Marathon de Paris : Mehdi Frère et Morhad Amdouni, un vent de plaisir

02 avril 2023 à 14:07

Le Marathon de Paris n’a pas livré les performances escomptées ce dimanche. Pas faute d’avoir essayé mais les rafales de vent n’ont pas avantagé les chronos des Français, à commencer par Mehdi Frère, dixième en 2h11’05, loin des minima olympiques fixés à 2h08’10. Le recordman de France Morhad Amdouni, venu se faire plaisir sur le tracé de la capitale, a terminé treizième en 2h12’45. Première Tricolore, Anaïs Quemener s’est distinguée avec un nouveau record personnel en 2h32’12. Ils étaient exactement 52 078 au départ des Champs-Élysées, mais à la fin ce sont l’Éthiopien Abeje Ayana (2h07’15), pour son galop d’essai sur la distance, et la Kényane Helah Kiprop (2h23’19) qui se sont imposés sur cette 46e édition.

Plusieurs magiciens de la route rêvaient de triompher au Marathon de Paris 2023 pour voir leur nom inscrit au palmarès des grands vainqueurs de l’épreuve. Pour ses toutes premières foulées sur la distance, l’Éthiopien Abeje Ayana, dont le principal fait d’arme est un 59’39 sur semi en 2021, a brillé en coupant la ligne d’arrivée le premier en 2h07’15. L’athlète qui vient de fêter ses 20 ans le 11 février dernier a devancé son compatriote Adola Guye (2h07’73), détenteur du meilleur chrono des engagés (2h03’46 en 2021) et le Kényan Josphat Boit (2h07’40).

 

 

Les regards tournés vers Paris 2024

Les Jeux olympiques de Paris 2024 figurent déjà dans tous les esprits. Surtout quand l’échéance a lieu à la maison. Plusieurs marathoniens tricolores ont fait de ce rendez-vous planétaire l’objectif de leur carrière sportive. Une qualification olympique sur les 42,195 km n’est jamais l’œuvre d’un instant, ni le fruit du hasard. Mais plutôt le résultat d’un travail de longue haleine, perlé de sueur et de souffrances à l’entraînement. Mehdi Frère ne dira sans doute pas le contraire, lui qui s’est lancé depuis de longs mois vers cet objectif. Alors que la période de réalisation des minima (2h08’10 pour les hommes) se fermera le 30 avril 2024, le pensionnaire du Pays de Fontainebleau Athlétisme débarquait dans la capitale avec la ferme intention de s’offrir son ticket pour la course de sa vie. Pas question de manquer cette opportunité. Mais la mission qu’il s’était donnée ce matin fut malheureusement impossible avec le fort vent de face qui a soufflé sur le tracé.

 

« Je me suis régalé »

Premier Tricolore et dixième au scratch en 2h11’05, Mehdi Frère ressort avec un sentiment mitigé de sa « balade » dans les rues, les quais et les boulevards parisiens. « D’un point de vue performance, je suis loin de mon record mais ce n’est pas un mauvais chrono à Paris, je m’attendais toutefois à mieux. Ce n’est pas grave, je me suis régalé ». Après un passage en 1h04’38 (sur les bases de 2h09’16) et malgré un rythme régulier, les choses se sont compliquées autour du 30e kilomètre. Si l’élève de Thierry Choffin a l’habitude de s’entraîner parfois dans de mauvaises conditions, faire un marathon dans de telles conditions n’est vraiment pas une partie de plaisir. Pourtant, le fondeur de 26 ans ne s’en plaint pas trop. « On ne va pas se plaindre de la météo, elle est correcte. Il y avait du vent de face sur une bonne partie du parcours mais pas plus gênant que ça. On ne va pas mettre la faute sur la météo quand on n’est nous-même pas au top ».

