Jimmy Vicaut : « Les Jeux olympiques, c’est le Saint Graal, surtout à la maison »

Il y a 2 mois

Ambition

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Nouvelle rubrique sur votre média préféré : « AMBITION » ! Jusqu’au début des épreuves d’athlétisme des Jeux olympiques de Paris qui s’ouvriront le 1er août 2024, Stadion partira régulièrement à la rencontre des athlètes français qui ont fait de ce rendez-vous planétaire l’objectif de leur carrière sportive. Ils espèrent tous nous faire vibrer et écrire leur histoire dans leur pays, devant leur public et leur famille.

JIMMY
VICAUT

JIMMY
VICAUT

Pour ce premier volet, c’est Jimmy Vicaut, l’homme le plus rapide de France (9″86 sur 100 m), qui entre en piste. Afin de donner un nouvel élan à sa carrière, le sprinteur de 30 ans a décidé de renouer avec son ancien entraîneur Guy Ontanon. La star du sprint tricolore nous a ouvert les portes de son entraînement à l’INSEP ce vendredi 9 et samedi 10 décembre 2022. Une rencontre qui s’est terminée dans la bonne humeur avec un shooting concocté par notre photographe Antoine Decottignies.

— Jimmy, vous venez de finir votre séance de musculation. Comment vous sentez-vous physiquement ?

J’ai perdu trois semaines pour avoir les autorisations de m’entraîner à l’Insep (les entraînements ne se tiennent qu’après 18 heures), je suis content d’avoir repris et les sensations commencent à revenir. Je sais que vous allez me poser la question tôt ou tard, je sortirai en compétitions quand je serai sûr d’être en forme pour faire une performance. Je vais prendre mon temps, ça sera peut-être dans un ou deux mois.

 

— Vous avez collaboré pendant de longues années avec Guy Ontanon, jusqu’aux JO de Rio en 2016, avant de rejoindre Dimitri Demonière et ensuite de vous exiler aux États-Unis (avec Rana Reider en Floride) puis en Italie l’an dernier (avec Marco Airale à Padoue). Que retenez-vous de ces expériences ?

Je suis content d’être rentré sur Paris. J’ai fait le tour du monde, en allant deux ans aux Etats-Unis puis un an en Italie, ça n’a pas perfé mais je ne regrette pas. Il y a toutefois beaucoup de choses que j’ai appris là-bas. Il fallait prendre des décisions, ça faisait dix ans que j’étais à l’Insep. En 2019, je sors d’une saison compliquée avec les Mondiaux de Doha. On me propose d’aller aux Etats-Unis et je ne voulais pas avoir de regrets. Autant tenter l’aventure dans le gros groupe de Rana Reider qui compte dans ses rangs le Canadien Andre de Grasse, le Britannique Adam Gemili ou le triple sauteur américain Christian Taylor, quadruple champion du monde et triple champion olympique. Il fallait s’habituer à la méthode américaine avec beaucoup de volume, comme par exemple au sein d’un même entraînement une séance de sprint suivi d’une séance de musculation. Le plus compliqué c’était par rapport à la famille parce que mon premier enfant venait d’avoir à peine un an. J’aurai voulu conclure ce chapitre avec une performance en faisant moins de 10 secondes au moins une fois, j’y étais presque. Ce qui m’a le plus manqué c’est le suivi médical car j’accumulais pas mal de petits pépins dans des secteurs où je ne me blessais pas auparavant. À noter que là-bas, en tout cas dans mon groupe, j’ai découvert une autre approche de l’entraînement, de la récupération et de la gestion des blessures.

 

— À un an et demi des Jeux olympiques de Paris, vous avez pris la décision de revenir à l’INSEP et de reprendre votre collaboration avec Guy Ontanon. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Il me connaît par coeur, c’est avec lui que j’ai fait mes meilleurs résultats et chronos. C’est un peu ma dernière chance et je n’ai plus de temps à perdre. J’ai 30 ans, il me reste trois ou quatre belles années, si tout va bien, à courir très vite. Depuis septembre 2016, j’ai évolué et Guy aussi. Ce que j’ai appris aux Etats-Unis et en Italie, c’est à moi de le mettre en place ici avec son programme. Pour citer un exemple, à l’étranger je n’avais pas accès à une machine à isocinétisme (capable de quantifier la force et l’endurance musculaire de chaque partie du corps, ndlr). En sachant que c’était ma faiblesse, j’ai dû trouver des alternatives et des solutions pour renforcer mes ischio-jambiers et mes adducteurs. Et à ce niveau-là, j’ai beaucoup appris. Je fais vraiment tout pour revenir à mon meilleur niveau et être maître de mon projet.

