Championnats du monde d’athlétisme : Du travail bien fait pour Benjamin Robert, Gabriel Tual et Yanis Meziane

22 août 2023 à 23:30

Tout en maîtrise, Benjamin Robert, Gabriel Tual et Yanis Meziane ont décroché leur ticket pour les demi-finales du 800 m aux Championnats du monde d’athlétisme de Budapest. De son côté, Cyréna Samba-Mayela a aussi passé le cut des séries du 100 m haies en 12″71, à trois centièmes de son record personnel. Pour sa neuvième finale mondiale au lancer du disque, Mélina Robert-Michon a accédé au top 10.

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Les supporters français ne s’en plaindront pas : Pour la première fois dans l’histoire du rendez-vous planétaire, il y aura trois représentants Tricolores en demi-finales du 800 m. Les Bleus sont donc tous passés. Et en plus, sans la moindre frayeur. À commencer par Benjamin Robert (série 5) qui a parfaitement su éviter le piège du premier tour. « Je suis satisfait. Je suis venu pour gagner des courses. Ça rassure sur le niveau, même si je n’étais pas inquiet sur ma forme physique. Le job est fait. Maintenant, on va récupérer pour les demies, jeudi. Les sensations étaient super. Tu entres sur le stade avec un bon public. J’étais sûr que l’Américain Clayton Murphy n’allait pas prendre les devant mais bien se placer. Je n’étais pas surpris. C’est moi qui ai mené sur un rythme ni lent, ni rapide. Je me fais dépasser dans le virage. Je savais qu’il ne fallait pas paniquer et avoir confiance en ma pointe de vitesse dans la dernière ligne droite. Ça a payé ». Affecté par un pépin physique aux ischio-jambiers lors du Meeting de Marseille le 17 juillet, il a décidé de ne pas participer au Meeting de Monaco (21 juillet) ni aux France Elite (28 au 30 juillet) mais est attendu au sommet de sa forme à Budapest.

« On remet la même dans deux jours et on verra où ça nous mène »

Solide et appliqué, Gabriel Tual (série 1) a parfaitement géré son premier tour sur 800 m, en terminant deuxième de sa course en 1’45″10 derrière le Kenyan Emmanuel Wanonyi (1’44″92), meilleur performeur mondial de l’année en 1’43″27. Satisfait de son placement tout au long de la course, le demi-fondeur de l’US Talence a porté son attaque à l’entrée de la ligne droite opposée pour consolider sa deuxième place. « Le contrat est rempli. Ça n’était pas facile, il y avait beaucoup de pression. C’est toujours compliqué les séries en championnats. C’est le feu, la jungle. Dès qu’il y a le coup de feu qui part, on est des animaux sur la piste. J’ai voulu tester mes capacités dans les 300 derniers mètres. Ça pêche un peu à la fin, mais je sais que ça passe et je ne mets peut-être pas l’énergie mentale pour accrocher. C’est vraiment bien et c’est déjà super rapide pour des séries. J’ai pris ma place qualificative. On remet la même dans deux jours et on verra où ça nous mène ». 

Retardé dans sa préparation par une fracture de la clavicule lors d’un regroupement national à Tignes en mars, il n’a effectué sa rentrée sur le double tour de piste que fin juin à Ostrava et a réalisé sa meilleure performance de l’été à Madrid en 1’44″46. Finaliste aux JO de Tokyo (7e) et aux Mondiaux d’athlétisme de Eugene (6e), Gabriel Tual a montré qu’il fait lui aussi partie des prétendants à une médaille.

Meziane comme un chef

Passé à côté des Championnats d’Europe l’été dernier à Munich en étant éliminé dès les séries, Yanis Meziane (série 7), champion d’Europe espoirs à Espoo, disputait ses premiers Mondiaux. Du haut de ses 21 ans, le pensionnaire de l’Athlé 91 ne s’est pas du tout laissé impressionner en se rabattant en tête. À 300 m de l’arrivée, le protégé de Boris Le Helloco a eu l’intelligence de se caler dans la foulée du Canadien Marco Arop, médaillé de bronze à Eugene l’été dernier, pour essayer de distancer au maximum ses rivaux et ne pas leur laisser le moindre espoir de retour. Si Yanis Meziane s’est fait reprendre par l’talien Simone Barontini dans les tous derniers mètres, il a assuré la troisième place directement qualificative en 1’45″30. Pas de quoi s’enflammer pour la révélation française de l’année sur 800 m, auteur d’une première année chez les grands très impressionnante.