 

 

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À moins d’un an et demi des Jeux olympiques de Paris, cette édition du Marathon de Paris a une saveur encore plus particulière pour lui. Celui qui détient un record personnel en 2h08’53 établi à Valence en 2020 a pu prendre la température sur l’effervescence et l’esprit de fête qui régnera dans la capitale avec des spectateurs tout au long des routes. « Super ambiance et un super parcours, on est dans la plus belle ville du monde. Le public a été au rendez-vous donc je me suis régalé tout au long de la course. C’est une vraie fierté de courir dans la capitale, surtout que je fais partie de la Garde Républicaine de Paris. Je cours à domicile devant ma famille et mes amis, là où je suis né, c’est un vrai plaisir. »

 

Morhad Amdouni, pour le plaisir aussi

Dans quel état de forme sera ce dimanche celui qui a battu le record de France en 2h05’22 ? On était évidemment curieux de voir comment Morhad Amdouni allait se comporter. Gêné dans sa préparation en raison d’un pépin au genou et à un mollet, le Corse de 34 ans revenait sur les terres de son exploit avec le seul et unique objectif de se faire plaisir. S’il n’est pas encore à 100% de ses moyens, le représentant du Val d’Europe Montévrain Athlétisme a tenu à tenter sa chance, partant avec dans le viseur un temps de 2h07. « C‘est une étape avant les Championnats du monde à Budapest (19 au 27 août). On devait partir sur des bases de 1h03’45 au semi et le meneur d’allure n’a pas réussi puisque les conditions n’étaient pas faciles ». Treizième en 2h12’45, le champion d’Europe du 10 000 m en 2018 a pris ses marques sur une partie du bitume qui accueillera l’événement planétaire en 2024. « Je suis content de finir le marathon chez moi à Paris. C’est ma première sortie longue depuis sept mois donc ça m’a fait du bien d’être avec le public ».

 

 

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Plusieurs avaleurs de bitume français, bien décidés de rallier la ligne d’arrivée du Marathon de Paris dans les plus brefs délais, se sont aussi mis en évidence : Yoann Kowal (15e en 2h14’57), Freddy Guimard (16e en 2h15’30), Adrien Toucas (18e en 2h15’57), et Maël Sicot (20e en 2h17’02). Blessé à la cuisse avant la course, Michaël Gras a abandonné un peu après le 10e km. Deux anciens candidats de l’émission d’aventure Koh-Lanta étaient aussi au départ. Deuxième de l’UTMB 2022 à Chamonix derrière Kilian Jornet, Mathieu Blanchard (35e), nouvelle coqueluche du trail tricolore, a bouclé la distance reine en 2h22’36. Pour son deuxième marathon après ses 2h27’49 l’an passé, Dorian Louvet (43e) est passé à la vitesse supérieure en 2h23’19.

 

 

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Comment ne pas souligner la prestation d’Aurélien Quinion qui a entièrement réalisé le parcours en marchant. Le champion de France du 20 km marche a claqué un temps de 3h06’32, soit une allure moyenne de 13,5 km/h. Les spécialistes apprécieront !

 

Helah Kiprop au sprint

Parti avec 14 minutes et 51 secondes d’avance sur les hommes, afin d’offrir enfin une visibilité équivalente aux deux vainqueurs, le peloton féminin a très longtemps tenu la dragée haute aux hommes, la jonction s’étant opérée à 5 km de l’arrivée. Malgré une phase d’observation qui a duré plus de 35 kilomètres, c‘est un quatuor de tête qui s’est disputé un sprint relativement incroyable et rarissime dans ce genre d’épreuve. À moins de 500 mètres de l’arrivée, elles ont laissé sur le bitume le peu de forces restantes dans la machine. Une épreuve de force où la Kényane de 37 ans Helah Kiprop (2h23’19), vice-championne du monde du marathon à Pékin en 2015, aura le dernier mot, s’imposant au cassé de vingt-quatre centièmes devant l’Éthiopienne Atalel Anmut. Une autre Éthiopienne, Fiktre Wereta, s’adjuge la troisième place en 2h23’22. Vainqueure du marathon de Tokyo en 2016, Helal Kiprop, qui a accusait plus d’une minute de retard sur le peloton de tête au 25e km, a réussi une fantastique remontée pour finalement l’emporter sur l’avenue Foch.

