Il y avait toujours comme un air de Jeux olympiques et de Jeux paralympiques qui flottait au Meeting de Saint-Denis Émotion disputé ce lundi de la Pentecôte sur la piste violette du stade annexe du Stade de France. La compétition a donné lieu à quelques performances notables, notamment celles de Dylan Vermont, flashé en 10″18 sur 100 m.
Le stade annexe du Stade de France a quelque chose d’unique. Sa piste violette, posée spécialement pour les Jeux olympiques de Paris 2024, a vu défiler Armand Duplantis, Sydney McLaughlin-Levrone, Noah Lyles ou Faith Kipyegon lors des échauffements avant leurs finales olympiques. C’est ici que s’entraîne au quotidien le club Saint-Denis Émotion, et c’est ici que Kévin Sylvestre, secrétaire général du club et organisateur de l’événement, avait convié près de 400 athlètes pour l’un des premiers rendez-vous importants de l’année en France, ce lundi 25 mai 2026. Petite particularité de la journée, pour garantir les meilleures conditions possibles aux sprinters, le sens de course sur la ligne droite a été inversé. Une décision payante, vu la qualité des chronos sortis lors du premier des quatre Meetings de Saint-Denis Émotion de la saison. Soleil, bonne humeur et quelques rafales dans le dos, le décor était planté.
Dylan Vermont attaque en trombe
La rentrée la plus attendue de la journée est apparue côté hommes. Dylan Vermont, le sprinteur maison du Blanc-Mesnil, effectuait ce lundi son premier 100 m de la saison estivale. Et autant dire que l’attente était justifiée. Sur sa ligne droite habituelle, le Dionysien de 26 ans a lâché un 10″18, porté par un vent pile poil dans la limite autorisée (+2,0 m/s), deuxième meilleur chrono de sa carrière, juste derrière son record personnel de 10″15 établi aux Championnats de France Elite 2024 à Angers.
Meilleure rentrée de sa vie, meilleur performeur français de l’année, neuvième européen de l’année et seulement à trois centièmes des minima B de la FFA (fixés à 10″15) pour les Championnats d’Europe à Birmingham (10 au 16 août). Dans la même série, son coéquipier de club Jerry Leconte était chronométré en 10″31, lui aussi en bonne forme à l’entame de la saison, tandis qu’Edmilson Varela (Vie au Grand Air de St Maur) prenait la troisième place en 10″34.
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Retour en douceur pour Orlann Oliere
Dans les séries du 100 m féminin, difficile de ne pas regarder le couloir d’Orlann Oliere. La sprinteuse du CA Montreuil 93 effectuait là sa première ligne droite en compétition depuis près de deux ans, ironie du calendrier, la veille de ses 35 ans. En délicatesse avec ses tendons d’Achille depuis de nombreux mois, a finaliste olympique sur le 4×100 m à Tokyo en 2021 puis à Paris en 2024 a signé un temps de 11″39 (+2,1 m/s) en série, avant de se classer deuxième en finale avec 11″50 (+0,6 m/s), derrière la Belge Delphine Nkansa qui dominait la course en 11″28, alors que Béatrice Tassin (AAS Sarcelles Athlétisme, 11″51) s’offrait, elle, la troisième place.
Le parcours d’Orlann Oliere force le respect depuis longtemps. L’élève de Guy Ontanon est devenue un modèle pour beaucoup de sportives pour avoir fait le choix de deux pauses maternité en pleine carrière, et être revenue à chaque fois au plus haut niveau. Après la naissance d’un premier garçon en 2013 et une pause de six ans entre 2012 et 2017, la sprinteuse du CA Montreuil 93 a repris les compétitions avec succès. Puis elle met au monde des jumeaux en 2022 et revient progressivement aux affaires en juin 2023 avec brio.
Béatrice Tassin et Rose Djagbre, le doublé junior qui fait rêver Eugene
C’est sans doute le chapitre le plus excitant de cette journée. Deux juniors de 18 ans, nées en 2008, ont réalisé l’une des doubles performances de l’année chez les U20 françaises. Déjà mentionnée, Béatrice Tassin, entraînée par Olivier Darnal, a d’abord signé 11″55 (+0,6 m/s) sur 100 m, nouveau record personnel, ancienne marque à 11″57 avant d’améliorer cette marque en finale (11″51). Meilleure performeuse française U20 de l’année et à un seul centième des minima B de la FFA pour les Mondiaux U20 (11″50).
