Championnats du monde : Sydney McLaughlin sur une autre planète

23 juillet 2022 à 7:39

Dans une soirée marquée par le record du monde du 400 m haies de l’Américaine Sydney McLaughlin en 50″68 à Eugene, le relais 4×100 m français a marqué les esprits en signant le deuxième meilleur temps des séries (38″09) derrière les mastodontes américains. Un podium leur tend les bras. Renaud Lavillenie disputera la finale du saut à la perche et tentera de décrocher une sixième médaille mondiale en plein air. Rénelle Lamote a été éliminée à la surprise générale en demi-finales du 800 m. 

Le jour se lève et plusieurs choses se sont passées dans la nuit dans la « Track Town ». On va vous le dire calmement mais avec sérénité : Si vous dormiez bien profondément cette nuit, dommage, vous avez peut-être manqué la course du siècle. Au moment d’écrire ces lignes, nous ne comprenons toujours pas ce qui vient de se passer. C’est un coup de tonnerre par temps clair. Une déflagration causée par Sydney McLaughlin qui a une nouvelle fois foudroyé la piste.

 

 

L’Américaine de 22 ans a repoussé sa propre marque de référence de sept dixièmes (51″41 fin juin aux Trials) dans des sphères qui paraissaient encore inatteignables avant son éclosion sur le tour de piste avec obstacles. Une performance irréelle. Une performance de mutant. « C’est irréel, a réagi Sydney McLaughlin interrogée à même la piste du Hayward Field. J’ai couru à fond, évidemment ça fait mal. Je suis si reconnaissante envers le Seigneur, mon coach, mon équipe. C’est une réussite collective ». Et l’on se demande aujourd’hui si la barrière des 50 secondes passera le cap de la prochaine olympiade. Quelle course les amis, l’athlé comme on l’aime !

 

 

La fusée est sur orbite

Et maintenant, conclure. Totalement sûres de leurs forces lors des séries, les quatre flèches du relais 4×100 m français ont parfaitement mis sur orbite la fusée destinée à les mener sur le podium mondial. Pendant la présentation de la deuxième série, le premier relayeur tricolore Meba-Mickael Zeze s’est improvisé joueur de baseball en imitant un coup de batte. Un moyen d’annoncer qu’il voulait frapper un grand coup ? Parti comme un obus, celui qui est devenu le quatrième Français à courir en moins de 10 secondes sur 100 m (9″99) a mis les Bleus sur d’excellentes bases. Suivent Pablo Mateo et Ryan Zeze qui ont eux aussi affiché un visage séduisant et ont proposé des passages bien huilés. Sans doute le plus affamé des quatre après avoir été privé de 100 m à titre individuel, Jimmy Vicaut a mis un point d’honneur à courir la dernière ligne droite à bloc, malgré ses quelques mètres d’avance sur le Canada, l’Afrique du Sud et surtout la Jamaïque, eux aussi prétendants au podium aujourd’hui. Coupant la ligne en 38″09, leur meilleur chrono de la saison, les Français avaient toutes les raisons de sourire à l’arrivée.

 

 

 

Toutefois, le recordman de France du 100 m (9″86) arborait une inhabituelle posture de vieux sage. « C’est une bonne nouvelle ce chrono. Demain, c’est une finale. Je n’aime pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Le meilleur temps a, lui, été réalisé par les grands favoris américains en 37″87, meilleur chrono mondial de la saison signé Christian Coleman, Noah Lyles, Elijah Hall et Marvin Bracy. La finale, ce sera pour dimanche dès 4h50. Les supporteurs des Bleus auront donc tous les yeux tournés sur la piste du Hayward Field. Prêts à vibrer pour un collectif jeune et en progression, guidé par l’expérimenté coach tricolore Richard Cursaz.

