Opéré le 24 septembre à Lyon d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit après une chute à VTT, Thibaut Collet va devoir faire l’impasse sur la saison hivernale 2027. Quatre jours après son opération, le perchiste grenoblois (record à 5,95 m) se veut déjà tourné vers la suite et vise un retour à l’entraînement au printemps, avec les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 en ligne de mire. Entretien.
— Thibaut, cette opération représente forcément un gros coup d’arrêt…
Oui, forcément. J’étais en période de réparation pour mon tendon d’Achille et je continuais à faire du sport. L’un des seuls sports que je pouvais pratiquer, c’était le vélo, notamment le VTT. J’ai chuté et je suis retombé sur mon genou droit, qui avait déjà été touché en 2024. Le ligament s’était ressoudé naturellement, mais il était un peu fragile et il a lâché à ce moment-là. Le genou a gonflé, les examens n’étaient pas bons et, cette fois, l’opération était inévitable. Il fallait repartir avec un genou propre et solide pour la suite.
— Comment s’est déroulée l’opération ?
Je me suis fait opérer à Lyon par le docteur Sonnery-Cottet, qui est une référence pour les pathologies du genou chez les sportifs. Quatre jours après, je suis en pleine reconstruction. C’est le début d’une longue période, mais elle va être essentielle pour revenir au meilleur niveau le plus rapidement possible.
— Vous pouvez déjà envisager un retour pour la saison estivale ?
Oui. Pour les croisés, on parle généralement de six à huit mois. Dans mon cas, le fait que la perche soit une discipline dans l’axe, sans rotation ni pivot, est un paramètre important. Il n’y aura évidemment pas de saison hivernale. Si tout se passe bien, la reprise de l’entraînement est prévue entre avril et mai. La saison estivale est donc clairement dans mes objectifs. Maintenant, c’est à moi de faire le boulot avec mon staff médical.
— C’est le premier gros coup d’arrêt de votre carrière ?
C’est la première fois que je me fais opérer et la première fois que je connais une blessure aussi grave. Ce sera aussi la première fois que je serai complètement à l’arrêt pendant une saison. Il va falloir être prudent et prendre le temps nécessaire. J’ai la chance d’être très bien entouré pour faire les choses correctement.
— Après les dernières difficultés, avez-vous le sentiment d’une loi des séries ?
Comme m’a dit Philippe d’Encausse : « Les emmerdes volent toujours en escadrille ». J’avais deux choix : m’apitoyer sur mon sort ou prendre cette période comme un coup d’arrêt qui peut aussi me permettre de me reconstruire. Je vais avoir six à huit mois pour soigner ce genou, mais aussi mon tendon d’Achille. Je préfère être positif. Je vais me renforcer partout, prendre le temps de bien me soigner et revenir quand je serai vraiment prêt. Cela prendra le temps que ça prendra. Et puis, à environ deux ans des Jeux, s’il y avait bien un moment où il fallait que ça arrive, c’est celui-là. Cela reste une saison d’hiver.
— Les Jeux de 2028 étaient-ils déjà dans votre tête au moment de la chute ?
J’ai surtout été rationnel. Je savais immédiatement que le genou avait lâché et je connaissais les délais. Si cette blessure m’était arrivée l’année prochaine ou en 2027, ce serait évidemment beaucoup plus compliqué. Là, dans mon malheur, j’ai cette chance. Depuis 2024, j’avais régulièrement des petites inflammations et des tendinites autour de ce genou. Le ligament s’était ressoudé, mais il ne fonctionnait plus correctement. Aujourd’hui, les chirurgiens sont très rassurants et me disent que l’opération doit permettre de repartir avec un genou très solide. Je pense donc déjà aux JO de 2028 en me disant que j’y serai. J’ai le temps de bien me reconstruire pour être performant.
— Vous allez pouvoir vous appuyer sur des athlètes qui ont connu ce type de blessure ?
Il y en a beaucoup. Margot Chevrier, Hilary Kpatcha, Melvin Raffin… Ils ont connu des blessures graves et sont revenus à leur meilleur niveau. Et puis il y a Renaud Lavillenie. On s’est fait opérer le même jour, avec des délais de récupération assez similaires. On s’appelle quasiment tous les jours. On va vivre cette période ensemble, regarder les autres perchistes sauter et être sur la touche. Renaud vit toujours ça avec la passion d’un gamin de 20 ans, et moi aussi. Je ne serai pas seul. Je suis très bien entouré par ma compagne, ma famille et mon équipe. J’aurai du monde sur qui compter lorsque les moments seront plus difficiles.
Propos recueillis par François Xavier de Chateaufort
Crédits photos : Gwendal Hamon / STADION























