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Décastar : Kevin Mayer dans l’histoire !

C’est fait pour Kevin Mayer ! Le Français s’offre le record du monde du décathlon avec un total exceptionnel de 9126 points. Récit d’une journée historique en direct de Talence.

On l’a imaginé, il l’a fait. C’était écrit, mais encore fallait-il le faire ! Et il a relevé son pari superbement. Ce qui fait la beauté du sport, c’est que le scénario n’est jamais écrit à l’avance. Pourtant ici, les astres s’étaient alignés à la perfection pour Kevin Mayer durant deux jours. Aujourd’hui encore, le Montpelliérain a quasiment tout bien fait. Quand il s’est présenté au départ du 110 m haies à 9h30 ce matin, Kevin Mayer ne s’était pas levé du pied gauche. Sorti idéalement des blocks, Kevin Mayer et Arthur Abele, côte à côte aux couloirs trois et quatre, faisaient jeu égal jusqu’à la quatrième haie, avant que le champion du monde ne fasse la décision en donnant plus de rythme dans les intervalles. Il s’envolait alors vers la victoire en s’efforçant de ne pas se mettre à la faute sur les derniers obstacles. En 13″75 (-1,1 m/s), il s’offre en prime un nouveau record lors d’un décathlon.

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Impérial sur tous les travaux

Du très bel ouvrage, qui lui permettait de se décontracter. Car le meilleur était à venir. Avec ses bras interminables, Kevin Mayer donne l’impression d’accompagner le disque jusqu’au bout de sa trajectoire. Ça pousse aussi avec les jambes. Et ça va toujours très loin avec des jets à 46,41 m, 48,72 m et 50,54 m. C’est à ce moment-là, avec un total de 6452 unités, qu’il compte un point d’avance sur le record du monde d’Ashton Eaton. Le concours du saut à la perche s’est étiré en longueur. Près de trois heures. Le protégé de Bertrand Valcin a franchi au premier essai 5,05 m, 5,25 m, 5,35 m et 5,45 m, à chaque fois avec une marge impressionnante. Dans un silence de cathédrale, il a ensuite échoué à une reprise à 5,55 m, avant d’arrêter son concours afin de se réserver pour les deux dernières épreuves. Avec 80 points d’avance sur le record du monde après huit épreuves, très sincèrement, ça commençait à sentir (très) bon. Athlète de superlatifs depuis son premier titre aux Mondiaux de Londres l’été dernier, Mayer a encore gravi un échelon en Gironde, s’ouvrant une voie royale vers le panthéon des décathloniens, en expédiant son javelot à 71,90 m. Son troisième record personnel du week-end. Il pouvait alors lever les bras et laisser exploser sa joie quand il a bouclé le 1500 m.

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Seul au monde

Mayer, c’est deux ans et trois compétitions internationales tout en victoires. Champion d’Europe de l’heptathlon et champion du monde du décathlon en 2017, puis champion du monde de l’heptathlon cet hiver et maintenant recordman du monde. Qui peut s’asseoir à la table de Kevin Mayer aujourd’hui et dire : « Je suis un meilleur décathlonien que toi » ? Personne. Depuis la retraite du recordman du monde Ashton Eaton (9045 points) en 2017, le combinard tricolore domine le monde de sa discipline de la tête et des épaules. A seulement 26 ans, seul le titre olympique manque encore à son prestigieux palmarès. Kevin Mayer n’a pas fini d’écrire l’histoire de son sport et touche son rêve du doigt : devenir le plus grand décathlonien de l’histoire.

Rédacteur

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