On officialise son entrée dans le football aux côtés de Kylian Mbappé. Pour la marque suisse, historiquement construite dans le running, cette annonce dépasse largement le simple recrutement d’une superstar. Elle marque une nouvelle étape dans sa transformation en équipementier sportif global. Décryptage d’une offensive où l’innovation produit et l’expertise running occupent une place centrale.
Baptiste Chassagne, Nicolas Navarro, Floriane Hot ou encore Agathe Guillemot accueillent un nouveau copain au sein de l’équipe d’ambassadeurs On, et pas n’importe lequel. C’est même une véritable dinguerie. Ce vendredi, la marque helvète a officialisé l’arrivée dans ses rangs de Kylian Mbappé, qui quitte ainsi Nike avec qui il était associé depuis l’âge de 8 ans (son contrat a pris fin le 31 juillet, ndlr). Une annonce spectaculaire sur le plan médiatique, mais surtout stratégique pour une marque dont l’ADN reste profondément lié au running.
Depuis sa création en 2010, On s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs de la course à pied, en construisant son identité autour d’une combinaison devenue reconnaissable (ingénierie suisse, design contemporain et innovation technologique). Avec le football, la marque entend désormais appliquer cette même recette à un nouvel univers de performance. Et le choix du meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France n’a rien d’anodin.
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Du running au football, changer de terrain sans changer d’ADN
On ne débarque pas dans le football avec une histoire de crampons. La marque arrive avec une culture produit forgée dans la course à pied, où elle a progressivement développé une approche singulière de la performance. Son ambition affichée est de transposer cette méthode au football en travaillant avec une sélection ciblée de joueurs d’élite pour repenser les équipements face aux exigences spécifiques du terrain. C’est probablement le point le plus important de cette annonce pour les observateurs du running.
On ne cherche pas à abandonner son identité pour devenir un équipementier football traditionnel. Au contraire, la marque veut faire du football un nouveau terrain d’expression de ce qui a fait son succès dans la course à pied, avec une une approche très orientée ingénierie, expérimentation et développement produit. La question sera donc moins de savoir si On peut « faire comme Nike » ou « faire comme adidas », que de comprendre ce que On peut apporter au football avec les méthodes qui ont construit sa légitimité dans le running.
LightSpray, le pont technologique entre les deux univers
Au cœur de cette stratégie figure LightSpray, la technologie de fabrication robotisée développée par On et révélée en 2024. Dans le running, LightSpray incarne la volonté de la marque de repenser la construction traditionnelle d’une chaussure. La technologie permet de créer une tige haute performance à partir d’un filament projeté en continu, grâce à un procédé automatisé. On annonce désormais adapter cette technologie aux exigences du football de haut niveau. Le discours de la marque est particulièrement révélateur. Elle veut concevoir des équipements « incroyablement légers, précis et ajustés comme une seconde peau ».
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On retrouve ici un vocabulaire très proche de celui qui accompagne depuis plusieurs années ses innovations running : Réduction du poids, précision du fit, optimisation des matériaux et recherche d’une sensation de continuité entre le corps et l’équipement. Mais le passage au football constitue un défi technique d’une autre nature. Une chaussure de running peut privilégier le déroulé, l’amorti ou le retour d’énergie. Un crampon doit composer avec les accélérations brutales, les changements de direction, les contraintes latérales et l’interaction avec le ballon. L’intérêt du projet réside précisément dans cette adaptation, en cherchant à transformer une technologie née dans le running pour répondre aux contraintes mécaniques propres au football.
Kylian Mbappé, le premier grand laboratoire terrain
Le rôle de Kylian Mbappé ne se limitera pas à porter ses crampons On lors des matchs. Le communiqué précise qu’il travaillera directement avec les équipes produits de la marque pour intégrer son expérience du très haut niveau dans le développement et les tests des futures chaussures et tenues de football. Pour un équipementier issu du running, cette collaboration est particulièrement stratégique. Elle permet à On de confronter ses premières orientations techniques à l’expérience d’un joueur dont le profil exige énormément de sa chaussure (explosivité, vitesse, changements d’appuis, répétition des accélérations et recherche de légèreté).
Kylian Mbappé devient ainsi plus qu’un ambassadeur. Le natif de Bondy est présenté comme un partenaire de développement, capable de faire remonter des sensations, des besoins et des contraintes directement exploitables par les équipes d’ingénierie. C’est une méthode familière dans le running. Les produits les plus intéressants sont souvent ceux qui naissent d’une collaboration étroite entre athlètes et ingénieurs. On entend manifestement reproduire cette logique dans le football.
