Un nouveau cycle s’ouvre pour les deux grandes courses parisiennes. Désormais aux commandes du Marathon de Paris et du Semi de Paris pour les quatre prochaines années, Cadence Running United entend insuffler une nouvelle dynamique à ces rendez-vous majeurs du calendrier running. Parcours, tarifs, tirage au sort, jauge et ambitions… Anne Murac, directrice générale, détaille pour Stadion les premiers contours des éditions 2027, qui se tiendront les 7 mars et 4 avril prochains.
— Anne Murac, pouvez-vous nous expliquer le processus engagé depuis le printemps dernier ?
La mairie de Paris est propriétaire du Semi-Marathon et du Marathon de Paris. Tous les quatre ans, la mairie de Paris relance un appel d’offres pour définir l’entité qui aura la charge d’organiser, pour son compte, aussi bien le Semi-Marathon que le Marathon de Paris. Le dernier appel d’offres a eu lieu il y a quelques mois et c’est le groupement Cadence Running United qui a été sélectionné pour organiser ces deux courses pendant les quatre prochaines années.
Ce groupement est l’émanation de trois sociétés qui se sont rassemblées pour être plus fortes et répondre à la demande. Le groupe Havas Event, Keneo et OSE, qui organise notamment l’EcoTrail de Paris. Ces trois entités, complémentaires sur les aspects de communication, d’expertise technique dans l’organisation de courses et d’organisation grand public, se sont rassemblées et ont créé Cadence, que je représente aujourd’hui.
— Pourquoi avoir mis autant de temps à communiquer sur le nouveau Marathon de Paris ?
Quelque part, ce calendrier, ce n’est pas nous qui l’avons décidé. La notification de l’appel d’offres a pris un petit peu de retard à cause du calendrier municipal. Après les élections municipales de début 2026, il y a eu une notification officielle du marché. Ensuite, l’un des concurrents a souhaité porter un recours devant le tribunal administratif. Nous ne pouvions pas communiquer tant que ce sujet n’était pas purgé. C’est pour cela que, depuis le début du mois de juillet seulement, nous sommes officiellement notifiés. Nous avons profité de l’été pour préparer la rentrée et vous faire toutes ces annonces aujourd’hui.
« Notre objectif, en toute humilité, c’est de livrer ces deux courses au meilleur standard. »
— Il est tout de même un peu particulier de se dire que les coureurs vont devoir s’inscrire avant le 30 septembre sur des épreuves dont ils ne connaissent ni les parcours, ni les lieux de départ et d’arrivée…
Sur le Marathon de Paris, je ne vais pas dévoiler de secret, mais on pourrait très probablement avoir un départ sur les Champs-Élysées et une arrivée sur l’avenue Foch. Au regard du dimensionnement de la course, c’est quelque chose sur lequel on travaille déjà, aussi bien avec la Ville de Paris qu’avec la Préfecture de police. Donc là-dessus, ce n’est pas non plus un secret de polichinelle, il n’y a pas tant de grandes avenues dans Paris qui permettent justement un dimensionnement de cette taille-là.
En revanche, sur le HOKA Semi de Paris, je serai cet après-midi dans les bureaux de la Préfecture de police pour travailler ce sujet avec eux et revenir au plus vite auprès des coureurs qui, eux, pendant les trois semaines, vont s’inscrire et seront tirés au sort le 1er octobre. J’ai trois semaines devant moi pour essayer d’avoir des éléments à communiquer afin de leur donner le maximum d’informations sur les lieux de départ et d’arrivée et de leur permettre de s’organiser sur les points logistiques.
On travaille tous les sujets de front, vous l’aurez compris. Nous avons d’autres ambitions. C’est un travail collectif parce que c’est très dimensionnant pour la vie de Paris ce jour-là, mais aussi en amont, dans la préparation. C’est donc un travail que nous allons mener dès cet après-midi. Nous avons plusieurs projets de tracés que nous allons soumettre et, en fonction des impacts que cela aura sur la Ville de Paris, aussi bien pour l’ASICS Marathon de Paris que pour le Semi de Paris, nous allons regarder tout cela avec la Préfecture de police.





— Quelle a été votre logique dans le choix du prix du dossard ?
On se rend compte et on sait que c’est un budget. Pour un coureur, 169 euros, c’est un budget. Pour nous, c’est la nécessité de trouver un équilibre pour pouvoir justement livrer cette grande course, parce que cela demande beaucoup d’infrastructures, beaucoup de moyens techniques, de sécurité et de sûreté pour les coureurs, aussi bien sur le plan sécuritaire que médical. Le budget est donc important. En revanche, on a vraiment cette conscience collective au sein de Cadence de trouver le bon niveau pour permettre au plus grand nombre de s’inscrire.
Et si on compare les tarifs avec ceux des grands marathons du monde et des grandes capitales, on est relativement beaucoup moins cher que tous ces grands marathons. Notre objectif était donc d’avoir un tarif sur lequel la plupart des marathoniens de 2026 ont déjà acheté un dossard à ce prix-là, parce que nos prédécesseurs avaient des grilles qui allaient au-delà des 169 euros. Nous étions tout à fait à l’aise avec l’idée de proposer un tarif qui était un peu en dessous et qui permettait à tout le monde de se dire : « ok, j’y vais. »
— Mais vous ne vous interdisez pas, pour les prochaines éditions, de faire varier les prix ?
