Semi-marathon de Valence 2026 : Favoris, parcours, direct… Tout savoir sur la 35e édition

23 octobre 2026 à 11:43

Ce dimanche 25 octobre, une partie des meilleurs coureurs du monde s’aligneront au départ de l’un des semis les plus rapides de la planète. Et cette année, la course semble ouverte sur le papier. Les tenants du titre, Yomif Kejelcha et Agnes Ngetich, seront absents dimanche. Pour leur succéder, une armada de talents venus d’Éthiopie et du Kenya se livrera une véritable bataille, avec notamment Jemal Yimer et Tadese Worku chez les hommes, Tsigie Gebreselama et Veronica Loleo chez les femmes. Deux retours sont aussi très attendus : Celui de la légende Kenenisa Bekele, 44 ans, et de Yalemzerf Yehualaw, la plus rapide du plateau féminin, après sa maternité. Mais au milieu de ces coureurs kényans et éthiopiens, le favori est bien espagnol. Naturalisé au printemps, Rodrigue Kwizera, deuxième ici l’an dernier et auteur du meilleur chrono de la start-list (58’16), pourrait devenir le premier Espagnol à remporter cette course, avec le record d’Europe dans le viseur.

 

Rodrigue Kwizera veut écrire une nouvelle page de l’histoire du Semi de Valence

Le grand favori de cette 35e édition du Semi-marathon de Valence est espagnol. C’est une phrase que l’on ne pensait pas écrire un jour. En effet, depuis sa création en 2006, le Semi de Valence a uniquement couronné des coureurs d’Afrique de l’Est. Mais cette année, Rodrigue Kwizera veut écrire une nouvelle page de l’histoire. L’homme est en grande forme après une année très réussie, et il enchaîne les grosses performances sur la route. Alors qu’il représentait encore les couleurs de son pays d’origine, le Burundi, il a fini deuxième l’an dernier en 58’39 sur cette même course.

Depuis, il a amélioré sa marque en conservant son titre à Prague le 28 mars en 58’16, record de l’épreuve. Puis, après avoir obtenu la nationalité espagnole en avril, il a gagné le Birell 10K de Prague en 27’15, record d’Espagne. L’année dernière, sur ce même tracé, il avait été rapidement distancé par Kejelcha. Cette fois, en l’absence de l’Éthiopien, qui courra son deuxième marathon à Valence le 6 décembre, il jouera les premiers rôles avec le dossard numéro 1. Le record d’Espagne de Carlos Mayo (59’39 en 2023) devrait trembler. Celui d’Europe, détenu par le Suédois Andreas Almgren depuis Copenhague (58’06), pourrait aussi être menacé, à condition que Kwizera gagne plus de dix secondes sur son record.

Mais la victoire ne sera pas si simple à aller chercher. Derrière l’Espagnol, il faudra compter sur Jemal Yimer, vainqueur ici en 2018 en 58’33, un chrono qui reste son record. 5e du Marathon de Sydney fin août en 2h04’59, il avait couru 58’55 au semi de Ras Al Khaimah, aux Émirats arabes unis, en début d’année. Tadese Worku arrive lui aussi en forme. Quatrième des Mondiaux de Copenhague en septembre avec un record à 58’35, l’Éthiopien s’était déjà classé 4e à Prague derrière Kwizera. Cette course aura aussi un air de revanche. Le Kényan Owen Korir veut mieux faire : Troisième à Prague (58’58), il a été battu d’une seconde par l’Espagnol au Birell 10K. Ses compatriotes Daniel Ebenyo, médaillé de bronze aux Mondiaux de cross de Tallahassee en janvier, et Alex Matata, respectivement 9e et 8e à Copenhague, complètent le contingent kényan. Il faudra aussi surveiller le partenaire d’entraînement de Kwizera, Thierry Ndikumwenayo, qui prépare comme lui l’échéance en altitude à Addis-Abeba (Éthiopie). Pour ses débuts sur la distance, ici même en 2024, il avait échoué à trois secondes du record d’Espagne, avec 59’42.

