Le champion du monde italien Mattia Furlani a émerveillé les 10 000 spectateurs de l’Accor Arena au Meeting de Paris Indoor en décollant à 8,33 m au saut en longueur. Laëticia Bapté a signé une très belle rentrée hivernale en remportant pour la deuxième année de suite la finale du 60 m haies en 7″92. Les hurdlers français Erwann Cinna, Romain Lecoeur, Raphaël Mohamed et Jérémie Nzoungou se sont aussi illustrés, tout comme Baptiste Thiery au saut à la perche.
Donner un coup de jeune à l’athlétisme, c’est l’un des objectifs de la Fédération Française d’Athlétisme qui propose depuis neuf ans un format de compétition « sport-spectacle ». Une innovation qui s’inscrit dans la volonté de dépoussiérer le premier sport olympique et d’offrir un format plus court pour les diffuseurs à la télévision et plus alléchant pour les téléspectateurs. Une ambiance survoltée avec une sono qui crache à en faire trembler les murs, un public de connaisseurs, une salle pleine… Les ingrédients étaient réunis pour que la fête soit belle et les athlètes performent au Meeting de Paris Indoor.
L’ovni Furlani a décollé
La tribune d’honneur ne jurait que par lui. Principale star internationale de la compétition, Mattia Furlani s’est chargé de lui en mettre plein les yeux. Le champion du monde italien a livré un récital, pour le plus grand bonheur des passionnés. Dès sa deuxième tentative, sur la piste surélevée, le Transalpin, avec un bond enregistré à 8,33 m (record à 8,39 m) a pris les commandes, effaçant sans ménagement le Bulgare Bozhidar Saraboyukov, champion d’Europe en salle 2025, qui venait pourtant de s’installer quelques secondes avant en tête avec 8,15 m.
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Meilleure performance mondiale de la saison, record du meeting (ancien : Luvo Manyonga avec 8,32 m en 2018) : L’essentiel était déjà assuré. Mais Mattia Furlani n’est pas homme à bâcler le travail. Sérieux jusqu’au bout pour sa grande rentrée, il a survolé ses quatre derniers passages dans le bac à sable, tous au-delà de 8,18 m. « C’est une très belle entrée en matière, évidemment. Je suis surtout heureux d’avoir retrouvé d’excellentes sensations physiques après deux années 2024 et 2025 très éprouvantes. Le travail de ces dernières semaines porte ses fruits. Et ce public… il était incroyable. Ce soutien aide énormément à être dans le bon tempo. Paris a une place spéciale dans mon cœur depuis l’été 2024, j’étais ravi d’y revenir ». Avec lui, le saut en longueur est tranquille pour au moins 10 ans : On verra l’Italien de 20 ans, qui fêtera ses 21 ans le 7 février, briller au plus haut niveau encore très longtemps.
Retour fracassant pour Laëticia Bapté
La Martiniquaise de l’US Robert a définitivement tourné la page de la blessure au genou qui l’avait privée des Mondiaux en salle et de toute la saison estivale, alors qu’elle évoluait à son meilleur niveau. Déjà solide en séries, bouclées en 7″97 malgré quatre rappels du starter, Laëticia Bapté a accéléré en finale pour s’imposer avec autorité en 7″92. Une deuxième victoire de prestige de suite dans la capitale, avec en poche les minima pour les Mondiaux de Torun (Pologne, 20 au 22 mars, fixés à 8″02). « C’est un très bon chrono, et ma meilleure rentrée. L’an dernier, j’avais commencé en 7″93. Avoir les minima aussi tôt, ça me libère l’esprit. Je peux maintenant me concentrer sur la continuité et retrouver mon départ de 2025. Et puis cette ambiance, le Meeting de Paris Indoor, c’est exceptionnel. Il fait chaud, il y a du monde partout, je kiffe vraiment. »
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Chez les messieurs, Erwann Cinna (Athlé 91) a dû s’incliner face à l’Américain Darius Brown, vainqueur autoritaire en 7″54. Le Francilien s’est toutefois offert une encourageante deuxième place en 7″62, à un centième seulement de son record personnel réalisé en séries. Dans son sillage, Romain Lecoeur (Stade Sottevillais 76) a amélioré sa marque de référence à 7″63 pour terminer quatrième, et l’espoir Jérémie Nzoungou, sixième en 7″73 (7″65 en séries) se sont aussi acquittés des minima pour les Mondiaux de Torun (fixés à 7″65). On n’oubliera pas bien sûr Raphaël Mohamed, cinquième en 7″69 (7″67 en séries).
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5,80 m pour Baptiste Thiery à la perche
Fil rouge de l’après-midi parisienne, le concours de perche masculin a tenu toutes ses promesses. L’Américain Zach Bradford a dû s’employer jusqu’à son ultime essai pour égaler la meilleure performance mondiale de la saison, avec une barre franchie à 5,90 m, décrochant au passage la prime de victoire qui semblait promise à Baptiste Thiery. Le sociétaire de la Jeunesse Sportive Franciscaine a pourtant été irréprochable jusqu’à 5,80 m, franchissant toutes ses barres d’une seule traite. « À 5,90 m, j’étais un peu plus émoussé, mais c’est la meilleure rentrée de ma carrière. On a axé la préparation sur des sauts longs avec un élan complet, et le travail commence à payer », expliquait-il, non sans regretter un décollage encore perfectible. Ethan Cormont (ASA Maisons-Alfort) s’est, lui, arrêté à 5,70 m.
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Le saut en longueur féminin a consacré l’Espagnole Fatima Diamé, victorieuse avec 6,57 m, tandis qu’Angelica Berriot (EFS Reims) s’est hissée sur la troisième marche du podium grâce à un envol à 6,41 m. Sur la ligne droite masculine, l’Omanais Ali Al Balushi a conservé sa couronne pour la deuxième année consécutive, en s’imposant avec un chrono de 6″52. Enfin, le 60 m féminin a logiquement été dominé par la Luxembourgeoise Patrizia Van der Weken, flashée en 7″16, qui s’offre une deuxième victoire au Meeting de Paris Indoor, après celle remportée en 2024.
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Crédits photos : Gaëlle Mobuchon / STADION





















