Emmanuel Roudolff-Levisse avant les 20 km de Paris : « C’est toujours une ambiance hyper particulière »

05 octobre 2026 à 10:31

Troisième en 2024 puis deuxième en 2025, Emmanuel Roudolff-Levisse sera de nouveau au départ des 20 km de Paris ce dimanche. En préparation pour son grand objectif, le marathon de Valence le 6 décembre, le Français de 31 ans entend néanmoins donner le meilleur de lui-même pour décrocher la meilleure place possible.

— Emmanuel, comment abordez-vous ce retour aux 20 km de Paris ?

J’ai pris un peu mon temps pour la reprise après les Championnats d’Europe. Les 20 km de Paris ne sont pas non plus mon objectif principal. Je vais quand même faire la course sérieusement, mais ce ne sera pas comme l’année dernière.

— Vous aviez donc vraiment besoin de couper après l’Euro de Birmingham (10 au 16 août) ?

J’avais eu une longue saison, avec beaucoup de courses. Les échéances revenaient vite et je ne pouvais pas enchaîner Valence et les Championnats d’Europe comme ça. Il fallait couper pour être sûr d’aller au bout de la saison dans de bonnes conditions.

« Je voyais que je ne me sentais pas si mal à l’entraînement et, en regardant la start-list, je me suis dit que ça pouvait être l’année. »

— Vous aviez terminé troisième en 2024 puis deuxième l’an dernier. Cette année, la victoire peut-elle devenir un objectif ?

À la base, je voulais aller directement vers le marathon. C’est seulement une dizaine de jours avant la course que je me suis dit que ça pouvait être intéressant de faire les 20 km de Paris. Je voyais que je ne me sentais pas si mal à l’entraînement et, en regardant la start-list, je me suis dit que ça pouvait être l’année. Il y a notamment des coureurs qui ne sont pas là cette année. Sur le papier, il y a le Kényan Daniel Kosen qui n’est pas mauvais non plus, donc il faudra voir ce que ça donne. Il a un meilleur chrono sur 10 km que sur semi, donc il vaut peut-être beaucoup mieux que ce que laisse penser son record sur semi. 

— Quel serait votre scénario idéal dimanche ?

Par rapport à ma préparation marathon, dans l’idéal, je n’aimerais pas forcément que ça aille trop vite. Ce n’est pas nécessairement parce que ce serait plus à mon avantage physiquement, mais plutôt parce que cela me permettrait d’enchaîner une bonne semaine derrière les 20 km de Paris et de ne pas trop couper ma préparation. Donc, dans l’idéal, pas trop vite. Je sais aussi que j’ai toujours un relativement bon finish dans les deux derniers kilomètres. Si je suis dans le groupe de tête à deux kilomètres de l’arrivée, je vais vraiment prendre confiance en moi.

— Vous connaissez désormais bien cette course. Qu’est-ce que vous appréciez autant aux 20 km de Paris ?

C’est toujours une ambiance hyper particulière. Tout le monde est au rendez-vous. Maintenant, je commence à avoir un peu l’habitude. Peut-être que les gens vont aussi m’encourager un peu plus cette année, notamment après le Marathon de Paris 2026 (6e en 2h05’58) et après mes dernières places aux 20 km. Je pense que je vais avoir quelques encouragements supplémentaires et ça va forcément faire plaisir.

— Votre vrai grand rendez-vous sera donc le marathon de Valence ?

Ma grosse course, c’est vraiment le marathon de Valence, le 6 décembre. Avant ça, j’aimerais également faire le semi-marathon de Valence le 25 octobre. C’est aussi pour ça qu’à la base, les 20 km de Paris n’étaient même pas vraiment dans mon plan. C’était davantage une course de préparation, dans la continuité de ma préparation marathon.

« J’aimerais beaucoup en faire au moins un dans ma vie. »

— Et après Valence, vous avez déjà une idée de ce que pourrait être 2027 ?

Ça va beaucoup dépendre de ce que je fais à Valence. Si je fais un bon chrono, la qualification pour les Jeux va commencer à se jouer là-bas, donc ça va forcément avoir une grosse influence sur la suite. Si je suis content de mon chrono et que je sens que je peux difficilement aller beaucoup plus vite, j’irai peut-être sur des parcours un peu plus sympas. J’aimerais bien retourner à Paris, ou alors faire un Boston par exemple. Pour l’instant, rien n’est arrêté.

— Les Championnats du monde de Pékin (10 au 19 septembre 2027) sont-ils déjà dans un coin de votre tête ?

Complètement. Officiellement, j’ai déjà les minima World Athletics pour les Mondiaux, donc c’est forcément un objectif pour moi. Quand on va sur une course de championnat, on n’y va pas pour faire un chrono. Je pense qu’on l’a bien vu à Birmingham. Si je suis qualifié, je me préparerai en conséquence. Je ne serai pas dans l’état d’esprit d’aller chercher un chrono à tout prix. Sur une course de championnat, ça peut être très ouvert. On l’a vu lors des derniers Championnats du monde avec des coureurs comme l’Allemand Amanal Petros (2e) ou l’Italien Iliass Aouani (3e) qui ont fait un podium. Ça peut donc être une course où beaucoup de choses sont possibles. C’est un peu l’idée que j’ai en tête.

— On voit de plus en plus de Français briller sur 100 km. Est-ce qu’une expérience sur cette distance pourrait vous tenter ?

J’aimerais beaucoup en faire au moins un dans ma vie. Après, tout de suite, c’est quasiment impossible à caler dans une saison. La préparation est différente de celle d’un marathon, donc tu ne peux pas faire ça comme ça et ensuite être cassé pendant trois mois. Pour moi, ce serait vraiment quelque chose à faire tout à la fin. Mais oui, j’aimerais bien en faire un. J’avais suivi un peu les Championnats du monde. Je ne fais jamais vraiment ça les autres années, mais là, j’ai regardé.

Suivez les 20 km de Paris 2026 en direct sur la chaîne YouTube de Stadion

Crédits photos : STADION

ARTICLES RÉCENTS
ASICS RISE & SHINE