On était à Londres pour suivre le premier marathon de Yoann Kowal avec KIPRUN

Il y a 2 mois

Sur les bases de moins de 2h10 à mi-parcours, Yoann Kowal a connu une seconde partie de course difficile en terminant en 2h27’59 le Marathon de Londres ce dimanche pour sa grande première sur la distance mythique. On a eu le privilège de suivre le Périgourdin dans la capitale anglaise, en compagnie de son équipementier KIPRUN. Récit et impressions !

Perpétuellement dans la volonté de partager sa passion et de faire progresser la connaissance de l’athlétisme en France, Stadion, qui vient du grec signifiant « course à pied », souhaite être au plus près de sa communauté et de rendre compte du quotidien du sport qui nous fait vibrer. Notre travail passe notamment par la production d’un contenu original qui est le cœur même du média (et non par le simple relais de contenu viral qui n’a rien à voir avec notre cible), avec l’objectif de renforcer la complicité avec vous, nos lecteurs. Faisant du terrain son ADN, notre rédaction a toujours grand plaisir d’arpenter les grands événements nationaux et internationaux. Alors quand KIPRUN, marque de la division running performance de Decathlon, nous a sollicité pour suivre à leur côté le premier marathon de son ambassadeur Yoann Kowal à Londres ce dimanche, nous n’avons pas hésité une seconde à faire partie de l’aventure.

Un marathon royal

En plein cœur d’un calendrier de course running incroyablement dense, la date du 2 octobre était entourée en rouge dans notre agenda depuis mai. Tout simplement parce que cette date était synonyme de premier marathon pour Yoann Kowal. Un baptême de feu cimenté dans la tête du Périgourdin de 34 ans depuis quasiment un an. Après quinze années au plus haut niveau sur 1500 m puis sur 3000 m steeple, marquées notamment par un titre de champion d’Europe à Zurich en 2014, le fondeur tricolore s’est lancé le challenge de se frotter à la distance reine de la course à pied. Mais il était hors de question de faire ses premiers pas sur marathon n’importe où. Et c’est donc sur l’un des plus célèbres marathons, à Londres, qu’il a jeté son dévolu. « Londres, c’est un peu symbolique et particulier pour moi, c’est ici que j’ai participé à mes premiers Jeux olympiques en 2012, comme un enfant avec des étoiles dans les yeux. Dix ans plus tard, je reviens à Londres encore avec des étoiles dans les yeux pour mon premier marathon. »

La course britannique fait partie des célèbres World Marathon Majors, une compétition internationale regroupant les six marathons les plus importants du monde. Les cinq autres sont New York, Chicago, Boston, Berlin et Tokyo. Le « TCS London Marathon » est reconnu comme étant un des marathons les plus populaires. L’ambiance y est toujours au rendez-vous et tout le monde apprécie la ferveur du public. Il faut dire que le parcours a des allures de voyage touristique : départ de Greenwich, le long de la Tamise, mi-parcours à Tower Bridge puis Big Ben et, enfin, une arrivée « royale » sous les fenêtres de Buckingham Palace.

« Depuis tout petit, je rêve de faire un marathon »

Pour être au coeur de l’action et des coulisses de la préparation de Yoann Kowal, l’équipe de Kiprun et de Stadion étaient logés dans le même hôtel que les coureurs Elite, le De Vere Beaumont Estate à Old Windsor. Un établissement historique du XVIIIe siècle, basé à l’écart de la ville, qui bénéficie d’un parc privé d’environ 40 hectares, un terrain de jeu idéal pour effectuer un footing de veille de course. « L’avant-veille de course, j’ai fait repos complet et la veille un petit footing ainsi que des lignes droites pour décrasser un peu la machine. J’ai essayé d’accélérer un petit peu lors du dernier kilomètre pour faire tourner les jambes et j’ai eu une petite alerte au niveau de ma cheville avec une racine mais la douleur est vite passée. »

