Chaque année, lorsque le calendrier des plus grands marathons est dévoilé, c’est l’un des premiers événements que l’on cherche du regard. Le Marathon de Berlin s’apprête à vivre sa 52e édition ce dimanche 27 septembre et reste, plus que jamais, l’un des rendez-vous incontournables de l’automne. Une nouvelle fois, plusieurs des meilleurs spécialistes de la planète ont rendez-vous dans la capitale allemande, avec une course féminine qui s’annonce particulièrement spectaculaire et un plateau masculin profondément remanié après le forfait ces dernières semaines de Sabastian Sawe. Revue d’effectif.
Berlin n’a pas volé sa réputation de marathon des records. Depuis la première édition en 1974, treize records du monde ont été établis sur les routes de la capitale allemande, un total inégalé sur un marathon. Le dernier en date reste celui de Tigist Assefa en 2023, lorsque l’Éthiopienne avait pulvérisé la meilleure marque planétaire en 2h11’53. Chez les messieurs, Eliud Kipchoge avait porté le record du monde à 2h01’09 en 2022, après avoir déjà amélioré la marque mondiale à Berlin en 2018 en 2h01’39.
La recette berlinoise est bien connue : Un parcours extrêmement roulant, très peu accidenté et composé de longues portions favorables à la régularité de l’allure. Le tracé, qui emmène les coureurs au cœur de la capitale avant une arrivée mythique sous la Porte de Brandebourg, est régulièrement présenté par l’organisation comme l’un des plus rapides au monde. C’est ici que Ronaldo da Costa, Haile Gebrselassie, Patrick Makau, Wilson Kipsang, Dennis Kimetto, Eliud Kipchoge et Tigst Assefa ont écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du marathon. Et cette édition 2026 ne devrait pas être trop mal non plus.
Le forfait de Sabastian Sawe redistribue les cartes
Il devait être l’une des grandes attractions de cette 52e édition. Sabastian Sawe ne sera finalement pas au départ. Le Kényan, vainqueur à Berlin en 2025 en 2h02’16, devait revenir défendre son titre quelques mois seulement après avoir marqué l’histoire en avril dernier à Londres, en devenant le premier homme à passer sous les deux heures sur marathon en compétition officielle, avec un incroyable 1h59’30. Une blessure l’a finalement contraint à déclarer forfait. Son absence ouvre considérablement la course masculine. Et le plateau reste particulièrement dense avec sept athlètes crédités d’un chrono inférieur à 2h05.





Gabriel Geay et Guye Adola en embuscade
Avec un record personnel en 2h03’00, Gabriel Geay possède l’un des meilleurs chronos de référence les plus solides de la start-list. Le Tanzanien avait réalisé cette performance en prenant la deuxième place du Marathon de Valence en 2022. Il avait également terminé deuxième du Marathon de Boston en 2023. Le parcours allemand, très régulier, pourrait une nouvelle fois convenir à son profil de métronome.
Autre nom à surveiller : Guye Adola. L’Éthiopien connaît lui aussi parfaitement les rues de Berlin. C’est ici, en 2017, qu’il avait explosé aux yeux du grand public pour ses débuts sur marathon, terminant deuxième derrière Eliud Kipchoge en 2h03’46, à seulement quelques secondes du record du monde de l’époque. Quatre ans plus tard, Guye Adola était allé chercher la victoire à Berlin en 2h05’45. Après plusieurs saisons perturbées par les blessures, le voilà de nouveau sur le devant de la scène. Il a remporté le Marathon de Rotterdam au printemps en 2h03’54, soit à seulement huit secondes de son record personnel. Une performance qui confirme le retour au premier plan du marathonien de 35 ans.
Le contingent éthiopien sera particulièrement fourni. Getaneh Molla, auteur d’un record en 2h03’34, fait partie des hommes capables de se mêler à la lutte pour les premières places. Il faudra également suivre Shura Kitata, qui a abaissé cette année son record personnel à 2h03’59. Le routard de 30 ans possède déjà un joli palmarès sur la distance, avec notamment une victoire à Londres en 2020. Derrière eux, Erick Sang (2h04’30), Selemon Barega (2h05’00, champion olympique du 10 000 m en 2021), Taresa Tolosa (2h05’17) ou encore Tadu Abate (2h05’38) complètent une start-list particulièrement dense.
