On a passé une journée dans les coulisses de Kiprun, marque performance dédiée au running de Decathlon

Il y a 2 mois

Chez Stadion, ça faisait un moment que nous voulions aller à Villeneuve-d’Ascq visiter les bureaux de KIPRUN, la marque propre à DECATHLON dédiée au running. L’occasion s’est finalement présentée le mardi 31 mai dernier : L’équipe a bien voulu nous ouvrir ses portes pour une visite sur-mesure, singulière et passionnante. Suivez le guide et plongez avec nous dans les coulisses de KIPRUN !

Faut-il encore présenter Decathlon ? Ce qui ­devait être à sa création en 1976 un simple ­supermarché pour sportifs du dimanche est, depuis, devenu un mastodonte du sport, avec 13,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, en hausse de 21%. Régulièrement cité parmi les marques préférées des Français, Decathlon, qui compte aujourd’hui 324 magasins dans l’Hexagone et 44 marques spécialisées, doit son succès à des produits toujours plus innovants, et toujours grand public. Des produits au juste prix sont aussi au coeur de ce que souhaite proposer le distributeur à des milliers de sportifs. Son fameux slogan « A fond la forme ! » est aussi connu de tous. Chez Décathlon, ça bouge en terme de course à pied. Chaque discipline possède maintenant sa propre marque, ou plutôt sa signature : KIPRUN pour le running route performance. KIPRUN, contraction de « Keep on running » et traduction de “Fils du Running” au Kenya, la terre d’inspiration de Kalenji. Après avoir assisté au lancement officiel de la marque et à la présentation des nouveaux produits 2022 début avril au Salon Run Experience de Paris, il nous tardait de pousser la porte de l’entreprise nordiste.

Bienvenue dans les bureaux de Kiprun !

Ça y est, nous y sommes, le mardi 31 mai dernier, nous prenons la direction de Villeneuve-d’Ascq pour une visite des locaux de KIPRUN. Le bâtiment est situé près du magasin Decathlon. Le pavillon KIPRUN est planté… Cela ne fait aucun doute, on est au cœur des bureaux de conception de la course à pied de Decathlon. Devant l’entrée, on ne prend pas réellement la mesure des lieux mais à l’intérieur, c’est autre chose. À notre arrivée, nous sommes chaleureusement accueillis par Estelle Bécu, Chef de projet Communication, et rejoignons rapidement l’équipe au rez-de-chaussée. Trois jours après la Coupe d’Europe du 10 000 m à Pacé, nous avons grand plaisir à retrouver Yoann Kowal, ambassadeur de la marque, avec qui nous débriefons du rendez-vous continental, l’occasion aussi de nous présenter sa médaille d’or décrochée par équipes avec les Bleus. Le fondeur tricolore a les Kiprun KD900X aux pieds, première chaussure running à plaque carbone de Decathlon qui est sortie le 3 septembre dernier au grand public.

Dans l’objectif de favoriser des synergies entre les acteurs, le bâtiment, appelé aussi « Podium » est composé de trois étages avec la présence de trois marques passions : KALENJI la marque du jogging au 1er, EVADICT la marque du trail au 2ème et KIPRUN la marque du running performance au 3ème. Dans les bureaux, ça s’active bien, et il y a du monde. En tout 300 personnes travaillent dans les locaux. Avant de monter dans les bureaux de KIPRUN, un premier arrêt s’impose dans l’atelier de prototypage où se construisent les prémices des projets. Les équipes peuvent expérimenter, prototyper et analyser le matin avant éventuellement de tester leurs créations sur le terrain l’après-midi. Un étage plus haut, nous arrivons dans des bureaux bien éclairés avec des matières naturelles et une jolie déco, pas de doute, nous sommes bien chez Evadict, le spécialiste trail de Decathlon depuis 2020. La première chose que l’on voit en pénétrant dans l’endroit, c’est ce « mur à dossards » où les collaborateurs sont amenés à coller leur dossard pour chacune des courses auxquelles ils participent. Preuve, s’il en fallait encore, que tous les collaborateurs sont des passionnés du sport de prédilection. Il est tant rempli qu’il faudra d’ailleurs penser à racheter un deuxième support ! Nous découvrons enfin l’étage consacré à KIPRUN, marque de course à pied performance. Un petit peu plus loin, on aperçoit des armoires remplies de chaussures, un showroom et un dressing avec les dernières collections de textiles. Nous plongeons ensuite dans l’open space avec de grandes tables et un couloir de piste en tartan qui permet des premiers tests et attire évidemment notre attention.

