Amandine Brossier : « Prendre un maximum de plaisir et le chrono viendra avec »

29 février 2024 à 10:44

Tout juste arrivée à Glasgow, Amandine Brossier a livré ses impressions avant les séries du 400 m des Championnats du monde en salle ce vendredi (11h20 heure française). À 28 ans, l’Angevine aura l’occasion de concrétiser sa progression et de conclure en beauté une belle saison hivernale, notamment marquée par un chrono de 51″67 qui la classe au deuxième rang des meilleures performeuses françaises de l’histoire derrière Marie-José Pérec (51″44 à Liévin en 1996). Elle souhaite avant tout prendre du plaisir et c’est d’ailleurs le mot qui revient le plus souvent dans ses paroles lors de cette interview.

 

— Amandine, tout d’abord, comment allez-vous et comment s’est passée votre préparation ces dernières semaines pour les Championnats du monde en salle à Glasgow ?

Je vais très bien, tout se passe bien, tout s’est bien passé depuis les Championnats de France Elite en salle à Miramas (17 et 18 février). Ça s’est enchaîné assez rapidement sur cette saison hivernale. Je me sens très bien, j’aime bien l’enchaînement des courses et actuellement c’est un peu le timing parfait.

 

— Avec un record personnel en 51″67 (le 3 février à Metz) et un titre national à Miramas, c’est pour l’instant un hiver réussi pour vous ?

Oui plutôt. On avait coché à moitié ces championnats du monde. L’objectif, c’était de réaliser une saison hivernale pour voir où j’en étais dans la préparation. J’adore la compétition et je ne me voyais pas faire l’impasse sur la saison indoor. J’ai fait une seule fois l’impasse sur la saison hivernale, c’était à cause d’une blessure l’année dernière. Et maintenant, j’ai envie de clôturer cette saison hivernale d’une belle manière pour repartir sur la préparation estivale.

 

 

— L’objectif à Glasgow, c’est prendre les courses les unes après les autres ?

Exactement, contrairement à d’autres années, je ne me mets pas de pression. Forcément, je pense que la finale est atteignable parce que je me sens très bien et j’ai un bon temps d’engagement aussi. Je souhaite prendre un maximum de plaisir et le chrono viendra avec. Si je me focalise sur la manière de courir, je pense que je peux faire de belles choses dans ce championnat mais il ne faut pas que je pense au résultat, la manière avant tout.

 

— L’objectif est donc principalement de concrétiser le travail hivernal et de confirmer la progression ?

Tout à fait, et aussi de prendre du plaisir.

 

— Peut-on espérer vous voir battre le record de France du 400 m en salle de Marie-José Pérec (51″44 à Liévin en 1996) ?

Je l’espère, car c’est sûr que si je veux passer en finale, à mon avis, il faudra faire mieux que ce chrono-là. Forcément je l’ai dans un coin de ma tête, mais ce n’est pas mon objectif principal. Ça reste un championnat donc les chronos on les met plus de côté, c’est la place qui compte. Mais au vu du niveau actuel mondial, ça m’emmènera forcément vers ça. Je me sens en capacité de battre le record de France aujourd’hui. Ça viendra au moment venu mais je ne me focalise pas dessus en tout cas.

 

 

— Quel regard portez-vous sur les performances de Femke Bol (record du monde du 400 m en 49″24) ?

Je suis très admirative de ce qu’elle peut faire, très respectueuse aussi car c’est une chouette athlète que j’ai pu côtoyer un petit peu. C’est impressionnant et ça tire aussi tout le monde vers le haut, même si on a du mal à la suivre j’avoue (rires). Mais c’est génial de pouvoir concourir contre une athlète de ce niveau-là.

 

— Les Relais mondiaux à Nassau (Bahamas, du 4 au 6 mai) sont aussi une étape importante pour se qualifier aux Jeux olympiques de Paris sur le relais 4×400 m féminin et 4×400 m mixte…

On aborde la qualification de manière sereine. Ça va faire beaucoup de dates sur la saison estivale mais je pense que c’est aussi le moyen de bien enchaîner directement sur l’été. Il y a beaucoup de personnes qui ont fait l’impasse sur cette saison hivernale chez les Français donc je pense qu’ils seront en forme pour ce championnat. Ce sera une belle manière aussi de se soulager, d’avoir cette qualification en poche qui, je l’espère, se passera bien pour envisager ensuite la préparation de manière individuelle.

 

 

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— Quelles sont vos conditions d’entraînement à Angers ?

Sur Angers, je n’ai pas accès à une salle. On a juste sous la tribune 50 m de piste sur trois couloirs donc c’est un peu compliqué de faire la préparation de 400 m dans ces conditions. Le stage en Afrique du Sud était parfait au mois de décembre. Puis avec mon entraîneur, on a souhaité depuis quelque temps aller plusieurs fois à Nantes car il y a des infrastructures qu’on n’a pas sur Angers, notamment le CREPS, la salle de musculation qui est super complète et des outils comme le Sprint 1080 (une machine connectée qui mesure la puissance, la force et la vitesse de l’athlète) qu’on a à disposition. En dehors des outils, c’est aussi la possibilité de pouvoir échanger avec Richard Cursaz (Directeur de la performance à la Ligue d’Athlétisme des Pays de la Loire) avec qui j’ai pu faire quelques séances de sprint court, qui reste aussi mon point fort de base comme je viens plutôt du sprint court. C’était aussi l’occasion de mutualiser certaines séances avec Louise Maraval (championne de France Elite 2023 sur 400 m haies) comme on a pu le faire en lui proposant de venir se greffer sur mes séances. On a adapté pour essayer de faire ces séances ensemble le plus possible. On a la chance dans les Pays de la Loire d’avoir un bon niveau sur 400 m et je pense qu’il faut en profiter, c’est comme ça qu’on progresse chacune.

 

 

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— On observe effectivement une belle émulation entre vous et aussi avec les autres athlètes sur 400 m…

C’est vrai qu’on s’entend bien et les filles sont très cools. Il y a une jeunesse qui pousse derrière et c’est intéressant. Il faut s’en servir de cette émulation et cette dynamique.

 

— Les Championnats de France Elite se tiendront à Angers en juin prochain. On imagine que vous avez particulièrement envie de briller à la maison ?

J’aimerais bien retrouver le même scénario que pour Tokyo en 2021. J’avais réalisé les minima deux semaines avant et je suis allée chercher mon premier titre de championne de France Elite à Angers. J’espère aller chercher mon quatrième titre outdoor. Cette saison je la sens vraiment bien. J’ai envie d’en profiter un maximum et de prendre du plaisir. C’est stressant aussi d’avoir des Championnats de France à la maison mais j’ai envie d’en profiter et de remercier aussi ceux qui m’entourent, m’accompagnent au quotidien : mes partenaires, ma famille, mon groupe d’entraînement, mon staff, etc. J’ai hâte de remplir cette saison comme il faut, avec je l’espère des minima en poche avant les Championnats de France même si tout le monde me dit « Imagine tu fais les minima à Angers, ce serait beau !« . Mais ça reste la date butoir donc si je peux les avoir avant c’est mieux. Et ça voudrait dire aussi que mon niveau s’est bien amélioré, que je peux envisager une préparation plus sereine. C’est une date qui est cochée depuis un petit moment dans mon calendrier.

Propos recueillis par Sarah Ali
Crédits photos : Jean-Luc Juvin / STADION

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