Dimanche 11 octobre, 8h. Saint-Denis n’a pas encore tout à fait fini sa nuit que les premiers coureurs s’élancent dans la lumière du soleil levant. Le thermomètre affiche entre 13 et 14 degrés, tandis que les tambours du groupe Les Juntos résonnent entre les barrières. Mohammed Akaouch, animateur dans un centre de loisirs de la ville, s’apprête à courir presque dans son jardin à l’occasion de cette nouvelle édition des Voies Royales (6500 coureurs au total). Deux minutes avant le départ des élites, un seul concurrent handisport s’élance. Le semi-marathon ouvre cette matinée déclinée en quatre formats (Semi, 10 km, 5 km Performance et Belle Vadrouille, la version non chronométrée).
Les coureurs passent à proximité de la basilique, du parc Georges-Valbon et du Centre aquatique olympique avant de rejoindre le Stade de France. À l’approche de l’arrivée, les tambours laissent place à la musique, avec parfois Get Lucky de Daft Punk ou Turn Down for What. De quoi donner à chacun une raison supplémentaire de tout donner jusqu’au bout. Sur la ligne de départ, nul besoin d’être une tête d’affiche pour avoir une histoire à raconter. Certains visent un chrono, d’autres viennent relever un défi. Tous ont leurs propres motivations. Le temps d’une matinée, les Voies Royales font ainsi émerger des visages encore méconnus du grand public.
Mohammed Akaouch, un semi-marathon gagné à deux pas du travail
Le Pierrefittois a bouclé le semi-marathon en 1h12’05, avec une avance confortable sur ses poursuivants. Loin des 1h06’46 réalisés par Grégoire Doison en 2025, le chrono importe finalement moins que le scénario de la course. Passé au 10e kilomètre en 35’22, Mohammed Akaouch pointait alors au 15e rang. La suite s’est apparentée à une remontée progressive jusqu’à la tête de course. Au départ, pourtant, il n’avait pas vraiment eu l’impression de devoir batailler. « Au départ, j’ai vu personne », raconte-t-il. Coureur depuis plus de dix ans, l’animateur de centre de loisirs savoure une victoire à domicile, à quelques pas de son quotidien professionnel. Ce semi-marathon lui servait également de répétition avant un rendez-vous autrement plus long, le marathon de Lille, où il espère passer sous les 2h20. Une préparation qui ne laisse guère de place à l’improvisation, même si le coureur pense déjà à l’ambiance qui l’attend dans le Nord. « Il y aura du public », souligne-t-il, avant d’adresser un message à ceux qui voudront suivre sa prochaine aventure : « Je donne rendez-vous à Lille. »
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Derrière lui, l’Américain Axel-Ryan Nzi prend la deuxième place en 1h13’29 et s’adjuge le classement espoirs. À 20 ans, ce coureur né à New York de parents ivoiriens partage son temps entre les États-Unis et la France. Étudiant en études francophones et en économie, il profite aussi de la course à pied pour perfectionner son français et faire des rencontres. Ses distances de prédilection restent le 5 et le 10 km, avec la saison de piste hivernale en ligne de mire. Pour expliquer ses ambitions, il ne se lance pas dans une longue théorie sur l’entraînement. Sa réponse tient en quelques mots : « Croire en moi-même ! ».
Sept hommes ont franchi la ligne en moins de 1h15, avant un écart de près de trois minutes avec le huitième. Christophe Maindron (Asphalte 94), premier M1, termine troisième en 1h13’36, devant Michael Haros (Stade Bagnérais), premier M2, et Ricardo Andrade, tous deux crédités de 1h13’45. Gabriel Stemler, premier senior, prend la sixième place en 1h14’43, juste devant Ronan Ogier (1h14’55). Aurélien Boussaud, premier M0 en 1h17’43, Nathan Périer (1h17’54) et Robin Geyer, du Club Campus (1h18’05), complètent le top 10.
