On a retrouvé « Barbie et Ken », les vraies stars du Marathon de Paris 2024

09 avril 2024 à 21:57

Si les athlètes éthiopiens et kényans ont une fois de plus ébloui de fort belle manière les passionnés d’athlétisme par leurs performances au Marathon de Paris, il y avait à voir aussi parmi les participants, et notamment Marc et Stan qui ont choisi de courir déguisés en boîtes de poupée « Barbie et Ken ». Un accoutrement qui a rallié sans contestation tous les suffrages des nombreux coureurs et spectateurs présents tout au long du parcours. On a voulu en savoir plus sur eux !

Si vous avez suivi attentivement le Marathon de Paris dimanche devant votre petit écran ou étiez au bord du circuit pour encourager les coureurs, où même faisiez partie du peloton de 54 000 runners, vous n’avez pas pu les rater : Deux coureurs encadrés dans de grosses boîtes roses à la tenue colorée ont apporté de la bonne humeur dans les rues parisiennes.

L’un s’appelle Ken, ou plutôt Marc, débardeur, short, chaussettes jaune fluo, collant vert et perruque blonde. Le second, Barbie, ou Stan, perruque blonde aux cheveux longs, tenue entièrement rose flashy avec un collant à motifs et un tutu de même couleur. Ils ont fait un carton ! Ils n’ont cessé d’attirer les regards et de faire naître des sourires sur les visages des spectateurs et des marathoniens. On a échangé avec le binôme qui a vécu un moment exceptionnel dans la capitale.

 

 
 
 
 
 
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— Marc, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Marc, 59 ans, je dirige une BU (Business Unit) depuis plus de 20 ans, dans un groupe du numérique, Atos. J’habite à Neuilly, j’ai deux enfants de 30 et 27 ans. Je cours depuis vingt ans, depuis mes 40 ans. Avant, j’étais plus axé sport de raquette, comme le squash. J’ai un niveau très amateur, mais je cours dans un club hyper sympa d’une centaine de coureurs, Les Etoiles du 8ème. Il y a tous les niveaux et il y fait bon de s’entraîner. Je pratique plutôt le trail long, mais j’aime bien courir au Marathon de Paris, toujours aux côtés de mon ami de toujours, Stan. Je m’entraîne très peu, une fois dans la semaine, une fois le week-end, trois fois en période marathon.

— Parlez-nous également de Stan !

Stan est un ami de très longue date, de plus de 30 ans, on partage beaucoup de choses ensemble. C’est notre plaisir de courir pour le fun, d’arriver au bout d’un marathon plaisir sous les encouragements qui retentissent tout le long du parcours. On fait durer notre belle histoire d’amitié, on sait que la vie passe vite, on aime bien vivre ces moments d’émotion qui nous permettent de recharger nos batteries quand on court ensemble. 

On s’inscrit souvent sur des grandes distances ensemble, comme à La Diagonale des Fous, à La Réunion, à l’UTMB, à Chamonix. Mais là on ne se déguise pas. On a essayé une fois, la première année où on a tenté la Diagonale des Fous, en 2015. On s’était déguisés en Brice de Nice, avec un petit shorty jaune, une planche de surf, et en fait ce n’était pas une bonne idée. On essaye de faire 80% de nos courses ensemble.

— Combien de marathons avez-vous déjà couru ?

On a compté, c’était le dix-septième ensemble. On en a aussi couru dans d’autres villes mais surtout à Paris. C’était notre douzième Marathon de Paris déguisés ! Au début, on courait normalement, en essayant de faire des temps et on s’est aperçu qu’on n’arriverait jamais à faire des supers chrono, comme moins de 3h30 ou moins de 3h15. A partir de là, on s’est dit qu’on allait passer en mode déguisé, fun, pour se faire encourager, pour créer un peu d’animation. On change de déguisement tous les ans. Celui de cette année était quand même sympa, on a été encouragés comme jamais.

« Nos enfants, nos amis, toute notre famille, tout le club, personne ne sait comment on sera déguisés le jour J »

— D’où vous est venue l’idée folle de vous déguiser en Barbie et Ken au Marathon de Paris ?

Barbie et Ken sont connus mondialement, ils sont universels. Et le contexte était parfait, le film est sorti il y a peu. Même les étrangers nous encourageaient en criant « Hey Ken ! Hey Barbie ! ». Et on leur répondait à chaque fois. Avant nos déguisements étaient plus franco-français, alors que cette fois, tout le monde pouvait nous reconnaître. On cherchait l’idée depuis presque six mois, un an. Dès qu’on termine un marathon, on réfléchit à notre accoutrement pour l’année suivante. Cette année, on s’est dit, on construit des boîtes, on achète des peintures, des autocollants et puis on y va, on se déguise en Barbie & Ken.

— Comment est-ce qu’on se prépare à courir avec une telle contrainte ?