On se concentre vraiment sur 2027. Le calendrier décisionnel vous a montré qu’on est quand même dans un timing relativement serré. Notre objectif, en toute humilité, c’est de livrer ces deux courses au meilleur standard, de rassurer les coureurs pour une expérience qui sera à la hauteur de leurs attentes, de révéler Paris et les Parisiens et de transformer cette journée en une vraie fête populaire, pour que ce soit la fête pour tout le monde. Au sujet de la tarification des années suivantes, sans vouloir présager de quoi que ce soit, notre ambition est que ces marathons et ces semi-marathons restent accessibles.
Ce n’est pas une « course » où on n’est là que pour se comparer à un marathon de New York, un marathon de Boston ou encore de Chicago. L’humilité est le maître mot. L’idée, c’est justement d’être une fête populaire. C’est un juste équilibre à trouver dans nos budgets. Mais l’idée n’est pas d’augmenter significativement les tarifs dans les prochaines années.
« Nous espérons donc aussi retrouver cette parité dans le tirage au sort. »
— Comment va se faire le tirage au sort ? Vous avez parlé de votre souhait de parité. Cela pourrait-il orienter le tirage au sort ?
Il sera surtout très cadré et très réglementé, parce qu’on veut vraiment une transparence totale dans nos processus. Il est facile d’imaginer qu’on pourrait adapter le tirage au sort. Ce ne sera pas le cas. On part de zéro, on est les nouveaux concessionnaires et on souhaite pouvoir donner à tout le monde sa chance. On considère que le délai de trois semaines va permettre aussi aux femmes de réfléchir, de s’organiser en équipe et de se dire : « chiche, on y va, on s’inscrit ». C’est quelque part donner plus de temps à la réflexion aux femmes et nous espérons donc aussi retrouver cette parité dans le tirage au sort.





— Ce tirage au sort sera donc complètement aléatoire. Vous pouvez très bien vous retrouver avec, par exemple, seulement 20% de femmes tirées au sort (33% de femmes au départ en 2026).
C’est un risque. Après, on a gardé quelques dossards, quelques allotements, en fonction notamment des partenaires féminins qui viendraient nous rejoindre sur l’une des deux courses, pour mettre en place des tirages au sort 100 % féminins. C’est peut-être une option si toutefois nous nous rendions compte que le tirage au sort nous était défavorable. Mais c’est le jeu, on verra bien.
« Nous allons travailler avec les autorités locales pour voir dans quelle mesure la jauge des 60 000 coureurs est possible. »
— Le Marathon de Paris est aussi une vitrine internationale. Il y avait 29 % de coureurs internationaux en 2026 (plus de 17 000 coureurs, 143 nationalités représentées). Comment cela va-t-il se passer avec ce système de tirage au sort pour les coureurs étrangers qui rêvent de courir à Paris ?
Ils vont être, comme l’ensemble des coureurs, soumis au tirage au sort. C’était déjà aussi le cas lorsque vous alliez à New York ou ailleurs. Iil y a ce système de tirage au sort. Donc la communauté internationale est habituée à ce type de processus. En plus de cela, nous allons travailler avec des tours opérateurs qui vont pouvoir proposer des packages à cette communauté internationale, avec soit de l’aérien, du train, soit une proposition hôtelière. C’est souvent ce type de produit, notamment pour les Américains, qui part rapidement. C’est clé en main pour l’ensemble des coureurs internationaux.
Mais pour les frontaliers et les Européens, nous allons adapter une communication spécifique. Nous allons faire savoir auprès des médias internationaux que le lancement de ce tirage au sort commence dès aujourd’hui et qu’ils ont trois semaines pour s’organiser. La loterie, le tirage au sort, est un usage dans les grands marathons. Donc ce n’est pas nouveau. Et on laisse suffisamment de temps pour qu’il n’y ait pas de sentiment de panique en se disant : « je vais rater le truc ». Il y a trois semaines pour s’inscrire.
— En termes de jauge, on était sur 60 000 coureurs (58 853 au départ, 57 464 finishers), ce qui en fait l’un des marathons les plus courus au monde. Votre volonté est-elle de rester sur cette jauge, de l’augmenter ou de la diminuer ?
Pour le moment, mon objectif, c’est de garantir une expérience sécuritaire et de qualité. Avec ces deux critères, nous allons travailler avec les autorités locales pour voir dans quelle mesure la jauge des 60 000 coureurs est possible. Quelque part, on peut imaginer rester dans cette même jauge. Et avec le concours de l’ensemble des personnes qui sont garantes de la sécurité des publics, nous verrons ce que nous pourrons faire. Mais à ce jour, je ne peux pas communiquer sur une ambition ou sur une jauge, étant donné que s’inscrire à un événement dans une ville comme Paris a un impact sur l’ensemble des flux et des citoyens. C’est un travail que nous allons mener en commun avec les autorités.
Propos recueillis par François Xavier de Chateaufort
Crédits photos : ASO



