Tous les regards se tourneront aussi vers la légende Kenenisa Bekele. À 44 ans, le triple champion olympique disputera sa première course de l’année, un mois après avoir renoncé au Marathon de Berlin à cause d’une blessure au tendon d’Achille. Côté débutants, l’Éthiopien Khairi Bejiga (26’51 sur 10 km), le Sud-Africain Maxime Chaumeton (26’55) et le Kényan Victor Kipruto (27’10) découvriront la distance. Kipruto avait fini 3e du Birell 10K après s’être trompé de route dans le final.

 

Les Français en force

Les Français seront aussi très bien représentés, avec Emmanuel Roudolff-Levisse en tête d’affiche. Auteur d’une saison 2026 exceptionnelle, le pensionnaire de l’Athlé 92 a remporté le semi de Séville (1h00’23) avant de descendre sous l’heure à Barcelone (59’37, 3e place). « ERL » a ensuite signé un retentissant 2h05’58 au Marathon de Paris (6e place) et décroché le bronze par équipes au marathon des Championnats d’Europe de Birmingham. Avec le huitième chrono des engagés, il pourrait profiter d’un groupe lancé sur les bases du record d’Espagne, une allure idéale pour l’emmener vers un nouveau record personnel. Derrière lui, Yoann Kowal (1h02’17), Alexis Godefroy (1h02’28), Achille Bogaert (1h02’52), Yohan Durand (1h02’55), Igor Bougnot (1h03’16) et Brice Morisseau (1h03’20) défendront aussi les couleurs tricolores, tandis que Djilali Bedrani (27’41 sur 10 km) fera ses débuts sur la distance.

 

Veronica Loleo, Tsigie Gebreselama, Yalemzerf Yehualaw : Une course féminine très ouverte

Chez les femmes, le plateau élite est aussi très dense et compétitif. L’athlète la plus en forme du plateau est certainement Veronica Loleo. La Kényane, vice-championne du monde à Copenhague, a signé son record personnel cette année à Berlin en 1h05’35. Valence est un parcours qu’elle connaît bien : elle a terminé 3e ici même l’an dernier. Tous les yeux seront aussi rivés sur Tsigie Gebreselama. L’Éthiopienne aura à cœur de montrer un meilleur visage après un résultat en dessous de ses attentes aux Mondiaux de semi-marathon de Copenhague (18e place). Double vainqueure du semi de Lisbonne (2025 et 2026), elle possède un record personnel en 1h04’21. À ses côtés, elle retrouvera sa compatriote Ftaw Zeray. Lauréate du semi de Paris cette année en 1h05’12 et auteure d’une belle 8e place à Copenhague, elle est une sérieuse prétendante au podium.

Le Kenya pourra aussi compter sur Daisilah Jerono. Quatrième à Copenhague, à cinq secondes de la médaille de bronze, elle a signé son record personnel en 1h05’21 en mars à Berlin, où elle avait terminé deuxième devant Loleo. Mais la grande inconnue de cette édition s’appelle Yalemzerf Yehualaw. Sur le papier, l’Éthiopienne est de loin la plus rapide du plateau grâce au 1h03’51 réalisé ici même en 2021, le jour où Letesenbet Gidey établissait le record du monde. Elle n’a pourtant plus couru depuis le Marathon de Boston en 2025 (3e en 2h18’06) et fait son retour après sa maternité. Cependant, pour l’ancienne recordwoman du monde du 10 km (29’14), ce semi pourrait n’être qu’une étape avant son grand objectif de fin d’année : le Marathon de Valence du 6 décembre.

D’autres noms seront également à surveiller. Senayet Getachew, médaillée de bronze aux Mondiaux de cross de Tallahassee en janvier, fait figure d’outsider. La Kényane Caroline Gitonga, souveraine du semi de Prague en mars (1h06’16), sera également à suivre, tout comme deux spécialistes du 10 km qui pourraient se mêler à la lutte. L’Éthiopienne Aynadis Mebratu a couru 30’19 au 10 km de Brasov il y a quelques semaines. La Kényane Faith Cherono a signé 30’06 au 10 km de Valence en janvier. Côté européen, la Belge Jana Van Lent, médaillée de bronze sur 10 000 m aux Championnats d’Europe de Birmingham cet été, retrouvera la distance pour la première fois depuis 2023.

