Entre les débuts très attendus d’Andreas Almgren, les ambitions affichées de Yeman Crippa, la menace qui pèse sur le record américain avec Conner Mantz et Zouhair Talbi, et la quête d’un nouveau sacre pour Benson Kipruto et Hellen Obiri, le Marathon de New York 2026 promet un spectacle de haut niveau ce dimanche 1er novembre.
Le premier dimanche de novembre, New York se transforme en capitale mondiale du running. De Staten Island à Central Park, en passant par Brooklyn, Queens, le Bronx et Manhattan, le TCS New York City Marathon propose une expérience unique, où l’énergie de la foule se mêle aux exigences d’un parcours réputé pour sa difficulté. Avec précisément 1 522 164 passionnés qui ont coupé la ligne d’arrivée de la course américaine depuis sa création, avec un taux d’abandon incroyablement faible en 2025 (59 663 au départ pour 59 219 finishers), le Marathon de New York, c’est bien plus que cocher une case sur un calendrier : c’est viser la légende.




LE PARCOURS
Fondé en 1970 avec seulement 127 participants (55 finishers) courant des boucles dans Central Park, le marathon a connu une ascension fulgurante pour devenir l’un des plus prestigieux au monde. Depuis 1976, son parcours mythique traverse les cinq arrondissements de la ville (Staten Island, avec la mythique traversée du pont Verrazano-Narrows, Brooklyn, Queens, Manhattan, le Bronx, avant une arrivée vallonnée dans Central Park). L’atmosphère y est incomparable : survols d’hélicoptères, hymne national américain, départ tonitruant au son de « New York, New York » de Frank Sinatra… Participer au Marathon de New York, c’est vivre un moment mythique, chargé d’histoire et d’émotion. Le Marathon de New York se distingue par un profil exigeant, avec environ 250 m de dénivelé positif, cinq ponts et une difficulté qui s’accentue dans les dix derniers kilomètres. Plus qu’une course à allure constante, c’est un parcours qui impose une véritable gestion de l’effort.
Toutefois, le Marathon de New York s’apprête à faire évoluer son parcours pour la première fois depuis 15 ans. Les 60 000 coureurs emprunteront un nouveau tracé dans le Bronx, entre les kilomètres 32 et 34. Au programme : Cinq virages au lieu de sept, avec un objectif affiché de faciliter l’accès des habitants aux commerces du quartier.
- Km 0–3 / Verrazzano Bridge : Une montée suivie d’une longue descente. Le dénivelé et l’enthousiasme du départ peuvent entraîner une dépense énergétique excessive.
- Km 3–21 / Brooklyn : De longues portions roulantes, propices à l’installation de l’allure marathon. La densité du public et les petites variations de terrain peuvent toutefois inciter à accélérer.
- Km 21–26 / Queensboro Bridge : Une montée exigeante, sans soutien direct du public. Un passage charnière où l’économie de course devient essentielle.
- Km 26–32 / First Avenue : Une longue ligne droite relativement roulante, portée par une ambiance spectaculaire. Le risque est de courir au-dessus de son allure cible.
- Km 32–34 / Bronx : Les ponts et la fatigue rendent cette portion plus exigeante, malgré un profil globalement plat entre les passages surélevés.
- Km 34–38,5 / Fifth Avenue : Une montée prolongée qui sollicite fortement les muscles déjà fatigués. C’est l’une des principales difficultés de la fin de course.
- Km 38,5–42,195 / Central Park : Une succession de bosses et de relances qui complique le maintien de l’allure jusqu’à l’arrivée.
ÉLITE HOMMES
Benson Kipruto devra se surpasser
Pour l’édition 2026, plusieurs noms méritent déjà une attention particulière. La course masculine promet d’être un feu d’artifice tactique. Au cœur de toutes les attentions, le tenant du titre kenyan Benson Kipruto (2h02’16 en 2024) revient dans la « Big Apple » fort d’une expérience sur le circuit Abbott World Marathon Majors (4 succès avec Boston en 2021, Chicago en 2022, Tokyo en 2024, et New York en 2025). Vainqueur à New York l’an passé au terme d’un finish irrespirable avec Alexander Mutiso (2h08’09), le médaillé de bronze olympique de Paris 2024 s’est classé troisième à Boston en avril dernier avec un solide chrono de 2h02’50.
