Djilali Bedrani : « Je suis un homme de championnats »

12 août 2023 à 10:19

Début juillet à Font-Romeu, Djilali Bedrani s’est livré sur son état d’esprit et sur ses ambitions aux Championnats du monde de Budapest, l’objectif prioritaire de sa saison. Cinquième lors du rendez-vous planétaire à Doha, l’élève de Sébastien Gamel se sent capable de retrouver ses jambes de 2019, l’année où il est devenu le troisième meilleur performeur français de tous les temps en 8’05″23, voire d’aller plus vite. Athlète ASICS depuis plus d’un an, la Toulousain de 29 ans s’est aussi confié sur sa relation avec son équipementier.

L’INTERVIEW VOUS EST PRÉSENTÉE PAR

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— Djilali, comment allez-vous ? Comment se déroule votre préparation estivale ?

Je vais très bien, ma préparation estivale se passe très bien aussi. Je suis actuellement en stage au Chojo Camp à Font-Romeu (l’interview a été réalisée le 7 juillet dernier, ndlr). J’ai déjà fait trois semaines de stage, il m’en reste une. Je travaille bien.

 

Toutes les conditions sont réunies au centre d’entraînement ASICS pour bien se préparer ? Quelle est l’ambiance ?

Il y a une très bonne ambiance, on est quelques-uns. Moi, je suis avec Julien Wanders et Yohan Durand, donc des membres avec qui je m’entends très très bien. On a tout à disposition pour s’entraîner dans les meilleures conditions : on est logé, on a vraiment des facilités, on peut aller à l’entraînement, on peut être amenés à l’entraînement, aussi, y a des navettes qui ont été mises en place par Asics. C’est vraiment super. En tout cas, je pense qu’à un an des Jeux, on ne pouvait pas rêver mieux.

 

— Irez-vous régulièrement vous entraîner au camp jusqu’aux Jeux ?

Clairement. Avec ces mises à disposition, on va essayer de venir régulièrement.

 

Petit retour en arrière sur la saison hivernale. Avez-vous été surpris de votre deuxième place dans les labours de Carhaix en mars ? J’imagine que ça devait être une satisfaction.

Je partais pour gagner. Quoi qu’il arrive, quand je fais une course, c’est vraiment pour gagner. Maintenant, j’ai été assez surpris de la vitesse où je suis revenu à mon niveau. Parce que, bon, il faut être lucide, j’ai eu une période assez compliquée et aujourd’hui le fait de revenir à ce niveau, c’est très important pour moi. Sachant que les Jeux sont dans un an et les championnats du monde cet été… Donc, je suis revenu assez rapidement à mon niveau.

 

Sur vos trois premiers 3000 m steeple cet été, vous êtes à chaque fois passé près de réaliser les minima pour les Mondiaux de Budapest (fixés à 8’15)…

Je pense que je les avais déjà dans les jambes au Meeting de Rabat (8’17″79), au Meeting de Paris (8’21″70) et au Meeting Nikaïa de Nice (8’18″21). Là où je me sentais le plus en forme c’était à Nice. Je connais à peu près mon niveau, je sais ce que je fais à l’entraînement. Je les avais, mais bon, je les ai pas faits parce que je suis passé un peu trop lentement au 2000 m. Je devais rattraper derrière ce kilo et le retard pris sur la course. Mais sinon je pense que là où je me sentais le plus en forme, c’était à ce moment-là.

 

Quelles sont vos ambitions pour Budapest ?

Mes ambitions, déjà, c’est d’arriver en forme sur les Championnats du monde, parce que je suis un homme de championnats, j’arrive toujours à tirer mon épingle du jeu. Mon objectif sera de faire une place de finaliste.

 

— Votre record personnel sur 3000 m steeple en 8’05″23 date de la finale des Mondiaux de Doha en 2019 où vous aviez pris une belle cinquième place. Qu’est-ce qui vous manque encore pour vous rapprocher voire améliorer ce chrono ? Quels secteurs avez-vous besoin de travailler plus spécifiquement pour reprendre votre progression ?

Je pense qu’aujourd’hui, ce qui me manque, c’est surtout du rythme, retrouver des sensations sur les courses. Et je pense que je peux battre mon record cette année. Maintenant, je ne me fixe pas de limites. Mon but, c’est vraiment de courir le plus vite possible et je sais que d’ici l’année prochaine il va tomber, à un moment donné c’est sûr.

Pour m’améliorer, je pense qu’il faut que je retravaille les secteurs que j’avais travaillés auparavant. Pas forcément m’améliorer, mais essayer de retrouver les sensations précédentes. Surtout le seuil, la vitesse, les séances spécifiques et le 3000 m steeple, tout ça. On va vraiment travailler tous les secteurs pour être au top.

