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Mélina Robert-Michon, l’esprit Interclubs

Vice championne Olympique, du Monde et d’Europe du lancer du disque Mélina Robert-Michon détient l’un des plus beaux palmarès des lancers Français. Grâce à  ses qualités humaines exemplaires, la sociétaire du Lyon Athlétisme fait également l’unanimité auprès de ses camarades et des cadres de l’équipe de France. Ses médailles internationales sous le maillot tricolore lui permettent de mettre un coup de projecteur formidable sur sa discipline, en manque de notoriété dans l’Hexagone. A 37 ans et auréolée de 16 titres de championne de France, la protégée de Serge Débié, à ses cotés depuis 1997, est pourtant loin d’être rassasiée, et a encore envie de briller et de grandir dans les cages de disque. Étape par étape.

Ce dimanche 21 mai au Stade Charles-Ehrmann de Nice, la recordwoman de France du disque (66,73 m) porte le maillot du Lyon Athlétisme, grimée aux couleurs de son club. Habituée des grands rendez-vous et des podiums internationaux, la lanceuse Rhônalpine abordait un large sourire à la fin du concours. Fière de remporter la victoire avec un jet à 61,02 m et de récolter de précieux points à son club Isérois. Oui, elle est comme ça Mélina Robert-Michon. Pas prétentieuse pour un sou, mais satisfaite du travail bien fait. Après s’être prêtée au jeu des selfies, l’interview peut commencer.


— Stadion : Bonjour Mélina, êtes-vous satisfaite de votre concours du lancer du disque d’aujourd’hui (21 mai) ?

Le concours des interclubs est toujours assez long, on est 14 filles et il y a de tous les niveaux. Les sensations ont été bonnes au début du concours mais c’était un peu dur sur la fin. C’est normal, on est toujours en début de saison estivale. Je suis contente de mes deux, trois premiers jets mais il me manque encore un peu de fraicheur et de technique à affiner mais dans l’ensemble c’est positif. La régularité autour des 61 mètres ? Forcément j’aimerai toujours lancer plus loin mais ça reste un bon début de saison. J’ai enchainé pas mal de concours dans des conditions compliquées, donc j’avais à cœur de réaliser une performance pour mon club aujourd’hui et je ne m’en sors pas trop mal.

— Le week-end dernier, vous avez enchaîné deux concours (Shanghai et Montgeron) à 9 000 km de distance. Comment cette idée vous est elle venue ?

C’est le calendrier qui a imposé ce choix. Avec Serge (Débié), on a remarqué que c’était compatible au niveau des horaires. D’un côté, il fallait que je participe à la Diamond League pour marquer des points et me qualifier pour la finale. Et de l’autre côté, on a la chance en France d’avoir le Meeting de Montgeron qui propose chaque année un concours féminin et où les organisateurs font l’effort de valoriser le disque. Je ne pouvais pas ne pas y participer.


ʻʻ Quand tu lances, ce n’est pas que pour toi ʼʼ


— Depuis 2007 vous avez participé à toutes les finales des grands championnats auxquelles vous avez participé. Comment expliquez-vous cette régularité au plus haut niveau ?

Ces résultats sont sans aucun doute grâce au travail et c’est la récompense avec mes coachs (Serge Débié et Jérôme Simian le préparateur physique). Je n’ai jamais rien lâché et je m’investis beaucoup dans ma discipline. Toute l’expérience acquise lors des compétitions internationales et la régularité technique à chaque concours me permet d’être constante dans mes performances. J’ai eu l’occasion de revoir le concours finale de Rio, on me l’a souvent repassé. C’est intéressant parce que je sais qu’il y a encore de la marge.

— Est-ce que qu’on peut dire que porter le maillot de l’équipe de France vous transcende ?

J’ai toujours du mal sur les compétitions autres que les compétitions internationales. Quand tu portes la maillot de l’équipe de France, t’as toujours un petit truc en plus. Quand tu lances, ce n’est pas que pour toi. Tu lances pour ton équipe, ta famille, tes coachs. Le seul événement coché dans la saison ce sont les Championnats.

— Depuis le début de votre carrière, vous n’avez jamais trop eu de concurrence en France. Les performances de Pauline Pousse vous motivent-elles davantage ?

Exactement et même sur un concours comme aujourd’hui. Je sais que Pauline était présente, ça me booste et je sais qu’elle peut aller loin. Cela me permet de ne pas m’endormir et de ne pas me reposer sur mes lauriers.


ʻʻ Il y a une belle émulation au sein des lancers ʼʼ


— A votre avis, qu’est-ce qui peut faire la différence pour décrocher une médaille à Londres ?

C’est une foule de petits détails. Techniquement on rajoute encore, on progresse, on cherche toujours à s’améliorer. Physiquement je progresse aussi. Il n’y a pas une révolution sur un point précis mais c’est cet ensemble de choses qui peut faire la différence en août. Je dois m’améliorer sur le départ notamment et j’ai tendance à avoir le disque qui tombe dans l’engagé. Il faut que je continue à grandir mon chemin de lancement.

— Vous êtes un peu le porte parole des lanceurs français. C’est un statut qui vous tient à cœur ?

Les lancers français me tiennent à cœur et forcément j’ai envie qu’on en parle. Il y a une belle émulation au sein des lancers et il y a de bons résultats. On a des athlètes qui travaillent, s’investissent et progressent chaque année, il faut le mettre en avant. Ma médaille des Championnats du Monde à Moscou en 2013 avait permis de mettre un petit coup de projecteur sur les lancers et la médaille à Rio encore plus. A nous d’en profiter. Il ne faut pas se cacher, un moment c’était un peu la fatalité en disant que les Français n’étaient pas bons en lancers. A nous de montrer qu’il n’y a pas de fatalité et qu’on peut être aussi performant que les autres pays et rivaliser avec eux. Il ne faut pas faire de complexe d’infériorité.

Forte de ses résultats des dernières années, Mélina Robert-Michon espère poursuivre sur sa lancée cette saison, avec pourquoi pas une nouvelle médaille internationale à Londres en août.
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