Après de longues semaines de préparation, l’heure du départ est proche. Le stress et la tension commencent à monter. Nous rejoignons Yoann Kowal dans sa spacieuse chambre pour évoquer sa préparation et son état d’esprit. « La préparation a été millimétrée. J’ai essayé de tout contrôler pour être le plus pointu possible et j’aborde la course non sans pression. J’ai la petite boule au ventre qui va bien et le petit stress du matin. Il y a beaucoup d’envie mais il y a aussi beaucoup de questions. J’ai l’habitude d’avoir mal au ventre mais celui-ci est beaucoup plus dur à contrôler. C’est une bonne pression, il faut savoir la tourner dans le bon sens pour être motivé sur la ligne de départ. Je suis à l’écoute de mes sensations, le moindre détail a une importance plus accentuée. Le marathon, c’est l’objectif suprême, depuis tout petit, je rêve de faire un marathon. »

Un chrono sous les 2h13 comme objectif

Dans le sillage d’une prépa bien menée, Yoann Kowal escompte profiter de sa forme pour descendre sous les 2h13. « Depuis le début, j’étais plutôt parti sur une découverte de l’épreuve avec un chrono autour de 2h15. Au fur et à mesure de mes performances dans la saison, je suis descendu à 2h14. Finalement, après mon chrono de 1h02’17 sur semi en mars à Lille puis mon chrono (28’05″68) sur 10 000 m en avril à Pacé, je suis parti sur moins de 2h13 et en dessous ça ne sera que du bonus. »

Un passage programmé au semi en 1h05’30

« Les lièvres vont partir sur 1h05’30 donc sur les bases de 2h11 mais il y a un choix à faire pour moi. Soit je cours tout seul face au vent et avec la pluie comme c’est un peu prévu demain dimanche, soit je tente de m’accrocher sur des allures un peu plus rapides mais dans un confort avec un groupe. Mon choix est fait dans ma tête en optant pour la deuxième solution. »

Un prototype unique de la KD900X aux pieds

À moins de vivre au fond d’une grotte, isolé dans un pays autarcique, vous avez forcément entendu parler de la KD900X, première chaussure à plaque carbone de KIPRUN, disponible depuis le 3 septembre. Depuis le début de l’année, nous avons lancé une série d’articles traitant de la conception de ce modèle. 2022 est une année charnière pour la marque nordiste. Celle d’une nouvelle ère concrétisée par la sortie de cette chaussure développée pour la performance. On peut le dire, la course londonienne, sous l’impulsion de Yoann Kowal, marque officieusement l’entrée de cette nouvelle chaussure sur le front de la performance.

Pour l’occasion, KIPRUN a conçu un nouveau prototype de la KD900X unique, personnalisée et légèrement différente du premier opus. On retrouve ici, du blanc et des nuances de violet et de vert clair pour un rendu sobre mais efficace. Côté design, on découvre que sur la paire figurent « 42,195, LND MARATHON, 2.10.2022 », un clin d’œil à la nouvelle distance de Yoann Kowal. La paire semble être un « one shot » pour le Français qui est le seul pour l’instant à hériter de ce prototype, lequel ne devrait pas être commercialisé au grand public.

Depuis juillet 2020, le règlement de World Athletics au sujet des chaussures de compétition a été modifié : L’épaisseur des semelles ne doit pas excéder 4 centimètres et une seule plaque en fibre de carbone est tolérée. Lors des événements comme le Marathon de Londres où de nombreux records sont susceptibles de tomber, Yoann Kowal a dû soumettre sa chaussure et sa tenue de course vendredi pour un examen, et valider leur conformité auprès du bureau d’information des athlètes.

