Benjamin Robert : « Tous les compteurs sont remis à zéro à Eugene »

Il y a 7 mois

Brillant vainqueur du Meeting Diamond League de Paris sur 800 m en 1’43″75 et champion de France Elite pour la troisième fois consécutivement, Benjamin Robert a engrangé de la confiance tout au long de l’été. Reste à transformer l’essai aux Championnats du Monde où il entrera en lice jeudi dès 2h20 pour les séries. Pour le Toulousain de  24 ans, l’heure de prendre sa revanche a sonné, après son élimination prématurée en séries des JO de Tokyo. Le voilà débarqué à Eugene avec le sixième chrono des engagés, à seulement 23 centièmes du meilleur performeur mondial de l’année, le Britannique Max Burgin (1’43″52). Comme il est de coutume dans les grands rendez-vous, l’aspect tactique jouera bien sûr un rôle primordial. Ça tombe bien, le protégé de Sébastien Gamel est un finisseur hors pair qui est capable de remontées impressionnantes dans la dernière ligne droite. Il a toutes les cartes en main pour viser haut. 

L’interview vous est présentée par

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Benjamin, tout d’abord, comment allez-vous ?

Ça va super. Nous sommes arrivés avec Gabriel Tual le 8 juillet au camp d’entraînement. L’université où on était à Linfield était super. On fait de bonnes dernières séances, nous sommes prêts !

Vous arrivez avec un statut particulier, celui qui a eu de bons résultats cet été, comment abordez-vous ces championnats ?

Je suis sixième au bilan mondial, je n’ai pas l’expérience de certains. J’ai quand même l’expérience des Jeux olympiques, donc un statut, peut-être pour les meetings, mais pour les championnats, tout change. Tous les compteurs sont remis à zéro à Eugene, surtout sur le 800 m. Il n’y a pas de super favori, je me considère plutôt comme un outsider. Il y a un très bon niveau cette année.

Vous avez beaucoup couru cet été en Meetings. Comment êtes-vous au niveau fraicheur ?

Je suis bien ! C’est ce que je voulais, j’ai voulu beaucoup courir pour pouvoir enchainer les courses, avoir de l’expérience. Je me sens vraiment frais, surtout que ma saison va durer jusqu’à début septembre donc dans ma tête c’était prévu. Je vais faire les Championnats d’Europe à Munich (15 au 21 août) et la finale de la Diamond League (7 et 8 septembre à Zurich). Les dernières séances se sont très bien déroulées. Maintenant j’ai juste à voir ce que je vaux contre les autres.

Quelles sont vos ambitions dans ces Championnats du Monde ?

Tour après tour ! Passer les séries déjà. J’avais pris un gros coup au moral l’année dernière après les Jeux. Je me sentais fort, et très vite je me suis fait éliminer. Donc passer les séries, passer les demies. Après quand t’es en finale au 800 m tout est possible. Je préfère viser haut, j’aimerais choper une médaille, je rêverais de le faire. Je me suis entraîné toute l’année pour ça, je me suis entraîné pour être le meilleur du monde. On verra tour après tour. C’est ça qui est dur, il faut croire en soi sans être arrogant. C’est-à-dire que même si tu vises l’or, il y a quand même les séries à passer, c’est super dur, puis il y a les demies, c’est super dur. Et en finale il y aura les meilleurs mondiaux.

En 2020, aux Championnats de France Elite à Albi, vous expliquiez que financièrement c’était compliqué, que vos parents vous aidaient. Depuis, vous avez participé à de grosses courses ou encore aux Jeux olympiques. Votre situation a-t-elle changée ?

Il faut savoir que je suis en école de kiné. Je vais être diplômé dans quelques années, à 27, 28 ans, alors que mes amis le seront à 25 ans. Donc j’aurai déjà trois ans de retard. Un vrai stage coûte entre 2000 et 2500 euros quand je pars seul au Kenya ou en Afrique du Sud. En plus, si on veut être à 100%, il faut qu’il y ait un coach donc il faut le déplacer, pareil pour le groupe d’entraînement. Moi j’ai de la chance car mes partenaires d’entraînement ont les moyens pour se déplacer.

— À quel moment vous vous êtes vu comme un coureur international, qui vise les médailles ?

