Aurélien Dunand-Pallaz pulvérise le record du GR20 en 27h29 en Corse

25 septembre 2026 à 8:59

La fin de saison 2026 d’ultra-trail n’en finit plus de repousser les limites. Après les mémorables victoires de Ben Dhiman et de Blandine L’Hirondel sur l’UTMB, puis la troisième place scratch historique de Katharina Hartmuth sur le Tor des Géants 330, c’est au tour d’Aurélien Dunand-Pallaz de marquer cette fin d’année d’une pierre blanche. Le Français vient de signer une performance majuscule sur le GR20. Parti jeudi matin à 5 heures, il a traversé la Corse en 27h29, entre Calenzana et Conca, pour établir une nouvelle référence sur les quelque 166 kilomètres et 12 000 m de dénivelé positif du mythique sentier corse.

Aurélien Dunand-Pallaz n’aura pas multiplié les dossards prestigieux en 2026. Là où certains auront construit leur saison autour des grandes échéances de l’ultra-trail mondial, le Français a fait un choix radical. Consacrer l’essentiel de son année à un seul objectif, le GR20. Un terrain qu’il connaît désormais intimement. Ces dernières années, il l’a reconnu à plusieurs reprises, jusqu’à le parcourir en quatre jours, puis en trois jours. À force de le fréquenter, d’en mémoriser les pièges, les passages techniques, les enchaînements et les changements de rythme, le traileur savoyard a fini par transformer ce qui constitue l’un des terrains les plus exigeants de l’ultra-trail en un territoire presque familier. Une préparation minutieuse, pensée pour une tentative hors norme. Il restait désormais à savoir jusqu’où cette connaissance du terrain pouvait l’emmener.

 

Un rythme effréné dès les premiers kilomètres

La réponse n’a pas tardé. Dès les premières heures, Aurélien Dunand-Pallaz imprime un rythme qui surprend jusqu’à ses propres accompagnateurs. Et pas n’importe lesquels. Diego Pazos, Arthur Joyeux-Bouillon ou encore Théo Detienne, habitués aux efforts de très longue durée, sont embarqués dans cette aventure comme pacers. Pourtant, par moments, ils semblent eux-mêmes devoir s’employer pour suivre l’athlète de 33 ans.

Sur les portions les plus techniques, là où le GR20 impose normalement de lever le pied, Dunand-Pallaz continue d’avancer à une cadence effrénée. La question devient alors inévitable. N’est-il pas en train d’aller trop vite ? Le GR20 ne pardonne pas. 166 kilomètres, 12 000 m D+, des sections particulièrement cassantes et une deuxième partie de parcours qui plonge dans une longue nuit. Une équation qui incite davantage à la prudence qu’à l’emballement. D’autant que la référence à battre est celle de François d’Haene (29h46 en juillet dernier).

 

 

L’avance grandit, le record se rapproche

Mais Aurélien Dunand-Pallaz ne craque pas. Mieux. Son avance sur le temps de référence de François d’Haene ne cesse de grandir. Au fur et à mesure des kilomètres, des ascensions, des descentes et des interminables blocs rocheux du GR20, le Français conserve son allure. Là où les observateurs pouvaient imaginer une explosion en vol, il n’y aura finalement rien de tel.

Le vainqueur de la Diagonale des Fous 2023 ne semble ni subir son rythme, ni payer ses premières heures à toute vitesse. Il déroule. Avec cette impression de facilité qui peut être trompeuse sur une épreuve aussi longue, mais qui, cette fois, traduit surtout une préparation parfaitement calibrée. Le lauréat de la Hardrock 100 en 2023 démontre une nouvelle fois cette capacité à tenir des intensités très élevées sur des efforts hors norme. Au fil de la nuit, le scénario ne se renverse pas. Il se confirme. Le record est désormais à portée de main.

 

 

Une dernière partie de parcours à savourer

À 17 kilomètres de Conca, au col de Bavella, Aurélien Dunand-Pallaz connaît toutefois une légère baisse de régime, mais l’essentiel est fait. L’avance accumulée est suffisamment importante pour lui permettre d’aborder les derniers kilomètres avec une relative sérénité. Le chrono est désormais hors de danger. Il reste à aller chercher cette arrivée à Conca, celle pour laquelle il aura consacré une saison entière. Et à savourer. Lorsque le Français franchit enfin la ligne, le chronomètre affiche 27h29, le record est pulvérisé, et près de 2h15 sont retranchées à la précédente marque de référence.

 

 

« Je rêvais de moins de 28 heures »

Mais au-delà du record, c’est peut-être l’émotion qui restera comme l’une des images fortes de cette traversée. À l’arrivée, après plus de 27 heures d’effort, Aurélien Dunand-Pallaz s’effondre en sanglots avant de se poser enfin sur une pierre. Le défi est accompli et le nouveau record est homologué par la Ligue corse de la FFME. Après une telle performance, même l’intéressé semble mesurer progressivement ce qu’il vient d’accomplir, sur l’un des sentiers les plus mythiques de la planète trail : « Je pensais parvenir à réaliser moins de 29 heures. Secrètement, je m’étais fixé 28 heures 30, et je rêvais de moins de 28 heures ». Chapeau bas.

Crédits photos : Rising Story

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