« Athlètes Mondiaux » : Mathilde Meurisse a lancé son podcast dédié à l’athlétisme

14 mars 2023 à 18:33

Armand Duplantis, Pascal Martinot-Lagarde, Mélina Robert-Michon ou encore Ashton Eaton ont un point commun : Ils se sont confiés dans le podcast « Athlètes Mondiaux ». Et ce ne sont pas les seuls. La liste s’allonge chaque semaine avec de nouvelles sorties. Derrière ce podcast, une passionnée d’athlétisme : Mathilde Meurisse. Heptathlonienne des langues, elle poursuit sa quête pour arriver au décathlon linguistique.

Comment parler d’athlétisme à des néophytes ? Cela va sans dire, l’exercice est truffé d’écueils. Aussi faut-il saluer le travail de Mathilde Meurisse, qui a su relever le défi avec son podcast « Athlètes Mondiaux ». On pourrait croire que pour être autant passionnée par un sport, il faut le pratiquer. Ce n’est pas le cas de la Lilloise. C’est par le bénévolat qu’elle a commencé à s’impliquer en 2002, lors des championnats du monde de para-athlétisme organisés à Villeneuve-d’Ascq. Depuis cet événement, elle n’a jamais arrêté. On la retrouve aux quatre coins du monde sur les pistes d’athlétisme. « Il y a plein de gens qui suivent Athlètes Mondiaux, qui me croisent en compétition et ne savent pas que c’est moi. C’est assez drôle. »

 

 

C’est par hasard qu’elle a créé son Skyblog en 2005. Mathilde Meurisse parlait de ses athlètes préférés. « Je suis passée sur un site internet par la suite. En 2009, j’ai créé ma page Facebook. Je n’ai jamais vraiment eu d’ambitions avec Athlètes Mondiaux ». Le projet de podcast n’est arrivé que récemment. Traductrice pendant une dizaine d’années, elle en n’a été lassée. D’un point de vue personnel, elle cherchait d’autres projets. Cette idée de podcasts l’a fait sortir de sa zone de confort, notamment pour les interviews qui sont faites dans une langue étrangère. « Maintenant que j’y pense, je me demande pourquoi j’ai attendu 2022 pour avoir l’idée. Cela a été un processus. Au final, le podcast me semblait le format le plus logique car il coche toutes les cases. J’ai dû avoir l’idée au printemps dernier et j’ai envoyé mes premières invitations en octobre. Ce qui a été le plus compliqué, c’est contacter les athlètes. J’ai un peu galéré car je n’avais pas d’épisodes à faire écouter. »

 

La diversité que nous offre l’athlétisme

Un panel d’athlètes qui illustre bien la diversité de l’athlétisme. Son carnet d’adresse au fil des années n’a cessé de grandir. « C’est cela que j’aime dans l’athlétisme, c’est qu’il y a plein de disciplines différentes. J’avais évidemment des idées d’invités grâce à mes contacts. Je pensais que certains répondraient et je suis restée sans réponse. Au contraire, j’ai eu des surprises. Je pense à Ashton Eaton où je me suis dit : « je n’ai rien à perdre mais jamais de la vie il va me répondre ». Au final, il m’a dit oui. Je m’étais fait une première liste avec dix noms pour que cela coche les cases de parité, différentes générations, différentes disciplines. Cela n’est plus d’actualité aujourd’hui. On ne fait pas forcément ce qu’on veut mais je vais essayer d’avoir le plus de diversité possible à tout point de vue ». Le choix des invités ne se fait pas au hasard. Un des critères de Mathilde Meurisse est de s’assurer qu’ils parlent un minimum car certains ne savent pas quoi évoquer lors de leurs interviews, soit par timidité, soit ils ne sont pas à l’aise face à l’exercice. Elle le remarque notamment lors de sa préparation.

 

 

« J’ai un énorme respect pour les décathloniens »

Qui ne tente rien n’a rien. Mathilde Meurisse a fait l’expérience avec le décathlonien américain, Ashton Eaton, ancien recordman du monde. « Honnêtement, quand je lui ai écrit, je n’y croyais pas du tout. J’étais hyper contente de l’interviewer. À un moment donné, il me dit : ça c’est une super question, on ne me l’a jamais posée. Là, je me dis « yes ». J’ai un énorme respect pour les décathloniens. À titre personnel, je pense que je m’identifie franchement à ce style de personnalité. Je suis polyglotte. Il a arrêté sa carrière jeune car il voulait faire autre chose de sa vie. A la fin de l’interview, je lui ai dit que je faisais un heptathlon linguistique car je parle sept langues mais que peut-être un jour je ferai un décathlon linguistique. Il a rigolé car je lui ai dit que j’étais pour l’égalité homme-femme donc je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas de déca. Il m’a dit qu’il venait de lire un article sur le cerveau des polyglottes. Quelle est la probabilité ? Mais, c’est parce qu’il s’intéresse à plein de trucs. Je le trouve super intéressant parce qu’il n’est pas juste athlète. On sent qu’il aime l’athlétisme en général. » Cette interview a été marquante.

 

« J’aimerais bien que les gens aillent écouter les athlètes qu’ils ne connaissent pas »

« Qu’est-ce que vous préférez dans l’athlétisme ? » est la question signature à la fin de chaque épisode. La réponse de Mathilde Meurisse est l’universalité. « J’adore apprendre les langues. Je donne des cours de français/langues étrangères. J’ai des élèves du monde entier. Je trouve que c’est la richesse de l’athlétisme. Ce qui me plaît également, c’est qu’on peut s’identifier sans pour autant être un champion. Avant d’être champion, ce sont des êtres humains. J’ai enregistré avec la perchiste britannique Holly Bradshaw, qui parle ouvertement des problèmes qu’elle avait avec son image corporelle. Je sais qu’elle est loin d’être un cas isolé ». Pour la suite, on pourrait s’attendre à quelques épisodes hors série avec des coachs, des journalistes, des agents, des organisateurs de meeting. Elle n’a pas envie d’interviewer que des athlètes. Elle ne manque pas d’idées. D’ailleurs, l’épisode de Stéphane Diagana évoque son boulot de consultant et pas son passé d’athlète.

 

 

« En termes de surprises, il y en aura. J’espère que cela va être de mieux en mieux avec le bouche à oreille. Je vois déjà une différence depuis que j’ai interviewé Armand Duplantis et Ashton Eaton. Avoir cet argument, cela aide beaucoup pour convaincre. Au début, j’ai un peu galéré, surtout pour les Français. Je pense que c’est plus dans la mentalité américaine d’accepter ou alors c’est l’argument Paris 2024 ». Le souhait le plus cher de Mathilde Meurisse serait que tous les épisodes soient écoutés. Elle pense que certains ne le seront moins car ce ne sont pas des noms connus. « J’espère que les gens ne vont pas s’arrêter au nom. Ce n’est pas une question de palmarès ou de notoriété. Écoutez les épisodes même si vous ne connaissez les athlètes ! J’aimerais donner la parole à des gens qui sont peut-être moins connus mais qui ont des choses à dire. »

Pour écouter l’ensemble des podcasts « Athlètes Mondiaux », cliquez ici.

Texte : Coline Balteau
Crédit photo : Michael Serralta

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