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Abderrazak Charik séduit par l’Insep

Victime d’une blessure au mollet gauche en juin, Abderrazak Charik revient sur sa nouvelle vie, depuis qu’il a rejoint l’Insep à la rentrée de septembre. Il est pris en main par Philippe Dupont au sein d’un groupe qui comporte ni plus, ni moins que Morhad Amdouni ou Yoann Kowal, et est séduit par ce nouvel environnement sportif. Le week-end dernier, lors du Match international 10 km à Rennes, l’athlète de vingt ans évoque ses ambitions de médaille par équipe pour le prochain rendez-vous européen de cross. A la recherche d’un nouveau challenge, le champion de France juniors sur 5 000 m pense également aux Mondiaux de semi-marathon en mars.

— STADION : Bonjour Abderrzak, après plusieurs mois sans compétition, comment avez-vous vécu ce 10 km ?

Je me sentais très bien tout au long de la course. Au sixième kilomètre, je me suis un peu réveillé ce qui m’a permis d’aller chercher les gars devant. A l’amorce du dernier tour, j’ai vu qu’il y avait un bon coup à jouer et j’ai accéléré du mieux que je pouvais. J’ai couru avec la tête aujourd’hui. J’espérais réaliser un chrono aux alentours des 30’30 mais je bats mon record personnel (30’15), c’est que du positif. On s’est tous dit avant le départ qu’on venait pour la victoire par équipe, c’est fait. Je sors tout juste d’une blessure qui m’a freiné pendant deux mois et demi donc je partais sans trop de pression. J’ai intégré l’INSEP au mois de septembre, c’est un plaisir de m’entraîner au quotidien avec Morhad Amdouni et Yoann Kowal.

— Dans quel état de fraîcheur physique avez-vous abordé cette compétition ?

Je ne savais pas trop où j’en étais, du fait de ne pas avoir encore réalisé de travail spécifique sur dix kilomètres. Cependant, depuis la rentrée, j’ai beaucoup travaillé le fartlek, je fais également des longues sorties d’une heure-vingt par exemple, en fait des entraînements assez classiques. Le groupe est actuellement en train de se construire et pour qu’aucun athlète ne réalise sa séance tout seul malgré nos divers objectifs respectifs, on s’entraîne tous ensemble, c’est un vrai travail collectif. Sans avoir commencé le plus gros travail de la préparation, j’arrive à sortir un belle performance.

— Vous sortez d’un été 2017 assez difficile. Comment avez-vous traversé cette période ?

Au début c’était assez dur, parce que j’avais pour objectif de participer aux championnats d’Europe espoirs à Bydgoszcz (Pologne) sur 10 000 m. Avec un peu de recul, je me dis que ça fait parti du sport de haut niveau. Depuis septembre, je me suis bien reconcentré, je me suis bien soigné et je suis reparti avec un mental de guerrier. Débuter ma saison par une sélection en équipe de France, après plusieurs mois difficiles, c’est l’idéal, je ne pouvais pas mieux lancer ma saison. La prochaine étape sera la qualification pour l’Euro de cross et ça passera par la course de sélection qui se déroulera à Montauban le dimanche 19 novembre. J’espère comme aujourd’hui qu’on ira chercher le titre par équipe. On en est capable et ça serait magnifique.


ʻʻ L’Insep est une offre qui ne se refuse pas ʼʼ


— Pour quelles raisons avez-vous décidé de quitter Fontainbleau pour rejoindre l’Insep ?

Pour tout vous dire ce n’était pas vraiment un choix personnel. J’ai reçu un appel de Morhad Amdouni et de Philippe Dupont et ils m’ont informé qu’un groupe de demi-fond allait se monter. Honnêtement, l’INSEP est une offre qui ne se refuse pas. C’est un projet qui me tient à cœur. Pour le moment, ça se passe merveilleusement bien. Tous les soirs, j’ai accès à un grand nombre d’avantages comme les massages, la balnéothérapie ou encore la cryothérapie. Je comprends mieux maintenant quand on me disait que c’était l’un des meilleurs instituts d’Europe.

— L’adaptation n’a pas été trop difficile ?

J’ai intégré l’INSEP le 10 septembre très précisément et je me suis très rapidement adapté à cet environnement qui est axé sur la recherche de la performance. Ce que j’apprécie tout particulièrement, c’est que tous les pensionnaires, pour l’ensemble des sports, sont très ouverts à l’échange. Ils ont tous la même logique et ils savent pourquoi ils sont ici. Il y a une très bonne cohésion de groupe ce qui a facilité mon acclimatation. C’est parfait pour me préparer jusqu’en 2024 (rires).

— En intégrant l’Insep, qui est souvent un tournant pour un athlète, l’athlétisme est désormais passé au premier plan dans votre vie ?

Je suis jeune et on va dire que je pense encore pas mal à sortir avec les copains mais je suis conscient qu’il faut que j’amorce dès cette année une démarche de haut niveau. J’ai la chance de côtoyer Morhad et Yoann qui sont de vrais professionnels et qui savent comment accéder au très haut niveau. Ils vont me tirer vers le haut et continuer à me faire progresser.


ʻʻ Je pense aux Championnats du monde de semi-marathon ʼʼ


— Justement, vous avez rejoint un groupe d’entraînement composé de grands noms du demi-fond français actuel (Yohann Kowal, Morhad Amdouni). Qu’est ce qu’ils vous apportent au quotidien ?

Ils ont cet esprit de la performance et ils s’adaptent aux exigences du très haut niveau. Exemple simple, quand je termine ma séance et que je pense tout de suite à vouloir rentrer dans ma chambre, ils n’hésitent pas à me recadrer pour que je vienne faire une récupération avec eux. C’est une chance de discuter avec eux tous les jours. Malgré le fait que les Mondiaux de Berlin soient dans dix mois, ils sont déjà concentrés sur cette échéance. Cela montre à quel point ils sont rigoureux dans le travail et qu’ils veulent réussir. A moi de profiter de leur expérience pour continuer à progresser.

— En l’absence de championnats d’Europe espoirs cette année. Quelles sont vos ambitions ?

Je ne vais pas vous mentir que je pense aux Championnats du monde de semi-marathon à Valence (Espagne), le 24 mars. Ce serait une erreur de ma part de ne pas y penser et j’ai à cœur de réaliser les minima. Pour le moment, chaque chose en son temps, je me concentre sur la saison hivernale qui se profile. Je vois, avec Philippe, une méthode d’entraînement différente que celle de Thierry Choffin, et qui commence à porter ses fruits.

— Entre le cross, la route et la piste, sur quelle surface vous sentez-vous le mieux ?

Je pense sincèrement que si on veut devenir un athlète complet, il faut savoir jouer sur tous les plans. J’arrive à bien m’adapter sur 10 km route et sur 10 000 m piste, et j’ai réussi à montrer cette année ce que je valais sur le cross avec une belle dixième place aux Europe à Chia.

La confiance est revenue à grand galop pour Abderrazak Charik. Une superbe nouvelle pour le demi-fond français.

Arthur Dirou
Rédacteur / Administrateur

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