Enfin, chez les locales, la course promet d’être très disputée. La recordwoman nationale Carla Gallardo (1h08’30), qui détient aussi le record d’Espagne du 10 km (31’11), sera alignée au départ, ainsi que Laura Luengo (1h08’50) et Irene Sánchez-Escribano (1h09’10). Côté tricolores, Aude Clavier (31’46 sur 10 km), Javote Gueret (32’07) et Anne-Lise Rousset (1h14’02) seront au départ.

 

Valence, le terrain de jeu idéal pour les records

Avec l’absence de Yomif Kejelcha, il n’y aura certainement pas de chasse au record du monde cette année. Son chrono de 56’51 semble intouchable ce week-end à Valence, le meilleur record personnel du plateau étant 58’16 (Rodrigue Kwizera). Chez les femmes, les 1h02’52 de Letesenbet Gidey semblent aussi trop difficiles à aller chercher. Mais comme chaque année, de nombreux records nationaux risquent de trembler sur ce parcours réputé comme étant l’un des plus rapides du monde.

 

Pourquoi Valence est si rapide ?

Un parcours plat et roulant

Le parcours de Valence est l’un des plus plats du circuit international. Entre son point le plus bas (1,6 m) et son point le plus haut (18,3 m), l’écart ne dépasse pas 17 mètres. Le dénivelé positif cumulé avoisine les 20 m sur l’ensemble des 21,0975 km. Le tracé compte peu de virages et emprunte de larges avenues comme Guillem de Castro ou la calle Xàtiva. Cette disposition a été conçue spécifiquement pour permettre aux coureurs de caler leur allure du premier au dernier kilomètre, pour courir le plus vite possible, jusqu’au célèbre tapis bleu de l’arrivée.

Une densité exceptionnelle

Valence mérite bien son nom de Ciudad del Running. La course est certifiée World Athletics Gold Label et réunit chaque année l’un des plateaux les plus relevés au monde. Cette année, dix hommes affichent un record sous l’heure et six femmes sous 1h06. Avec 300 athlètes élites au départ, les coureurs sont sûrs de trouver un groupe à leur allure. Les lièvres jouent aussi un rôle clé : deux groupes de meneurs d’allure sont prévus chez les hommes. Les femmes, elles, courent dans une course mixte, ce qui leur permet de profiter des coureurs sub-élites masculins et de viser des chronos plus rapides que dans une course 100 % féminine. C’est d’ailleurs dans ces conditions que Letesenbet Gidey a établi son record du monde en 2021.

Une météo souvent favorable

Fin octobre, le climat méditerranéen offre généralement des températures douces même si ces dernières années, la météo a joué un rôle important. En 2023, les conditions étaient idéales, avec 15 degrés au départ et pas de vent (quatre hommes étaient passés sous les 58 minutes). Mais en 2024, la pluie s’était invitée à la fête, ce qui n’avait pas empêché Kejelcha de battre le record du monde. Cependant, l’année dernière, la chaleur (20 degrés), le vent et l’humidité l’ont empêché de tenir l’allure record après un passage au 10 km en 27’13. Dimanche, le départ sera donné tôt, à 8h25. La météo annonce une température autour de 16 degrés au départ.

Sans Kejelcha ni Ngetich, cette édition 2026 du Semi-marathon de Valence s’annonce plus ouverte que jamais. Entre la quête historique de l’Espagnol Rodrigue Kwizera et les nombreux records nationaux qui vont trembler, le spectacle devrait être au rendez-vous ce dimanche dès 8h25. La course sera à suivre en direct sur mediomaratonvalencia.com.

Pour être certain de ne rien manquer, vous pouvez télécharger l’application « Medio Maraton Valencia » sur votre smartphone, Android (Google Play) ou iPhone (App Store). Il suffit d’entrer les noms de vos coureurs favoris pour pouvoir les suivre en temps réel.

Texte : Clément Laborieux

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