Championnats du monde d’athlétisme : Le relais 4×400 m français en argent

28 août 2023 à 1:07

L’équipe de France attendait sa première médaille, priant le ciel que la dernière soirée des Championnats du monde d’athlétisme ne lui tourne pas le dos. Elle l’a eue. En argent, rapportée par les Bleus sur le 4×400 m auréolé d’un nouveau record national en 2’58″45. Alice Finot, cinquième du 3000 m steeple en 9’06″15, record de France à la clé, et Jimmy Gressier, neuvième du 5000 m en 13’17″20, se sont aussi mis en évidence. 

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Les 2’58″96 de la bande à Raquil en 2003 à Paris, lors des Championnats du monde ont marqué toute une génération de passionnés français d’athlétisme. Ils ont symbolisé une période faste pour notre sport. Vingt ans après, la page est définitivement tournée. Ludvy Vaillant (45″42), Gilles Biron (44″30, chrono lancé), David Sombé (44″66) et Téo Andant (44″07), habités par la même rage de vaincre, ont tout donné, comme ils savent le faire. Ce relais, avec également Loïc Prévot, Thomas Jordier et Simon Boypa, a du caractère : Les quatre garçons, qui savaient qu’il fallait être au niveau du record de France pour espérer jouer la médaille, ont déroulé une course quasiment parfaite. Le quatuor a terminé à la deuxième place en 2’58″45, derrière les États-Unis (2’57″31) mais devant la Grande-Bretagne (2’58″71).

« On était tous là pour faire notre boulot, on est super contents de rapporter cette médaille », confie David Sombé. Ludvy a très très bien lancé, Gilles aussi. Quand je le vois arriver en 3e position, je me dis « oh l’escroc ! Dans quelles conditions il me met ? Je ne peux pas me rater ! ». Je me suis collé à l’Anglais, je le passe dans la ligne droite et je transmets à Téo, qui finit le boulot super proprement ». Le champion de France Elite Téo Andant a ensuite magnifiquement conclu : « David me donne le témoin en deuxième, je pensais à en garder un peu sous le pied pour pouvoir contrôler dans la dernière ligne droite. Je suis super content et super fier de mes coéquipiers. »

Le record de France, la cinquième place et un sourire sans fin pour Alice Finot

On le sait, Alice Finot (32 ans) finit toujours très fort lorsqu’elle met le pied sur la piste. Ce fut une nouvelle fois le cas à Budapest sur le 3000 m steeple où la pensionnaire du CA Montreuil 93 s’est hissée en cinquième position avec un nouveau record de France à la clé en 9’06″15. Pourtant partie tranquillement, loin derrière les Kényanes et Éthiopiennes qui ont tout de suite pris les devants sur des bases très élevées avec Beatrice Chepkoech, détentrice du record du monde  en 8’44″32, comme chef de file, celle qui s’entraîne dorénavant en Galice (Espagne) évoluait entre la dixième et treizième place pendant plus de 2500 m. Pointant en dixième position à l’entame du dernier tour de piste (7’58″16), la vice-championne d’Europe du 3000 m en 2021, qui s’armait de patience jusque-là, attendait son heure.

Voilà la demi-fondeuse tricolore, ingénieure dans l’automobile en Espagne, partie comme une fusée dans le dernier 400 m pour accrocher une cinquième place aux Championnats du monde en 9’06″15, synonyme pour elle de cinquième record de France sur la distance (ancien : 9’10″04 à Florence le 2 juin). De quoi avoir un large sourire durant un long moment après une performance inoubliable pour ses deuxièmes mondiaux (10e l’an dernier à Eugene en 9’21 »40). Le titre a finalement atterri dans les bras de la représentante du Bahreïn, Winfred Mutile Yavi (8’54″29) devant Beatrice Chepkoech (8’58″98) et Faith Cherotich (9’00″69), une autre Kenyane.

« Je ne sais pas ce que vaut une médaille, je ne l’ai jamais encore portée autour de mon cou mais pour moi c’est un accomplissement. Je suis vraiment à la hauteur de ce que j’espérais. J’ai réalisé le scénario de course dont j’avais rêvé. Je l’ai posé sur le papier et j’ai réussi à faire de ce scénario, un objectif. Le concrétiser aujourd’hui me remplit de joie, je suis encore vachement émue. Maintenant, j’ai besoin de profiter du moment et de ne pas penser à autre chose. Je ne sais même pas si je vais terminer ma saison. Je vais prendre des vacances à un moment donné et quand ce sera le moment, on va tout reposer à l’écrit avec mon coach et puis on pensera à l’année prochaine. »

Belle prestation de Jimmy Gressier sur 5000 m

Treizième aux JO de Tokyo sur 5000 m, onzième aux Mondiaux de Eugene l’été dernier sur 10 000 m et neuvième à Budapest sur 5000 m ce soir. Jimmy Gressier (13’17″20) continue de s’approcher du podium, mais sans pouvoir y grimper encore dans les compétitions planétaires. Le Boulonnais de 26 ans a tenté sa chance en se portant aux avant-postes mais n’a pas pu lutter lors de l’accélération brutale à la cloche. À ce petit jeu, c’est le Norvégien Jakob Ingebrigtsen (13’11″30) qui l’a emporté devant l’Espagnol Mohamed Katir (13’11″44).

