André Giraud : « Toute la Fédération est concentrée sur la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024 »

Il y a 2 semaines

Bilan sportif 2022, professionnalisation des athlètes tricolores, Jeux olympiques de Paris 2024… le Président de la Fédération Française d’Athlétisme André Giraud a répondu aux questions de Stadion, en esquivant aucun sujet, alors que s’ouvre une saison 2023 importante pour notre sport.

 

— André Giraud, quel bilan sportif faites-vous de l’année 2022 ?

Je suis satisfait de l’ambiance qui règne au niveau de la FFA entre le nouveau DTN Patrick Ranvier et les CTS. Mais aussi entre le DTN et la Direction de la Performance qui est incarnée par Romain Barras, le directeur, et par Mehdi Baala, responsable de la mise en place de la logistique de l’équipe de France, lesquels se sont bien répartis les rôles. Au niveau du bilan sportif de notre Elite, nous sommes en deçà de nos espérances, que ce soit aux Mondiaux de Eugene et aux Europe de Munich. Au niveau mondial, on reste sur notre faim malgré le titre de Kevin Mayer au décathlon. On pouvait espérer logiquement viser trois ou quatre médailles, mais malheureusement il y a eu des quatrièmes places (Wilfried Happio sur 400 m haies et Quentin Bigot au marteau, ndlr). On dit que l’on a fait les plus mauvais résultats de l’histoire de l’équipe de France en Allemagne, ce que je conteste. Si effectivement, il nous a manqué une ou deux médailles d’or pour avoir un bilan satisfaisant, dans les décennies passées, on a tourné à quatre ou cinq médailles. C’est le sport, ça s’est joué à quelques centimètres ou centièmes. On a eu aussi un titre mondial en salle sur 60 m haies avec Cyréna Samba-Mayela à Belgrade.

 

— Êtes-vous agréablement surpris par les performances de jeunes athlètes, comme Erwan Konaté, Anthony Ammirati, Sasha Zhoya ou Jules Pommery ?

On a eu un très bon bilan dans les rendez-vous internationaux chez les jeunes. Erwan Konaté a conservé son titre de champion du monde juniors en longueur et Anthony Ammirati a également brillé au saut à la perche. Cette génération prometteuse, emmenée aussi évidemment par Sasha Zhoya, Jules Pommery mais aussi Cyréna Samba-Mayela, on met tout en œuvre pour pouvoir lui permettre d’évoluer dans les meilleures conditions possibles.  

 

— S’agissant de nos jeunes pépites, comment accompagner leur éclosion ?

Nous sommes en train de prendre un nouveau virage, qui avait déjà été pris il y a quelques années avec un nombre insuffisant d’athlètes, c’est la professionnalisation qui fait aujourd’hui partie d’un de nos objectifs prioritaires. Pour être performant au niveau mondial mais même au niveau européen, il faut que les athlètes se consacrent entièrement à leur préparation. En 2023, nous avons professionnalisé 91 athlètes, ce qui représente un budget de 1,5 millions d’euros, une somme conséquente. Lorsque le processus de professionnalisation a été créé à la FFA en 2007, on tournait autour de 25 athlètes. On a presque multiplié par quatre le nombre d’athlètes professionnels sur les fonds propres de la Fédération. Ces 91 athlètes bénéficient aussi des aides de l’Agence Nationale du Sport (ANS). Ces mêmes athlètes, qui se divisent en trois catégories (pro A, pro B et Pro avenir), ont été choisis selon des critères stricts établis par la Direction de la Performance et par l’ANS. 

 

— Des athlètes de haut niveau, s’estiment isolés dans le fonctionnement fédéral, d’autres se disent perdus et sont critiques sur le fonctionnement de la Fédération… Comment analysez-vous ça ?

Avec le nouveau DTN, il y a eu une reprise en main à la fois des pôles et des centres nationaux de performances, avec une répartition géographique, financée par la FFA et par les Ligues. Les athlètes qui sont en dehors de ces structures-là, c’est qui veulent bien l’être. Dans cette Fédération, on n’a jamais eu le courage de structurer le haut niveau autour de groupes d’entraînement reconnus et soutenus par la FFA. Hormis peut-être avec Ghani Yalouz, les DTN successifs tenaient trop compte de la volonté de l’athlète et pas suffisamment de la dynamique de groupe. Si un athlète français veut bénéficier du soutien total de la FFA, il doit s’intégrer à une structure. 

