OCC de l’UTMB 2026 : Frédéric Tranchand en patron, Lauren Gregory au bout du suspense

27 août 2026 à 13:33

Dix ans après Xavier Thévenard, la France retrouve le sommet de l’OCC de l’UTMB 2026. Pour sa première participation à un événement l’UTMB Mont-Blanc, Frédéric Tranchand (Merrell) a maîtrisé une course menée à très haute intensité pour s’imposer en 5h10’08. Chez les dames,  l’Américaine Lauren Gregory (Nike ACG) a remporté un sprint d’anthologie face à la Britannique Naomi Lang (Salomon), devancée de seulement trois secondes.

Il y avait quelque chose d’écrit dans cette victoire. Installé depuis mai dernier à Argentière, à quelques kilomètres seulement de Chamonix, Frédéric Tranchand connaissait mieux que personne les derniers kilomètres de cette OCC. Le champion du monde de trail court 2025 et champion d’Europe en titre 2026 avait même reconnu l’intégralité du parcours en amont de la course. Mais entre connaître les sentiers et les avaler à pleine vitesse pendant 60 kilomètres et 3500 mètres de dénivelé positif, il y a un monde. Ce jeudi, le Français l’a franchi avec une maîtrise remarquable.

À 35 ans, le coureur de la Team Merrell a remporté sa première course de l’événement UTMB Mont-Blanc dès sa première participation, au terme d’une démonstration aussi audacieuse que longtemps incertaine. En 5h10’08, il a résisté jusqu’au bout au retour du Kényan Nashon Kiplimo (Salomon, 5h14’37), deuxième à 4’29, et au retour de l’Espagnol Miguel Benitez (Asics, 5h17’43), troisième, tandis que Sylvain Cachard (Hoka / Alltricks, 5h21’35) s’est classé en quatrième position.

 

L’abandon de Rémi Bonnet lui a laissé le champ libre

La première alerte était pourtant venue de Rémi Bonnet. Le Suisse, double vainqueur du Marathon du Mont-Blanc (2023 et 2025), a imprimé son rythme dès les premiers kilomètres et pointait en tête au sommet de la première difficulté, à Champex-Lac, après 7,3 km. Mais le champion de ski-alpinisme allait rapidement devoir abandonner pour une blessure (mollet), laissant le champ libre à Frédéric Tranchand. Et le Français n’allait plus quitter la tête. Cette position, il l’avait presque provoquée. Car s’il possède un profil particulièrement complet, le traileur tricolore savait aussi où se trouvait son principal levier de performance. Ancien champion de course d’orientation, habitué des terrains techniques et particulièrement à l’aise lorsque la pente se redresse, il ne voulait surtout pas attendre les portions roulantes de la fin de parcours.

 

 

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« Je voulais jouer avec mes cartes », confie-t-il l’arrivée. Une manière de dire qu’il fallait créer l’écart avant que les qualités de vitesse de certains de ses rivaux ne puissent s’exprimer. La stratégie était limpide : Prendre le risque devant, creuser, et espérer avoir suffisamment d’avance lorsque l’OCC basculerait dans son final plus roulant. Le plan a fonctionné. Mais il a fallu tenir.

 

 

Cinquante kilomètres seul avec la pression

Car mener une course de cette densité pendant près de 50 kilomètres n’a rien d’une promenade, même lorsque les sentiers sont parfaitement connus. « Rester 50 km en tête d’une course avec tous ces cadors qui te chassent, ce n’est pas évident », reconnaissait  Frédéric Tranchand après l’arrivée. L’avantage du terrain, justement, aura sans doute joué son rôle. Le Français avait ses repères, ses automatismes et cette connaissance intime des dernières difficultés avant Chamonix. Surtout, il savait précisément ce qui l’attendait. Un petit supplément de confiance, mais certainement pas une garantie. Car derrière lui, Nashon Kiplimo n’a jamais complètement renoncé. Et lorsque les écarts ont commencé à se réduire, le doute s’est installé chez le leader. « J’étais content d’entendre que les écarts grandissaient avec mes poursuivants, et plus inquiet quand j’ai compris qu’ils se resserraient. »

À l’approche de l’arche d’arrivée, Frédéric Tranchand était lui-même au bord de la rupture. Points de côté, jambes lourdes, difficulté à accélérer : Le Français a dû puiser profondément dans ses ressources pour conserver son avantage. « Je commençais à être cuit, j’avais mal un peu de partout ». Le paradoxe est là, alors qu’il semblait maîtriser son affaire depuis des dizaines de kilomètres, le vainqueur a lui aussi connu son moment de vérité. Et il est arrivé au meilleur endroit possible, quelques kilomètres seulement après être passé devant chez lui.

« L’OCC était mon grand objectif de l’année et j’avais construit ma saison pour arriver au meilleur de ma forme. Je me suis retrouvé seul assez vite et la fin a été vraiment compliquée, mais j’ai joué mes cartes là où je suis le meilleur, notamment dans les montées les plus raides. Le fait d’être installé ici depuis début mai m’a beaucoup aidé. Quand tu connais tous les cailloux, ça donne forcément plus de confiance ! »

 

 

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Une victoire construite sur ses qualités

Frédéric Tranchand n’a donc pas gagné l’OCC en attendant que ses adversaires craquent. Il l’a gagnée en imposant son scénario. C’est sans doute ce qui rend cette victoire particulièrement significative. Face à une concurrence internationale de premier plan, le champion du monde de trail court a assumé de prendre la course à son compte sur un parcours où les écarts peuvent rapidement se payer dans les descentes, les relances et les longues portions roulantes. Sa capacité à grimper vite, à rester efficace dans le technique et à maintenir une intensité élevée lui a permis de construire son succès avant de devoir défendre son avance dans le final. Et il fallait défendre. « Cette victoire, je vais m’en souvenir longtemps », soufflait-il. Et difficile de lui donner tort : « Gagner une course de l’UTMB, c’est vraiment le Graal ». Dix ans après le succès de Xavier Thévenard en 2016, l’OCC retrouve donc un vainqueur français.

 

 

Lauren Gregory au bout du bout

Chez les femmes, le scénario a été radicalement différent. Pas de victoire construite avec plusieurs minutes d’avance, mais un duel jusqu’aux derniers mètres. Et un final digne des plus grands sprints. La Britannique Naomi Lang (Salomon) a longtemps contrôlé la course et semblait tenir entre ses mains la victoire. Mais à l’approche de Chamonix, l’Américaine Lauren Gregory a enclenché son retour. Le dernier kilomètre a complètement rebattu les cartes. L’athlète qui porte les couleurs de Nike ACG a finalement débordé Naomi Lang dans les ultimes hectomètres, avant de résister jusqu’à la ligne.

 

 

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Trois secondes. Pas une de plus. Lauren Gregory s’impose avec trois petites secondes devant Naomi Lang (6h08’07 contre 6h08’10), au terme d’une arrivée spectaculaire dans les rues de Chamonix, devant une foule venue assister à l’un des dénouements les plus serrés de cette édition. Quatrième lors des deux dernières édition, l’Espagnole Sara Alonso (Asics), vice-championne du monde de trail court en 2025, goûte enfin aux joies du podium de l’OCC en 6h09’11.

 

 

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Crédits photos : UTMB

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