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Championnats d’Europe en salle : Quel bilan pour les Bleus ?

On fait le point sur les Championnats d’Europe en salle qui se sont tenus ces derniers jours à Glasgow (Ecosse) où les Bleus ont été prometteurs. 

Les Français reviennent de Glasgow avec cinq belles breloques : Rénelle Lamote (800 m) et Pascal Martinot-Lagarde (60 m haies) ont obtenu l’argent alors qu’Aurel Manga (60 m haies), Solène Ndama (pentathlon) et le relais 4×400 m masculin ont décroché la médaille de bronze. C’est deux de plus qu’à Prague en 2017. Mais sur les trois médailles, on comptait deux titres grâce à Kevin Mayer et à Floria Gueï, couronnés sur l’heptathlon et le 400 m. En l’absence de nombreuses têtes d’affiche (Renaud Lavillenie, Pierre-Ambroise Bosse, Jimmy Vicaut, Christophe Lemaitre, Mahiedine Mekhissi, Morhad Amdouni…) qui se sont logiquement préservées pour les Mondiaux de Doha, programmés tard dans la saison (28 septembre au 6 octobre 2019), ce rendez-vous continental a permis de mettre en lumière de futurs talents. La sélection tricolore qui a été engagée sur cette grande compétition était relativement jeune avec une moyenne d’âge de 24 ans. L’objectif principal était d’emmagasiner de l’expérience à ce niveau, dans l’optique de l’échéance olympique. Si la Marseille n’a pas raisonné une seule fois dans l’Emirates Arena de Glasgow, une première depuis 2007 dans un Euro en salle, le bilan des Tricolores n’est ni mitigée et encore moins “médiocre”. Il est prometteur.

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Double podium sur 60 m haies

Les Bleus n’ont malheureusement pas trouvé les clés pour ramener la plus belle des médailles. L’histoire est parfois cruelle. En août dernier, aux Europe de Berlin, Pascal Martinot-Lagarde avait arraché l’or sur 110 m haies pour moins d’un centième. Dimanche, à Glasgow lors des Europe en salle, il a manqué un centième au hurdler de 27 ans pour s’emparer de la couronne continentale. Deuxième de la finale en 7″61, PML a échoué à un centième du surprenant Chypriote Milan Trajkovic, vainqueur en 7″60. C’est seulement la deuxième fois depuis 1986 que le titre continental ne se gagne pas sous cette barrière symbolique (Avec le Néerlandais Gregory Sedoc en 7″63 en 2007 à Birmingham) : « J’ai fait la course qu’il ne fallait pas faire avec des erreurs au milieu, alors que j’ai réalisé une très bonne mise en action ». Si le Français nourrissait des regrets pour avoir commis quelques erreurs qui lui coûte la victoire, il s’est aussitôt réjoui de cette breloque argentée, qui est pour lui la quatrième médaille européenne consécutive en salle : « Je suis quand même content de ramener une médaille à la maison, je ne la banalise pas. L’objectif numéro 1, c’est maintenant Doha. Je ferai un bon 60 dans le 110, et ça fera un truc de fou ! ».

Comme aux Mondiaux en salle de Portland l’hiver dernier, Aurel Manga monte sur la troisième marche du podium avec un chrono de 7″63. Habituels pourvoyeurs de médailles, les hurdlers tricolores ont frappé un grand coup. Le troisième français en lice, Wilhem Belocian, a quant à lui terminé à une bonne septième place en 7″68.

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Rénelle Lamote argentée

Rénelle Lamote est la grande dame de ces championnats d’Europe en salle côté français. Pour la troisième fois, la sociétaire du Pays de Fontainebleau se retrouve médaillée d’argent aux Championnats d’Europe. Mais en salle, c’est une première. Deuxième en 2’03″00 derrière la Britannique Shelayna Oskan-Clarke (2’02″58), la protégée de Thierry Choffin ne cachait pas son plaisir, après avoir retrouvé des sensations lors de cet événement suite à une intoxication alimentaire contractée en tout début d’hiver : « Aujourd’hui, je pense avoir donné tout ce que j’avais. Je suis juste trop contente de cette médaille, parce que ça a été très difficile d’aborder ces championnats dans des conditions comme celles-ci. Psychologiquement, je suis arrivée un peu fatiguée à Glasgow car la saison ne s’était pas déroulée comme je l’espérais. J’étais vraiment sur les nerfs. Cette deuxième place a donc beaucoup de saveur pour moi. J’ai appris beaucoup de choses ».

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Ndama, Saidy et Golitin ont pris date

L’un des plus belles satisfactions émane de Solène Ndama. Elle était attendue et elle a répondu présente. À 20 ans, la Bordelaise se devait de changer de statut, en passant d’espoir prometteur à médaillée dans une compétition internationale chez les grandes. Un objectif qui semblait à sa portée sur le pentathlon en arrivant en Ecosse toute en haut du bilan planétaire sur la discipline. Le contrat est rempli avec le bronze et le record de France égalé (4723 points) : « Je n’ai pas les mots, c’est trop bien. J’ai vu en plus sur l’écran que j’avais battu le record de France. Ça fait cinq ans maintenant que je suis avec Laurent (Moreschi, son entraîneur) et, d’année en année, je n’ai fait que progresser. C’est la concrétisation d’une saison de boulot ». Jolie performance du relais tricolore masculin (3’07″71) qui prend la médaille de bronze après une belle prestation globale du quatuor Mame-Ibra Anne, Thomas Jordier, Nicolas Courbière et Fabriso Saidy. La Belgique remporte la course (3’06″27) devant l’Espagne avec un nouveau record national (3’06″32).

À l’image également d’un Fabrisio Saidy (19 ans), cinquième d’un finale d’un 400 m extrêmement relevé en 46″80 ou d’un Amaury Golitin (22 ans), sixième de la finale de ligne droite en 6″67, la jeunesse tricolore a montré les crocs. Les jeunes loups aux dents longues Djiali Bedrani (4e en 7’58″40) et Jimmy Gressier (7e en 8’00″89) ont montré qu’il n’avaient pas froid aux yeux sur 3000 m. La septième place de Ninon Guillon-Romarin (4,65 m), à la perche, et de Rouguy Diallo (14,18 m), au triple saut, constitue un autres motif de satisfaction. Yoann Rapinier (4e avec 16,72 m) et Kevin Luron (5e avec 16,63 m), au triple saut, ainsi que Simon Denissel (5e en 3’45″50), sur 1500 m, ont eux aussi prouvé qu’ils pouvaient jouer le top 3. 

Patrice Gergès, le DTN, a ainsi résumé les résultats des Bleus : « Cinq médailles, c’est un bilan global qui est satisfaisant, c’est un peu l’idée que je me faisais de cette équipe de France. Ce qui est intéressant c’est d’avoir eu deux médailles féminines. On retrouve une énergie chez les filles qui est positive. Nous sommes troisième nation au même nombre de finaliste à égalité de points avec la Pologne (72 points au Placing Table). On est dans le haut du tableau en terme de densité mais pas vraiment en terme de qualité ».

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