Marie Bagnères, Valentine Dubreuil et Lauryn Cleonis : Un podium entre Grenoble, Angers et Marseille
Un semi-marathon peut aussi servir à retrouver ses marques. Marie Bagnères l’a démontré en s’imposant chez les femmes en 1h22’53, à la 53e place du classement général. Grenobloise, juriste en finance et licenciée à la Team Trail Paris, elle n’avait plus couru sur route depuis deux ans. Son quotidien sportif se partage davantage entre le trail et les longues distances. Les épreuves de 100 km lui ont appris à gérer l’effort autrement. À Saint-Denis, l’Iséroise s’était fixé un objectif autour de 1h25, sans certitude sur son niveau du moment. « Moi, je viens du trail et je fais des 100 km, donc rien à voir avec le semi », résume-t-elle. La coureuse compte retrouver la SaintéLyon, avant de s’attaquer au marathon de Paris avec l’ambition d’améliorer son record. L’arrivée dans le stade lui a également laissé un excellent souvenir : « On voit l’arrivée, on sait qu’on peut tout donner sur la dernière ligne droite. »
Deuxième en 1h31’28, Valentine Dubreuil découvrait elle aussi les joies du podium. Installée à Angers depuis un mois, cette spécialiste du marketing travaille pour une entreprise d’échange de maisons, une activité largement compatible avec le télétravail. Sa venue à Paris avait d’abord une raison familiale : sa sœur participait elle aussi à la course. L’inscription s’est décidée spontanément, alors qu’elle prépare déjà son troisième marathon, après Biarritz et Porto. Prochain rendez-vous : Nice, dans un mois. Le podium ne faisait toutefois pas partie de ses plans. « Je ne m’attendais pas du tout à faire un podium », reconnaît-elle. L’arrivée sur la piste a fini de rendre cette matinée particulière : « L’arrivée sur le stade, trop sympa, trop chouette. »
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Derrière les deux premières, Lauryn Cléonis prend la troisième place en 1h34’49, avec deux secondes d’avance sur Marion Cocusse. Pour cette étudiante en alternance entre Paris et Marseille, qui se destine à devenir ingénieure dans la fonderie d’aluminium, il s’agissait d’un premier semi-marathon. Habituée aux sorties de 10 à 15 km, elle était partie avec l’idée de se rapprocher d’1h30. Elle a finalement dû revoir ses ambitions en cours de route, mais a pu compter sur les coureurs qui l’entouraient. « Ce qui m’a aidée, ce sont les lièvres ». Une première expérience qui pourrait bien lui donner envie de voir plus loin. Dans un coin de sa tête, deux courses font déjà rêver : « Berlin et New York », glisse-t-elle, avant de résumer simplement : « C’est un rêve ». Le top 10 féminin se complète avec Lily Mariaud (1h35’55), Julie Grosset (1h35’58), Eva Levrier (1h37’07), Julie Genin (1h37’28), Camille Peigue Wargniez (1h38’09) et Sandrine Petitjean, première M0 en 1h38’31.
Abubakr Abdallah et Gaspard Cothias Faure, une histoire comme on les aime
Une seconde d’écart et un détour qui aurait pu tout changer. Abubakr Abdallah (ES Nanterre) remporte le 10 km en 31’14, devant Gaspard Cothias-Faure (31’15) et Damien Monier (31’34), premier M2. Le chrono du vainqueur se situe entre ceux des deux dernières éditions (Florian Carvalho avait couru en 31’24 en 2024, puis Flavien Szot en 30’18 en 2025). Mais cette année, c’est surtout le scénario de la fin de course qui restera dans les mémoires. Dès le troisième kilomètre, Abubakr Abdallah et Gaspard Cothias Faure se retrouvent aux avant-postes. L’ingénieur informatique parisien de 28 ans, qui s’est entraîné avec un coach en ligne, voit progressivement la course se transformer en duel. Les deux hommes collaborent jusqu’au huitième kilomètre, avant que les jambes de Gaspard Cothias-Faure ne commencent à peser dans la descente vers le stade.
L’entrée dans l’enceinte, qu’il apprécie particulièrement, aurait pu lui permettre de trouver un second souffle. « Moi, c’est le moment que j’adore », explique-t-il. Sauf qu’à quelques centaines de mètres de la ligne, la moto ouvreuse fait demi-tour. Abubakr Abdallah la suit et s’engage dans la mauvaise direction. Gaspard Cothias-Faure le dépasse et se retrouve virtuellement en tête, avant de décider de le laisser reprendre sa place. « Je ne voulais pas gagner alors que je savais que j’étais battu ». Abubakr Abdallah retrouve donc la bonne trajectoire et conserve une longueur d’avance. Une victoire acquise dans des circonstances pour le moins inhabituelles.
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Le parcours menant au Stade de France semble décidément réserver son lot de surprises. En 2024, le Kényan Shamack Cheruiyot s’était lui aussi trompé à l’entrée du stade. Une erreur avait également perturbé la course en 2025. Pour Gaspard Cothias-Faure, cette mésaventure n’efface pas la performance. Il a désormais le marathon de La Rochelle dans le viseur, fin novembre, avec un objectif compris entre 2h25 et 2h30. Son principal adversaire, plaisante-t-il, reste parfois lui-même. « Un champion de l’entraînement », se décrit-il, en référence à sa difficulté à retrouver en compétition les bonnes sensations de ses séances. Le défi est donc aussi mental. Il s’agit de parvenir à concrétiser le travail accompli à l’entraînement le jour où le dossard compte vraiment.
