Marathon de Séville : Morhad Amdouni et Méline Rollin sortent le grand jeu avec les records de France

18 février 2024 à 13:37

Historique ! Magistral de maîtrise et de volonté, Morhad Amdouni s’est classé deuxième du Marathon de Séville en atomisant son propre record de France dans le temps de 2h03’47 alors que Méline Rollin a coupé la ligne d’arrivée en 2h24’12, mettant un coup de plumeau de 10 secondes au temps de référence établi par Christelle Daunay en 2010 à Paris. Les deux fondeurs tricolores ont forcé leur destin pour s’inviter à la fête olympique. Récit !

Ce dimanche, les 12 000 coureurs ont rendu un hommage appuyé au regretté Kelvin Kiptum, recordman du monde du marathon (2h00’35 à Chicago), décédé tragiquement dans un accident de voiture à Eldoret dimanche dernier. Son portrait a été projeté sur l’écran géant de l’arche de départ et 42 secondes de silence ont été observées en mémoire de l’athlète de 24 ans. En stage de préparation à quelques kilomètres de la ville kényane au moment du drame de Kelvin Kiptum, on a vu Morhad Amdouni touché par cet hommage sur la ligne de départ. Derrière, le running a repris ses droits…

 

Sensation au Marathon de Séville !

Hier, à la veille du Marathon de Séville, notre équipe était conviée à suivre le « footing » de Morhad Amdouni dans les rues de la capitale andalouse. Un 12 km avalé à une allure que la plupart des coureurs expérimentés n’arriverait même pas à suivre. Un ressenti qui ne faisait planer aucun doute sur sa forme et ses intentions. On n’a pas attendu longtemps pour voir cette impression se confirmer. Présent dans le groupe de tête dès les premiers instants de la course, Morhad Amdouni, maillot et chaussures oranges de son équipementier chinois Li Ning, a toujours maîtrisé son sujet. Il est parti sur des bases élevées, en passant au 10e kilomètre en 29’04 malgré des problèmes lors des prises de ravitaillement. Moment fort qui démontre le super état d’esprit du Français de 35 ans : au ravitaillement du 20e km, il a réussi à se saisir de sa gourde personnelle avant de la proposer généreusement à un de ses acolytes du jour.

 

Morhad Amdouni avait de la ressource

Après un passage à mi-parcours en 1h01’48 (sur les bases de 2h03’36), la course s’est décantée après le 25e kilomètre bouclé en 1h13’31 et l’arrêt programmé des deux meneurs d’allure. C’est l’Éthiopien Deresa Geleta Ulfata qui a appuyé le premier sur l’accélérateur, écrémant le groupe de tête. Devinez qui est l’unique coureur à avoir trouvé les ressources physiques et mentales pour partir à sa poursuite ? Morhad Amdouni bien sûr ! La jonction n’a pas tardé et s’est opérée au 29e km, prouvant que le pensionnaire du Val d’Europe Montévrain Athlétisme en avait sous le pied ce dimanche.

Le binôme ayant creusé un écart important avec le groupe de poursuivants (22 secondes au 30e km), on se dit que la victoire ne peut se jouer qu’entre ces deux-là. Intelligemment, Deresa Geleta Ulfata et Morhad Amdouni ont uni leur force afin de prendre le large définitivement. Au 35e km, Amdouni a laissé apparaître des premiers signes de fatigue, perdant un peu de terrain sur Geleta Ulfata. En toute fin de tracé, le protégé de Jean-Claude Vollmer a retrouvé un nouveau souffle, revenant en fin de course sur le leader (vainqueur en 2h03’27, nouveau record du Marathon de Séville, ancien : 2h04’43 en 2022 par Asrar Hiyrden), pour finalement terminer deuxième en 2h03’47, brisant en mille morceaux son propre record de France (2h05’22 le 3 avril 2022). Amdouni a couru à une vitesse moyenne de 20,5 km/h, soit 2’56 au kilomètre. Il devient à cette occasion le 25e performeur de l’histoire sur les 42,195 km !

 

 

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Deuxième performeur européen de l’histoire

Pour le septième marathon de sa carrière, Morhad Amdouni est également devenu le deuxième homme le plus rapide d’Europe sur la distance mythique de la course à pied derrière les 2h03’36 du Belge Bashir Abdi. La seule (toute petite) ombre au tableau pour Morhad Amdouni est de ne pas avoir franchi la ligne d’arrivée le premier au Marathon de Séville. Depuis le nouveau millénaire, des victoires françaises sur des marathons internationaux se comptent sur les doigts d’une main. On peut relever le succès de Driss El Himer (2h07’02) à Amsterdam en 2001, ainsi que les consécrations de Mohamed Ouaadi (2h08’49 en 2000) et de Benoît Zwierzchiewski (2h06’36 en 2022) à Paris.

