Marseille-Cassis : Hassan Chahdi s’est régalé, et nous aussi !

Il y a 4 semaines

La barre de l’heure de course a été dépassée de peu ce dimanche matin par Hassan Chahdi, vainqueur de cette 43e édition du Marseille-Cassis. Le spécialiste tricolore du marathon a bouclé les 20 kilomètres entre l’Orange Vélodrome de Marseille et l’arrivée sur les hauteurs de Cassis en 1h00’43. Chez les dames, dans une course dominée par l’Ethiopienne Addisie Mislenew Andualem en 1h08’48, la Française Mekdes Woldu s’est classée troisième à douze secondes en 1h09’00. Nous étions dans le peloton de tête pour vous faire vivre l’événement. De quoi s’en mettre plein les mirettes à quelques mètres des chasseurs de chronos. Immersion totale pendant 20 km de bonheur sous un soleil radieux.

Marseille-Cassis derrière un bolide, ça ne se refuse pas et on a foncé tête baissée. Pour la deuxième fois après 2021, nous ne faisions pas partie des milliers de téléspectateurs fixés devant leur écran pour regarder l’épreuve. Nous avons été invités par l’organisation à (re)découvrir, à l’arrière d’une moto-presse, ce qu’on ne voit pas derrière nos postes. Observer les visages et scruter les efforts des coureurs, en souffrance dans les montées et à pleine vitesse dans les descentes. Toujours impressionnant. Un pur bonheur !

 

 

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Un départ sur les chapeaux de roue

Le rendez-vous est donné sur la ligne de départ, boulevard Michelet, à 8h00 avec le chef des motards avec qui nous allons suivre le groupe de tête. Dans le carré des pilotes, l’ambiance est chaleureuse. Les coureurs vont être gâtés, avec du soleil pendant toute la course. Nous démarrons pleins gaz ! À 9 heures pétantes, les cadors s’élancent au pied de l’Orange Vélodrome pour une bonne heure d’effort. Il faut dire que l’équipe organisatrice a une nouvelle fois sorti l’artillerie lourde avec plusieurs des meilleurs marathoniens français au départ, pour qu’une performance sous l’heure puisse y être réalisée. Avec l’obélisque de Mazargues en point de mire, ils sont huit à s’être détachés d’entrée. Sont notamment présents côté Français les principaux prétendants à la victoire, à commencer par Hassan Chahdi parti pied au plancher, sûr de ses forces, et Félix Bour, le vainqueur de l’an passé.

Nous redécouvrons la sensation que vivent les coureurs et coureuses lorsqu’ils courent à vive allure au milieu de la foule. Les bords de route respirent la joie, la bonne humeur, la fête. Le public est là pour profiter et ça se voit. Nous étions salués, applaudis, acclamés comme si nous étions en train de tout donner baskets aux pieds. Alors que nous avions juste à bien nous accrocher. Le chef motard salue régulièrement la foule, les sympathiques bénévoles aux ravitaillements et les groupes de danse qui le lui rendent immédiatement. Les clameurs sont déformées par la vitesse, mais la joie et l’enthousiasme sont partout sur les visages.

 

Premiers écarts qui se creusent à la Gineste

Nous voici au contact des trois hommes de tête, Hassan Chahdi, l’Éthiopien Teresa Nyakora, et un peu plus loin Félix Bour. On entend la douce sonorité du souffle des coureurs, mais pas un mot. Juste l’effort. Nous observons les visages tirés des coureurs déterminés à rallier l’arrivée et à tout donner. Teresa Nyakora sera le premier attaquant au 7e km et fait un gros dégât à l’arrière. Nous nous sommes régulièrement arrêtés sur les bas-côtés pour immortaliser sous plusieurs angles les jolies foulées. Clic-clac, c’est dans la boîte. Pas de temps à perdre, nous reprenons la route. Au compteur de la moto, l’aiguille avoisine allégrement les 50 km/h. Deux coups d’accélérateur, quelques virages et faufilements savamment maîtrisés dignes de Mario Kart, nous recollons aux roues de la tête de course, avant de la dépasser, s’arrêter, prendre des clichés et repartir à l’arrière des premiers coureurs, puis recommencer la manœuvre. Il faut bien se cramponner aux poignées car les freinages bien qu’assurés sont énergiques, sensations garanties !

 

 

On y est. Principale difficulté du tracé, la fameuse ascension du Col de la Gineste, avec son point culminant de 327 mètres de dénivelé et sa montée d’environ 5 km, offre une vue panoramique époustouflante sur la cité phocéenne. Monter la Gineste, c’est comme gravir la Tour Eiffel ! Un lieu somptueux qui traverse le massif du Parc National des Calanques et ses imposantes collines. Malgré cela, la beauté des paysages ne fait certainement pas oublier la douleur des quadriceps et des mollets ! Le chrono au 10e kilomètre est sans appel : 32’11 (contre 28’32 du 10e au 20e km). 

 

Hassan Chahdi fait la différence dans la descente

La course se tend et le rythme s’accélère. Seul devant jusqu’au 11e km, le fondeur éthiopien a buté au début de la descente et a surtout été avalé par Hassan Chahdi, visiblement dans un grand jour. Le dernier cité, qui vient de claquer 28’20 sur 10 km dimanche dernier sur la Voie Royale de Saint-Denis, est en confiance sur cette fin de course « toboggan » en direction des hauts de Cassis au coeur des vignes de Provence. Le sociétaire de l’AL Voiron portait l’estocade pour voir un véritable trou se former à l’avant de la course. Sauf énorme défaillance, on se dit qu’il ne sera plus jamais rattrapé et sera le premier des 18 000 champions à rallier la ligne d’arrivée.

