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Rencontre avec Matthieu Tourault, photographe pour Stadion-Actu

Depuis un moment nous souhaitions vous parler de celui qui se cache derrière les superbes clichés qui paraissent régulièrement sur notre site et sur nos réseaux sociaux. Il s’agit de Matthieu Tourault ! Photographe sportif depuis plusieurs années, l’Angevin partage avec nous son parcours et sa vision de la photographie de l’athlétisme. C’est avant tout un fan du premier sport olympique qui réalise son rêve, celui de rencontrer les plus grands athlètes du monde et de vivre de sa passion. Rencontre avec le fan et le photographe.

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— Matthieu, est-ce que tu peux te présenter.

Je m’appelle Matthieu Tourault, je suis photographe professionnel depuis 2000 et je suis basé à Angers. J’ai fait une formation équivalente à un Bac +3 spécialisé dans la photographie de reportage et studio entre 1997 et 2000. J’ai longtemps travaillé en argentique, jusqu’en 2006, et j’ai ensuite découvert le numérique.

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—  Est-ce que tu peux nous dire ce qui t’a poussé à faire ce métier ?

J’ai le souvenir que des anciens camarades du lycée me disent encore « tu parlais déjà de voyager et de faire des photos de sport ». En fait c’est venu petit à petit, à l’âge de 12 ans je me suis intéressé à la technique photo en voyant un poster dans ma chambre de Richard Fox (10 titres de champion du monde de kayak Slalom) car je débutais le kayak à l’époque, et je me demandais comment le photographe arrivait à geler l’eau, je trouvais ça vraiment impressionnant. Ensuite j’ai eu mon premier compact un Minolta FS35 avec lequel je faisais souvent des photos en stage de kayak puis j’ai arrêté mes études en 1996 et en 1997 je démarrais une formation de photographe.

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—  Quelles ont été les étapes importantes dans ton apprentissage de la photographie ?

Le fait d’avoir commencé dans la photo publicitaire et de studio a été une étape importante. J’ai appris à donner un sens à l’image et à faire parler une image. J’ai réalisé des photos de produits au bout de quelques mois en studio pour les clients de mon employeur de l’époque dans la région d’Angers (chaussures, plantes, boites de conserves, articles de sports, vêtements, bouteilles de vin…), des photos d’ambiance aussi il fallait être imaginatif. En parallèle, je débutais en photo de sport le week-end sur des rencontres locales. Je faisais de la photo tous les jours du lundi au dimanche.

En parallèle je m’intéressais beaucoup à la photo de sport et plus particulièrement au style de l’agence Vandystadt dont j’ai découvert le travail dans un magazine photo et avec qui j’ai été en contact dès le Salon de la photo en 1998 et jusqu’à la fin de l’agence en 2015. Ça a été une belle rencontre et une forte motivation dans mon apprentissage de la photo. J’ai été aussi l’assistant de Vincent Dixon pendant quelques mois sur Paris au début des années 2000. Ses photos publicitaires aussi m’ont donné des idées de création et m’ont appris aussi à prendre du recul sur l’impact d’une image. J’ai rencontré beaucoup de photographes excellents dans leur domaines qui m’ont donné l’envie d’aller plus loin et qui, de par leur travail, ont formé « mon œil ».

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—  Tu reviens tout juste des Mondiaux de Doha. Peux-tu nous raconter cette expérience ?

Très bonne expérience ! C’était des conditions photographiques pas faciles avec la lumière en contre-jour sur la ligne d’arrivée, parfois on manquait cruellement de place et des conditions de circulation pas évidentes. Je pense que je m’en suis bien sorti. J’ai voulu changer un peu et faire plus de photos émotionnelles que de photos dans l’action. Après il se passe plein de choses sur la piste en très peu de temps, il faut avoir l’œil partout et ça demande beaucoup de concentration.

Si on a loupé sa photo de l’arrivée du 100 m, on ne peut pas redemander aux organisateurs de refaire la course, il faut être au bon endroit au bon moment. Chaque jour, j’avais une mission bien précise, le but est de livrer les photos pour qu’elles soient utilisables le plus rapidement possible sur les réseaux sociaux. On ne dirait pas comme ça mais c’est toute une expédition et une méthode rigoureuse pour faire des belles photos.