La Footwear Industrial Division (FID) met au point les produits chaussants de Décathlon

Nous rejoignons Wattrelos, à 15 minutes du siège de KIPRUN, pour y découvrir le centre de conception dédié au développement de chaussures depuis 2016, appelé « Footwear Industrial Division ». Nous sommes accueillis par Anthony Talpaert, le patronnier qui nous explique que « c’est ici que l’on crée les premiers prototypes pour une partie des modèles de tous les sports que l’on retrouvera plus tard en magasins. On retrouve ici les équipes qui sont dédiées à l’ensemble des composants des chaussures, que ce soit la semelle ou la tige. Nous avons aussi un showroom qui permet aux équipes de choisir les composants en fonction des chaussures et des usages. Près de 400 prototypes sont ainsi imaginés chaque année par les 100 collaborateurs ». C’est ici que naissent les produits. Forme, taillant, montage… : il s’agit de créer un patronage qui soit industrialisable, avec un cahier des charges international. Côté composants, les ingénieurs peuvent piocher dans une « compothèque » riche de 2000 composants, pour concevoir la tige et la semelle.

Après une présentation générale de la FID nous visitons les différents lieux de conception d’une chaussure. Nous changeons de bâtiment pour rejoindre le « Fit Lab », un laboratoire en principe non ouvert au public qui fait office de salle de torture pour les chaussures. Ici, les tests labo permettent de mesurer la résistance et la conformité au brief d’usage des produits. Une machine fait parcourir 1000 km à une chaussure de running en quelques heures seulement. Pas de photos ! Il y a des choses qu’on ne peut pas trop voir ici, on file !

On revient au showroom pour échanger avec Murielle Guillot, cheffe de produit process semelle, qui travaille avec les équipes de KIPRUN depuis une dizaine d’années. « Pour chaque paire, nous travaillons avec un brief d’usage qui sera traduit par les ingénieurs en caractéristiques techniques que devra posséder la chaussure. Les matériaux sont sélectionnés pour répondre à ces besoins. L’une des priorités de Decathlon est son éco-conception en baissant l’impact environnemental de nos produits. On travaille tous dessus, tous les jours on en parle. Ça passe par différentes stratégies, notamment avec la durabilité (les chaussures KIPRUN sont garanties 1000 km) ou encore l’utilisation de matières recyclables ». « Dès l’idéation d’une chaussure, on ne se fixe pas de limites dans ce qu’on va aller créer et les ingénieurs ne nous mettent pas de freins, souligne Mehdi Omara, chef de produit pour KIPRUN. On parle ensemble du besoin, de l’utilisateur, des nouveaux process ou encore des nouvelles technologies. On leur donne un brief et avec les « beaux cerveaux » qu’ils ont, il y a des idées qui émergent et qui sont novatrices. C’est un beau travail d’équipe. »

Allez hop, plongeons maintenant dans l’atelier conception de la Footwear Industrial Division. Une douzaine de machines à coudre sont alignées. Une protoypiste est notamment en train de préparer la découpe des composants qui seront ensuite assemblés sur les différentes machines à coudre et d’assemblage de la tige. Plusieurs collaborateurs échangent autour de tables couvertes de composants. Dans une autre salle, des étagères supportent des rouleaux de tissus et de matériaux qui n’attendent qu’à être travaillés par les concepteurs ! 

Une fois franchi le seuil de l’atelier, on est marqué par des photos en noir et blanc des salariés accrochées au mur dont celles de David Ogé, prototypiste chez Decathlon depuis 22 ans, qui a notamment travaillé sur la tige de l’AT SPRINT, paire de pointes sorties en février 2020.