 

Un public nombreux à Cassis

Pour pouvoir capturer les images du futur vainqueur sur la ligne d’arrivée, nous laissons nos valeureux échappés dans le rétroviseur. À quatre kilomètres du terme, dans la longue descente en pente qui mène vers les vignobles de Cassis, nous décrochons à vive allure. Dernier temps fort : à 1 km de l’arrivée ou des centaines de spectateurs se sont massés le long des barrières. Assis, debout, sur le trottoir, aux fenêtres, familles, touristes, aficionados de l’événement, spectateurs de tous âges sont massés dans les rues. Impressionnant ! La voix des speakers arrive jusqu’à nos oreilles. Une dizaine de personnes ont sorti leurs appareils photos pour immortaliser les visages pleins de joie et de souffrance. Au revoir et merci pilote, c’était top !

 

« J’ai pris des risques »

Cinq minutes plus tard, c’est dans une dernière ligne droite surchauffée, et pleine à craquer, qu’Hassan Chahdi, sixième meilleur performeur français de tous les temps sur marathon (2h08’11 à Séville en 2022) a pu savourer sa victoire en 1h00’46 avec le public , qui l’a vu terminer premier Français en 2018 (8e au scratch en 1h02’14). « Je suis parti assez vite et j’ai pris des risques. C’était une course que je préparais depuis quelques mois et donc je suis très content d’avoir gagné. C’était un peu dur en haut du Col de la Gineste, j’étais un peu dans le mal mais j’ai essayé de relancer pour garder un petit écart avec l’Ethiopien mais je n’ai pas réussi à recoller tout de suite. Il a un peu craqué sur la fin de la montée et j’ai senti qu’il ralentissait donc je voulais absolument le rattraper en haut de la côte, et c’est ce que j’ai fait. Sur la descente, il n’accélérait pas plus que ça et j’ai réussi à relancer, à mettre du rythme dans ma foulée, pour le décrocher. Le parcours, il est magnifique, je l’avais déjà fait en 2018, et aujourd’hui il y avait de superbes conditions avec un beau soleil. Quand on arrive à Cassis, avec tout le monde sur les bords de la route, c’est magnifique. »

 

 

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Félix Bour en forme avant Valence

Si Hassan Chahdi est toutefois resté à distance du record de l’épreuve détenu par le Kényan Edwyn Kipyego (57’18 en 2015), il est passé près du meilleur chrono de référence réalisé par un athlète français sur Marseille-Cassis (James Theuri en 1h00’19). Quelques secondes plus tard, c’est au tour de Teresa Nyakora (1h01’29) et de Félix Bour (1h01’42) de compléter le podium qui a fière allure. « Aujourd’hui, je pense que je suis tombé sur plus fort que moi, affirme le lauréat 2021. Hassan était dans un grand jour. J’ai vraiment essayé de gérer ma course pour aller chercher la troisième place, c’est chose faite, et je suis content de monter une deuxième fois sur le podium à Marseille-Cassis. Je réalise un meilleur chrono que l’an dernier (1h02’03, ndlr) et c’est un peu la surprise. Avec la prépa marathon, on a fait de grosses semaines en montant à 180 km. Cela signifie que j’ai bien encaissé le premier bloc. Il reste le deuxième qui va arriver à partir de la semaine prochaine, on est sur la bonne voie pour Valence le 4 décembre ».

 

 

Plusieurs autres spécialistes des 42,195 km se sont aussi mis en évidence et ont intégré le top 10 : Duncan Perrillat (6e en 1h03’20), Nicolas Navarro (7e en 1h03’26) et Thomas Fontenelle (9e en 1h03’36).

 

Mekdes Woldu, heureuse troisième

Chez les féminines, très belle bagarre en tête de la course qui a été remportée par l’Ethiopienne Addisie Mislenew Andualem, en 1h08’48, neuf secondes devant sa compatriote Betelihem Afenigus Yemer (1h08’57) et douze secondes devant Mekdes Woldu (1h09’00, contre 1h13’24 lors de sa victoire en 2021). « Je ne finis pas très loin mais j’ai donné mon maximum pour accrocher le podium. Je suis très contente de cette troisième place, et en plus le chrono il est super ! », souligne la championne de France 2021 du 10 000 m, 10 km et semi-marathon, qui part à partir de jeudi pour un stage de cinq semaines au Kenya afin de préparer son premier marathon à Séville le 19 février. À noter, la cinquième place de Léonie Périault (1h10’59), médaillée de bronze aux JO de Tokyo en triathlon dans l’épreuve relais mixte. 

 

 

Un succès sportif et populaire

Le chronomètre en haut de l’arche tourne depuis déjà plus de deux heures, les arrivées se succèdent. C’est le moment où cette course mythique prend une saveur toute particulière. Les incroyables performances des fondeurs tricolores et des hauts plateaux n’en ont pas pour autant fait oublier les efforts des milliers d’anonymes qui ont aussi réalisé un exploit en franchissant la ligne d’arrivée. Difficile de croire que lors de la première édition en 1978, seulement 700 concurrents étaient au départ. Il y en avait 18 071 dans le peloton ce matin. Tous sont repartis avec une belle médaille pour leur rappeler que peu importe le chrono, ils ont tous atteint leurs objectifs : finir leur course.

 

 

De nombreuses personnalités sportives et médiatiques, s’étaient données rendez-vous sur le bitume marseillais. C’est ainsi qu’un certain Claude Dartois, candidat emblématique de Koh-Lanta, a terminé 564e en 1h26’39.

Tous les résultats de Marseille-Cassis, en cliquant ici.

Crédits photos : STADION

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