Face à lui, la menace éthiopienne est incarnée par Deresa Geleta, fort de son impressionnant chrono de 2h02’38 établi à Valence. Il faudra également compter sur CyBrian Kotut (2h03’22 en 2024), le petit frère de Martin Lel (lauréat en 2003 et 2007), prêt à marcher sur les traces familiales. Les anciens vainqueurs Geoffrey Kamworor (2017 et 2019), qui vise un retentissant triplé pour rejoindre le cercle fermé des légendes de l’épreuve, et le Néerlandais Abdi Nageeye (2024), ne comptent pas faire de figuration à Central Park.
Côté américain, tous les regards seront tournés vers Conner Mantz (2h04’43) et Zouhair Talbi (2h03’45). Mantz, qui avait marqué les esprits à Chicago en effaçant le vieux record des États-Unis, entend bien dompter le parcours à bosses new-yorkais. De son côté, Talbi, originaire du Maroc, qui représentera les USA dans les compétitions internationales à compter du 10 août 2027, a terminé cinquième à Boston en avril dernier.
Yeman Crippa prêt à changer de dimension
L’Europe débarque avec des arguments particulièrement affûtés. L’Italien Yemaneberhan Crippa (2h05’18), vainqueur du Marathon de Paris 2026, possède le profil idéal pour briller sur un parcours vallonné : « J’ai choisi New York parce que le parcours ressemble à celui de Paris, a-t-il confié à nos confrères de Marathons.com. Ce n’est pas le même, mais le parcours de Paris est aussi un peu difficile, surtout la seconde moitié. Donc c’est un peu similaire. Et l’autre chose, c’est qu’à New York, il n’y a pas de lièvres. J’aime ce type de course : on part ensemble, on reste ensemble jusqu’à 20 ou 25 km, et après ça commence à pousser. Je préfère la course d’homme à homme. J’aime ça. Et l’année prochaine, j’espère qu’on choisira un marathon rapide pour le chrono. »
Andreas Almgren se lance sur marathon à New York
Enfin, la curiosité de cette édition sera sans conteste le Suédois Andreas Almgren. Détenteur du record d’Europe du semi-marathon (58’41) et adepte de la fameuse méthode scandinave du « double seuil », il effectue des débuts très attendus sur la distance reine de la course à pied. À 31 ans, le récent champion du monde sur semi-marathon ne manque pas d’ambition et espère jouer les premiers rôles dès son galop d’essai.
Pour préparer ce défi, Almgren a augmenté sa charge d’entraînement au-delà de 217 km par semaine et a effectué un stage en altitude à Flagstaff. Passionné de data, il élabore lui-même ses plans et analyse minutieusement ses performances. Plutôt que de viser un chrono, le champion d’Europe du 10 000 m compte miser sur la tactique pour rester au contact des favoris sur le parcours exigeant de New York. Un premier marathon qui pourrait confirmer son changement de dimension, sans pour autant abandonner la piste, qu’il retrouvera en 2027.
- Benson Kipruto (Kenya) : 2h02’16
- Deresa Geleta (Éthiopie) : 2h02’38
- CyBrian Kotut (Kenya) : 2h03’22
- Zouhair Talbi (États-Unis) : 2h03’45
- Abdi Nageeye (Pays-Bas) : 2h04’20
- Geoffrey Kamworor (Kenya) : 2h04’23
- Conner Mantz (États-Unis) : 2h04’43
- Kengo Suzuki (Japon) : 2h04’56
- Yemaneberhan Crippa (Italie) : 2h05’18
- Andreas Almgren (Suède) : Débuts sur marathon (Record semi : 58’41)
ÉLITE FEMMES
Hellen Obiri, la reine de New York en mission
Dans le tableau féminin, la patronne incontestée se nomme Hellen Obiri. Créditée de 2h19’51 l’an passé, l’athlète de 36 ans était devenue la première femme de l’histoire à descendre sous les 2h20 à New York et avait fait voler en éclats le record du tracé (Margaret Okayo avec 2h22’31 en 2003). La Kényane, double championne du monde du 5000 m (2017 et 2019) et détentrice d’un temps de référence en 2h15’53 claqué à Londres cette année (2e derrière Tigist Assefa), s’avance avec la pancarte de favorite. Hellen Obiri possède un incroyable finish forgé sur la piste qui fait des ravages dans Central Park.