B’Twin Village, le vaisseau amiral

Après un déjeuner et une partie de pétanque avec l’équipe de communication de KIPRUN, direction le B’Twin Village, à une petite dizaine de kilomètres du gigantesque campus de Villeneuve-d’Ascq, qui regroupe tout le reste de l’entreprise nordiste. Ah oui, tout de même, c’est grand ici ! Pour vous donner une idée de la taille, le B’Twin Village c’est 185 000 m² dédiés entre autres au vélo, à la mobilité urbaine et plus globalement à la recherche, au développement et à l’innovation. Le cœur du réacteur de Decathlon finalement. Tellement grand que l’on a observé plusieurs collaborateurs se déplacer en trottinette électrique, façon start-up mais géante. On y trouve un magasin (8000 m²), des salles de sports, des bureaux, des restaurants, un atelier de prototypage… et un centre de recherche et développement maison, baptisé SportsLab. Au départ, quand on voit le bâtiment de l’extérieur, on ne se doute pas de l’effervescence qui y règne. Mais on va y aller crescendo.

SportsLab, un centre de recherche sur le corps du sportif

Comment sont testés et évalués les produits que nous achetons ? Qu’est-ce qui garantit leur performance, leur qualité ou encore leur sécurité ? Il n’est pas toujours facile d’avoir des réponses précises à ces questions car les laboratoires de test font bien souvent partie des secteurs « protégés » des équipementiers, au même titre que les bureaux de développement. Le SportsLab est divisé en quatre laboratoires : sciences du mouvement, confort thermique, morphologie et sciences sensorielles et du comportement. Dans ses laboratoires, une quarantaine d’experts (docteurs en biomécanique et ingénieurs) œuvrent pour mieux connaître le corps humain et ses interactions avec les produits dans le cadre de la pratique sportive. SportsLab est une preuve que Decathlon répond aux besoins des sportifs en leur proposant des produits adaptés à leur corps et à leur pratique sportive. 

Des chambres thermiques pour connaître la résistance du produit dans des températures extrêmes

On s’en doute, reproduire en laboratoire les contraintes du terrain n’est jamais une chose aisée et il faut toute l’expérience de la marque pour concevoir des tests les plus représentatifs. Première étape dans le laboratoire thermique (évacuation de la chaleur) avec Nils Guéguen, responsable recherche et développement du Décathlon Sports Lab. On étudie comment le produit se comporte dans différentes conditions environnementales. Besoin de simuler du vent à 30 km/h ou une température proche des 40°C ? Pour concevoir les vêtements de KIPRUN, les ingénieurs utilisent des mannequins thermiques, qui chauffent et transpirent comme des êtres humains, et l’une des quatre chambres climatiques, dans laquelle température, vent et humidité peuvent être définis sur demande. « On a des chambres climatiques, la température peut aller de – 40°C à + 45°C pour connaître la résistance du produit dans des températures extrêmes.  Le but est de valider le produit dans son usage ». Les mesures enregistrées permettent de déterminer une cartographie de température du corps humain qui va guider le chef de produit lors du choix et du positionnement des matières selon les différentes zones du corps : coupe vent, isolant thermique, respirant…

Une série de tests pour Yoann Kowal

C’est dans le laboratoire des sciences du mouvement que se poursuit notre visite. Nous y retrouvons Cédric Morio et Nicolas Flores, ingénieurs Recherche et Développement chez Decathlon SportsLab. « On étudie l’interaction entre le corps humain et le produit. Mon métier consiste à comprendre quels sont les éléments dans la chaussure qui peuvent influencer la performance du sportif, à la fois en termes de dépense d’énergie et de perception. J’ai démarré ma thèse en 2015 à l’Institut des Sciences du Mouvement de l’université d’Aix-Marseille et on avait déjà commencé à s’intéresser à la plaque carbone. On avait inséré une plaque de carbone dans les chaussures, et on a regardé comment les athlètes réagissaient en termes de biomécanique et de physiologie de l’exercice. L’objectif étant de trouver le bénéfice apporté à l’ajout d’une plaque de carbone. Chaque élément d’une chaussure a son importance sur le global. La plaque de carbone est un élément qui peut apporter de la performance mais elle doit être suffisamment bien intégrée à la chaussure pour être en harmonie à la fois les mousses, la géométrie de la semelle, le tout dans une paire qui est assez légère pour ne pas se répercuter négativement sur le coureur. »

