Meeting National de l’Est Lyonnais : Louis Gilavert a dégainé

05 mai 2024 à 10:12

Les demi-fondeurs français ont parfaitement lancé leur saison estivale au Meeting National de l’Est Lyonnais à Décines-Charpieu ce samedi. Malgré une fin de réunion fortement perturbée par la pluie, Louis Gilavert et Alexis Miellet se sont acquittés des minima européens sur 3000 m steeple. Charlotte Pizzo, Corentin Le Clézio et Paul Anselmini ont donné satisfaction sur 800 m. Etienne Daguinos et Sarah Madeleine se sont illustrés avec la manière sur 5000 m. Jimmy Gressier et Yann Schrub quant à eux se sont mis en évidence sur 1500 m, dans une course où sept athlètes sont descendus sous les 3’37. On regarde tous les résultats ensemble !

Après des stages de préparation de plusieurs semaines, les athlètes ont retrouvé la compétition avec une grosse envie ce samedi au Meeting National de l’Est Lyonnais, et certains ont réussi à accomplir des performances de premier plan. C’est le cas de Louis Gilavert qui a renoué avec sa distance fétiche, 624 jours après sa dernière apparition sur 3000 m steeple et la finale des Championnats d’Europe de Munich le 19 août 2022. Pas épargné pas des pépins physiques qui l’ont contraint à tirer un trait sur sa saison estivale 2023, l’élève de Thierry Choffin n’a pas égaré sa foulée à l’infirmerie, et reprend le fil d’une carrière qui, sauf mauvaise surprise, devrait le mener au Stade de France cet été pour ses deuxièmes JO.

 

Alexis Miellet comme un poisson dans l’eau

Après un départ tout en gestion (passage au 1000 m en 2’46″08 puis 2000 m en 5’33″69), le pensionnaire du Pays de Fontainebleau Athlétisme a pris les commandes des opérations à 600 mètres de l’arrivée, emmenant sur son porte-bagage Alexis Miellet. Le dernier cité, en parfait finisheur (champion de France Elite sur 1500 m en 2018, 2019 et 2020) a accéléré à la cloche pour passer en tête. Le Dijonnais effectuait ses premières foulées sur une discipline qui demande des réglages et de l’expérience. Et il l’a appris à ses dépens.

Une erreur lui a valu un spectaculaire plongeon dans la dernière rivière et l’a privé de la victoire qui revient à Louis Gilavert lequel a pris le temps de célébrer son succès dans la dernière ligne droite. Les deux athlètes sélectionnés aux JO de Tokyo en 2021 sont crédités de 8’24″20 et de 8’24″94, se débarrassant des minima (fixés à 8’25″00) pour les Championnats d’Europe de Rome (7 au 12 juin).

 

« Je sais que le chrono va descendre »

Toutefois, avec le niveau relevé de la discipline dans l’Hexagone, ils savent par avance que ces performances ne devraient sans doute pas suffire pour faire leurs valises pour la capitale italienne cet été.  « Voilà une bonne manière de rentrer dans ma saison !, nous confie Louis Gilavert (record en 8’19″79 en 2021). Je suis vraiment content de retrouver les barrières et la compétition. J’ai pris un départ hyper prudent, je n’étais pas à l’aise dans mes franchissements d’obstacles et je suis arrivé de la mauvaise jambe sur quasi toutes mes rivières donc je piétine pas mal. Je ne me fais pas de souci pour la suite, je sais que le chrono va descendre en prenant plus de risques et en courant devant ». À la recherche du temps perdu, ses bobos ne se sont plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir.

« C’est le métier qui rentre !, sourit Alexis Miellet. Je me suis baptisé sur le 3000 m steeple pour le reste de ma carrière. C’est un combat sur chaque barrière. Ce sera à moi d’arriver plus lucide la prochaine fois. Il y a aussi Djilali Bedrani et Nicolas-Marie Daru qui sont devant moi mais il me restera au moins une possibilité pour améliorer mon chrono et essayer de gagner ma place. Cette course montre que je suis dans le vrai et que mon projet tient debout, parce qu’aujourd’hui sans la chute, il y avait 8’21 ou 8’22. »

 

Charlotte Pizzo impériale

Sur le double tour de piste, Charlotte Pizzo s’est adjugée une victoire convaincante en 2’00″96. Calée dans la foulée du lièvre Farah Clerc, la championne de France Elite en salle 2023 était sur les bases de deux minutes à l’entame du dernier 400 m (58″55) et prenait ses responsabilités pour finir en trombe dans le temps de 2’00″96, à seulement un dixième de son record personnel (2’00″86 en 2021 à Marseille).

