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Championnats d’Europe en salle : PML et Manga perpétuent la tradition

Quatre ans après le triplé de Prague, les spécialistes français du 60 m haies ont de nouveau frappé un grand coup avec l’argent de Pascal Martinot-Lagarde et le bronze d’Aurel Manga lors de la dernière soirée des Championnats d’Europe en salle de Glasgow. Pour la troisième fois dans une compétition continentale, Rénelle Lamote repart avec une médaille d’argent sur 800 m. Les relayeurs français ont été monstrueux et montent sur la troisième marche du podium.

Les médailles, Pascal Martinot-Lagarde commence à les collectionner : il a remporté dimanche sa sixième au niveau européen, la quatrième en salle, en prenant l’argent avec 7″61, un centième derrière le surprenant chypriote Milan Trajkovic. PML a commis quelques erreurs qui lui coûtent cher et certainement la victoire : « J’ai fait la course qu’il ne fallait pas faire, avec des erreurs au milieu, alors que j’ai réalisé une très bonne mise en action. Celui qui gagne est celui qui n’en commet pas. Et là, j’ai fait une finale pas très clean. Je reste un peu sur ma faim sur ce championnat. C’était le plus lent depuis je ne sais pas combien de temps. On a fait des France plus rapides. Je suis convaincu que je pouvais faire quelque chose de mieux. Je suis quand même content de ramener une médaille à la maison, je ne banalise jamais ça. L’objectif numéro 1, c’est maintenant Doha. Je ferai un bon 60 dans le 110, et ça fera un truc de fou ! ». Médaillé de bronze l’hiver dernier aux Mondiaux de Birmingham, Aurel Manga complète une fois de plus la boite, mais cette fois, au niveau européen : « En cassant, je n’ai regardé ni à gauche, ni à droite, donc je ne savais pas où j’étais. Je vois un, deux, et à partir de là ça traîne… Quand je vois que c’est moi qui suis troisième, je suis content. J’étais venu pour gagner. Je repars avec une médaille, c’est bien. Je continue à alimenter le compteur que j’ai lancé il y a un an. Il faut prendre le positif. Je ne rentre pas les mains vides et j’ai fait le plein d’informations pour cet été. J’ai beaucoup travaillé le départ, modifié beaucoup de trucs. Ça ne se voit pas forcément sur un 60 m haies, mais ça sera beaucoup plus intéressant sur 110 m ».

De retour au plus haut niveau après une année 2018 compliquée, quel plaisir de voir Wilhem Belocian prendre la septième place en 7″68 :  « Je suis super frustré. Je n’ai pas l’habitude de taper la première haie, et là, c’est le cas en demies et en finale. Je remonte ensuite un peu mais je tape encore la dernière. Il y a du positif mais, pour l’instant, je ne le vois pas. Il faut que je redescende un peu pour savourer cette finale. Mes félicitations à Pascal et Aurel, leurs médailles montrent que les haies françaises sont toujours présentes ».

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Rénelle Lamote abonnée à l’argent

Depuis l’élimination surprise de la Suissesse Sélina Buchel, tenante du titre, la veille en demi-finale, Rénelle Lamote faisait plus que jamais partie des favorites pour la plus belle des médailles. En quête d’or après ses deux médailles d’argent aux Europe en plein air en 2016 et en 2018, la protégée de Thierry Choffin restera pour l’instant sur la même marche du podium. « Réré » (2’03″00) a été battue par la Britannique Shelayna Oskan-Clarke (2’02″58), en tête de bout en bout, devant un public acquis à sa cause : « Je suis trop contente ! Je me suis battue pour cette médaille. Avec Thierry (Choffin, son entraîneur), on s’était dit que je devais accélérer aux 350 derniers mètres. Plus j’attaquais l’Anglaise, plus elle répondait ! En même temps il fallait faire attention à celles qui revenaient derrière. La finale a été un gros combat. Cette deuxième place me va très bien ». Cette troisième médaille internationale chez les seniors est celle de la maturité d’une championne capable d’aller au bout d’elle-même : « C’est toujours un peu difficile de ne pas gagner. Je ne sais pas encore courir correctement lors des courses à enjeu. J’ai du mal à me placer. Mais j’ai quand même été offensive et actrice. Aujourd’hui, je pense avoir donné tout ce que j’avais ».

