j’avais déjà fait sur semi-marathon. Ce n’est pas quelque chose que je prépare, mais ce sont des courses auxquelles je peux me présenter de plus en plus parce que je commence à penser à la route aussi. Jusqu’à Los Angeles, je vais vraiment rester sur le steeple, mais j’ai un futur sur route, je le sens. »

 

Aurélien Quinion, un marcheur dans les rues de Paris

Les runners qui ont bouclé les 20 kilomètres autour d’1h22 l’ont certainement vu les dépasser… et ont peut-être pris, au passage, un sacré coup au moral en voyant ce marcheur filer à une allure qu’ils peinaient à suivre en courant. L’olympien Aurélien Quinion a entièrement parcouru le tracé en marchant et a claqué un temps de 1h21’18, soit une allure moyenne de 14,77 km/h (4’04/km). Les spécialistes apprécieront ! Le médaillé de bronze aux Championnats d’Europe de Birmingham sur marathon marche (record en 2h59’29) souhaitait s’accorder une petite distraction sur les pavés de la capitale, dans le cadre de sa préparation des Championnats de France le 15 novembre à Salaise-sur-Sanne.

 

 

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Dans le classement handisport, Julien Casoli, lauréat à six reprises du Marathon de Paris, s’est illustré au sprint chez les fauteuils en 44’00, devant le Néerlandais Geert Schipper (44’04), alors que Thibault Daurat (48’00) s’offre la troisième place.

 

35 000 cœurs battants sous la Tour Eiffel !

Si apposer son nom au palmarès reste une prouesse d’exception, l’âme véritable de l’Harmonie Mutuelle 20 km de Paris est restée plus que jamais fidèle à sa vocation de grande fête populaire, inclusive et conviviale. Pour cette 48e édition placée sous le signe du « Nouveau souffle », les 35 000 participants, un peloton record qui affichait complet dès le début du mois d’avril, ont fait vibrer l’ouest parisien et le bois de Boulogne, dans un magnifique élan collectif et une atmosphère incroyable.

Encadrés par l’énergie bienveillante des bénévoles tout au long du tracé, des milliers de coureurs anonymes ont tout donné sur le macadam, franchissant la ligne d’arrivée au pied de la Tour Eiffel sous les clameurs de leurs proches. La dynamique inclusive a progressé cette année avec 43,8% de coureuses au départ, même si le chemin reste encore long pour atteindre la parité parfaite. Le handisport a rayonné au cœur de l’événement grâce à un plateau d’athlètes en fauteuil renforcé, une vingtaine de joëlettes mobilisées et l’exploit de coureurs amputés accompagnés par HOPPER. La solidarité a également battu plus fort que jamais à travers l’opération « Relais Cœur » et le soutien apporté à l’Association Grégory Lemarchal.

(Re)visionnez la course dans les conditions du direct sur notre page Facebook.

Tous les résultats des 20 km de Paris 2026

Crédits photos : STADION

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