Marathon Vert Rennes 2026 : Florian Caro et Marie Lohéac-Bouchard sur le toit de la Bretagne

18 octobre 2026 à 11:53

Le Marathon Vert Rennes a couronné deux Bretons sur le macadam de la capitale régionale. Florian Caro s’est brillamment imposé en 2h16’04 et retrouve son titre de champion de Bretagne. Chez les dames, Marie Lohéac-Bouchard, presque novice sur la distance reine, a triomphé en 2h38’39, améliorant son record personnel de près de trois minutes. Les manifestations ont également entraîné l’annulation des quatre courses prévues cet après-midi.

Le Marathon Vert Rennes avait dressé la table pour un festin de chronos. Un parcours plat, consacré marathon le plus performant de France en 2025, et 5700 coureurs au départ à 9 heures, sous un ciel gris. Parmi les favoris, Florian Caro, casquette en arrière sur le crâne, devait notamment composer avec Maël Sicot, Menad Lamrani, Hamza El Ouardi, Grégory Biraud et Mathieu Hubert.

 

« Physiologiquement, j’étais en footing »

Mais le scénario a rapidement tourné au monologue. Casquette à l’envers, bras relâchés et coudes écartés comme à son habitude, Florian Caro (Stade Brestois) a pris les devants dès le coup de pistolet pour ne plus jamais être rejoint. Parti seul à l’assaut des 42,195 km, le Brestois a bénéficié de la compagnie d’un relayeur de « Kutkreation Elite » jusqu’au 13e kilomètre, avant de poursuivre sa route sans véritable opposition. À l’arrivée, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, le lauréat a franchi la ligne presque en promenade. La vice-champion de France 2026 ne cherchait pourtant pas à signer un exploit. Cette course devait avant tout lui servir de répétition générale avant le marathon de Florence, prévu fin novembre. « À vrai dire, je n’avais pas imaginé grand-chose ». Son entraîneur Jeremy Cabadet lui avait fixé une allure comprise entre 3’10 et 3’12/km, mais les sensations en ont décidé autrement.

« Je me sentais vraiment bien au départ », racontait-il. De quoi lui donner envie de tenter « le premier semi à l’allure cible pour le marathon de Florence », quitte à « finir au train ». Les chronos confirment cette impression de maîtrise. Florian Caro a franchi le premier semi-marathon en 1h06’21, le 30e kilomètre en 1h34’48, avant de rallier l’arrivée en 2h16’04. Une course sans alerte, conclue avec une étonnante fraîcheur. « Physiologiquement, j’étais en footing », assurait-il, tout en gardant un œil sur son cardio, qu’il disait stabilisé à « 150 BPM à 3’25 ». Un an plus tôt, Duncan Perrillat avait remporté l’épreuve en 2h11’38, sous le crachin breton, pour décrocher un troisième sacre rennais. Le chrono de Florian Caro est nettement moins rapide, mais le Brestois n’était pas venu pour chasser un record.

 

Deuxième succès à Rennes après 2023

Cette victoire a surtout le goût de la revanche. Déjà vainqueur à Rennes en 2023 et détenteur du record de Bretagne en 2h13’42, Florian Caro avait abandonné au 17e kilomètre lors de l’édition précédente, rattrapé par un quadriceps récalcitrant qui l’avait déjà handicapé à Berlin. « Le but, c’était surtout de retrouver mon titre de champion de Bretagne qui m’avait échappé depuis deux ans », confirmait-il. Mission accomplie pour le Breton de 33 ans, qui peut désormais se tourner vers la Toscane avec un objectif clair. « Surtout battre mon propre record à moi, c’est ça le plus important », insistait-il. Une marque régionale qui pourrait néanmoins être menacée dès la semaine suivante à Francfort, où Enzo Marie est annoncé. « Sur le marathon, comme je dis toujours, c’est un combat contre soi-même », philosophait le grand vainqueur du jour.

 

Une meute bretonne et un bronze surprise

Derrière ce cavalier seul, la bataille pour les places d’honneur a offert un autre visage de la course. Hamza El Ouardi (Stade Rennais Athlétisme), champion de Bretagne en titre, espérait jouer les premiers rôles dans le sillage du favori, mais a rapidement décroché, dès le 7e kilomètre. Le Rennais a finalement terminé septième en 2h21’49. Menad Lamrani (Amiens UC) s’est emparé de la deuxième place en 2h19’38, à plus de trois minutes du vainqueur et loin de son record personnel de 2h16’45. La surprise est venue de Quentin Olivier (EA Pays de Brocéliande). Crédité de 30’01 sur 10 km et présenté parmi les néophytes de la distance, il a décroché le bronze en 2h19’49, onze secondes derrière Lamrani.

Le Vannetais Pierre Couzinier a échoué au pied du podium en 2h20’43 (ancien record : 2h24’20 en 2025). Maël Sicot (Stade Brestois), pourtant annoncé avec un record personnel de 2h16’01, a terminé cinquième en 2h21’03, devant Simon Habert (Stade Rennais Athlétisme), sixième en 2h21’30. Mathieu Hubert (EA Pays de Brocéliande, 2h22’16), Cédric Bertron (CJF Saint-Malo, 2h22’33) et Florent Olivier (Pays de Paimpol Athlétisme, 2h25’30) complètent le top 10. Le classement témoigne de l’ancrage régional de l’épreuve : Neuf des dix premiers représentent un club breton.