 

Renaud Lavillenie sera en lice pour une sixième médaille

Contrat rempli pour Renaud Lavillenie. Le plieur de gaule français qui codétient avec Brad Walker depuis 2015 le record du stade (6,05 m en 2015) a assuré sa place en finale en culminant à 5,75 m. Le double médaillé olympique a cependant dû s’y reprendre à deux fois pour passer cette hauteur. Juste avant, il avait évité le pire en franchissant 5,65 m lors de son ultime tentative. Le recordman de France (6,16 m en 2014) a rallié pour la sixième fois de sa carrière la finale des Championnats du monde en plein air. Hormis cette triste première à Doha en 2019, jamais le Clermontois de 35 ans n’a échoué à se qualifier pour la finale d’une grande compétition en plein air de toute sa carrière. Au Qatar, Renaud Lavillenie restait sur cinq médailles en cinq participations lors du rendez-vous planétaire de l’été et n’avait jusqu’à là jamais craqué en qualifications. Malgré que son palmarès soit un véritable livre de l’athlétisme depuis plus d’une décennie, il n’a pas encore réussi à décrocher le seul titre qui manque à son immense palmarès, le titre mondial.

 

 

Renaud Lavillenie sera le seul Français en lice en finale de la perche programmée dans la nuit de dimanche (2h25) à l’issue des qualifications. Après trois échecs à 5,75 m, le champion de France Elite Thibaut Collet (18e des qualifications avec 5,65 m) n’a, lui, pas réussi à se qualifier en finale pour ses premiers Championnats du monde. Pas de réussite non plus pour Valentin Lavillenie. En grande délicatesse avec son tibia après être retombé sur un poteau lors de son troisième échec à 5,70 m aux Championnats de France Elite à Caen le 26 juin dernier, le vice-champion d’Europe en salle à Torun en 2021 n’a pas réussi à franchir sa barre d’entrée dans le concours à 5,50 m. L’aventure s’arrête là pour le tout jeune papa. Les surprises du concours sont, elles, venues de l’élimination du Polonais Piotr Lisek et de l’Australien Kurtis Marschall. Aucun problème en revanche pour le recordman du monde suédois Armand Duplantis Duplantis, l’Américain Chris Nilsen et le Brésilien Thiago Braz, qui ont tous dompté 5,75 m

 

Rénelle Lamote aux portes de la finale

Rénelle Lamote le sait, elle a laissé passer une très belle occasion de participer à sa deuxième finale mondiale après celle de Pékin en 2015 ce samedi à Eugene. Sixième de la demi-finale la moins rapide de la soirée en 2’00″86, la demi-fondeuse du Racing Multi Athlon avait le potentiel, au vu de sa saison, d’aller chercher une qualification pour le top 8 en prenant l’une des deux premières places de sa demi-finale ou au pire des cas réaliser un des deux meilleurs temps parmi les non qualifiées direct. Dans une course dominée par la Kényane Mary Moraa (1’59″65) et l’Américaine Ajee Wilson (1’59″97), l’élève de Bruno Gajer, parfaitement placée en deuxième position à 400 m de l’arrivée (passage en 59″09), n’a pas pu s’exprimer comme elle l’aurait souhaité dans l’emballage final. La Française de 28 ans a coincé physiquement et n’a pas été en capacité de répondre à l’attaque de ses adversaires dans le dernier 200m. L’image est surprenante tant Rénelle Lamote avait dominé sa série.

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« Je suis très bien entraînée mais aujourd’hui les jambes n’ont pas répondu après c’est dommage parce qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. Je vais désormais me concentrer sur les Championnats d’Europe de Munich (15 au 21 août). Le placement il n’y avait pas trop de souci, ce sont vraiment mes jambes qui ne répondaient pas. En temps normal, j’aurai pu terminer fort mais là vraiment j’avais des bâtons à la place à des cuisses et je pense savoir pourquoi ». En effet, habituée à porter les Nike ZoomX Dragonfly, Rénelle Lamote a opté pour ce championnat pour les Nike Air Zoom Victory (qui possèdent une lame en carbone). « J’ai fait le choix de changer de chaussures à pointes en pensant que le carbone me correspondrait mieux mais finalement j’aurai dû rester sur le modèle de toute la saison, je n’ai pas eu de bonnes sensations de course. »

Crédits photos : Solène Decosta / STADION

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