 

 

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« J’étais venue pour faire les minima pour les championnats d’Europe (2’00″00). Il fallait que je batte mon record pour une course de rentrée. Je n’ai pas réussi, je me suis faite avoir dans la dernière ligne droite avec le vent, j’ai vu la lumière s’éloigner petit à petit. C’est un peu dommage, mais c’était une bonne course, Farah a très bien lièvrée comme d’habitude. C’est de bon augure pour la suite, je n’étais pas très loin. Je participe aux Interclubs sur 400 m la semaine prochaine, mais je ne sais pas encore où est ce que je vais courir ensuite ». On soulignera évidemment les 2’01″61 de Bérénice Cleyet-Merle (2e) et les 2’02″80 de Julia Chérot (3e) qui repartent de la cité des Gones avec un record personnel dans leurs bagages.

 

Record personnel pour Corentin Le Clezio, Paul Anselmini s’en rapproche

Il y a quelques mois, Corentin Le Clezio, vice-champion de France Elite en salle 2024 sur 800 m, a donné une nouvelle orientation à sa carrière en décidant de faire confiance à un nouveau coach. Et les débuts sont particulièrement encourageants avec des progrès constants, comme en atteste son nouveau temps de référence en 1’45″24 (ancien : 1’45″61). Même si le sociétaire de l’EA Cergy-Pontoise n’a pas remporté le 800 m du Meeting National de l’Est Lyonnais, dominé par l’Italien Catalin Tecuceanu (1’44″85), cette performance sonne comme une victoire mais il n’a pas du tout l’intention d’en rester là. « Je sors d’un mois de stage en altitude à Font-Romeu. Aujourd’hui, j’ai réussi à partir un peu plus vite en étant au contact avec les gars, ce qui fait que je me sens bien dans la bataille et que j’arrive à mieux finir. L’objectif, dans un premier temps, c’est de réaliser les minima européens (1’45″20). Direction les Interclubs dimanche prochain sur 1500 m avec ensuite deux 800 m à Montreuil (16 mai) et à Marseille (22 mai). »

 

 

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Médaillé de bronze aux Championnats d’Europe U23 à Espoo l’été dernier, Paul Anselmini, quatrième du 800 m, s’est approché à deux centièmes de son record en 1’45″44 : « C’est une super rentrée, ça me donne de la confiance pour la suite. J’ai de grandes ambitions cet été, je ne vais pas m’en cacher malgré le niveau français. Je passe un petit coucou à mon club de l’EFCO qui a toujours cru en moi et que je vais retrouver dimanche aux Interclubs ». Ses concurrents ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas prévenus.

 

Sarah Madeleine enchante sous la pluie

Si les belles victoires se remportent dans la douleur, alors celle-ci est vraiment jolie. En fin de soirée au Meeting National de l’Est Lyonnais, les conditions étaient dantesques sur 5000 m. Les demi-fondeuses ont vu leur course retardée, à cause d’une défaillance du chronomètre électrique, due aux intempéries. Finalement, le départ a pu avoir lieu. Les courageux spectateurs ont pu admirer la superbe course en solitaire de Sarah Madeleine. L’athlète supervisée par Bastien Perraux, principale cheville ouvrière du MNEL, faisait ses premiers pas sur la distance, avec l’ambition de décrocher le précieux sésame pour Rome.

Très costaud mentalement, la fondeuse de l’Entente Franconville Césame Val d’Oise signe une probante victoire en 15’20″18, à cinq secondes de composter son ticket pour la Ville éternelle. Un chrono canon porteur de belles promesses. Désormais quinzième performeuse française de l’histoire, Sarah Madeleine a pris ses marques, de quoi lui permettre d’aborder le prochain 5000 m avec sérénité. L’étudiante en école d’ingénieur à l’INSA Lyon est attendue à Bergen, en Norbge, le 22 mai.

 

 

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« Il s’en est passé des choses en 15 minutes. La course a été retardée pour un souci chronométrique. Nous sommes allées dans une salle pendant un quart d’heure, ce n’était pas évident de gérer l’échauffement. Malgré les conditions, le lièvre a très bien fait son travail. Quand elle s’est écartée au bout de 3000 m, je me suis retrouvée seule, mais je me suis dit qu’il fallait tenter, qu’il fallait faire comme si ces conditions n’existaient pas. Mais, tour après tour, en se retrouvant seule, dès qu’on passait sur la ligne droite principale, le vent ne faisait pas de cadeau. Donc à force, ça pêche, et ça devient difficile sur le dernier 1000 m sachant que la Wavelight accélérait parce qu’elle était programmée pour relancer sur cette dernière partie de course. C’était très difficile, je rate les minimas pour 5 secondes mais c’est très encourageant pour la suite, vu les conditions. »

 