 

Marie Lohéac-Bouchard, le sourire en boussole

Dans le classement féminin, Marie Lohéac-Bouchard n’a pas davantage laissé planer le suspense. La pensionnaire de l’Iroise Athlétisme, spécialiste du 3000 m steeple et du 5000 m, championne de France du 10 km en 2025, a largement dominé les débats pour sa deuxième expérience sur marathon. Après un premier essai à Berlin en 2023, bouclé en 2h41’35, la future docteur de 32 ans a abaissé son record personnel de près de 3 minutes, en coupant son effort en 2h38’39. Une performance qui lui offre le titre régional et la 97e place au classement général. Ses temps de passage, en 1h18’10 au semi-marathon puis en 1h51’48 au 30e kilomètre, témoignent d’une course parfaitement maîtrisée.

Le sourire ne l’a pas quittée jusque dans la dernière ligne droite. L’an passé, sur le 10 km nocturne rennais, Marie Lohéac-Bouchard avait déjà frappé fort en signant un chrono de 32’50. Sa recette pour ce marathon tenait en quelques mots : « J’y allais surtout aux sensations », expliquait la (presque) néophyte, qui sortait d’« une prépa express ». Avec « tous les gars du groupe » également inscrits, elle s’est retrouvée « un peu obligée de les suivre ».

Mais pas question de se laisser emporter. L’objectif était avant tout de gérer l’effort pour éviter le fameux mur du marathon. « L’objectif, c’était de ne pas prendre le mur, donc j’ai été prudente ». Une stratégie payante, d’autant qu’elle a « vraiment adoré la première moitié de course avec toute la musique, les encouragements ». À l’arrivée, l’émotion était à la hauteur de la performance. « Super heureuse, nouveau record à l’arrivée, des bonnes sensations jusqu’au bout », lâchait-elle, tandis que son mari franchissait la ligne dans la foulée.

Pour autant, Marie Lohéac-Bouchard garde les pieds sur terre et ne se projette pas encore dans une carrière professionnelle. « La course pour moi, c’est vraiment un jeu, je suis amateur, j’espère passer semi-pro, mais je reste amateur pour l’instant », confiait-elle. Pas question non plus de bouleverser ses priorités. « C’est toujours ma priorité, la saison de cross », rappelait l’internationale tricolore (7 sélections). Désormais, direction le 10 km de Bordeaux (8 novembre) et le cross de sélection à Allonnes pour l’Euro de cross (22 novembre). 

Derrière la nouvelle reine bretonne, Lauriane Closier (Penthièvre Athlé) a pris la deuxième place en 2h42’27, à la 151e place du classement général. Astrid Moreau (Athlé Provence Clubs) complète le podium en 2h43’00, améliorant elle aussi son record personnel, établi à 2h45’41. Sarah Le Dantec (Stade Rennais Athlétisme, 2h44’57), Marilyne Allain (Team Breizline, 2h47’02) et Garance Dubray (Quimper Athlétisme, 2h49’00) suivent au classement. Éléonore Roudil (Athletic Club du Pays d’Ancenis, 2h50’45), Mathilde Godet (EA Pays de Brocéliande, 2h51’37), Aurélie Tréguier (Athletic Club Bretillien, 2h57’47) et Laura Georgelin (Stade Rennais Athlétisme, 2h58’43) intègrent le top 10 féminin.

 

L’après-midi, la fête coupée net

Le marathon a bien eu lieu, mais pas la suite du programme. Dès le samedi, des rassemblements prévus dans le centre-ville avaient conduit la préfecture d’Ille-et-Vilaine à demander aux organisateurs de revoir leur dispositif. Quatre épreuves avaient ainsi été déplacées au dimanche après-midi. Une nouvelle décision préfectorale a finalement contraint l’organisation à annuler ces courses (5 km course et marche, 10 km et mile).

Dans un communiqué, le Marathon Vert Rennes Groupe Interaction a expliqué les raisons de cette décision. « À la suite de nouveaux appels à manifestation dans le centre-ville de Rennes ce dimanche après-midi à partir de 15h00, par décision de la Préfecture d’Ille-et-Vilaine que nous venons d’apprendre à l’instant, l’organisation du Marathon Vert Rennes Groupe Interaction est contrainte d’annuler ses courses. Un report sera proposé dans les meilleurs délais, nous reviendrons vers vous très prochainement », ont indiqué les organisateurs.

Malgré ces annulations, le week-end a battu un nouveau record de participation, avec plus de 20 000 inscrits, contre 18 500 en 2025. Le marathon a rassemblé à lui seul 5700 partants, mobilisant 1200 bénévoles pour assurer le bon déroulement de l’épreuve. L’objectif de 160 000 arbres doit contribuer au financement d’un projet de reboisement au Tamil Nadu, en Inde, ainsi que d’actions menées à la Prévalaye, près de Rennes. Depuis le lancement de la course, près de deux millions d’arbres auraient ainsi été mis en terre.

Tous les résultats du Marathon Vert Rennes 2026

Texte : Dorian Vuillet
Crédits photos : Clotilde Briand / STADION

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