Ça se fait petit à petit. En juniors première année, j’ai honoré ma première sélection. Et franchement quand on goûte à l’équipe de France… Quand j’avais mis la tenue, je m’étais dit : « je veux continuer à vivre ça ». Petit à petit, tu montes les échelons. Quand je me suis dit qu’il y avait vraiment moyen, c’était à Monaco en 2020 quand je fais les minima pour Tokyo. Je me dis que ça y est, je suis dans la cour des grands.

— Avez-vous toujours autant de plaisir à porter ce maillot ?

La première sélection, c’est particulier quand même. Maintenant c’est toujours une fierté, même si on s’entraîne toute l’année pour ça, ce n’est pas tout le monde qui a cette chance. J’ai des amis dans le même groupe d’entraînement qui ont des blessures et qui ne peuvent pas s‘exprimer en championnats car ils sont blessés. Quand je mets le maillot bleu, c’est pour montrer que je suis le meilleur, défendre mes couleurs. C’est quand même sympa de se dire que la France peut rivaliser avec les meilleurs. Je garde toujours un maillot pour moi après les grands championnats. J’en donne aussi à mes proches. Après les Jeux, j’ai donné une combi à mon kiné, à mon coach et à un ami proche.

 

 
 
 
 
 
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Votre finish est une arme assez fatale, vous le travaillez ? Est-ce que vous vous dites dans la course « c’est bon j’ai mon finish » ?

Je me suis dit ça aux Jeux olympiques l’an dernier, ça ne m’a pas trop servi ! Je sais que j’ai un bon finish, mais en 1’45, il y a plusieurs coureurs qui ont un bon finish. J’en ai un bon, mais je ne pense pas avoir le meilleur. Il ne va pas falloir trop compter sur ça. Je peux me démarquer, mais il y en a aussi qui peuvent partir plus fort que moi au départ. Tout est possible. Va falloir vraiment tirer son épingle du jeu pour le schéma de course.

Vous êtes un peu plus petit que vos concurrents, est-ce que ça peut être une force ?

L’avantage d’être plus petit, c’est que je vais pouvoir zigzaguer. Ça peut aussi avoir des désavantages. Au rabattement, si on veut pousser des coudes, quand il y a des mecs qui font 1,90 m c’est un peu compliqué mais je peux me faufiler. Ce qui est dur aussi, c’est quand je vais me mettre derrière la foulée de quelqu’un. Un mec comme Marco Arop qui doit faire 1,90 m, c’est compliqué d’avoir la même foulée. Ça peut aussi avoir des avantages, parce que du coup j’ai une petite foulée qui peut être fréquente. Ça peut me servir sur le changement d’allure et sur la fin de course. Si je craque un peu plus, je peux mettre de la fréquence et me faufiler.

On a posé la même question à Gabriel Tual vous concernant, que prendriez-vous de lui ?

Je prendrais sa capacité à courir vite et relâché. Il est capable de passer en 49″60 sur 400 m et être très relâché. C’est quelque chose de très compliqué pour moi. J’aimerais bien prendre cette qualité de Gabriel.

 

 
 
 
 
 
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Justement, concernant les temps de passage, même si vous n’avez pas le chrono, vous arrivez tout de même à savoir où vous en êtes ? Vous êtes pointu à ce point ?

Non, je sais que je ne suis jamais passé en moins de 50 secondes. C’est vraiment course après course. Il y en a certaines où je vais passer en 52 secondes et je vais me sentir fatigué, d’autres où je vais passer en 50”80 et je vais me sentir facile. Donc là c’est vraiment savoir comment s’est passé le premier 200 m, puis le deuxième… mais je n’ai pas encore ce petit ressenti de « je suis bien à 50 ou 52 secondes », je ne fais pas la différence.

Comment est l’ambiance au sein de l’équipe de France ?

C’est cool, détendu. On est un peu à part dans notre petit monde. J’ai bien rigolé avec Kevin (Mayer), Wilfried (Happio), avec toute l’équipe ! Il y a une belle ambiance. J’ai joué au basket avec Kevin, il n’est pas mauvais ! Ce qui était particulier, c’est qu’on se retrouvait vite dans nos chambres quand même. C’est à dire qu’on faisait le self ensemble, on rigolait mais après on remontait dans nos chambres pour bien se concentrer.

Donc au basket avec Kevin Mayer, qui a gagné ?

On va dire que c’est moi mais faudra pas lui demander !

Texte : Briac Vannini
Crédit photo : Solène Decosta / STADION

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