Marathon de Valence : C’est allé très vite pour Nicolas Navarro en 2h07’01

04 décembre 2022 à 13:21

On espère que vous aviez réservé votre matinée pour suivre le Marathon de Valence ! C’était un événement à ne pas manquer pour les fans d’athlétisme que vous êtes, que nous sommes. La course était par son casting la plus attendue de cette fin d’année. Et elle a tenu ses promesses. Comme annoncé et espéré depuis le début de la semaine sur notre site, le Marathon de Valence a été marqué par une densité exceptionnelle d’excellents chronos. Le contexte de Valence, avec son énorme densité et des conditions parfaites dimanche (11 degrés à l’heure du départ à 8h15, pas de vent ni de pluie) a favorisé la réalisation de grandes performances comme c’est le cas chaque année. Nicolas Navarro ne dira certainement pas le contraire.

 

 

Nicolas Navarro, Valence lui réussit très bien

« Je ne me fixe pas de limites sur marathon » avait-il confié dans une interview publiée dans nos colonnes il y a deux mois. Pour sa cinquième participation à l’épreuve espagnole après 2017, 2018, 2019 et 2020, son record personnel a fondu comme neige au soleil. Le sociétaire de la SCO Ste Marguerite de Marseille, qui portait la Cloudboom Echo 3.0 de chez On Running, a franchi la ligne d’arrivée, sur la spectaculaire passerelle bleue, située au musée de la Cité des Arts et des Sciences, en 2h07’01, réalisant les minima World Athletics pour les Championnats du monde de Budapest (19 au 27 août 2023) et signant la quatrième meilleure performance française de l’histoire derrière Morhad Amdouni (2h05’22 en 2022), Benoit Zwierzchiewski (2h06’36 en 2003) et Driss El Himer (2h06’48 en 2003) : rien que ça ! Nicolas Navarro a renvoyé au fond de la cave ses 2h08’29 de Séville en février 2022. Si la fenêtre de qualification pour Paris 2024, qui n’est pas encore connue, ouvrirait avant ce dimanche 4 décembre, son temps pourrait suffire pour composter son pass pour l’événement le plus important du siècle en France.

 

 

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Présent dans le groupe de chasse dès les premiers instants de la course, le protégé de Jérémy Cabadet a toujours maîtrisé son sujet. Il est parti sur des bases élevées, en passant au 10e kilomètre en 30’01 puis en 1h03’22 au semi-marathon (sur les bases de 2h06’44). Malgré une seconde partie de parcours légèrement moins rapide que la première, le douzième des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 a réussi le marathon le plus abouti et est en train de traverser la période la plus faste de sa carrière.

 

Minima World Athletics aussi pour Mehdi Frère

Il avait annoncé la couleur il y a deux jours dans une interview publiée sur les réseaux sociaux de Stadion : « Je vise un chrono qualificatif au moins pour les Mondiaux de Budapest ». Et ce n’est peu dire que Mehdi Frère, les adidas Adizero Adios Pro 3 aux pieds, a joint les actes à la parole, là où il s’était révélé avec un chrono de 2h08’53 il y a deux ans. On retrouve le fondeur du Pays de Fontainebleau en 23e position avec 2h09’18, ce qui donne une idée du rythme ultra-rapide de l’épreuve. Il récolte aussi les très bons points de la matinée côté Tricolore en se débarrassant du niveau de performance requis pour les Mondiaux de Budapest fixé par World Athletics à 2h09’40. Si le Français de 26 ans, rattaché à la Garde républicaine, pour son troisième marathon à Valence, a connu un coup de moins bien au fameux 30e km, il claque une performance encore de tout premier plan.

 

 

Des minima pour le rendez-vous planétaire en Hongrie que les épatants Valentin Witz et Félix Bour, pour sa première incursion, ont aussi entrevus, en couvrant respectivement la distance en 2h10’04 et en 2h10’44. Si leurs bons débuts demanderont quand même confirmation, ils ont passé un premier message : il faudra compter sur eux ! Sur un parcours qui a la réputation d’être très rapide (quasiment pas de dénivelé, le point le plus est haut étant à seulement 18 mètres), les Français Jeff Lastennet (2h13’46), Alexandre Bourgeois (2h14’51), Brice Morriseau (2h15’05), Freddy Guimard (2h16’26) et Clément Leduc (2h19’07) ont donné satisfaction. 