Derrière le duo, Damien Monier, 44 ans, décroche une troisième place qui récompense son retour progressif à la compétition. Après une année sans licence, il retrouve peu à peu son rythme et envisage de franchir une nouvelle étape en s’alignant sur son premier marathon. « J’aimerais bien essayer mon premier marathon cette année », confie-t-il, avec notamment Vichy parmi les pistes envisagées. Léo Le Gall (AC Boulogne-Billancourt) termine quatrième en 32’32, juste devant le Pakistanais Saddam Hussain (Pierrefitte Multi Athlon Ville), cinquième en 32’38. Abdelmounaim Imade (Saint-Denis Émotion) suit en 32’57, puis Soane Dubois (CA Montreuil 93) en 33’03. Aurélien Bakhti, premier M0 en 33’10, Hugo Bredin (Athletic Retz Sud Lac, 34’19) et Tanguy Blervacque complètent le top 10.
Dounia Afalah, deux courses pour le prix d’une
Un dossard n’a visiblement pas suffi à Dounia Afalah. La représentante de Pierrefitte Multi Athlon Ville a d’abord remporté le 10 km en 37’20, avant de revenir sur la ligne de départ du 5 km, deux heures plus tard, pour décrocher une nouvelle place sur le podium en 18’11. Un doublé qui n’était pas forcément écrit d’avance pour celle qui n’a repris un entraînement régulier que depuis un mois, après une longue coupure. À 29 ans, cette éducatrice sportive installée dans les Yvelines, qui s’entraîne en Seine-Saint-Denis, voulait surtout évaluer ses sensations et vérifier que ses petits soucis physiques ne referaient pas surface.
Le bilan est positif : « Les sensations étaient top ». Après plusieurs années loin d’un entraînement régulier, Dounia Afalah avance aujourd’hui à son rythme. Le 10 km n’est d’ailleurs pas sa distance de prédilection : La Francilienne préfère le 3000 m et le 5000 m, où elle estime pouvoir davantage exprimer ses qualités. Les longues distances, en revanche, la tentent beaucoup moins. Le semi-marathon et le marathon ? « Des entraînements de zinzin ». Pas besoin d’attendre longtemps pour retrouver une distance plus courte : un nouveau 5 km figure déjà au programme dans deux semaines. À Saint-Denis, le bilan tient en deux podiums et une confirmation, les sensations reviennent.
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Derrière la Francilienne, Chloé Conan (Run and Freedom) prend la deuxième place en 38’35, au terme de 10 kilomètres éprouvants. La Normande de 30 ans, sommelière de profession, était déjà montée sur le podium l’année précédente, en 37’23. Madeleine Viot (Foulées de Saint-Germain-en-Laye) complète le trio en 39’14, tout en décrochant la première place chez les espoirs. Originaire du Mans, passée par Nantes et ancienne triathlète, elle n’avait plus couru de 10 km depuis deux ans. Son objectif était de passer sous les 40 minutes. Mission accomplie, avec une course qui lui a également permis de profiter de l’ambiance. « Super bon enfant », résume-t-elle.
La batucada, ce groupe de percussions qui met l’ambiance avant le départ, l’a particulièrement amusée : « Même la batucada et tout, avant le départ, c’était trop drôle ». Pour cette jeune femme qui découvre Paris, le décor a également fait son effet. « Tout est gigantesque », s’étonne-t-elle. Et si elle revient l’an prochain, ce ne sera pas seulement pour l’ambiance. Elle a déjà un objectif en tête : « Battre le record ». Mintou Ba (AAS Sarcelles Athlétisme) termine quatrième en 40’33 et première M0. Maider Alvear Perez (SAM Paris 12) et Claire Meunier (XVe Athletic Club) suivent en 42’25 et 42’29. Olivia Chatonnet (44’11), Judith Kravitzch (44’12), Pauline Le Scouarnec (44’24) et Akheane Vaucelles (44’28) complètent le top 10 féminin.