« C’est une fierté d’avoir une équipe de passionnés autour de toi qui est au petit soin pour la conception d’une tenue et d’une chaussure sur-mesure. La chaussure a été conçue avec 100% de mes retours et de mes ressentis avec différents tests de mousses et de tiges. Au niveau de la tenue, le design est chouette et toutes mes demandes ont été écoutées, par exemple, le short dispose de petites poches pour insérer des gels. C’est un challenge supplémentaire pour remercier, avec une performance à l’arrivée, l’investissement de toutes les personnes qui ont travaillé sur les différents produits. L’avion avait trois heures de retard à Bordeaux, et pour s’occuper, mes enfants ont personnalisé mes semelles intérieures, ma fille le pied droit, mon fils le gauche. En plus des technologies dans la chaussure, j’ai l’amour de mes enfants donc je ne vais pas courir tout seul ces 42 kilomètres ! »

Sur les bases de moins de 2h10 à mi-parcours

Jour J ! Après que l’hymne britannique « God Save The King » ait résonné, Yoann Kowal s’est élancé aux côtés des stars mondiales du macadam sous un ciel couvert mais sans pluie et avec une température de 14°C. C’était LA curiosité de ce Marathon de Londres version 2022 côté français : comment allait-il s’en sortir pour son premier 42,195 km ? Le protégé de Patrick Petibreuil y est allé fort d’entrée en partant sur des bases bien plus élevées que celles prévues : 15’22 au 5e km (2h09’36) et 30’47 au 10e km (2h09’51). La mécanique est fluide. Pas besoin d’huile pour graisser le tout. Avec un semi-marathon atteint en 1h04’53, sur les bases de 2h09’45 donc, Yoann Kowal impressionne. Malheureusement, il va payer ses efforts et la seconde partie de parcours va être très difficile, et même devenir un véritable calvaire.

Bienvenue dans un long voyage au-delà du mur du marathon

Les choses se compliquent aux confins du 25e km en raison d’un gel mal ingurgité. Le fondeur tricolore est fauché en cours de route par un point de côté et cogne ensuite le fameux « mur » du marathon si redouté, celui qui intervient vers le 30e kilomètre et sur lequel butent de nombreux coureurs. Les organismes sont mis à rude épreuve. Il faut avancer foulée après foulée, oublier les jambes de bois et régler son allure. Faire taire la petite voix intérieure qui répète : « T’es cramé ! ». Juste, enfin, se focaliser sur cet horizon encore trop lointain : la ligne d’arrivée. Yoann Kowal réalise 44’33 entre les 30e et 40e km, la dure loi du marathon !

À quelques mètres de la grande roue du « London Eye » où les touristes s’en donnent à coeur joie, et plus de vingt minutes après le vainqueur kényan Amos Kipruto (2h04’39), Yoann Kowal finit son premier marathon en 2h27’59, marqué par l’effort. Mais il est allé au bout de lui-même. Une heure après avoir coupé la ligne d’arrivée, on le retrouve souriant pour analyser sa course.

 

 
 
 
 
 
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Ce dimanche, ce sont donc des heures d’entraînements, d’enthousiasme, de doutes qui n’ont pu être concrétisées. Tout au long de ces 42 km et quelques mètres (qui ont toute leur importance quand on les court), il aura eu tout le loisir de cogiter sur sa préparation et sur ce que représente la distance du marathon couru à vive allure. Même si sa performance londonienne est évidemment perfectible, il a appris, emmagasiné de l’expérience. Yoann Kowal est loin d’avoir dit son dernier mot sur marathon.

Temps de passage de Yoann Kowal

  • 5e km : 15’22 (2h09’36)
  • 10e km : 30’47 (2h09’51)
  • 15e km : 46’15 (2h10’06)
  • 20e km : 1h01’14 (2h10’08)
  • Semi : 1h04’53 (2h09’45)
  • 25e km : 1h16’50 (2h09’41)
  • 30e km : 1h33’28 (2h11’28)
  • 35e km : 1h53’04 (2h16’19)
  • 40e km : 2h18’01 (2h25’36)
  • Marathon : 2h27’59
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