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Laura Valette : « Doha, c’est une belle étape à franchir »

En battant son record personnel en 12″87 lors de la finale des Championnats de France Elite à Saint-Etienne, Laura Valette s’est qualifiée pour les Mondiaux de Doha et s’est approchée des minima olympiques sur 100 m haies. En pleine préparation pour le rendez-vous planétaire, la hurdleuse française nous a ouvert les portes de son entraînement à Nantes.


Le rendez-vous a eu lieu au Stadium Pierre-Quinon le vendredi 20 septembre en milieu d’après-midi. Preuve en est de sa notoriété dans la région, nous n’étions pas les seuls à nous intéresser à Laura Valette. C’est également sous les caméras de Télénantes et de son partenaire CAFPI que l’athlète du Nantes Métropole Athlétisme a réalisé une séance spécifique sur les obstacles. Au menu : Des répétitions sur les trois premières haies, en étant accompagnée par les deux internationaux tricolores Mattéo Ngo et Marvin Pistol, sous l’œil du coach Richard Cursaz. A quelques jours de son entrée en lice sur 100 m haies, elle s’est livrée à STADION-ACTU sur sa discipline, ses sensations et ses ambitions. Interview.


— Laura, comment avez-vous accueilli l’annonce de votre sélection pour les Mondiaux de Doha ?

Je m’y attendais un petit peu avec le titre et la réalisation du niveau de performance requis lors de la finale à Saint-Etienne. J’aborde la compétition sereinement avec un état d’esprit plus conquérant qu’aux Europe de Berlin où j’avais été sélectionnée sans avoir réalisé les minima. Je sais que j’ai ma place et ai quelque chose de bien à faire à cet événement. Je prends ce championnat comme une compétition importante et il faudra que je cours vite pour espérer un résultat. Tous les feux sont au vert ! Les dernières séances se sont bien passées. J’attends de monter en puissance avec le bon stress qui va commencer à arriver.

Quel regard portez-vous sur l’ensemble de votre saison ?

J’ai réalisé une très belle saison en 2019. La meilleure depuis un moment. Beaucoup de positif avec notamment la barrière des 13 secondes enfin brisée. Descendre sous les 13 secondes, c’est quelque chose que j’attendais depuis plus de deux ans. C’est un cap qui a été passé. J’ai gagné les France dans ma catégorie espoirs et chez les Elite, il y a eu également cette belle médaille de bronze aux Europe espoirs qui a contribué à la réussite de cette saison. J’ai eu beaucoup de plaisir à participer aux différents Meetings.

— Quelles étaient vos ambitions en début de saison ?

Les objectifs fixés ont été remplis avec ces deux titres nationaux qui n’ont pas été faciles à aller chercher. Je savais qu’en passant en dessous des 13 secondes je me rapprocherais des minima pour les Mondiaux de Doha.

Avez-vous découvert de nouvelles sensations lors de votre record personnel en 12″87 ?

Je les avais déjà ressenties à l’entraînement mais je n’arrivais pas forcément à les avoir en compétition. Je n’ai pas pris un départ mais lorsque j’étais au contact des filles j’ai réussi à accélérer et à faire la différence dès la troisième haie, ce qui ne mettait jamais arrivé auparavant. C’est ce petit coup d’accélérateur qui m’a permis de mettre du rythme entre les intervalles et de signer ce joli chrono.

A quelques jours de son entrée en lice sur 100 m haies à Doha, Laura Valette s'est livrée à STADION-ACTU sur sa discipline, ses sensations et ses ambitions.

Avec vos 12″87 de Saint-Etienne, vous êtes désormais la cinquième meilleure performeuse française de tous les temps chez les espoirs sur 100 m haies. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Ça ne m’inspire rien du tout ! On s’est aperçu que l’âge ne voulait pas dire grand chose avec les petites jeunes qui poussent au portillon. A 22 ans, je peux déjà dire que je suis une “vieille” par rapport à la moyenne d’âge des athlètes avec qui je cours (rires). Ce classement honorifique m’est un petit peu anecdotique parce que j’ai remarqué que je me suis moi-même mis des barrières lorsque j’étais plus jeune. Il faut savoir mettre l’âge de côté et aller le plus vite possible. Je me focalise maintenant plus sur le chrono.