 

 

L’enjeu de cette course résidait surtout dans l’obtention du troisième et dernier billet des Tricolores mis en jeu pour une qualification à l’événement le plus important du siècle en France. Il ne reste en effet plus qu’une place à pourvoir dans la capitale dans le rang des Bleus : Mehdi Frère (2h05’43 à Valence) et Nicolas Navarro (2h05’53) ont le luxe d’être prioritaires pour la sélection française depuis le 30 janvier dernier. Avant ce dimanche, c’est Félix Bour qui était locataire du troisième sésame, grâce à son chrono réalisé à Valence le 3 décembre. Pour Morhad Amdouni et les Bleus en lice à Séville, il ne fallait plus se sourciller de s’acquitter des minima (2h08’10) mais de courir plus vite que 2h06’46.

 

Le troisième billet semble scellé

Morhad Amdouni a selon toute vraisemblance écarté de sa route avec autorité les marathoniens qui pensaient pouvoir l’empêcher de participer à ses deuxième JO d’affilée. Toutefois, il n’a plus son destin entre ses mains pour les Jeux olympiques sur marathon mais il a placé la barre très haut. Ses camarades de l’équipe de France savent désormais quel chrono ils doivent réaliser pour s’offrir une place au soleil. Ces deux prochains mois, plusieurs de marathoniens français vont eux aussi se lancer à l’assaut du chronomètre sans aucun calcul jusqu’à la fin de la période de réalisation des minima qui se fermera le 30 avril 2024 (on relèvera le marathon de Paris le 7 avril, le marathon de Rotterdam le 13 avril, le marathon de Londres le 21 avril ou encore celui d’Hambourg le 28 avril).

 

Les premières impressions de Morhad Amdouni

 

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Méline Rollin était en mission

Voilà plusieurs jours que la rédaction de Stadion était au courant du bon coup que mijotaient Méline Rollin et son staff au Marathon de Séville. L’élève d’Azis Zidane s’est spécifiquement préparée pour cette échéance et faire partir en fumée dans le ciel espagnol le temps de référence de Christelle Daunay (2h24’22 à Paris en 2010). Malgré l’arrêt prématuré de son lièvre à 10 km du terme, la fondeuse du GRAC Athlétisme a rempli sa mission superbement sur un parcours réputé comme l’un des plus rapides d’Europe, en franchissant la ligne d’arrivée au septième rang chez les dames après 2h24’12 d’effort (soit une vitesse moyenne de 17,5 km/h, pour une allure à 3’25 au kilomètre). Ce chrono au forceps témoigne de cette impérieuse nécessité d’être une combattante olympique. Après deux premières apparitions remarquées (2h30’27 à Valence le 4 décembre 2022 puis 2h26’55 à Amsterdam le 15 octobre 2023), Méline Rollin, qui a pu compter sur le soutien de ses proches placés à différents lieux du tracé, a signé la course parfaite à Séville (passage au semi en 1h11’50, sur les bases de 2h23’38). La palme chez les féminines est revenue à Azmera Gebru Hagos en 2h22’13.

 

 

L’ambassadrice de KIPRUN, marque running et trail de DECATHLON, qui portait un prototype de la KD900X LD+ (validé par World Athletics), un modèle pour lequel elle a été fortement sollicitée pour la conception, jouait également sa dernière chance de participer aux Jeux olympiques de Paris 2024. Méline Rollin devait courir plus vite que les 2h25’48 de Manon Trapp, qui bénéficiait actuellement du troisième ticket français sur marathon. Méline Rollin reste toutefois sous la menace pressante de Manon Trapp (2h25’48 à Valence en 2023), Fadouwa Ledhem (2h25’50 à Valence en 2023) et Clémence Calvin (2h26’28 à Berlin en 2018), qui vont tout donner pour rejoindre la capitale française dans quelques semaines. Elles ont jusqu’au 30 avril, date de la clôture de la réalisation des minima, pour arriver à leurs fins. Les records de France sont-ils battu par paire désormais après le 1500 m avec Azeddine Habz et Agathe Guillemot au Meeting de Liévin ?

 

 

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Les premières impressions de Méline Rollin

 

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Des chronos dans tous les sens

Les marathons espagnols au coeur de l’hiver réussissent aux spécialistes français des macadams. Deuxième Tricolore ce dimanche, Abderrazak Charik est crédité en 2h08’42 (1h03’15 au semi), tout près de son record personnel établi le 15 octobre dernier à Amsterdam en 2h08’35. Anaïs Quemener a signé un très probant 2h28’48 (1h13’01 au passage du semi), rabotant treize secondes à son temps de référence réussi à Berlin le 24 septembre 2023. On peut aussi citer les 2h13’05 de Duncan Perrillat, les 2h14’22 de Gaëtan Cals ou encore les 2h36’07 d’Emilie Jacquot-Claude. Moins de réussite pour Margaux Sieracki (1h12’40 au semi), Yohan Durand (1h04’09 au semi) et Valentin Witz (1h04’03 au semi) qui ont mis le clignotant après la mi-parcours. Comme chaque année, Séville a accueilli la foule des grands jours : 12 000 courageux ont pris part à la course.

Tous les résultats du Marathon de Séville 2024, en cliquant ici.

Crédits photos : Antoine Decottignies / STADION & KIPRUN

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