On a suivi un entraînement de Wilhem Belocian à l’INSEP avant Belgrade

17 mars 2022 à 11:45

Ce samedi 12 mars, à huit jours de son entrée en lice aux Championnats du monde en salle de Belgrade, nous avons assisté à l’un des derniers entraînements de Wilhem Belocian à l’INSEP. L’occasion pour le champion d’Europe du 60 m haies l’an dernier à Torun de se confier sur la saison passée et d’évoquer ses prochains objectifs, notamment celui de ramener une médaille de son voyage en Serbie ce dimanche. Entretien !

L’interview vous est présentée par

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Wilhem, comment allez-vous ? On vous imagine satisfait après avoir conservé votre titre de champion de France à Miramas…

Vraiment, ça va. Je me sens bien, donc ça c’est cool. Vraiment content de ce que je produis durant ce début de saison, et même durant toute la saison entière on va dire, on est sur la phase finale. Je suis bien content d’avoir conservé mon titre de champion de France, c’était quand même l’objectif et c’est bien car ça me permettait une qualification directe pour les championnats du monde. Du coup j’ai moins de stress et un œil tourné vers la préparation tranquillement.

Quel bilan tirez-vous de votre saison hivernale ?

Pour l’instant, un bilan très positif. De bonnes choses ont été réalisées. Le chrono n’est pas encore descendu à la hauteur de mes espérances mais je pense que ça pourra descendre aux championnats du monde, vu que là on est en train de travailler les détails et tout. C’est cool.

Si nous revenons sur les Jeux olympiques de Tokyo, quel était votre état d’esprit après les séries ? (Malheureusement disqualifié pour avoir touché une haie, ndlr).

En fait, c’était assez compliqué. Je me présente sur la ligne de départ avec un couteau entre les dents. Parce que quelques semaines avant, je me fais une rupture, mais je ne le savais pas, du semi tendineux. Ça a été mal diagnostiqué, du coup je me suis dit « bon, ce n’est pas grand-chose, je continue à me remobiliser et à préparer les Jeux. Je me suis entraîné depuis longtemps donc ce n’est pas aujourd’hui que je vais renoncer, je donne le meilleur de moi-même et si ça passe, c’est très bien, si ça ne passe pas, au moins je sais que j’aurai tout donné ». Il s’avère que pendant la série, je prends le départ en mode guerrier. Ça ne passe pas, parce que je suis à contre-temps, pas le rythme, le mental non plus, il a lâché… Donc je ne vais pas dire que je lâche, mais je n’avais pas les jambes qui me permettaient de combattre ce jour-là. Quelques jours après, j’apprends que c’est une rupture du tendon, donc c’était un peu compliqué de performer avec cela. Donc au moins, je sais que je me suis présenté coûte que coûte et que j’ai tout donné lors de cette série.

Est-ce que l’envie est revenue vite après ? Vous êtes-vous rapidement dit « ça y est, c’est derrière » ?

C’est un peu compliqué de digérer cela tout de suite. Parce que c’était mes deuxièmes Jeux olympiques et je n’étais pas en mode « revanchard » sur ces Jeux, j’arrivais vraiment avec de grandes ambitions. Du coup, je me suis dit « Deuxième échec aux Jeux… Qu’est-ce qu’il se passe encore… », plein de questions. Mais après, je sais que je suis suivi par mon staff médical et mon staff psychologique, donc on a fait un gros travail, et j’ai réussi à switcher et me remobiliser pour repartir m’entraîner convenablement pour préparer les échéances à venir.

Que vous a apporté votre titre de champion d’Europe acquis l’an dernier à Torun ?

Ça m’a apporté beaucoup de choses parce que c’est un titre pour lequel… En fait, ça récompense pas mal de choses. Premièrement moi, parce que je sais que je n’ai pas lâché. Après 2016, j’ai subi quand même pas mal de pépins et c’était la récompense de ces quatre années de travail, de dur labeur. Je me récompense moi, et je récompense aussi les gens qui sont à mes côtés, qui me soutiennent et qui m’accompagnent dans mon projet.

Commencez-vous à ressentir les progrès pour lesquels vous travaillez, au niveau technique ? Sentez-vous que votre technique s’améliore au fil des saisons ?

Oui. En fait, on travaille toujours la technique, on peaufine. Même si je suis un technicien, ce sont les détails qui comptent. Donc si on peut trouver des détails à améliorer dans la technique… Et Ketty Cham aussi c’est une technicienne, donc on est toujours assidus là-dessus. C’est sûr que oui, chaque année j’améliore ma technique et chaque année il y a peut-être ma vitesse qui s’améliore, peut-être mon engagement qui est mieux… Voilà, pleins de petits détails en fait qui me permettent de progresser petit à petit.

Aujourd’hui, par rapport à l’année dernière, vous sentez-vous plus fort ?

En fait, c’est un peu compliqué de répondre. Parce que l’année dernière, j’ai quand même eu une préparation optimale. J’ai eu très peu de pépins, voire pas du tout pendant la saison hivernale. J’étais vraiment prêt et vraiment bien. Là en fait, j’ai commencé la saison avec le pépin que j’avais eu aux Jeux et quelques pépins que j’ai eu pendant la préparation de la saison. Donc , dire que je suis plus fort aujourd’hui que l’année dernière, je ne sais pas. Mais en tout cas, je me sens bien. Je me sens mieux.

A ce jour, vous êtes le septième performeur mondial de l’année. Dans quel état d’esprit partez-vous à Belgrade ?