Vous n’êtes plus très loin des minima olympiques IAAF, fixés à 12″84…

Je ne veux pas me fixer d’objectif chronométrique. A priori, ces minima, je les ai dans les jambes.

Quels souvenirs avez-vous de vos premiers Championnats d’Europe, à Berlin l’an passé ?

L’acquisition de beaucoup d’expérience ! Même si je n’ai pas réalisé de belles courses (13″16 en séries et 13″22 en demi-finales), j‘ai découvert ce qu’est le haut niveau au contact des meilleures hurdleuses européennes. C’est toujours compliqué sur un premier grand championnat de tirer son épingle du jeu, c’est le difficile apprentissage du très haut niveau. Il fallait passer par cette première étape pour voir plus grand. Je vais à Doha pour donner le meilleur de moi-même.

— Justement, qu’est-ce qu’on peut vous souhaitez lors de ces Mondiaux ?

Dans ma tête, c’est clair : Une qualification en demi-finale est le minimum. Et après en demi-finale, je souhaite améliorer ou me rapprocher de mon record pour ne pas avoir de regrets. Si j’ai franchi un énorme palier, cela ne m’empêche pas de garder les pieds sur terre. Doha, c’est une belle étape à franchir dans ma progression.

Vous aurez à vos côtés des hurdleuses françaises avec Solène Ndama et Fanny Quénot… c’est toujours un plus d’être accompagnée dans un grand championnat ?

Oui c’est très bien qu’elles soient là toutes les deux, on s’entend très bien avec Solène et Fanny. Savoir que l’on peut compter sur ses camarades sur cet événement, c‘est toujours rassurant et ça va nous tirer vers le haut j’en suis sûr.

A quelques jours de son entrée en lice sur 100 m haies à Doha, Laura Valette s'est livrée à STADION-ACTU sur sa discipline, ses sensations et ses ambitions.

Comment s’est déroulée votre cycle de préparation spécifique en vue des Mondiaux ?

Avec mon coach Richard (Cursaz, CTS de la Ligue des Pays de la Loire), on a fait le choix de rester sur Nantes pour se préparer sereinement. J’ai une grande confiance en lui dans le contenu des séances. On a tout ce qu’il faut sur place (kiné…) et je peux compter sur le soutien de ma famille, c’est important. Les garçons de mon groupe à Nantes n’hésitent pas à venir en confrontation avec moi pour me pousser à réaliser de belles séances sur les haies. J’ai la chance de courir lors des deux derniers jours du Championnat (5 et 6 octobre) et voir les performances des Français devraient me motiver davantage avant mon entrée en lice.

Après plusieurs podiums dans les compétitions internationales chez les jeunes (3e aux Europe juniors en 2015 et 3e aux Europe espoirs en 2019 notamment), vous êtes impatiente de goûter à un podium chez les seniors ?

On s’entraîne pour aller chercher des médailles. En attendant, il y a des étapes intermédiaires. Actuellement, c’est un peu tôt mais déjà au niveau européen, rentrer en finale ce serait vraiment cool.

— Sur le plan professionnel, vous en êtes où ?

J’ai mis mes études entre parenthèses. Je prépare activement le concours de conseiller principal d’éducation (CPE) et je pense le passer en 2021 après les JO de Tokyo. Cette sélection, ça valide ce choix-là. 

Enfin, si je vous dis Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, que me répondez-vous ?

Je veux y aller ! Je vois ça encore un peu de loin mais le premier objectif c’est tout d’abord de se sélectionner. La concurrence est de plus en plus élevée en France donc il faudra constamment élever son niveau ces prochaines années. Une échéance qui me préparerait parfaitement pour la prochaine olympiade. Le but, c’est d’arriver aux JO de Paris au top de ma forme et d’aller chercher le plus beau résultat possible. Je serais normalement arrivée à maturité dans ma carrière. C’est pour ça que je m’entraîne tous les jours. Quand on en parle entre athlètes, tout le monde souhaite y participer. Les Jeux à la maison, c’est un rêve. Laura Valette Doha Laura Valette Doha Laura Valette Doha Laura Valette Doha

La sélection française, en cliquant ici.
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