Thierry Henry, le trait d’union entre performance et culture football
L’entrée de On dans le football s’accompagne de la nomination de Thierry Henry au poste de Director of Football. L’ancien champion du monde travaille avec la marque depuis fin 2025 et intervient sur les dimensions stratégiques et produits du projet. Son rôle couvrira notamment la création produit, la relation avec les athlètes et l’ancrage culturel de On dans le football. Son arrivée donne une profondeur supplémentaire au projet. On apporte l’ingénierie et la culture produit. Mbappé apporte l’expérience du joueur au sommet. Henry doit contribuer à faire le lien entre cette approche technologique et la réalité du football professionnel. Ce trio traduit une volonté claire de ne pas simplement lancer une chaussure mais de construire une vision cohérente de l’équipement football.
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Sydney Schertenleib et l’ouverture vers le football féminin
Autre signal intéressant : Sydney Schertenleib (19 ans), internationale suisse et joueuse du FC Barcelone, participe elle aussi au développement et aux tests des produits On Football. Pour une marque qui souhaite construire une nouvelle catégorie, cette approche peut être particulièrement pertinente. On annonce ainsi vouloir intégrer différentes expériences du haut niveau dans sa démarche de conception, avec une attention portée à l’avenir du football féminin. Là encore, la logique rappelle celle du running en partant des usages et des sensations des athlètes pour faire évoluer le produit.
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On transpose son savoir-faire running au football
C’est peut-être le principal enseignement de cette annonce. On aurait pu choisir d’entrer dans le football en adoptant immédiatement les codes traditionnels du marché (grandes campagnes, gamme complète, multiplication des ambassadeurs et franchises produits…). Le communiqué raconte autre chose. La marque insiste sur l’innovation, le design, les athlètes, les tests et l’ingénierie. Elle présente LightSpray comme un socle technologique. Elle installe une équipe dédiée. Elle associe Mbappé, Henry et Schertenleib à la construction du projet. Tout cela ressemble moins à une diversification opportuniste qu’à une extension méthodique de la philosophie On née dans le running. Le football devient un nouveau laboratoire, mais la méthode reste la même : Comprendre le mouvement, développer des solutions techniques, travailler avec les athlètes et chercher à repousser les limites du produit.
Transformer l’image running en crédibilité football
Le recrutement de la superstar française donne à On une visibilité immédiate. Mais il ne suffira pas à lui seul à installer la marque dans le football. Le véritable enjeu sera produit. Une chaussure de football doit convaincre sur des critères très spécifiques (maintien, stabilité, traction, précision, confort, résistance et comportement dans les situations de jeu les plus exigeantes). On dispose d’une forte crédibilité dans le running performance, mais devra désormais démontrer que son ingénierie peut répondre à ces contraintes particulières. Le pari est intéressant parce qu’il ne repose pas uniquement sur la notoriété de l’actuelle joueur du Real Madrid. Il repose sur la capacité de la marque à transférer son savoir-faire running vers un nouvel environnement biomécanique et sportif.
Ce que cette annonce dit de l’évolution de On
Depuis 2010, On est passée du statut de challenger du running à celui de marque sportive mondiale, présente dans plus de 80 pays et active dans plusieurs univers (running, training, outdoor, lifestyle et tennis). Le football représente donc une nouvelle étape dans cette expansion. Mais contrairement à certaines diversifications, On ne semble pas vouloir diluer son identité. La marque suisse cherche au contraire à conserver ce qui la distingue : Son approche de l’innovation, son design et sa capacité à créer des produits premium autour d’une expérience de mouvement. Le football pourrait ainsi devenir un terrain d’expression supplémentaire pour une marque qui reste, fondamentalement, née de la course à pied.
Notre décryptage
Le transfert de Kylian Mbappé de Nike vers On est évidemment un événement majeur du marché des équipementiers. Mais pour les observateurs du running, l’information la plus intéressante est ailleurs. Avec Roger Federer comme actionnaire et figure du tennis, et désormais Kylian Mbappé dans le football, On accélère sa transformation en marque sportive globale.
Reste à découvrir le produit final. En effet, une dernière question demeure néanmoins après cette officialisation. Kylian Mbappé saura-t-il continuer à marquer avec des On comme il le faisait avec ses Nike ? Derrière le changement d’équipementier se cache un véritable enjeu de performance, celui de l’adaptation d’un attaquant star à un tout nouvel outil de travail.
Crédit photo : On