C’est un peu le problème qu’on n’arrive pas à gérer. Tous les ans, on se dit qu’on doit absolument tester le déguisement avant de courir. Et puis, finalement, on n’arrive jamais à vraiment le tester, parce qu’on n’arrive pas à sortir dans la rue comme ça, pour s’entraîner avec une grosse boîte autour de la tête. Donc, on ne teste pas, on court juste trois mètres dans l’appartement.

Tous les ans, quand on commence à descendre les Champs avec le déguisement, on se dit, « ah ben non, ça va être super dur ». Cette année c’était le cas, avec deux grosses contraintes, on n’arrivait pas à respirer dans la boîte, on n’avait pas d’air, donc tout de suite, dès la Concorde, on a eu un gros coup de chaud et on a commencé à souffrir. Ce n’était pas évident, avec les bras qui n’arrivent pas à bouger, qui sont bloqués dans la boîte. On n’avait pas anticipé non plus ! La contrainte, c’est ce qui fait le charme du défi.

— Avez-vous des anecdotes à nous partager sur ce qui entoure vos déguisements ?

On a une tradition : on ne communique pas sur le déguisement avant le marathon. Nos enfants, nos amis, toute notre famille, tout le club, personne ne sait comment on sera déguisés le jour J. C’est la surprise pour tout le monde. On dévoile tous les ans le déguisement à 8h, le jour du marathon, devant l’Arc de Triomphe. C’est le côté sympa où tout le monde fait des supputations. Donc à la fin, on commence à donner le code couleur, deux ou trois jours avant la course.

— Donc l’année prochaine vous serez au départ du Marathon de Paris avec un nouveau déguisement ?

Exactement. On commence à réfléchir. Si vous avez des idées, on est preneurs. Il faut que ce soit à la fois un challenge, il faut trouver un truc qui ne soit pas trop simple mais qu’on puisse quand même courir avec. Mais on sera déguisés l’année prochaine c’est sûr.

— Vous avez eu du succès cette année…

Oui, mais c’est fou, c’est la première année où on a autant été applaudis, autant pris en photo. Les boîtes ont attiré l’œil et on s’est fait remarquer plus que d’habitude. On s’est arrêtés plusieurs centaines de fois. Au ravitaillement, on a pris à chaque fois au moins 20 photos avec des bénévoles. Ils sortaient leur téléphone pour nous prendre en photo.

« On n’a jamais abandonné un marathon, c’est notre obligation »

— Est-ce que c’est le déguisement qui vous a causé le plus de problèmes pour courir ou vous avez eu déjà d’autres déguisements contraignants ?

Il y en a eu d’autres qui étaient pas mal. On s’est déguisés en flamant rose il y a deux ou trois ans. On avait du mal à courir parce que les jambes n’arrivaient pas à vraiment bien bouger. Une autre fois, on s’est déguisés en Schtroumpf avec beaucoup de maquillage bleu sur tout le corps. Avec la transpiration, ça tombait dans les yeux, ce n’était pas simple non plus. Il faut que ce soit contraignant. Si c’est juste des petits déguisements, ils n’impressionnent pas, on n’est pas encouragés donc il faut qu’il y ait quand même des handicaps pour que le public comprenne qu’on souffre un peu.

— Vos objectifs, c’est de vous amuser, de faire rire le public… et courir évidemment ?

L’objectif sur ce Marathon de Paris, c’était de prendre du plaisir, s’amuser, rigoler, et bien sûr finir. Pourtant il y a aussi un peu de souffrance, avec les contraintes qu’on se met pour finir le marathon. C’est pour ça qu’on réalise des temps qui sont énormes, on a mis plus de 5 heures, ce qu’on s’était fixés. Il est vrai que l’on s’en fiche du temps finalement, le but c’est de finir dans les barrières horaires, d’aller au bout. On n’a jamais abandonné un marathon, c’est notre obligation.

On court ensemble, au même rythme. Moi, je m’arrête plus souvent que lui. À chaque fois, il s’arrête pour moi. On court vraiment pour notre histoire d’amitié qui nous unit avec Stan. Pour nous, le marathon, c’est une sorte de totem où on veut prendre du plaisir. On a des vies qui sont un peu stressantes, donc on court vraiment pour le fun, on n’a pas d’objectifs de chrono, et puis à 59 ans ou 60 bientôt, on sait que l’on n’améliorera pas nos temps.

— Vos prochaines courses et objectifs ?

On aimerait beaucoup participer au marathon pour tous en juillet prochain. On serait les plus heureux. De mon côté, je vais aussi courir le trail d’Alsace by UTMB fin mai. C’est une autre histoire : 170 kilomètres, avec un dénivelé positif de 6300 m. Stan s’est inscrit au trail de Bourbon en octobre prochain à La Réunion.

Marc et Stan ont fait un carton au Marathon de Paris !

Propos recueillis par Emma Bert
Crédit photo : STADION

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