 

 

Au lendemain de ses 32 ans, Anaïs Quemener a expédié au fond de cave son temps de référence réalisé ici même l’an passé (2h37’26 en 2022). La fondeuse de la Meute Running, qui enchaîne les bonnes places et les bons chronos, a passé un cap manifeste depuis plusieurs mois. Son chrono de 2h32’12 va catégoriquement en ce sens : « Je suis contente même si je pense que je n’ai pas bien géré ma course. J’étais sur les bases de 2h30 jusqu’au 32e km. À partir du 35e km, gros passage à vide jusqu’à l’arrivée. Je passe de 3’33-3’35 de moyenne à 3’45. La fin de course a été compliquée. Mais je suis quand même super contente, je mets cinq minutes à mon record sur un parcours qui n’est pas facile. L’an dernier, j’avais fait 2h37 en étant toute seule du début à la fin. Là, je préférais me faire aider en restant dans un groupe de gars pour m’abriter du vent. Je pense que c’était beaucoup mieux. Je partais avec cet objectif. J’aimerais aller chercher les 2h30 au Marathon de Berlin en septembre ». La championne de France 2022 de Deauville devient la 21e performeuse hexagonale de l’histoire sur la distance.

 

 

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Troisième place pour Julien Casoli

Pour la troisième année consécutive, le Marathon de Paris, qui a signé une convention avec la Fédération Française Handisport, était le la course support aux Championnats de France de para athlétisme avec, pour les meilleurs, l’objectif d’aller chercher les minima paralympiques. Déjà vainqueur à cinq reprises (2012, 2015, 2019, 2021, 2022), Julien Casoli cherchait à ajouter une nouvelle victoire pour se rapprocher ainsi de ses cinquièmes Jeux paralympiques. Avec un temps de 1h35’42, le Haut-Saônois de 40 ans s’est finalement emparé de la troisième place d’une course remportée au finish par le Britannique David Weir, comme en 2017, devant le Néerlandais Geert Schipper, tous deux crédités de 1h34’23.

« Schipper fut incroyable, c’était son premier marathon, il vient du triathlon et ce fut un rival redoutable, il m’a vraiment surpris », explique Julien Casoli qui a craqué dans les quatre derniers kilomètres mais s’offre un troisième titre de champion de France consécutif. « La fin était dure avec les pavés, le vent, impossible de lutter cette année pour la victoire, j’ai tout donné ». Pour les athlètes fauteuil, l’épreuve parisienne représente une très belle opportunité pour les athlètes de se confronter à un plateau particulièrement dense et de prendre de précieux repères à un an et demi de Paris 2024.

 

52 000 champions !

Dimanche matin repos à la maison ? Quelle question ! Pas dans la capitale avec le Marathon de Paris ! Ils sont plus de 52 000 anonymes (26% de femmes, soit 13 500 coureuses) à avoir troqué la grasse matinée pour un départ sous une brume matinale sur les Champs-Élysées afin de vivre un moment de gloire, en bouclant les 42,195 km à travers les plus beaux sites de l’exigeant tracé. La course à pied est avant tout un plaisir pour de nombreux runners. Pour le fun et la fête, certains choisissent de courir déguisés, sans chrono en tête, avec des choix toujours remarquables.

 

 

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Alors que nous finissons la rédaction de ce compte-rendu en tribune de presse et que le chronomètre en haut de l’arche tourne depuis déjà plus de cinq heures, les arrivées se succèdent mais il reste encore des milliers de coureurs sur le tracé (43% de néophytes) pour y relever un défi exceptionnel. Et ainsi retrouver ou rejoindre la grande famille des « Finishers ». Ils ont jusqu’à 17h pour cela (temps maximum de 6 heures pour les derniers partis). La prochaine édition se déroulera le 7 avril 2024.

Tous les résultats du Marathon de Paris 2023, en cliquant ici.

Crédits photos : Gaëlle Mobuchon / STADION

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