Il va donc encore falloir patienter pour voir la sociétaire du Pays de Fontainebleau remporter son premier titre en individuel dans une grande compétition. Souvent placée mais pas encore gagnante, ce sera peut-être aux Championnats du Monde à Doha (Qatar) fin septembre. Dans l’immédiat, elle a surtout besoin de vacances pour souffler : « Je n’ai plus qu’à me reposer et à reprendre l’entraînement pour préparer Doha ».

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Les relayeurs bronzés

Le contingent français enregistre une quatrième et dernière médaille lors du rendez-vous continental. Et c’est du côté du relais 4×400 m hommes qu’il faut aller la chercher. Longtemps cinquièmes, les Bleus, lancés par Mame-Ibra Anne et Thomas Jordier, ont réalisé une superbe fin de course. Avec d’abord la remontée de Nicolas Courbière, puis la magnifique dernière ligne droite du prometteur Fabrisio Saidy (19 ans). En 3’07″71, les relayeurs tricolores montent sur la troisième marche du podium derrière la Belgique (3’06″27) et l’Espagne (3’06″32) : « Les gars m’ont mis dans d’excellentes conditions et ensuite j’ai essayé de faire du mieux possible pour aller arracher cette troisième place », explique Saidy dont ces futures prestations seront à suivre de près. Les Françaises Déborah Sananes, Amandine Brossier, Kalyl Amaro et Agnès Raharolahy rêvaient aussi de podium. Elles terminent au pied du podium (3’32”12) d’une course remportée par la Pologne (3’28″77) devant la Grande-Bretagne (3’29″55) et l’Italie (3’31″90).

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Rapinier, Luron, Denissel et Guillon-Romarin dans le gratin européen

Plusieurs places de finalistes sont à souligner côté français. En finale du triple saut, Yoann Rapinier (16,72 m) et Kevin Luron (16,63 m) se classent respectivement quatrième et cinquième. Pas de regrets toutefois : Pour accéder au top 3, il fallait rebondir plus loin que 17,11 m :  « Il me manque trente centimètres. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. J’ai tout donné et j’ai essayé de mettre les choses en place. Ça n’a pas suffi. Il faut que je montre un meilleur visage dans ce genre de compétitions », a déclaré Rapinier à l’issue de son concours.

Simon Denissel termine cinquième de la finale du 1500 m en 3’45″50. Au contact de la tête de course jusqu’au 400 derniers mètres, le Français a été un peu juste pour se mêler à la lutte pour le podium : « J’ai tactiquement fait une super course, mais je n’avais pas les jambes d’un grand jour. Je me fais reprendre dans la dernière ligne droite. Je n’ai aucun regret, j’ai tout donné. Cet hiver, j’ai eu de très bonnes cannes en meetings. J’étais dans la recherche de la régularité ». La victoire revient au Polonais Marcin Lewandowski en 3’42″85 devant le Norvégien Jakob Ingebrigtsen (3’43″23).

Septième de la finale de la perche, Ninon Guillon-Romarin a franchi une barre à 4,65 m, soit la même marque que la Grecque Nikoleta Kiriakopoulos, médaillée de bronze : « Je savais qu’à 4,65 m, il y avait une option à prendre en passant au premier. Je fais un bon saut mais je dois finalement à nouveau attendre ma dernière tentative pour passer. Et quand j’attaque 4,75 m, j’en suis déjà à huit sauts. C’est dur, sachant qu’en plus, on a sauté hier. Je suis contente parce que je me suis quand même battue jusqu’au bout. J’échoue au niveau de mon record. Je suis forcément frustrée, mais en même temps, il y a une vraie régularité qui est là avec moins de fraîcheur ».

Avec cinq médailles (deux en argent, trois en bronze), l’équipe de France reste dans ses standards des deux dernières éditions (3 en 2017 à Belgrade, 5 en 2015 à Prague), mais il manque l’or pour la première fois depuis 2007.

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