« La première étape a été franchie avec succès, en plus pour tous les Français. Je suis trop content. Le but était de ne pas me faire piéger, en partant aux avant-postes sans pour autant prendre la tête. Le Brésilien (Eduardo Ribeiro) a fait le « taff » pour tout le monde, en partant à une très bonne allure. Le peloton était étiré, on a pu tous courir comme on le voulait. Je n’ai fait que le suivre puis je me suis détaché au 500 m. Arop est arrivé avec beaucoup d’aisance. Je regarde derrière moi dans la dernière ligne droite. On était détachés tous les trois, avec Arop et l’Italien, donc j’ai pu ralentir un peu à la fin et gérer. Il y a une très grande émulation en France sur 800 m. On est tous les trois en demies, et derrière il y a aussi du gros niveau. Ça nous pousse vers le haut. Le but est maintenant d’entrer tous les trois en finale ». Les trois Français prendront part aux demi-finales du 800 m jeudi à partir de 20h50. Un rendez-vous que manquera notamment le champion olympique en titre, le Kényan Emmanuel Korir, déjà éliminé. 

Cyréna Samba-Mayela bien dans le rythme

En confiance après avoir battu son record personnel sur 100 m haies en finale des Championnats de France Elite à Albi avec 12″68, Cyréna Samba-Mayela, pas idéalement placée tout à l’extérieur au couloir 9, a pris la quatrième place directement qualificative en 12″71 (+0,1 m/s), à trois centièmes de son temps de référence réalisé dans le Tarn. La championne du monde 2022 du 60 m haies le sait, il faudra à certainement battre le record de France (co-détenu par Monique Éwanjé-Épée et Cindy Billaud en 12″56) pour s’ouvrir les portes de la finale.

« Je suis contente d’avoir pu commencer aussi rapidement, étant donné que la dernière compétition remontait aux Championnats de France. C’était une remise en jambes avec un rythme rapide et de bonnes sensations, et aussi des choses à corriger donc encore de la marge. Toutes les cases sont remplies. Je suis contente, cette régularité est souvent annonciatrice d’un nouveau palier. Vu la dimension qu’a prise ma discipline l’année dernière, je savais qu’il fallait tout donner dès le début. Je ne suis pas surprise (par la densité des chronos) ». C’est en revanche terminé Laeticia Bapté, en lice couloir 1 dans la quatrième série, qui a pris la cinquième en 12″93 (vent nul) et est la première hurldleuse non-qualifiée au temps pour un centième seulement. Rageant. 

Mélina Robert-Michon aurait voulu faire durer le plaisir

La déception est immense pour Mélina Robert-Michon (44 ans), privée sur le fil de trois lancers supplémentaires. Dans une finale du lancer du disque de haute volée, la doyenne de l’équipe de France s’est arrêtée après ses trois premiers lancers et un meilleur jet mesuré à 63,46 m échouant à treize centimètres du top 8, dont la dernière place a été prise par la Portugaise Liliana Ca (63,59 m). Les dixièmes mondiaux de « MRM » se sont malheureusement terminés avec une neuvième place d’un concours dominé finalement par la surprenante américaine Laulauga Tausaga qui avait envoyé un missile à 69,49 m (ancien record : 65,46 m) pour décrocher la médaille d’or devant sa compatriote Valarie Allman (69,23 m) et la Chinoise Bin Feng (68,20 m).

Après une entrée en matière difficile avec un jet de 53,34 m qui a fait grimacer la Voironnaise, son deuxième essai à 63,46 m promettait une belle fin de concours. Mélina Robert-Michon virait alors au huitième rang provisoire. Juste avant que la vice-championne olympique s’apprête à réaliser sa troisième tentative, Tausaga lui a passé devant avec 65,56 m. Sous pression, la pensionnaire du Lyon Athlétisme a vu son troisième lancer invalidé, synonyme de neuvième place. « C’est très frustrant. Il ne me manque pas grand-chose (treize centimètres, ndlr) pour entrer dans les huit et avoir trois essais supplémentaires. En même temps, je me suis battue. Au moins, j’étais là. C’était un concours complètement différent des qualifications et j’ai eu l’impression de pouvoir m’exprimer. J’aurais aimé pouvoir le faire encore, car je pense qu’il y avait de quoi faire. Ce n’est pas la neuvième place que je venais chercher, même si j’étais à ce rang au bilan. J’étais capable de faire mieux. À moi de continuer à travailler pour élever mon niveau et aller chercher le podium l’année prochaine (aux JO de Paris, ndlr) ». La taulière des Bleus s’est hissée pour la dixième fois de sa carrière dans le top 10 planétaire, en comptant sept éditions des Mondiaux (2009, 2013, 2015, 2017, 2019, 2022 et 2023) et trois des Jeux olympiques (2008, 2012 et 2016). L’éternelle Robert-Michon devra revenir plus forte aux Jeux olympiques 2024, on ne lui souhaite que ça.

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Texte : Dorian Vuillet
Crédits photos : Solène Decosta / STADION

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