 

— Que peut-on souhaiter à l’athlétisme français pour cette année 2023 ?

Au niveau de l’Elite, on aura trois moments forts avec les Championnats d’Europe en salle d’Istanbul (Turquie, 2 au 5 mars), une compétition où l’on a toujours fait bonne figure, les Championnats d’Europe par équipes à Chorzow (Pologne, du 20 au 25 juin), qui sont aussi un rendez-vous prioritaire et même un passage obligatoire pour les athlètes, et les Championnats du monde de Budapest (Hongrie, du 19 au 27 août) qui doivent nous permettre de nous projeter sereinement sur les Jeux olympiques de Paris 2024. C’est une compétition où l’on va mettre à l’honneur la nouvelle génération. 

 

—  Quelles sont vos principales mesures pour le haut niveau ?

Il y a eu deux mesures phares. Outre la professionnalisation des athlètes, on a accompagné les organisateurs de Meetings français afin de les faire monter en gamme en disposant d’un label European Athletics ou World Athletics. L’objectif est de permettre aux athlètes français d’aller marquer des points lors des compétitions hexagonales dans le cadre du ranking, mais aussi de moins voyager et de se confronter à une belle concurrence chez eux.

 

— Comment rendre l’équipe de France d’athlétisme compétitive à Paris à un an et demi des JO de Paris (1er au 11 août 2024) ?

Toute la Fédération est concentrée sur la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024. On fait confiance aux athlètes et aux entraîneurs pour se préparer dans les meilleures conditions. On a recréé cette dynamique de groupe avec les dispositifs que je viens d’expliquer. Après Doha, Tokyo et Eugene, qui ne sont pas des rendez-vous réussis côté résultat, il faut dès cet été à Budapest revenir à des résultats normaux de l’équipe de France par rapport à ce que représente notre pays au niveau mondial.

 

— Peut-on imaginer que la France soit candidate pour accueillir dans un futur proche une grande compétition internationale ?

Comme tout le monde le sait, nous avions prévu d’accueillir les Championnats d’Europe au Stade Charléty en 2020, un événement que nous n’avions plus accueilli depuis 1928, mais le Covid est malheureusement passé par là. Il y a toujours une volonté de la Fédération Française d’Athlétisme d’organiser de grandes compétitions. Il n’y a aucune raison que l’on ne soit pas encore candidat à un événement international dans quelques années. Toutefois, la France va organiser en 2024 les Championnats d’Europe Off-Road (5 au 7 juillet, sur le site de la Féclaz, en Savoie). Je profite de cette interview pour rappeler que la France est depuis plusieurs années la meilleure nation au niveau du trail en termes de résultats hommes et femmes. C’est une discipline, et je le souhaite, qui va certainement devenir olympique parce qu’il y a une volonté de World Athletics de promouvoir le trail et le cross-country. 

 

— À titre personnel, vivez-vous votre dernier mandat à la tête de la FFA ?

Il y aura des élections en 2024 et j’ai déjà pris ma décision, je ne me représenterai pas. Il faut passer la main avec une nouvelle équipe en 2024.

 

— Un petit mot à transmettre aux passionnés d’athlétisme qui vont soutenir les Bleus ?

Tout d’abord, je souhaite leur souhaiter bien sûr, une très bonne année 2023 sur le plan personnel, professionnel mais aussi sur la santé. Puis se réunir autour de toutes les initiatives qui sont lancées. Il y a un très grand nombre d’actions que l’on est en train de construire pour permettre à l’athlétisme de retrouver sa place de sport olympique numéro un, à dix-huit mois des JO. Pas seulement au niveau des résultats, mais aussi au niveau de la pratique pour tous qui devient un objectif majeur de notre Fédération. 

Propos recueillis par Matthieu Tourault
Crédit photo : Gaëlle Mobuchon / STADION

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