Kenenisa Bekele, l’invité de dernière minute
Impossible évidemment de passer sous silence Kenenisa Bekele. Il est l’homme qui a remporté 17 titres mondiaux en cross-country, piste et route confondus, ainsi que trois titres olympiques. À 44 ans, la légende éthiopienne fera son retour à Berlin après avoir été annoncée de dernière minute par l’organisation. Et si son nom ne doit pas être placé sur le même plan que les prétendants affichant actuellement les meilleures références, sa seule présence suffit à donner une dimension particulière à cette édition. En effet, Kenenisa Bekele est ici chez lui. Il a remporté le Marathon de Berlin à deux reprises, en 2016 (2h03’03) puis en 2019 (2h01’41).
Cette dernière performance reste l’une des plus extraordinaires de l’histoire puisqu’il avait échoué à seulement deux secondes du record du monde d’Eliud Kipchoge. Le problème est que le marathonien éthiopien n’a plus terminé un marathon depuis les Jeux olympiques de Paris 2024, où il avait pris la 39e place en 2h12’24. Il s’agit surtout de son premier marathon de l’année 2026. Son retour constitue donc l’une des grandes curiosités du week-end.
Tigist Assefa, trois ans après son record du monde
Chez les femmes, la tête d’affiche est toute trouvée. Tigist Assefa revient à Berlin, trois ans après avoir bouleversé la hiérarchie mondiale en signant ici même un extraordinaire 2h11’53, alors record du monde. L’Éthiopienne de 29 ans a depuis réalisé de très belles prouesses : Vice-championne olympique en 2024, vice-championne du monde en 2025, elle détient désormais également le record du monde du marathon disputé exclusivement entre femmes, en 2h15’41 à Londres au printemps 2026.
Et surtout, Tigist Assefa ne vient pas simplement célébrer ses retrouvailles avec Berlin. La médaillée d’argent aux JO de Paris veut de nouveau s’attaquer au record du monde, désormais détenu par Ruth Chepngetich (suspendue 3 ans depuis le 19 avril 2025), première femme à être descendue sous les 2h10, en 2h09’56 en 2024 à Chicago. La configuration de Berlin pourrait lui permettre de tenter le coup dans des conditions optimales, avec une course masculine servant notamment de lièvre. La référence de 2023, en 2h11’53, demeure le record du parcours.



La tenante du titre Rosemary Wanjiru veut défendre son trône
Face à elle, Rosemary Wanjiru n’aura certainement pas envie de jouer les figurantes. La Kényane est la tenante du titre après son succès en 2025 en 2h21’05, dans des conditions particulièrement chaudes. Son record personnel, lui, s’établit à 2h16’14, ce qui situe son potentiel à plusieurs minutes de son chrono de l’an passé. Derrière les deux principales têtes d’affiche, le plateau féminin reste très relevé avec plusieurs marathoniennes sous les 2h20.
On pense en premier lieu à Bedatu Hirpa, qui débarque à Berlin avec un record en 2h18’27. La jeune Éthiopienne a remporté le Marathon de Dubaï puis celui de Paris en 2025 et a encore terminé deuxième à Osaka cette année en 2h19’54. La start-list comprend également Dera Dida (2h18’32), Zeineba Yimer (2h18’47), Bosena Mulatie (2h19’00), Misgane Alemayehu (2h19’08) ou encore Bekelech Gudeta (2h19’39). Autant de coureuses susceptibles de profiter d’une éventuelle course tactique derrière Assefa et Wanjiru.
Le grand retour de Manon Trapp sur le marathon
Il faudra enfin garder un œil attentif sur Manon Trapp. La Française de 26 ans effectuera dimanche son retour au marathon en mode performance, un an et demi après son dernier 42,195 km à Séville. La représente de l’Entente Savoie Athlé avait signé un superbe 2h23’38, alors record de France, avant que la marque nationale ne soit portée à 2h23’13 par Mekdes Woldu en 2025.
L’ancienne judokate a préparé ce retour avec un gros volume d’entraînement, notamment à Font-Romeu, avec des semaines pouvant atteindre 206 kilomètres. Elle a également changé d’entraîneur, travaillant désormais avec le Belge Thomas Vandormael : « Je vais partir sur mon record et essayer de prendre un maximum de plaisir », nous a confié Manon Trapp dans une interview, tout en rappelant que son objectif principal se situe davantage sur le long terme, avec l’ambition de devenir encore plus performante en 2027. Le départ sera donné à 8h45 ce dimanche 27 septembre.
Dimanche, une nouvelle page pourrait encore s’écrire sur l’un des marathons les plus rapides de la planète. La course sera à suivre en direct commenté sur Stadion.com.
Crédits photos : Marathon de Berlin, adidas & STADION