 

Les moins 8 minutes, c’est-à-dire battre de France et d’Europe de Mahiedine Mekhissi (8’00″09 en 2013), est-ce que c’est dans un coin de votre tête ?

Ce n’est pas forcément un objectif, mais si je le fais, c’est tant mieux. Mais mon objectif, c’est de courir le plus vite possible. Aujourd’hui, le record du monde, c’est 7’52″11 et je suis à des années-lumière de ce chrono, même de 8’00. Faire des médailles en championnat, c’est ce qui manque à mon palmarès. Après, s’il y a des records qui tombent, tant mieux, mais plus pour faire des places sur le podium.

 

On vous voit aussi briller sur 10 km et sur semi-marathon. Une fois Paris 2024 passé, pourriez-vous vous diriger vers la route ?

J’ai eu cette idée, à un moment donné, quand j’ai fait 1h02’18 sur semi-marathon (30 janvier 2022 à Séville). Mais je me dis qu’aujourd’hui, en voyant tout l’aspect évolutionnaire sur la course à pied en général, que ce soit sur piste ou la route, je pense que je peux tirer jusqu’à 34 ans sur steeple. Après, ça ne m’empêchera pas de faire un marathon mais avant Los Angeles, je reste sur 3000 m steeple. Maintenant, je ne me ferme aucune porte. Moi, j’ai envie de faire partie de l’histoire du demi-fond français, et être un des meilleurs athlètes de demi-fond français de tous les temps.

 

Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ?

J’aimerais faire des bonnes places sur les prochaines compétitions internationales. Il faut profiter au maximum et essayer de battre tous mes records avec mes distances. Est-ce que c’est encore possible ? On verra bien. Je souhaite rester sur la piste pour l’instant. Après, l’hiver, je ferai des 10 km. L’hiver prochain, j’aimerais bien faire un 10 km, et sûrement peut-être les championnats d’Europe de cross-country à Bruxelles. Mais ce n’est pas encore sûr, à voir comment ça se passe.

 

Il y a une bonne émulation dans votre groupe d’entraînement avec Benjamin Robert et Benoît Campion sous la houlette de votre entraîneur Sébastien Gamel. C’est un soutien de taille pour vous au quotidien ?

Aujourd’hui, il y a une émulation à Toulouse. Pour moi, Toulouse c’est la terre du demi-fond français, on ne va pas se le cacher. Il n’y a pas un seul groupe en France qui a cette telle particularité d’avoir un coureur sur 800 qui peut faire 1’43, un athlète du 1500 qui fait 3’34, et un steepleur qui fait 8’05. C’est du jamais vu dans toute l’histoire d’un groupe d’entraînement en France. On souhaite tous être forts en championnats et à l’international.

 

ASICS a sorti dernièrement deux nouvelles paires de pointes de demi-fond. Quel est votre avis sur les modèles ?

Il y a la LD et la MD. La MD, c’est la Middle Distance, idéale du 800 jusqu’au 5000 m. Et la Long Distance, c’est plus conçue pour les spécialistes de 5000 au 10 000 m. Je cours principalement avec la Middle Distance, qui est une pointe équivalente à la Dragonfly. Je trouve que c’est un produit qui est en train de se développer, il y a pas mal d’athlètes qui ont battu leur record avec et qui ont couru vite sur 1500 m. ASICS est en train de passer un cap, comme je l’ai dit précédemment et à plusieurs reprises, pour devenir number one et leader du running sur le plan international. Je pense que ça va l’être d’ici quelques années. Pour moi, c’est déjà le cas. Ce qui est cool chez ASICS, c’est qu’il y a vraiment un esprit famille. Ils sont à l’écoute des athlètes et n’ont pas hésité à nous mettent à disposition le Chojo Camp pour que l’on puisse se préparer dans les meilleures conditions. C’est vraiment des facilitateurs pour la performance aujourd’hui, et c’est très professionnel.

 

Quelles sont les différences avec la Metaspeed LD ?

La différence entre les deux, c’est que la LD elle est plus molle, tu peux plus borner avec, y a moins de renvoi. Par contre, la MD, il y a beaucoup plus de renvoi, tu peux faire tes séances de vitesse avec, tu peux faire du steeple, et t’as un meilleur maintien dans la chaussure. En tous cas pour moi qui suis un athlète, dont ma qualité principale, c’est le pied, j’ai un bon rebond, du coup ça m’aide beaucoup sur la piste. Et la Long Distance, elle a beaucoup moins de renvoi, donc c’est plus pour amortir le choc, on va dire.

Les séries du 3000 m steeple hommes aux Mondiaux de Budapest se dérouleront le samedi 19 août à 11h35.

Propos recueillis par Alessia Colizzi
Crédit photo : Jean-Luc Juvin / STADION

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