Etienne Daguinos devant Paul Chelimo

Comme on pouvait aisément l’imaginer, les acteurs du 5000 m hommes ont assuré le spectacle au Meeting National de l’Est Lyonnais. Et le rôle principal a été joué par Etienne Daguinos qui a montré qu’il serait un prétendant à minima à un billet pour le rendez continental. Sans aucun complexe, malgré la présence d’un ténor des douze tours et demi, l’Américain Paul Chelimo, vice-champion olympique à Rio en 2016 et médaillé de bronze à Tokyo en 2021. Le fondeur de l’US Talence s’est parfaitement installé dans l’aspiration du meneur d’allure jusqu’au 3000 m (7’54″93) avant de s’accrocher comme un beau diable pour calquer ses foulées sur la lumière verte de la Wavelight programmée sur 13’05 (minima olympiques). Esseulé, la fin de course a été un peu plus difficile mais Etienne Daguinos a signé un succès net et sans bavure en 13’19″77 devant Paul Chelimo (13’21″52). « Les conditions étaient compliquées avec un vent fort où je perdais peut-être une seconde par ligne droite mais réaliser moins de 13’20 en étant la moitié de la course tout seul, je suis content. »

 

 

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7 Français sous les 3’37 sur 1500 m

Sept Tricolores sous les 3’37 dans un même 1500 m. De mémoire de statisticien, c’est du jamais-vu dans l’histoire de l’athlétisme hexagonal. Derrière l’Italien Federico Riva, vainqueur en 3’33″71, deux stars de l’équipe de France ont brillé au Meeting National de l’Est Lyonnais. Avant de se retrouver prochainement sur 10 000 m aux Championnats d’Europe de Rome, Jimmy Gressier et Yann Schrub ont passé un superbe test face à ce qui se fait de mieux en France. Le premier nommé a fêté comme il se doit son 27e anniversaire avec un chrono de 3’34″58, troisième meilleur temps de sa carrière et minima européens (fixés à 3’36″00) en poche. « Je suis venu à Décines pour réaliser les minima olympiques (3’33″50). On était dans une bonne cadence mais au 1000 m (passage en 2’23″90), on laisse partir la Wavelight et je m’aperçois que les minima sont en train de s’envoler. Je décide de réagir dans le dernier tour et il me manque pas grand chose pour passer devant la lumière à l’arrivée », analyse le recordman d’Europe du 5 km (Monaco) et du 10 km (Lille) qui s’est ensuite très aimablement mis au service des spécialistes du 5000 m un peu plus tard dans la soirée. 

Troisième en 3’35″84, Yann Schrub a pulvérisé son record personnel et s’acquitte lui aussi des standards pour Rome. Le champion d’Europe de cross-country 2023 à Bruxelles le 10 décembre dernier nous a avoué avoir eu un sentiment d’infériorité, au vu de la qualité de ses camarades de jeu. « C’était parfait de A à Z mais je pense que j’attaque de beaucoup trop loin, au début de la dernière ligne droite. Je ne me voyais pas gagner contre les milers et j’aurais dû aller suivre devant mais je montre ma base de vitesse. L’ambiance était incroyable, on était tous réunis avec les copains aujourd’hui. »

 

 

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Suivent Flavien Szot (3’36″18, RP), Romain Mornet (3’36″18), Benoît Campion (3’36″39), Djilali Bedrani (3’36″41, RP) et Maël Gouyette (3’36″83), sans oublier Pierrik Jocteur-Monrozier (3’37″28) et Arthur Gervais (3’37″55) qui ont posé des jalons pour la suite de la saison. Comment ne pas avoir un mot pour Nicolas-Marie Daru, champion de France de cross court 2024 à Cap’Découverte, qui a terminé troisième de la finale B en 3’39″11. « J’éclate mon record de quatre secondes. J’avais comme ambition de faire moins de 3’40 donc le contrat est rempli ! »

 

 

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Chez les dames, la Néerlandaise Marissa Damink s’est imposée en 4’08″13, juste devant Charlotte Mouchet (4’10″22), qui coiffe dans la dernière ligne droite l’Italienne Giulia Aprile (4’10″39). Enfin, sur le 3000 m steeple féminin, Leïla Hadji a été la plus rapide en 9’52″36. Pour sa cinquième expérience sur les sept tours et demi avec obstacles, la championne de France Elite du 5000 m en 2021 à Angers s’offre ainsi un nouveau record personnel (ancien : 9’53″91) après un cavalier seul effectué sous la pluie.

(Re)visionnez la compétition dans les conditions du direct, ci-dessous :

 

Tous les résultats du Meeting National de l’Est Lyonnais 2024

Texte : Emma Bert
Crédits photos : Jean-Luc Juvin / STADION

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