Sur la route, où la compétition est reine, KIPRUN peut se vanter de travailler avec des athlètes de premier plan, à commencer par Yoann Kowal. Une stratégie qui lui apporte crédibilité dans le développement de produits performances. Hasard du calendrier, le champion d’Europe 2014 du 3000 m steeple vient passer des tests sur tapis de course dans ce laboratoire pendant notre visite. Juste avant notre arrivée au laboratoire, Méline Rollin, internationale française et ingénieure informaticienne chez Decathlon, venait de son côté de terminer une batterie de tests. Impressionnant par sa taille, l’édifice l’est aussi par sa technologie : 7 caméras infrarouges enregistrent les mouvements du corps à 200 images par seconde. « À l’aide de marqueurs sur le corps et les chaussures, on analyse la biomécanique de course, la cadence, la distance parcourue, l’allure, la posture du pied, la force du pied quand il impacte le sol. Des données utiles pour évaluer le degré d’amorti nécessaire pour une chaussure. Yoann est aussi équipé d’un masque pour mesurer sa dépense d’énergie via la consommation d’oxygène pour analyser son économie de course ».

Le laboratoire d’impression 3D au coeur de l’innovation de Decathlon

De la création de la première chaussure de running à la KD900X des années se sont écoulées et des nouvelles technologies sont apparues. La dernière en date : La fabrication additive, plus communément appelée impression 3D, qui commence à apparaître dans l’industrie de la chaussure. Cette nouvelle technologie qui invite notamment le client à prendre part à la conception des produits de demain, pourrait être l’un des créneaux à suivre dans les prochaines années pour imaginer le futur des chaussures de course à pied. Vous n’êtes pas sans savoir que Decathlon mise sur l’innovation depuis maintenant des années, fort de ses départements R&D et conception qui proposent tous les ans des équipements performants, novateurs, pensés pour simplifier la vie de tous les sportifs, quel que soit leur niveau. Une des façons de la marque nordiste d’atteindre ce niveau de créativité est l’impression 3D : Decathlon a créé son propre laboratoire dédié à la fabrication additive qui vient changer radicalement leur façon de produire.

Assez logiquement, nous terminons cette visite en beauté par un tour au laboratoire d’impression 3D avec Julien Guillen, Leader Additive Manufacturing, qui a été un des hommes à importer l’impression 3D dans le processus de conception et d’industrialisation des produits Decathlon. Il nous en dit plus sur les usages ainsi que les enjeux de la technologie au sein de Decathlon : « L’impression 3D est une technique de production d’objets. Ces objets peuvent servir au SAV, au prototypage d’un objet ou à la réalisation d’un tout nouveau produit. Grâce à l’impression 3D, les possibilités de création sont presque infinies. On accompagne toute la chaîne de la valeur de l’entreprise à travers cette belle technologie, de la phase de prototypage jusqu’au produit fini. Et entre les deux, il se passe plein de choses. Il y a tout une équipe dédiée à l’impression 3D qui n’est pas un processus de fabrication de masse mais qui permet d’apporter une réponse plus personnelle à chaque athlète qui est unique. L’idée étant de répondre toujours plus à chaque besoin. On sort près de 1400 projets par mois tous sports confondus. »

Leçon de passion

Ce qu’on retient au-delà de l’expérience inédite, c’est la découverte de personnes réellement passionnées par leur métier et par l’innovation. Si on passe outre les installations dignes d’une entreprise comme Decathlon, notamment dans le laboratoire de tests, on aurait presque l’impression d’être chez une jeune PME qui aime plus que tout inventer de nouvelles choses et qui n’aurait pas pris conscience de son succès. Si on devait résumer cette visite chez KIPRUN en un mot, ce serait « passion ». Les personnes à qui nous avons parlé, la transparence dont la marque a fait preuve en nous accueillant aussi… Tout respire la passion chez Decathlon, une passion du running qu’on a rarement ressentie aussi forte ailleurs. Avec autant de personnes expérimentées à la barre, nous n’avons aucun doute sur le fait que KIPRUN sait où elle va. Voilà, il est temps de refermer la porte de l’univers KIPRUN et on espère que, comme nous, quand vous cliquerez la prochaine fois pour valider votre panier, vous aurez une meilleure idée de comment cela se passe en coulisses. On vous laisse, la visite nous a donné envie d’aller courir !

Retrouvez tous les produits et services KIPRUN, en cliquant ici.

Crédits photos : STADION & KIPRUN

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