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Marseille-Cassis : Hassan Chahdi et Clémence Calvin premiers tricolores

Ce dimanche, un peu plus de 20 000 coureurs ont pris le départ des 20 kilomètres de Marseille-Cassis. L’Éthiopien Olika Adugna a remporté la classique provençale en 1h00’29 alors que sa compatriote Gete Alemayehu a franchi la ligne d’arrivée en 1h08’46. Premier et première tricolore, Hassan Chahdi et Clémence Calvin ont assuré le spectacle. Récit de la 40e édition de cette course mythique en direct de la cité phocéenne.

Avant d’accueillir le classico de football entre l’OM et le PSG à l’Orange Vélodrome ce soir, plus de 20 000 personnes ont pris possession du Boulevard Michelet ce matin, devant le parvis de l’enceinte marseillaise à l’occasion de la 40e édition du 20 km de Marseille-Cassis. À 9h, une marée humaine s’est élancée dans la joie et la bonne humeur. Des champions, des anonymes, des licenciés, des non licenciés, de tous âges, venus parfois en famille, entre amis, en groupe, tous passionnés de course à pied et de dépassement de soi. Depuis une voiture de presse, nous avons suivi, au plus près du peloton de tête, l’avancée de la course et l’ambiance tout au long du parcours. 

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La Gineste en plein brouillard

Sur un parcours, tracé entre mer et collines, sur lequel on n’a pas eu le temps de s’ennuyer une seule seconde, le cadre est idyllique et convivial. Il faut dire que c’est allé vite, ce dimanche matin, entre Marseille et Cassis, malgré la fraîcheur de la météo. Le public s’est massé en nombre sur le bord du parcours, notamment à l’approche de l’arrivée, pour donner de la voix et encourager les participants. Une fois n’est pas coutume, cette année personne n’osa lancer les hostilités dès les premiers hectomètres, avec un passage au deuxième kilomètre en six minutes. Avec plusieurs faux-plats au menu, la dizaine d’athlètes dont le Français Hassan Chahdi qui compose le groupe de tête n’avait aucun intérêt à partir pied au plancher.

Si la montée de trois kilomètres du col de la Gineste (327 m), n’a pas semblé aussi décisive que prévu, elle a de nouveau pimenté la course. Les attaques ont été incessantes mais vaines. Les principaux acteurs n’ont pu profiter de la belle vue qu’offre l’ascension, en raison d’un banc de brouillard très dense, réduisant la visibilité à moins de 50 mètres ! Parti sur des bases proche de l’heure de course, le premier 10km est bouclé en 32’25, après un passage au cinquième kilomètre en 15’22.

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Une victoire au sprint

La descente vers Cassis n’autorise pas de lever la tête. Il valait mieux rester concentré dans une partie de la course qui est sans doute le plus gros piège de l’épreuve, avec des organismes déjà bien éprouvés. Et c’est effectivement à ce moment-là que le véritable écrémage s’est opéré et qu’Hassan Chahdi a commencé à décrocher. On connaissait les trois protagonistes pour le podium : Les Éthiopiens Olika Adugna et Abera Kuma ainsi que le Kényan Gérald Vincent. Fallait-il maintenant en trouver l’ordre. Après le 15e kilomètre bouclé en 46’42, les différentes accélérations des uns et des autres n’auront rien changé au scénario, et c’est une arrivée au sprint qui se dessinait. 

Les trois hommes se sont présentés pour la victoire sur les hauts de Cassis au coeur des vignes de Provence. Discret tout au long de la course, c’est finalement Olika Adugna qui lance une attaque décisive dans les tous derniers mètres et qui remporte la palme en 1h00’29, loin du record de l’épreuve établi par son compatriote Jemal Mekonnen (59’16 en 2017). Abera Kuma (1h00’30) monte sur la deuxième marche du podium tandis que Gérald Vincent termine à la troisième place (1h00’33).

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Hassan Chahdi dans les temps

Côté français, Hassan Chahdi était particulièrement bien en jambes et coupe la ligne d’arrivée en huitième position en 1h02’14. A l’arrivée, il ne boudait pas son plaisir, il avait tout donné : « J’ai fait pas mal de jus pour arriver ici frais comme je savais que le parcours était dur physiquement. J’ai essayé de m’accrocher au maximum mais j’ai lâché prise sur le col de la Gineste avant de bien relancer lors de la descente. J’avais toujours le groupe de tête en point de mire donc ça me motivait à relancer. A la fin sur la partie un peu plus plate j’ai réussi à doubler deux Kényans. Je savais que j’avais les ressources pour revenir sur la fin si je gérais bien l’effort ». 

Alors qu’il va partir pour un stage d’un mois à Albuquerque (Etats-Unis), le triple champion de France de cross devrait prendre part, si sa forme le lui permet, aux 42,195 km de Tokyo en mars. Il faut remonter à 1992 pour retrouver la trace d’une victoire tricolore sur l’épreuve provençale (Bruno Leger en 1h02’12).

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Clémence Calvin épate

La course féminine est aussi allée bon train et c’est l’Éthiopienne Gete Alemayehu qui a triomphé, dans le bon chrono d’1h08’46. Pour sa première participation à Marseille-Cassis, Clémence Calvin, vice-championne d’Europe du marathon l’été dernier à Berlin, termine cinquième en 1h13’08. Sur l’aire d’arrivée son sourire est toujours présent : « J’aurai voulu faire moins d’1h10 mais le plaisir était là ». Si ce tracé n’est sans doute pas calibré pour accoucher de grandes performances chronométriques, ce n’est probablement pas le plus important, car l’ambiance lui a beaucoup plu. Et la recordwoman de France du 10 km (31’20) a pu jauger sa cote de popularité  : « C’est une course qui est magnifique, le public est super et l’accueil sur Cassis est incroyable ». Visiblement contente de sa prestation, surtout quand on sait qu’elle a couru avec une conjonctivite ce dimanche : « J’aime bien me présenter sur des courses en forme. Même si ça m’a fatiguée, ça va déjà un petit peu mieux  ».

A l’orée de la saison 2019 marquée par les Mondiaux de Doha où elle souhaite participer sur 10 000 m, elle s’alignera sur la ligne de départ d’un marathon en avril prochain mais son choix entre celui de Paris et Londres n’est toujours pas arrêté. Il conviendra non seulement d’affoler les aiguilles, mais aussi de s’acquitter des minima pour les JO de Tokyo en 2020. 

Comme Clémence Calvin, ils sont plus de 20 000 coureurs à en avoir pris plein les yeux ce matin lors de l’événement provençal. 

Rédacteur

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