Championnats du Monde de Doha : Valentin Lavillenie s’est invité au festin des rois

01 octobre 2019 à 21:33

Dans une finale de la perche de haut vol, Valentin Lavillenie a pris une excellente sixième place aux Mondiaux de Doha (Qatar) ce mardi. En costaud, Quentin Bigot s’est qualifié pour la finale du marteau dès son premier essai. Même réussite pour Djilali Bedrani sur 3000 m steeple qui a dignement fêté son 26e anniversaire.

Qui aurait cru que dix-huit mois après son accident de perche qu’il lui a fracturé le pied gauche, Valentin Lavillenie finirait sixième aux Mondiaux ? Sans doute pas grand monde : « Depuis 2013, j’attends mon retour en finale des Championnats du monde. Cette fois, j’étais acteur ! » Avant chaque saut de la soirée, il recevait des tribunes les précieux conseils de son grand frère, Renaud, spécialement resté à Doha pour supporter son cadet. Et cela lui a été d’un grand soutien : « Depuis la fin des qualifications, il ne m’a pas lâché, c’était mon petit ange gardien ». Après voir dompté une barre à 5,60 m sur les taquets, il vient chercher son beau résultat en franchissant 5,70 m à son deuxième essai. Malgré trois tentatives particulièrement bien engagées à 5,80 m, à deux centimètres de son record, il en restera là. Si le perchiste Clermontois avait eu la bonne idée de passer, il aurait terminé à la quatrième place.

En effet, à cette hauteur, l’écrémage est fait et le podium est déjà dessiné, laissant seuls les trois voltigeurs les plus hauts de l’année : l’Américain Sam Kendricks (5,97 m), le Suédois Armand Duplantis (5,97 m) et le Polonais Piotr Lisek (5,87 m). Finalement, c’est dans ce même ordre que le podium s’est formé. Les amateurs de statistiques vont apprécier : Valentin Lavillenie est le neuvième Français à intégrer le top 8 à la perche lors des Mondiaux, poursuivant une longue tradition tricolore dans la discipline.

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Bigot en mode TGV

Nous avons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, Quentin Bigot s’est qualifié pour la finale de marteau. La mauvaise, nous n’avons pas de photos de lui lors des qualifications. Nos photographes n’ont même pas eu le temps de se mettre en place qu’il avait quitté la piste pour rejoindre au plus vite son hôtel. Premier Français en lice ce mardi, le conducteur de train mosellan n’a pas traîné pour se qualifier pour la finale du marteau. Comme il y a deux ans à Londres, ie lanceur d’Athlétisme Metz Métropole n’a donc enlevé qu’une fois son survêtement. Le temps d’envoyer son marteau à 77,44 m, au-delà de la limite des 76,50 m directement qualificative pour intégrer le top 12 : « Je m’y attendais un petit peu, parce que je savais que j’étais en forme. Mais au niveau de mes sensations sur le jet, je ne croyais pas être aussi loin. J’ai commis quelques petites erreurs sur les deux premiers tours. C’est bon signe, ça veut dire que mon niveau moyen augmente. Je suis content de la manière, car ça me laisse le temps de bien récupérer ».

Demain, celui qui a terminé au pied du podium aux Mondiaux 2017 tentera de décrocher sa première médaille internationale. Un objectif loin d’être utopique pour le onzième performeur de la saison, tant le niveau parait homogène cette année : « Je vais pouvoir me libérer en finale, il n’y aura pas de soucis. Pour les lancers, les conditions sont super bonnes ici. Et je ne suis pas payé pour dire ça ! », apprécie l’athlète entraîné par Pierre-Jean Vazel qui se classe troisième des deux groupes de qualification derrière les Polonais Pawel Fadjek (79,24 m) et Wojciech Nowicki (77,89 m).

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Bedrani s’offre une finale

Après Quentin Bigot au lancer du marteau, c’est Djilali Bedrani qui s’est illustré sur le 3000 m steeple. Le jour de ses 26 ans, le demi-fondeur tricolore n’a pas gâché la fête ! L’élève de Sébastien Gamel décroche sa qualification pour la finale de l’épreuve en se classant deuxième de sa série en 8’13″02, son deuxième meilleur chrono de sa carrière après celui de son record personnel de 8’09″47 réalisé à Monaco en juillet. Dans la série la plus rapide des trois (2’45″51 au 1000 m), le Toulousain, toujours bien placé et lucide dans le final, a assuré l’une des trois premières places, terminant juste derrière l’Éthiopien Getnet Wale (8’12″96). Il s’est évidemment montré très satisfait à l’issue de sa qualification pour la finale : « Je voulais faire dans les trois premiers, c’est chose faite. C’est une bonne chose d’avoir réussi ça le jour de mon anniversaire ! Je suis bien dans ma tête, je suis en forme. Place à la récupération désormais ! ». Costaud. Et s’il allait chercher une médaille vendredi à 20h45 ? Tout semble permis : « En finale, on ne sait jamais ce qui peut se passer, c’est à moi d’y croire le jour-J ». Il ne sera malheureusement pas accompagné par le champion d’Europe 2014 Yoann Kowal qui termine douzième de sa série en 8’37″90.

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Zahi et Sananes ont pris de l’expérience

Pour espérer faire partie de la finale du 400 m féminin, il fallait prendre l’une des deux premières places ou bien espérer figurer parmi les deux repêchées au temps. Placée dans la première demie, Déborah Sananes possédait le moins bon record personnel (51″55). Autant dire que cela aurait été un exploit de la voir passer dans le top 8. Le deuxième tour de piste en deux jours a été compliqué pour la championne de France Elite qui termine septième en 52″24. La course a été survolée par la Bahreïnie Salwa Eid Naser (49″79) : « Je suis un peu déçue de terminer mon parcours individuel sur ce championnat de cette façon-là ». Elle a les moyens d’aller s’offrir une médaille collective avec ses camarades du relais 4×400 m dont les séries sont prévues samedi : « C’est important pour de moi de courir avec les filles qui sont à Doha depuis un moment et qui attendent que ça ».

Sur le demi-tour de piste, Carolle Zahi a terminé cinquième de la deuxième demi-finale du 200 m en 23″03 (+0,4 m/s) et ne se qualifie pas pour la finale. Aucun regret pour la Française qui aurait du pour cela abaisser son record personnel de près de trois dixièmes de seconde : « C’est une expérience à prendre, c’est la première fois que je m’aligne sur le 200 m dans un grand championnat et  je ne peux pas cracher sur une demi-finale ». Valentin Lavillenie Doha Valentin Lavillenie Doha Valentin Lavillenie Doha

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