La réplique kenyane s’organise avec Sheila Chepkirui (2h17’29), grande gagnante de l’édition 2024 et victorieuse à Nagoya cette année (2h21’54), qui sait parfaitement dompter l’exigeant tracé des cinq boroughs. Après sa troisième place au Marathon de New York en 2025, la dynamique reste au beau fixe, comme en témoigne sa victoire au sprint sur le semi-marathon de Valence, dimanche dernier, en 1h03’51.
La bannière étoilée sera fièrement représentée par Jessica McClain (2h20’49), qui vient de battre le record américain du parcours de Boston, et Annie Frisbie (2h22’00), étincelante ces dernières saisons. Une grande attente entoure également la première tentative sur marathon de Weini Kelati, la recordwoman des États-Unis du semi-marathon (1h06’04). Attention également à l’Uruguayenne Julia Paternain (2h25’47), sensation des derniers Championnats du Monde à Tokyo, qui entend prouver que sa progression éclair sur la distance reine ne fait que commencer.
Contrairement à d’autres marathons comme Berlin, Londres ou Chicago, le Marathon de New York n’a pas recours à des meneurs d’allure capables de protéger les leaders et d’assurer un rythme très soutenu. Et cela se traduit par des temps bien loin de ce que l’on a l’habitude de voir ces dernières années sur les autres marathons intégrés au circuit du « World Marathon Majors ».
- Hellen Obiri (Kenya) : 2h15’53
- Sheila Chepkirui (Kenya) : 2h17’29
- Viola Cheptoo (Kenya) : 2h19’05
- Edna Kiplagat (Kenya) : 2h19’50
- Mercy Chelangat (Kenya) : 2h20’30
- Jessica McClain (États-Unis) : 2h20’49
- Annie Frisbie (États-Unis) : 2h22’00
- Julia Paternain (Uruguay) : 2h25’47
- Weini Kelati (États-Unis) : Débuts sur marathon (Record semi : 1h06’04)
LE DIRECT
Le Marathon de New York 2026 en direct sur la chaîne l’Equipe
Excellente nouvelle : La chaîne L’Équipe retransmettra le Marathon de New York 2026 en direct dès 14h00 ce dimanche. Les commentaires seront assurés par le journaliste François-Xavier de Chateaufort et la championne d’Europe 2014 du marathon Christelle Daunay (3e à New York en 2009, 4e en 2013, 5e en 2010 puis 2015). Le plateau Elite femmes s’élancera à 14h35 (en France métropolitaine) alors que le plateau Elite hommes prendra le départ trente minutes plus tard, à 15h05.
LE PROGRAMME
Dimanche 1er novembre
- 14h00 : Fauteuil roulant Hommes (Handisport)
- 14h02 : Fauteuil roulant Femmes (Handisport)
- 14h22 : Catégorie Handbike et athlètes sélectionnés en situation de handicap (Handisport)
- 14h35 : Elite Femmes (Open)
- 15h05 : Elite Hommes (Open)
- 15h10 : Vague 1
- 15h45 : Vague 2
- 16h20 : Vague 3
- 16h55 : Vague 4
- 17h30 : Vague 5
LES INFOS À RETENIR
- Date : Dimanche 1er novembre 2026 (55e édition)
- Nombre de participants : 60 000
- Finishers en 2025 : 59 226 (record mondial pour un marathon)
- Départ : Fort Wadsworth (Staten Island) avec des départs échelonnés en plusieurs vagues
- Arrivée : Central Park (Manhattan)
- Parcours : 42,195 km traversant les 5 boroughs de New York (Staten Island, Brooklyn, Queens, Bronx, Manhattan) et 5 ponts mythiques
- Records du parcours : 2h04’58 pour les hommes (Tamirat Tola, 2023) / 2h19’51 pour les femmes (Hellen Obiri, 2025)
- Prize Money / Primes : 969 000 dollars de prize money au total, 100 000 dollars réservés aux vainqueurs, bonus de 50 000 dollars en cas de nouveau record du parcours
- Bénévoles : 11 000 sur l’ensemble de la semaine (dont 8000 le jour de la course)
- Handisport : Départs dédiés de 14h00 à 14h22
- Diffusion : Course à suivre en direct sur la chaîne l’Equipe dès 14h00
Crédits photos : World Athletics & Marathon de New York
















