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Ninon Guillon-Romarin prend son envol

Tous les regards se sont portés sur elle. Il est 21h30, vendredi, perche en mains, Ninon Guillon-Romarin s’élance sur le perchoir rhônalpin. Face à elle, une barre placée à 4,60 m qu’elle franchit, améliorant son record de vingt centimètres. Par la même occasion elle s’octroie le sésame pour les Mondiaux de Londres. L’athlète de l’EA Cergy Pontoise est entrée dans le cercle très fermé des perchistes françaises à 4,60 m, à Pierre-Bénite, lors du Meeting Envol Trophée. Son premier regard, après s’être assurée que la barre était restée bien en place, elle l’a eu pour Axel Chapelle, champion du monde juniors, lui aussi sélectionnable pour le rendez-vous britannique. La perchiste coachée par Sébastien Homo et Emmanuel Chapelle est à un petit centimètre du record de France espoirs par Marion Fiack. Renversant.

— Stadion : Bonjour Ninon, on suppose que vous êtes satisfaite de votre week-end. Comment s’est déroulé votre concours ?

Mon concours s’est très bien passé, j’ai commencé à 4,10 m pour assurer puis je me suis senti de mieux en mieux au fil du concours. J’ai effacé toutes les barres au premier essai (de 4,10 m à 4,60 m). Battre son record à deux reprises, c’est dingue. J’ai ensuite échoué par trois fois à 4,72 m (Record de France à 4,71 m) mais j’ai réalisé de bonnes tentatives, donc c’est encourageant. L’avantage c’est que je ne vais pas courir après les minima. Je suis contente et en même temps soulagé. 

— Avant de vous élancer pour votre saut record à 4,60 m, à quoi avez-vous pensé ?

Honnêtement, je n’ai pensé à rien de plus que d’habitude et je n’ai pas ressenti de sensations particulières. Je me suis dit que c’était une barre comme une autre et que si j’étais face à elle c’est que j’étais capable de le faire. J’ai juste répété ce que je fais à l’entraînement.

— Quelles ont été vos sensations lors de ce saut ?

Je me sentais bien en course, j’avais la bonne perche, tout était réuni hier soir pour réaliser une performance comme celle-ci. Mais c’est allé tellement vite que j’ai eu du mal à réaliser. La semaine dernière je tentais 4,50 m pour la deuxième fois de ma carrière et là je viens de franchir 4,60 m. 


ʻʻ Une barre que seulement les meilleures françaises ont franchi ʼʼ


— Quelle est la perche que vous avez utilisée ?

Je saute avec une 4,30 m/20.5 (ndlr : longue de 4,30 m avec un indice de dureté de 20.5). Ce n’est pas une grosse perche mais c’était la bonne perche pour franchir cette barre hier.

Que représente pour vous cette barre de 4,60 m ?

4,60 m, c’est le niveau requis pour les Championnats du Monde. Une barre que seulement les meilleures françaises ont franchie. Je suis forcément satisfaite et impatiente de retourner en compétition après ça.

— Avez-vous revu votre saut en vidéo ?

Oui, j’ai regardé mon saut plusieurs fois hier soir, la barre n’a pas l’air si haute que ça finalement (rires). Techniquement il reste du travail. En ce moment avec mes coachs, on essaye de décoller de plus loin. C’est-à-dire de ne pas être trop près pour pouvoir conserver un maximum de vitesse et transmettre l’énergie nécessaire pour être renvoyée vers le haut. Hier il y avait pas mal de vitesse dans ma course d’élan et c’est un bon point mais j’étais encore un peu près donc je vais continuer à bosser là dessus.


ʻʻ On s’encourage l’un l’autre et on se chambre pas mal ʼʼ


— Entre les Mondiaux de Londres et l’Euro espoirs à Bydgoszcz, quelle est votre priorité ?

Je ne crois pas qu’il doit nécessairement y avoir une priorité. En effet, je vais prendre les choses dans l’ordre en commençant par les Europe espoirs qui se dérouleront du 13 au 16 juillet à Bydgosczcz où je vais tout faire pour monter sur le podium. Ensuite j’irai aux Championnats du monde à Londres en ayant pour objectif de faire mes preuves et de sauter toujours plus haut.

— Votre courbe de progression est linéaire depuis le début de votre carrière. Comment expliquez-vous vos progrès chaque année ?

Il vrai que j’ai toujours progressé par palier. J’ai besoin de pas mal de temps d’assimilation et de régularité avant de battre mes records mais en principe quand ça monte c’est que j’ai passé un cap. Aujourd’hui je crois que je peux dire que j’en ai passé un nouveau. Ces progrès sont dus aux entraînements que j’ai fais au cours de ces années depuis mes débuts à Bourges et jusqu’à mon installation à Cergy il a deux mois.

— Que vous apporte Axel Chapelle au quotidien, aussi bien dans les stades qu’en dehors ?

C’est très motivant pour moi de m’entraîner avec Axel. Il saute beaucoup pendant les séances de sauts et cela me pousse à faire pareil. On adore la compétition tous les deux et du coup on cherche toujours à faire plus de sauts que l’autre ou à passer son fil respectif. On s’encourage l’un l’autre et on se chambre pas mal, je pense que c’est important surtout dans cette discipline. En dehors des stades je dois avouer qu’il a un merveilleux talent pour la vaisselle en revanche pour ce qui est des repas c’est pas ça.

Humble, les pieds sur terre. Et la tête dans les nuages.

Ninon Guillon-Romarin 4m60 !! Minimas pour Londres 🇬🇧 🌎 ! Super fier de toi continues comme ça ! #polevault #trackandfield

Une publication partagée par Axel Chapelle (@axelchapelle) le

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