 

 

Kelvin Kiptum derrière Eliud Kipchoge et Kenenisa Bekele

Côté hommes de tête, la course s’est animée au km 33 lorsque Kelvin Kiptum a placé une accélération ahurissante, réalisant 14’00 entre le 30e et le 35e, pour sceller définitivement la victoire. Pour son galop d’essai sur la distance reine de la course à pied, c’est un coup de maître. Le Kényan de 23 ans, qui a comme principal fait d’arme un record sur semi en 58’42, a réalisé une performance ahurissante de 2h01’53. C’est le premier marathon le plus rapide de l’histoire pour l’athlète qui a fêté ses 23 ans il y a deux jours. Il peut désormais se targuer d’avoir son nom juste en dessous des rois Eliud Kipchoge (2h01’09 à Berlin en 2022) et Kenenisa Bekele (2h01’41 à Berlin en 2019) dans le bilan planétaire. Le vainqueur 2021 de la Route du Louvre de Lens efface bien évidemment le record du parcours (2h03’00 par le Kényan Evans Chebet en 2020).

 

 

Le Tanzanien Gabriel Geay (2h03’00’) et le Kényan Alexander Mutiso (2h03’29 pour son premier marathon) complètent ce podium complètement dingue, tandis que le champion du monde 2022 de Eugene Tamirat Tola s’est emparé de la quatrième place en 2h03’42. À l’heure de faire les comptes, 24 coureurs sont passés sous la barre des 2h10.

 

Galop d’essai réussi pour Méline Rollin

Annoncée grande favorite chez les dames, Letesenbet Gidey n’a pas donné raison aux bookmakers. La recordwoman du monde du 5000 m (14’06″62 en 2020), 10 000 m (29’01″03 en 2021) et semi-marathon (1h02’52 en 2021), a terminé deuxième chez les femmes en 2h16’49. La palme est revenue à sa compatriote éthiopienne Amane Beriso Shankule qui est devenue la troisième femme à boucler un marathon sous les 2h’15, en 2h14’58, derrière les Kényanes Brigid Kosgei (2h14’04 à Chicago en 2019) et Ruth Chepngetich (2h14’18 toujours à Chicago en 2022). L’ancien chrono de référence de Amane Beriso Shankule datait de 2016 en 2h20’48. Le record de l’épreuve féminin était la propriété depuis 2020 de la Kényane Peres Jepchirchir, double championne du monde du semi-marathon (2016 et 2020), en 2h17’16. Au total, 7 femmes ont réalisé un temps inférieur à 2h20.

 

 

Pour sa première apparition sur la distance mythique, Méline Rollin (24e), qui portait les KD900 X, première chaussure à plaque carbone de Kiprun, s’est mise en évidence avec un chrono de 2h30’27. La Nouvionnaise, licenciée du Grac Athlétisme, qui fait partie de la Team Athlètes de Decathlon pour les JO de Paris 2024, rentre dans le top 10 des meilleures performeuses françaises de l’histoire.

 

 

On relèvera aussi les très bons chronos de Marjolaine Nicolas en 2h33’26, Virginie Barrand en 2h37’35, Léa Navarro en 2h37’56 et Alice Michel en 2h43’32. Au-delà des chronos incroyables des stars de l’asphalte à l’image de Nicolas Navarro, il faut bien sûr retenir les milliers de coureurs, dont 4000 Français, le contingent étranger le plus représenté au Marathon de Valence, qui ont sacrifié la traditionnelle grasse matinée du dimanche pour aller au bout des 42,195 km !

Tous les résultats du Marathon de Valence 2022, en cliquant ici.

Crédits photos : Antoine Decottignies / STADION

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