C’est sûr que oui, être le septième performeur mondial, ça donne envie de se battre pour un podium. Après, on sait que ça reste un championnat, donc on sait que je me déplace là-bas clairement pour, je ne dirais pas défendre mon titre, parce que je n’ai pas encore de titre mondial, mais défendre mes chances de monter sur le podium. Donc vraiment un état d’esprit de guerrier. Je dirais même affamé. C’est un mot peut-être assez fort, mais affamé pour continuer sur cette progression que j’ai depuis l’année dernière.

D’après-vous, qu’est-ce qui pourrait faire la différence pour avoir la médaille d’or ?

Vraiment, je pense que ça va se jouer clairement au mental, parce qu’on a tous les tours le même jour. Donc vraiment, ça va se jouer au mental, c‘est ça qui va faire la différence avec les petits détails qu’on aura pu travailler à l’entraînement.

Que pensez-vous des nouvelles tenues proposées par adidas pour habiller l’équipe de France ?

adidas, ils sont quand même bien en tant qu’équipementier national. C’est une belle tenue, j’ai pu l’essayer. La matière qui constitue la tenue est vraiment bien, donc vraiment tout est fait pour nous permettre de nous sentir bien dans la tenue et de performer, parce qu’il y a quand même des trucs qui sont intéressants sur la posture comme l’aérodynamisme etc. Donc c’est vraiment une bonne tenue.

Pour rester dans le domaine des équipementiers, comment se passe votre partenariat avec Puma ? Entretenez-vous de bonnes relations ? Quelle paire de pointes utilisez-vous, et qu’en pensez-vous ?

Oui vraiment, je suis bien content d’être chez Puma. J’avoue que j’avais un peu peur au début, par rapport à ce que j’entendais des athlètes sponsorisés des années précédentes. Mais je sais que là, ils ont fait un très beau travail et je suis satisfait de tous les produits que j’ai. Notamment les pointes, c’était vraiment le point important et ils ont vraiment changé leurs pointes et fait de beaux produits. J’utilise les Evospeed Tokyo Future, et c’est une paire de pointes qui me correspond parfaitement. J’ai fait le choix de ne pas utiliser les carbone, parce que ça ne me correspond pas au niveau de mon pied.

Effectivement, on a remarqué que vous ne portiez pas de chaussures carbone. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi elles ne correspondent pas à votre pied ?

En gros, j’ai essayé les carbone, j’ai essayé vraiment toutes les pointes et moi je suis assez en pied, et je ne me sens pas bien. En fait j’utilise beaucoup mon pied, je suis très proprioceptif et ça inhibe mon côté proprioceptif et je n’aime pas du tout. Donc je me sens plus à l’aise avec une paire de pointes classiques. En même temps je me dis que si je dois améliorer mes performances, c’est vraiment sans aide technologique.

Si nous revenons sur votre séance d’aujourd’hui, vous avez fait une séance de résistance avec l’appareil 1080 sprint, pouvez-vous nous expliquer les bienfaits d’un tel appareil sur un entraînement ?

En fait, le 1080 c’est comme un chariot. C’est un chariot, sauf que la résistance elle est constante, pas comme un chariot qui glisse sous le sol où quand tu as de la vitesse, ça va plus vite. Là, la vitesse reste constante donc tu peux savoir au millimètre près qu’à tel appui tu as été un peu plus faible que l’autre etc. C’est vraiment minutieux. C’est comme ça qu’on est sur les détails donc c’est super important d’avoir une machine comme celle-ci. Et pourquoi la faire actuellement, c’est qu’en fait on est toujours à la recherche d’optimiser le départ, surtout sur les haies. Donc c’est une machine qui permet vraiment de travailler la poussée, on peut travailler en survitesse aussi mais là on était vraiment sur de la poussée. Et avec une charge entre les deux pour me permettre de travailler la puissance. Donc affaire à suivre !

« J’entraîne Wilhem depuis 2014. Je le connais par cœur et il me connaît par cœur. Notre relation en est au point où un regard nous suffit pour se comprendre. Mais on continue encore à apprendre à se connaître. Notre relation bien sûr va au-delà de la relation entraîneur-athlète. Mais je me dois tout de même, lorsque nous sommes à l’entraînement ou en compétition, de garder cette casquette. Après les Jeux de Tokyo nous nous sommes vus à plusieurs reprises pour débriefer. Ça a été très dur pour tous les deux. On a pris le temps qu’il fallait et j’ai posé les bases de la reprise. J’ai structuré son encadrement avec une relation plus étroite avec le staff médical, j’ai mis en place une cellule psychologique avec sa psychologue et sa préparatrice mentale. Nous nous voyons régulièrement à 2, à 3 ou à 4 pour avancer avec Wilhem. Je ne sais pas si je peux les nommer. J’ai également intégré Stéphane Caristan comme je dirai « accompagnateur à la perf ». Nous avons également la cellule perf de l’INSEP et de la Fédération Française d’Athlétisme qui nous accompagne dans l’analyse et la recherche de la perf. À l’approche des Mondiaux, Wilhem est bien. Concentré. À l’écoute. Les derniers entraînements se passent bien. La saison estivale est riche en événements internationaux. On va donc se préparer à tout ça. On espère toujours de belles choses, c’est pour ça qu’il s’entraîne si dur et loin si longtemps de sa famille. »

Ketty Cham

Entraîneure de Wilhem Belocian

Texte : Emeline Pichon
Crédits photos : Solène Decosta / STADION

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