Dans la foulée, elle a mis le cap sur le 200 m et signé 23″48 (vent nul), encore un record personnel (ancien : 23″50), 18e performeuse française U20 de tous les temps, et les minima B pour Eugene (Oregon) largement dans la poche (le standard est fixé à 23″65). Lors des Championnats de France en salle en février à Aubière, la deuxième meilleure performeuse française de l’histoire en salle chez les U20 avait déjà confié ambitionner une médaille sur la scène mondiale. La trajectoire lui donne raison. À la troisième position de cette course, sa coéquipière en club Marina Lasserre, sélectionnée aux Mondiaux de Tokyo avec le 4×400 m, pouvait se réjouir du podium en 24″07.
Rose Djagbre, pensionnaire de l’Entente Poitiers Athlé 86, a suivi le même chemin, à sa manière. En séries du 100 m, elle a signé 11″41, le meilleur chrono de la journée dans cette course, mais avec un vent favorable de 2,1 m/s. Performance donc non homologuée dans les bilans, mais performance réelle dans les jambes. Le 200 m en revanche ? Une vraie réponse : 23″62 (vent nul), record personnel explosé (ancien : 23″93), et là encore les minima B pour Eugene validés. À deux mois des Championnats de France Elite à Albi (24 au 26 juillet) et à moins de trois mois des Mondiaux U20 à Hayward Field (5 au 9 août), ces deux-là ont clairement lancé leur candidature.
Amayelle Sy de Vaucher s’offre les minima A au triple saut
Autre moment fort de la journée, au concours féminin du triple saut. Amayelle Sy de Vaucher, junior première année de 18 ans licenciée à l’Entente Paris Université Club Stade Français Athlétisme, a atterri à 13,43 m avec +2,0 m/s, dans les clous réglementaires. Nouveau record personnel (ancien : 13,34 m) mais surtout les minima A de la FFA pour les Mondiaux U20 dans la poche, le standard étant fixé à 13,40 m. Juste à côté, sa partenaire de club Solveig Zola a été mesurée exactement à la même distance (13,43 m) mais avec +2,1 m/s. Le règlement ne transige pas, et c’est l’un de ces moments où le sport de haut niveau révèle toute son implacabilité. Aminata Ndiaye (Amiens UC) a accroché la dernière marche du podium avec 12,96 m (+1,6 m/s).
Pamera Losange impose aussi sa loi sur 400 m
Le 400 m féminin a vu Pamera Losange (EFCVO), championne de France Elite 2023 sur 200 m, s’imposer en 54″10, grappillant plus d’une seconde sur son propre record personnel (55″24), devant la Dionysienne Laureen Ouceni (54″62) et Esther Wejieme (Amiens UC, 55″30). Chez les hommes, Jacques Ehrmann (Strasbourg Agglomération Athlétisme) s’est illustré en finale en 47″31 devant Simon Rebeyrolles (ASA Maisons-Alfort, 47″38) et l’espoir Lenny Concordiet (EFCVO, 48″41). Au 200 m masculin, la course a été dominée par Marc-Antoine Sébane (AAS Sarcelles), légèrement devant Predea Manounou (Stade Sottevillais 76), alors que les deux hommes étaient crédités du même chrono de 21″50 (-1,5 m/s). La troisième place tendait finalement les bras à Owen Bailly (Montbéliard Belfort Athlétisme) en 21”92.
Au saut en longueur masculin, Yann Randrianasolo (EFCVO) s’est envolé à 7,56 m (vent nul) et a enlevé le concours. Même réussite chez les dames pour Élodie Adaine Jean-Pierre (Stade Rennais Athlétisme) avec 5,52 m (+2,6 m/s). Au triple saut masculin, Serigne-Bassirou Gueye (AC Colombes) s’est distingué avec une meilleure marque à 15,05 m (+1,7 m/s).
Tous les résultats du Meeting de Saint-Denis 2026
Texte : Dorian Vuillet
Crédit photo : STADION






















