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Jimmy Gressier : « Je me professionnalise ! »

Auteur d’une saison 2019 remarquable et remarquée, Jimmy Gressier a décidé de se consacrer pleinement à l’athlétisme afin de franchir un cap et viser une carrière internationale. Le triple champion d’Europe espoirs (cross, 5000 m, 10 000 m) préparera la suite de ses objectifs dans sa ville de Boulogne. Bilan et perspectives d’un jeune homme aussi lucide que serein.

Jimmy Gressier s’apprête à prendre un nouveau départ. Au terme d’une longue période de réflexion, le demi-fondeur tricolore a choisi de donner une nouvelle orientation à sa carrière en se professionnalisant. A l’âge où la plupart des jeunes hésitent, lui ne se pose pas la question. Il sait déjà clairement ce qu’il veut : « Je veux en faire mon métier dans les dix ou quinze prochaines années ». Il est comme ça, Jimmy Gressier : déterminé. N’allez pas prendre cela pour un manque d’humilité, c’est juste que, lorsqu’il s’est fixé un défi à relever, il met tout en œuvre pour y parvenir. La professionnalisation, la voilà cette chimère après laquelle court l’athlète de 22 ans et qu’il doit impérativement mettre en oeuvre : « Je me professionnalise. Pour preuve, j’ai intégré une séance de musculation, et désormais je fais des efforts au niveau de mon alimentation et de la récupération ».

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Retour à Boulogne

Pour franchir le palier qui sépare le très haut niveau national et le niveau international, Jimmy Gressier a aussi fait le choix de rester dans la Région des Hauts-de-France. Licencié depuis deux ans à l’USA Liévin, le double champion d’Europe espoirs de cross revient dans son club formateur de Boulogne Athlétic Club : « Il va m’accompagner sur le long terme, jusqu’en 2024 et au-delà. Pour les athlètes de haut niveau, l’environnement à mettre en place (médecin, kiné, coach mental…) coûte cher. Aujourd’hui, je la chance d’avoir une équipe tout autour de moi qui me permet de me projeter sur les quatre prochaines années ».

Le deuxième meilleur performeur français de l’histoire pour un athlète de moins de 23 ans sur 5000 m (13’23″04) ne sera pas dépaysé : le Nordiste reste avec son entraîneur Arnaud Dinielle avec lequel il collabore depuis ses débuts. C’est sous sa coupe qu’il a « explosé » ses chronos et forgé un palmarès exceptionnel. L’international français (16 sélections) a même décliné plusieurs offres (financières) de clubs pour rester avec lui : « Je suis convaincu que l’entraîneur reste le pilier principal de la progression. Il y a une synergie à avoir entre l’athlète et l’entraîneur et pour l’instant, avec Arnaud, ça marche à 100 %. C’est aussi pour cela que j’ai fait le choix de revenir ».

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Valence avant les Europe de cross

Après avoir validé en juillet dernier un BTS Négociation et Relation Client (NRC) de 3 ans en alternance au sein de la Caisse d’Epargne à Boulogne, Jimmy Gressier a déjà préparé sa reconversion professionnelle : « Mon avenir professionnel est déjà assuré, ça apporte beaucoup de sérénité ». Épanoui, bien dans sa tête et dans son corps, il s’est lancé un objectif de saison automnale sur une nouvelle discipline : le semi-marathon. Une discipline qui impose de nombreux sacrifices pour franchir les différents obstacles. Mais cela lui plaît et son tempérament de battant devrait lui permettre de progresser. Il fera ses débuts à Valence, le 27 octobre : « Je suis impatient de me mesurer au peloton international. J’espère courir entre 1h02’00 et 1h02’30 ».

Le semi-marathon est un challenge idéal avant de s’attaquer au mythique mais exigeant marathon : « C’est dans mon plan de carrière mais pas avant fin 2022. L’objectif est d’être prêt pour les JO 2024 ». Le champion de France espoirs de cross cet hiver à Vittel participera à son premier stage en altitude à Font-Romeu du 11 septembre au 4 octobre, avant d’enchaîner avec les Championnats de France des 10 km à Canet-en-Roussillon le 6 octobre : « Ce sera ma rentrée mais j’espère déjà montrer que je suis en forme. J’aimerai courir sous les 28 minutes cette saison, peut-être à la Corrida de Houilles (29 décembre) ».

Un programme qui doit le préparer au mieux à la conquête d’une troisième couronne continentale consécutive dans les labours. Jimmy Gressier n’est à la recherche que d’une seule chose : la victoire. Le 8 décembre, il espère se draper de bleu-blanc-rouge à Lisbonne (Portugal) : « Autre chose que la médaille d’or serait une déception ».

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Bientôt au Kenya avec Julien Wanders

L’athlète de 22 ans, reconnaissable sous sa casquette vissée sur la tête, souhaite rentrer dans une autre dimension et se projette déjà sur ses futurs objectifs de l’été : Les Championnats d’Europe de Paris et les Jeux Olympiques de Tokyo dans un an : « Je sors d’une saison parfaite où tout m’a réussi. Pour continuer à réussir, il faut que je mette toutes les chances de mon côté comme partir m’entraîner au Kenya avec ce qui se fait de mieux sur la planète. Le Kenya, c’est la terre où il faut aller s’entraîner ». Il a déjà prévu un séjour d’un mois et demi à Iten vers le 15 janvier aux côtés de Julien Wanders, le recordman d’Europe du semi-marathon et du 10 km : « On échange beaucoup sur Instagram. Il m’a dit que j’allais également beaucoup lui apporter, notamment sur des séances de vitesse ».

Cette année, Jimmy Gressier promet encore une saison canon. Reste à savoir maintenant jusqu’où il va aller. Loin sans doute.

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