Malik Drame au finish
À midi, le 5 km Performance a offert une bataille autrement plus serrée. Trois secondes séparent les trois premiers : Malik Drame s’impose en 15’07, devant Rimketa Hazard en 15’08 et Sofiane Bendib en 15’09. Le vainqueur efface ainsi le chrono de Pierrick Loir, lauréat en 15’52 en 2025. Mais le jeune athlète avait un autre chiffre en tête avant de prendre le départ : 15 minutes. Il lui a manqué sept secondes. À 21 ans, le coureur du Racing Multi Athlon est espoir et pompier volontaire à Sannois, dans le Val-d’Oise. Il prépare également le concours d’entrée dans la police. Il ne court que depuis septembre 2024, mais progresse vite. Son précédent record était de 15’17, réalisé quelques semaines plus tôt.
À Saint-Denis, le Francilien améliore donc sa marque, même si le fameux sub 15 lui échappe de peu. « Je suis à sept secondes du sub 15 », calcule-t-il à l’arrivée. Son histoire avec la course à pied avait commencé par un 10 km des Champs-Élysées bouclé en 33’29. Depuis, il s’est ouvert plusieurs portes, du 800 m au 10 km, avec un record de 1’55 sur la distance la plus courte. Cette saison, le jeune athlète veut surtout progresser sur 5 km, tout en conservant quelques 10 km au programme. Pour les Championnats de France, où il espère frapper fort, le ton est donné : « Pour les France, on va tout exploser. »
Derrière lui, Rimketa Hazard vit une course qui se joue au coude-à-coude. À 19 ans, cet étudiant en mathématiques, physique et chimie se retrouve au cœur d’un groupe compact. Ils sont six au départ, puis quatre à se disputer la victoire. Personne ne veut céder avant les 200 derniers mètres. « Franchement, c’était une belle bataille », raconte-t-il. Le duel est serré du premier au dernier kilomètre. « C’était super serré depuis le début. » Le dernier kilomètre pèse dans les jambes, sur un parcours roulant par endroits, mais marqué par quelques montées capables de casser le rythme. La prochaine étape est déjà identifiée : le 10 km de Montreuil, avec un objectif de 31 minutes.
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Sofiane Bendib, lui, choisit de gérer une course dans laquelle le chrono ne semble pas toujours être la priorité du groupe. Paysagiste de 25 ans, autoentrepreneur et spécialiste du cross, il découvre les Voies Royales. Son record personnel sur 5 km frôle les 14’30 et il espérait pouvoir s’approcher des 14’40. Mais il comprend rapidement que la bataille se jouera surtout pour les places sur le podium. « Les quatre devant ont joué la boîte, j’ai compris que la course allait devenir tactique ». Après plusieurs relances, il finit par arracher la troisième place au sprint. Le passage dans le Stade de France lui laisse une impression particulière : « Quand t’arrives dans le Stade de France, il y a une aura de dingue ! » Son enthousiasme se transforme presque en invitation pour les prochaines éditions : « Venez au Stade de France 93, n’allez pas être déçus ».
À son compte, Sofiane Bendib peut organiser ses horaires de travail pour continuer à s’entraîner sérieusement. Son prochain objectif se trouve sur les terrains de cross, avec une course qualificative envisagée à Allonnes. Après une saison précédente consacrée à construire des bases, il veut désormais jouer les premiers rôles, viser des podiums et améliorer ses chronos. L’an dernier, il avait terminé dans le top 70. Cette année, il espère entrer dans les 50 premiers et se rapprocher des places qualificatives pour les Championnats d’Europe. Derrière le trio de tête, Saddam Hussain signe une performance rare sur une même matinée : cinquième du 10 km en 32’38, il termine également cinquième du 5 km en 15’41. Alexandre Cheny et Brice Panchot (VMA, Viens m’attraper) franchissent ensemble la ligne en 15’59. Ange Moutima-Backenga (Dynamic Aulnay Club) suit en 16’01, devant Mohamed Fliou, premier junior en 16’02, et Jaafar Lanouar (AS Pierrefitte) en 16’05.
Emma Waechter en tête, Lola Esposito-Farese au rendez-vous
Emma Waechter n’était pas venue pour gagner, mais pour s’entraîner. La représentante d’Athlétisme Metz Métropole remporte finalement le 5 km féminin en 17’04, avec plus d’une minute d’avance sur le chrono de la lauréate 2025, Emina Alagic (18’11). En préparation du semi-marathon de Boulogne, prévu le 15 novembre, l’ingénieure avait d’abord envisagé cette course comme une séance de travail. Puis l’envie de se tester a pris le dessus. « Je l’ai quand même fait à fond ». Et ce, avec de simples chaussures d’entraînement, sans plaque carbone, précise-t-elle avec amusement. À quatre secondes près, elle aurait même franchi la barre des 17 minutes. Ce résultat a d’autant plus de valeur que Waechter sort de deux années compliquées, marquées par des blessures successives à l’adducteur puis à l’ischio-jambier, sur la même jambe.