— Quel bilan tirez-vous de votre saison 2022 ?

J’ai réalisé une rentrée 2022 sur 100 m en 10″07 (+2,3 m/s) à Savone (Italie) mais derrière j’ai stagné sur des chronos aux alentours des 10″10 et des 10″20. La technique de course était moins bonne, physiquement, j’étais moins fort, je le sentais en séance de musculation. Et cela se traduit sur la piste en compétition. Il me reste deux ans avant Paris, et je veux être au meilleur de ma forme.

 

— Les JO de Paris, qu’est-ce que ça vous inspire ?

Les Jeux olympiques, c’est le Saint Graal, surtout à la maison. La famille sera présente donc je ne veux pas les louper et je veux les réussir. Paris, c’est là où j’ai commencé l’athlétisme. Je suis né à Bondy. Ce seront peut-être mes derniers JO donc à moi de mettre tout en œuvre pour finir en beauté. Les JO, c’est un autre monde et c’est complètement différent d’un Championnat du Monde, t’as une grosse pression. C’est tous les quatre ans et c’est une atmosphère particulière. En 2016 à Rio, quelques semaines après avoir réussi 9″86 à Montreuil, les séries ne doivent qu’être une formalité et je fais quatrième place en 10″19 avec un départ de merde. Avec ce temps, je suis le septième des huit repêchés pour les demi-finales.

 

— Vos objectifs se matérialisent par un chrono ou une médaille en grandes compétitions ?

J’ai cherché à faire moins de 10 secondes quand j’étais jeune mais je n’ai jamais pu concrétiser ces temps en finale d’un grand championnat. J’ai notamment fini sixième aux Mondiaux de Daegu en 2011, huitième aux Mondiaux de Pékin en 2015, septième aux JO de Rio en 2016 et sixième aux Mondiaux de Londres en 2017. Ce qu’on retient, ce sont les médailles, pas les chronos. Mais il faut au minimum faire moins de 10 secondes pour être sur une boite au niveau international. 

— Avec un chrono de 9″86 sur 100 m, vous êtes l’homme le plus rapide de France, est-ce anecdotique pour vous ou pas ?

Ce n’est pas anecdotique évidemment mais la première étape c’est de repasser sous les 10 secondes en 2023.

 

— Vous attendez aussi beaucoup du 4×100 m avec un collectif français très performant…

On a un collectif très performant en France, vous avez raison. On fait 37″94 en finale des Championnats d’Europe de Munich, c’est une grosse performance. C’est un peu frustrant de perdre contre les Britanniques en finale mais si on continue à tous bien travailler individuellement, il y a de belles choses à faire. Aux Mondiaux de Eugene, on remporte la série (38″09). En finale, c’est dommage que l’on se fasse disqualifiés pour une transmission de témoin hors-zone, mais ce sont les aléas du relais, on le sait. Je suis content qu’avec les gars on se soit remobilisé après Eugene et que tout le travail fourni par le collectif, ce soit retranscrit le jour-J sur la piste.

— Même s’il vous reste encore quelques belles années, êtes-vous fier de votre carrière pour l’instant ?

Je ne pense pas que je sois fini sinon j’aurai arrêté depuis. Je sais que j’ai encore les capacités pour descendre en dessous de 10 secondes mais il faut travailler dur. Il y a encore de belles choses à écrire. Oui il y a des regrets sur certaines finales que j’ai loupées mais je suis content de ce que j’ai réalisé en athlétisme. Je ne regrette pas mes choix, qu’ils soient mauvais ou bons, ça fait partie de mon histoire. Maintenant, mon objectif est de finir ma carrière de la plus belle des manières. Mais pour ça il faut s’en donner les moyens. 

 

— Quels sont actuellement les moments les plus marquants de votre carrière ?

Outre les 9″86, ma finale aux Mondiaux de Daegu en 2011, où je suis encore que juniors, qui est suivie d’une médaille d’argent avec le relais 4×100 m. Mon premier moins de 10 secondes sur 100 m en 2013 a été aussi un moment marquant dans ma carrière. Derrière, ça a été un élément déclencheur pour la suite. Grâce à ça, j’ai pu enchaîner les chronos sous les 10 secondes et écrire un peu ma propre histoire. Je suis fier d’avoir pu accomplir mon rêve de gamin, celui de devenir sportif de haut niveau et surtout de pouvoir en vivre et subvenir aux besoins de ma famille. Grâce a l’athlétisme j’ai pu visiter quasiment tous les continents du monde. C’est une chance et une richesse incroyable de pouvoir vivre tout ça.

 

Crédits photos : Antoine Decottignies / STADION
© Tous droits réservés

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