Championnats du monde d’athlétisme : Jimmy Gressier sera au rendez-vous de la finale du 5000 m

24 août 2023 à 23:53

Jimmy Gressier a décroché son billet pour la finale du 5000 m en prenant la sixième place de sa série en 13’36″42 ce jeudi aux Championnats du monde d’athlétisme de Budapest. Sans démériter, Yanis Meziane, Benjamin Robert et Gabriel Tual ne sont pas parvenus à s’ouvrir les portes de la finale sur 800 m.

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Le top 8 ou le retour à la maison. Telle était la mission de Jimmy Gressier et d’Hugo Hay ce soir en séries du 5000 m où seuls les huit premiers des deux courses étaient qualifiés pour la finale prévue dimanche soir (20h20). En confiance après son record de France en 12’56″29 réalisé au Meeting de Monaco le 21 juillet dernier, le Boulonnais de 26 ans s’est montré très actif aux avant-postes afin d’éviter les chutes et les bousculades dans la première série. La course tactique s’est réellement animée que dans le dernier tour. Dans une dernier 100 mètres irrespirable où ils étaient encore une dizaine à prétendre aux huit premières places, celui qui suit les conseils d’Adrien Taouji et Arnaud Dinielle, a rallié la ligne au sixième rang en 13’36″42. 

« J’ai contrôlé toute la course. Je suis un coureur qui va de l’avant, qui aime sentir la gagne à ma portée. Derrière, je m’agace assez vite. Je suis allé devant, ça n’allait pas bien vite. J’avais tout le monde dans le radar, et à chaque fois que ça partait, je suivais. A 200 mètres de l’arrivée, je sens que je peux encore en mettre. Je suis quatrième et je pense que c’est fait. Dans la dernière ligne droite, j’appuie et je commence à me crisper. Sauf que je regarde sur l’écran géant et je vois une masse arriver avec Jakob (Ingebrigtsen). Je me dis : « ouh la, il faut aller jusqu’au bout ! » ». Aucun souci également pour le recordman d’Europe Mohamed Katir (1er en 13’35″90), l’Ethiopien Hagos Gebriwet (13’36″15) et le Norvégien Jakob Ingebrigtsen (13’36″21). À noter que l’Ougandais, Joshua Cheptegei, recordman du monde (26’11″00 en 2021) et tout frais champion du monde du 10 000 m, n’a pas pris le départ du 5000 m en raison d’une blessure à un pied.

Hugo Hay n’avait pas les armes

Après son excellente performance à Heusden-Zolder (Belgique) le 15 juillet en 13’02″62, Hugo Hay a ressenti des symptômes post-Covid et n’arrivait pas à Budapest dans les meilleures dispositions. Présent dans la deuxième série, le pensionnaire du Sèvre Bocage AC n’a pas eu les jambes nécessaires lorsque le rythme s’est considérablement accéléré au 4000 m et a terminé quatorzième en 13’39″76. « Le bilan, c’est qu’il n’y a pas de miracle dans notre sport, surtout à mon niveau. Je me suis mis en conditions pour y croire. Je suis arrivé en n’ayant pas peur. Je fais une bonne course tactique, je suis placé à l’emballage où je veux être. Il n’y a juste pas les jambes. Ce n’est pas aujourd’hui qui est le plus frustrant mais l’ensemble. J’en ai marre de ne pas pouvoir m’exprimer à 100 %. Je n’ai pas pu m’entraîner normalement pendant trois semaines et demie. Depuis trois jours, j’avais beaucoup moins mal à l’ischio. Merci au staff de l’équipe de France qui a été aux petits soins pendant une semaine à l’INSEP. Je vais arrêter ma saison. J’ai besoin de me reposer surtout mentalement. Je suis cuit. J’ai besoin de recharger les batteries. »