Après plusieurs mois à devoir adapter sa pratique, elle a retrouvé un peu de travail sur piste pendant l’été et reprend désormais un entraînement plus sérieux. Son parcours compte déjà plusieurs participations aux Championnats de France, une troisième place chez les espoirs en 2021 et une douzième place aux Championnats de France Élites en salle en 2024. Elle navigue entre le 3000 m steeple et le semi-marathon, selon les périodes de sa saison. À Saint-Denis, elle a apprécié les encouragements sur le parcours, même si un détail lui laisse un petit goût d’inachevé. Elle aurait aimé parcourir les 300 derniers mètres sur la piste du stade. Le revêtement ne permettait malheureusement pas d’y courir à pleine vitesse. « On ne peut pas aller trop vite sur le revêtement ». Le prochain test aura lieu à Boulogne, sur une distance cinq fois plus longue.
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Derrière elle, Lola Esposito-Farese (AS Pierrefitte) prend la deuxième place en 18’05. À 25 ans, cette professeure d’EPS a quitté la Bretagne pour s’installer à Paris cette année, tout en conservant un lien avec le triathlon et son club de Saint-Grégoire, près de Rennes. Petite, elle accompagnait parfois son père sur les sentiers, sans pour autant partager sa passion. « Moi, je ne voulais pas courir ». C’est finalement au collège, grâce à un professeur d’EPS, que la course à pied a commencé à prendre une autre place dans sa vie. Le triathlon a ensuite complété le tableau. Ce dimanche, la Bretonne entamait sa deuxième saison de course à pied pratiquée plus sérieusement, avec l’envie de continuer à progresser et de se rapprocher des premières places. Elle apprécie le triathlon et le duathlon, disciplines dans lesquelles la course à pied doit aussi lui permettre d’aborder le vélo dans de bonnes conditions.
Pour cette première expérience aux Voies Royales, le bilan est très positif : « L’ambiance était trop bien, le parcours était trop cool aussi ». Elle retrouvera Saint-Grégoire le 17 janvier, avant les cross et ses premiers duathlons en mars. Carla Gueydan (XVe Athletic Club) complète le podium en 18’16. Lio Manolitha Mallawaarachchige (AS Pierrefitte) termine en 19’22 et décroche la première place chez les espoirs, tandis qu’Elsa Cadet (Paris Sport Club) s’adjuge le classement junior en 19’35. Louise Provost (E.A.P. Châtelleraudais, 19’38), Cynthia Rost (20’02), Carmen Le Potier (20’12) et Luane Bouchillou (20’13) complètent le top 10. Dounia Afalah, déjà victorieuse du 10 km, s’intercale en troisième position en 18’11, signant ainsi son deuxième podium de la matinée.
Pascal Prévost, seul au départ, mais pas vraiment seul
Au petit matin, Pascal Prévost était le seul concurrent handisport à prendre le départ du semi-marathon. À 62 ans, le retraité rejoint le Stade de France en 1h23’31, avec déjà quelques belles lignes à son palmarès récent. La semaine précédente, il avait décroché l’argent aux Championnats de France du 5 km. En avril, il avait terminé quatrième des Championnats de France de marathon. Son prochain objectif est déjà fixé avec les Championnats de France de semi-marathon à La Rochelle, en novembre. À Saint-Denis, le tracé lui a demandé de relancer régulièrement, avec plusieurs changements de direction et quelques passages pavés. « Assez compliqué parce qu’on est toujours en train de relancer un peu à droite à gauche », explique-t-il, sans pour autant en garder un mauvais souvenir. « Un petit peu de pavés, mais bon, ça se fait bien ». La météo clémente, sans pluie ni vent, a également contribué à rendre l’effort plus agréable.
Son verdict tient en quelques mots : « Une course très agréable ». Pascal Prévost n’oublie pas ceux qui ont rendu cette matinée possible, en particulier les bénévoles postés sur le parcours. « S’ils n’étaient pas là, on ne serait pas là non plus ». Quant à l’arrivée dans le Stade de France, elle conserve tout son pouvoir, même pour un habitué des grandes compétitions. « C’est magique. »
Tous les résultats des Voies Royales de Saint-Denis 2026
Texte : Dorian Vuillet
