« Si j’avais dit « à la cloche et ne pas jouer pour les médailles », c’est tout simplement que j’ai conscience de mes armes. C’est bien d’être fougueux, c’est bien d’être ambitieux, faut être réaliste aussi : je sais que jouer la gagne, c’est encore trop prématuré. Je progresse chaque année, je passe un cap. L’année dernière, je n’étais pas capable d’être dans le dernier tour avec eux. J’espère que l’année prochaine, je ne serai pas avec eux jusqu’au dernier tour, ni jusqu’aux 200 mètres, mais bel et bien dans la dernière ligne droite avec un public révolté qui va me donner un peu plus la force de me rapprocher de la médaille. »

 

 
 
 
 
 
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Solène Gicquel et Nawal Meniker n’ont pas à rougir

Pour la première fois de l’histoire du saut en hauteur féminin, deux Françaises avaient obtenu leur billet pour la finale. Pourtant ce dimanche, les organisateurs n’avaient pas été tendres avec les 15 finalistes, dont les Tricolores Solène Gicquel et Nawal Meniker, en imposant une première barre à 1,85 m dans un concours de haute voltige. Cet écrémage a fait des dégâts assez rapidement notamment côté bleu où Gicquel bloquait à la barre suivante (1,90 m). Crispée, la Bretonne échouait lors de sa première tentative à 1,85 m. Plus à l’aise lors de son deuxième essai, la Rennaise se rassura en passant cette barre à deux centimètres de son record (1,92 m) avant de tenter d’aller encore plus haut dans le ciel hongrois. Malheureusement, à 1,90 m, les étoiles n’étaient pas alignées et les espoirs de médaille s’en allaient pour la licenciée au Stade Rennais Athlétisme qui termina son concours en quinzième position. « Je suis forcément très déçue du résultat et de ne pas avoir pu profiter de l’ambiance dingue dans ce stade. J’espérais beaucoup mieux de cette finale et je crois que je me suis un peu trop mise la pression. Je voulais trop bien faire et malheureusement, cela m’a desservie aujourd’hui. Ce qu’il s’est passé aujourd’hui, je ne veux surtout pas que cela se reproduise l’année prochaine donc je vais apprendre et repartir de plus belle et ce sera encore mieux l’année prochaine. »

Sa compatriote Nawal Meniker, elle aussi, était assez loin d’une potentielle médaille mais a réalisé un super concours, effaçant la première barre à 1,85 dès sa première tentative. À la barre suivante (1,90 m) qu’elle n’avait jamais passée avant le début de l’année, la représentante du CA Montreuil échouait une fois avant de passer sur son deuxième essai. La suite s’annonçait compliquée à 1,94 m, une hauteur supérieure d’un centimètre à son record personnel (1,93 m). La protégée de Mickaël Hanany n’a pas réussi à dompter cette hauteur dans une finale où elle aura terminé à la douzième place. « Je suis très contente d’avoir participé aux Championnats du monde et d’avoir fait la finale avec des filles extraordinaires, c’est ouf. On ne peut qu’apprendre pour les échéances futures. Il y a un petit goût amer car j’avais les 1,94 m dans les jambes et j’avais envie de les passer aujourd’hui mais ce n’est pas passé. Je me suis donné à 2000% et je n’ai pas de regrets. Les Jeux olympiques 2024 à Paris me donnent tellement envie et cela pourrait être la même finale avec les mêmes filles, j’ai hâte ». Finalement, la victoire est revenue à Yaroslava Mahuchikh qui se hisse enfin sur le toit de la hauteur avec un saut à 2,01 m après deux médailles d’argent à Doha en 2019 et à Eugene en 2022. L’Ukrainienne devance deux Australiennes, Eleanor Patterson et Nicola Olyslagers, qui sont restées bloquées à 1,99 m.

Au terme de neuf jours de compétition, les Bleus auront donc réussi à s’inviter sur un podium mondial. À moins d’un an des Jeux olympiques (1er au 11 août pour les épreuves d’athlétisme), et plus que jamais, restons solidaires avec notre équipe de France qui aura à se sublimer pour briller au Stade de France. Avant le plus grand rendez-vous sportif du siècle dans l’Hexagone, les athlètes tricolores ont rendez-vous pour une ultime répétition aux Championnats du monde en salle de Glasgow (Écosse), du 1er au 3 mars 2024. 

Tous les résultats des Championnats du monde d’athlétisme, en cliquant ici.

Texte : Dorian Vuillet
Crédits photos : Solène Decosta / STADION

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