Ils n’ont pas démérité

Alors que pour la première fois dans l’histoire, trois Français étaient en lice en demi-finales du 800 m, on pouvait espérer voir au moins un représentant Tricolore dans le top 8. Malheureusement, aucun n’a réussi à décrocher son ticket pour la finale. Premier à s’élancer sur la piste du Centre national d’athlétisme, Benjamin Robert, vainqueur de sa série mercredi, a été surpris par le départ en trombe de l’Australien Joseph Deng (50″55 au 400 m). « C’est parti très vite, je ne m’y attendais pas », explique le vice-champion d’Europe en salle cet hiver qui a produit son accélération un peu trop tardivement et qui a dû se positionner au couloir 3 à l’entrée de la dernière ligne droite pour se mêler à la bagarre pour prendre les deux premières places directement qualificatives. Le sociétaire du SA Toulouse UC s’est contenté de la sixième place en 1’44″38. Petit lot de consolation, l‘élève de Sébastien Gamel s’est acquitté des minima pour les JO de Rio (minima fixés à 1’44″70) : « Je n’étais pas là pour me faire éliminer en demies. Je visais beaucoup mieux. Il y a des moments où j’ai bataillé pendant la course. C’est difficile et frustrant. J’ai fait de gros progrès par rapport à l’an dernier, je n’ai pas dit mon dernier mot pour l’année prochaine. Il faut se relever, digérer et retourner au travail. En 2024 à Paris, même avec un ischio pété, il faudra courir. »

Au départ de la deuxième demie, Gabriel Tual se retrouvait opposé à plusieurs prétendants au podium mondial. Visiblement rassuré sur son état de forme hier en série, le finaliste aux JO de Tokyo (7e) et aux Mondiaux de Eugene (6e) a tenté de remonter à l’extérieur ligne droite opposée, sans trop de succès. Au prix d’une ligne droite pleine de hargne, il s’est classé cinquième en 1’44″83, un chrono insuffisant pour pouvoir passer au temps. « J’ai tout donné sur cette course, mais je n’avais pas forcément beaucoup de sensations. Je pense que j’ai un peu trop attendu dans la dernière ligne droite. On savait que ça allait être compliqué d’entrée de jeu. Les concurrents étaient bien au-dessus aujourd’hui. C’est la dure loi du sport. Il y a un peu de frustration, d’énervement, de dégoût. Ça n’est jamais facile de passer à la trappe. C’est de l’expérience qu’on engrange, même si j’étais venu pour gagner. »

« Mais avec le temps, je vais me rendre compte que je peux être fier de ce que j’ai réalisé »

Le troisième larron Yanis Meziane, champion d’Europe espoirs à Espoo, disputait ses premiers Mondiaux dans la capitale hongroise à seulement 21 ans. C’est lui qui a fait la plus forte impression des Français ce jeudi. Là aussi, la course est partie sur des bases très élevées (49″41 à la cloche). Le protégé de Boris Le Helloco a su s’accrocher comme un beau diable dans le dernier virage à l’Américain Bryce Hoppel et au Kenyan Emmanuel Wanyonyi avant d’être débordé à 50 mètres de la ligne par l’Espagnol Adrian Ben. Si le demi-fondeur de l’Athlé 91 a dû faire appel à son orgueil et puiser dans ses dernières forces, pour sept centièmes, il est le premier éliminé au temps et voit sa compétition s’arrêter au stade des demi-finales du 800 m.

« Sur le coup, je suis forcément très frustré. Je suis le premier non pris, alors que c’était vraiment jouable. Mais avec le temps, je vais me rendre compte que je peux être fier de ce que j’ai réalisé. J’ai tout donné et fait ce que j’ai pu. Je suis parti sans me soucier de rien du tout, derrière Burgin et Hoppel, qui sont d’ailleurs passés super vite. Je n’ai pas réfléchi et j’ai tout donné jusqu’à la fin. Je vois l’Italien qui essaye de me dépasser à droite dans la dernière ligne droite et je me dis : « faut que j’aie la quatrième place qualificative ! ». Au final, il me manque sept centièmes, rien du tout. Ce que j’ai fait aujourd’hui va me donner encore plus envie pour les années à venir. Je sais maintenant ce qu’est un championnat de niveau mondial et que je ne suis pas si loin que ça de la finale. »

Tous les résultats des Championnats du monde d’athlétisme, en cliquant ici.

Crédits photos : Solène Decosta / STADION

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