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Décastar : Kevin Mayer sur les bases du record du monde

Ashton Eaton peut trembler ! L’Américain, détenteur du record du monde du décathlon, pourrait en être destitué dès demain lors du Décastar de Talence. Ce n’est autre que Kevin Mayer qui pourrait le lui arracher. Auteur d’une première journée parfaite, le Français est en tête à mi-parcours avec 4563 points. Récit.

On avait laissé Kevin Mayer « enfoui sous le sable » de Berlin, lors de l’épreuve de la longueur du décathlon des Championnats d’Europe début août. Trois essais mordus et un zéro pointé qui l’avait décidé à abandonner. Un peu plus d’un mois passé à s’entraîner quotidiennement à Montpellier, Kevin Mayer trépignait d’impatience et n’attendait plus qu’une seule chose  : débuter enfin ses dix travaux à Talence. Les interrogations étaient nombreuses autour de son état de forme mais il n’a pas fallu longtemps au protégé de Bertrand Valcin pour rassurer son monde.

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Deux records personnels

Digne de son maillot de champion du monde, Kevin Mayer n’a pas semblé ressentir de pression particulière sur la ligne droite. Flashé en 10″55 (+0,3 m/s), il fait voler en éclats son record personnel (10″64) établi à Berlin il y a un mois. Le Français engrange 963 points, 60 de plus que lors de son record de France à Rio, où il avait couru en 10″81. Le bal était ouvert. Le sociétaire de l’EA Rhône Vercors se dirigeait rapidement vers le second volet du décathlon, le saut en longueur. Une épreuve, pour la raison que tout le monde connait, où il avait à coeur de rebondir. 

À ceux qui se demandaient s’il pouvait évoluer au très haut niveau dans le bac à sable, Mayer a lancé un message clair. Après avoir signé un premier bond à 7,59 m, il mord très légèrement son second essai aux alentours des 7,75 m. Porté par le très nombreux public, Mayer s’envole à 7,80 m (+1,3 m/s) lors de son ultime tentative, améliorant sa marque de 7,65 m qui datait des Europe de Zurich en 2014 : « Il y a toujours du plaisir quand on bat ses records. Berlin c’était une erreur de parcours ». De quoi réjouir la tribune principale et le pourtour pris d’assaut dès l’ouverture des portes à 10h par les spectateurs. La présence du vice-champion olympique dans la ville girondine est une attraction en elle-même.

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128 points d’avance sur son record de France

Kevin Mayer a ensuite sauvé les meubles lors du lancer du poids avec un premier jet à 16,00 m, assez près de son lancer record de 16,51 m. C’est toujours ça de pris même si ce résultat n’est pas forcément celui espéré. Le concours de la hauteur a été riche en suspense puisque le décathlonien a véritablement dû s’arracher pour effacer 1,99 m, 2,02 m et 2,05 m à chaque fois au troisième essai. Une performance qui mérite un grand coup de chapeau : « C’était un moment très fort ». Il a encore prouvé qu’il avait de solides ressources mentales. En conclusion de cette fabuleuse journée, Mayer a bouclé le 400 m en 48″42, un chrono proche de son record à 48″26.

En forme, c’est le moins qu’on puisse dire. Cinq épreuves et deux records personnels. Kevin Mayer n’a pas fait semblant pour sa première journée de compétition. Avec un pactole de 4563 unités à mi-parcours, il est lancé sur des bases de plus de 9000 points. Le vice-champion olympique possède 128 points de marge sur son temps de passage de Rio, où il avait claqué 8834 points : « On m’a tellement parlé du record du monde que la pression est énorme et très difficile à gérer. Je le convoite c’est sûr mais je ne dis pas que je vais le faire demain ». Le Français a 211 points de retard sur le total d’Ashton Eaton à mi-chemin mais quand on connaît son talent sur la deuxième journée, il y a de quoi aborder la suite avec sérénité. Kevin Mayer, une bête blessée qui risque encore de sortir les griffes demain, tant le Français parait revanchard et préparé. Le deuxième acte de la pièce, à partir de 9h30.

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