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— Qu’est ce qui est le plus difficile à photographier en Athlétisme ?

 C’est le 100 m car on a dix secondes pour savoir qui peut gagner la course et avoir l’émotion du gagnant et une belle photo finish.

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— Qu’est-ce que tu aimes le plus photographier ?

Ce sont les concours (hauteur, perche, longueur et triple saut), photographiquement ça demande une certaine maîtrise et une connaissance des athlètes et de la discipline.

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— Quels sont les athlètes que tu aimes le plus photographier ?

Chez les femmes, pour ses expressions par exemple, j’aime bien le triple sauteuse espagnole Ana Peleteiro. Qu’elle soit contente ou pas de son saut, il y a toujours une photo assez comique à faire. Chez les hommes j’aime bien photographier le lanceur portugais Francisco Belo. Du côté des Français, je pense que c’est Kevin Mayer. C’est un athlète à cœur ouvert, il est entier. Je l’ai suivi à Doha pendant toute la première journée du décathlon, c’était beaucoup d’émotions fortes !

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—  As-tu un souvenir d’un événement d’athlétisme que tu souhaites partager avec nous ?

Il y en a tellement ! La photo qui m’a marqué en 2016, c’est celle que j’ai faite lors de la blessure de Teddy Tamgho aux France Elite à Angers, j’étais aux premières loges. J’ai vu son corps tombé sur le sable comme une masse avec bruit sourd puis un grand silence en tribune. Dans un autre genre celle de Renaud Lavillenie que j’ai faite à Berlin en noir et blanc quand il passe 5,95 m, c’était un concours de folie. J’étais le seul photographe dans l’axe de la piste. C’était risqué car techniquement la photo n‘était pas simple à réaliser, et s’il ne passait pas sa barre, il n’y avait pas de photo.

Teddy Tamgho

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— Qui sont les photographes qui t’inspirent ?

Il y a eu bien évidemment Gérard Vandystadt. Aujourd’hui ceux qui mélangent toujours technique photo, impact de l’image et émotions comme David Burnett par exemple. Il a un œil impressionnant. J’apprécie le travail d’Adam Pretty pour ses photos de natation. Neil Leiffer et Bob Martin qui sont aussi des pointes dans la photo de sport.

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—  Quel matériel photo utilises-tu ?

J’utilise que du Canon ! En boîtiers je suis entre le 7D Mark II en APS-C et le 1DX Mark II (en plein format) et en focales, je peux utiliser toutes les focales de la marque de 11mm à 800mm, mais j’ai une préférence pour les focales fixes assez longues. J’ai appris à les maîtriser (et à les porter). J’utilise très souvent le 400mm f/2.8 sur des événements internationaux et je vais plutôt utiliser le 300mm f/2.8 sur des événements nationaux car on est plus proche de la piste et des athlètes. J’utilise également le 70-200mm et le 24-70mm pour des portraits de près comme aux Mondiaux de Doha ou aux Europe à Berlin, et le 11-24mm en super grand angle pour les vues du stades. Les photos servent à faire les stories ou des photos annonçant le programme journalier d’un événement sur le site de Stadion-Actu.fr.

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—  As-tu des projets ou des idées pour 2020 ?

Déjà une dizaine d’événements de prévus à couvrir, peut être plus. Je vais commencer l’année 2020 par le Meeting de Nantes le 25 janvier pour finir en apothéose aux Europe de Paris à Charléty (25 au 30 août). On va tranquillement attendre que le calendrier FFA se fixe petit à petit tout en préparant 2020. J’en profite au passage pour remercier la FFA, l’AEA, l’IAAF, Stadion-Actu et les clubs pour leur confiance. Merci également à Canon Europe pour le soutien matériel et un grand merci aux athlètes pour leur disponibilité lors des différents championnats.

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— Et d’ici 2024 ?

Un livre ou 2, une exposition sur de beaux moments d’athlétisme et encore beaucoup de moments magiques avec Stadion-Actu à photographier sur les pistes et à partager ! Matthieu Tourault Matthieu Tourault Matthieu Tourault Matthieu Tourault

Plus de photos sur www.mattphot.com.

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